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Libre opinion - Des géants qui nous parlent de nous

Eugene Sauvé - Gatineau  21 juin 2011  Actualités culturelles
Claude Léveillée n'a pas eu droit à des funérailles nationales. La ministre de la Culture, Christine St-Pierre a été formelle là-dessus. Mais pas particulièrement convaincante quand il s'est agi d'expliquer la décision. Elle a dit que c'est au protocole du ministère des Relations internationales de déterminer quelles personnalités auront des funérailles publiques. Elle a ensuite ajouté qu'elle voulait préserver la mémoire du musicien en nommant un des lieux de la Place des Arts en son honneur. «Moi, je veux qu'on souligne la mémoire de M. Léveillée à long terme, pas une journée seulement, à la Place des Arts, parce qu'il a été premier artiste à se produire à la Place des Arts. Je pense que de lui rendre hommage de façon pérenne, et non temporaire, c'est un beau geste.» Il ne semble pas avoir traversé l'esprit de la ministre qu'on pouvait fort bien faire les deux.

Mais c'est le fait qu'une telle décision soit confiée au protocole du ministère des Relations internationales qui devrait faire sursauter quiconque a le moindre sens de l'équité et du simple bon sens. Claude Léveillée faisait partie de ce groupe d'auteurs-compositeurs-interprètes qui a défini et marqué le Québec à un tournant important de son histoire. Félix Leclerc a été le premier et un peu le père du mouvement.

J'ai rencontré Félix au milieu des années 1960; je vivais alors dans le nord de l'Ontario et il était venu y donner un tour de chant. Il m'a dit que depuis longtemps, c'était cinq heures du matin au Québec, mais qu'enfin le soleil commençait à se lever. Les gens se voyaient et se reconnaissaient dans cette nouvelle lumière. Pour moi, c'était lui ce soleil et déjà il n'était plus seul à éclairer le Québec. La lumière foisonnait de partout et s'appelait Jacques Blanchet, Raymond Lévesque, Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Jean-Pierre Ferland, Claude Gauthier, Pierre Létourneau et Robert Charlebois. Entre autres.

Chacun à leur façon, ces géants nous ont parlé de nous. J'ai entendu un jour Félix dire en entrevue qu'il avait allumé un cierge, que Vigneault avait suivi avec un fanal, qu'avec Ferland on arrivait à la lampe électrique et qu'avec Charlebois, c'était le néon. Peu importe, a-t-il ajouté, pourvu qu'on ait de la lumière.

Ces êtres extraordinaires ont marqué le Québec. Aucun politicien de ce temps ou depuis, à l'exception de René Lévesque, ne pourrait en dire autant. En fait, l'attitude condescendante et bureaucratique de la ministre est un exemple parfait de ce qui ne va pas chez la classe politique. Au-delà des scandales et des chicanes internes, ce qui caractérise nos politiciens, c'est un manque criant d'envergure et de vision. On nous parle de politiques, de programmes, de plans stratégiques, de groupes d'étude, de rapports et d'évaluations, en somme de tout sauf de ce qui compte vraiment.

Lorsque Mme St-Pierre affirme que c'est au protocole du ministère des Relations internationales de déterminer quelles personnalités auront des funérailles publiques, elle parle comme un quelconque bureaucrate et non comme une ministre responsable qui connaît et respecte le peuple qu'elle gouverne et son histoire.

Le Québec a su produire des êtres extraordinaires qui ont fait connaître son nom et sa culture partout dans le monde. Tout ce qui lui reste maintenant, c'est de se donner des chefs à la hauteur de ce qu'il mérite. Malheureusement, ça ne semble pas être pour demain.

***

Eugene Sauvé - Gatineau
 
 
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  • Jacques Boulanger - Abonné
    21 juin 2011 06 h 52
    St-Pierre, vous dites ?
    Qu’attendez-vous de mieux de la ministre St-Pierre dont les re-connaissances culturelles n’ont d’égales que sa nullité intellectuelle.
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  • charest33 - Inscrit
    21 juin 2011 08 h 13
    Béchard
    Claude Béchard, lui, a eu des funérailles nationale. Pourquoi ? Parce qu'il a été un fidèle serviteur du Pari libéral du Québec et de son maitre J. Charest. Voi;là comment on obtiens des fun. nationales au Québec.
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  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    21 juin 2011 09 h 42
    @Charest33
    Quel venin vous cracher, prétendre que MONSIEUR Béchard a eu droit à l'honneur qu'offre des funérailles nationales à cause des ses liens et soumissions au parti libéral.
    MONSIEUR Béchard a eu droit à ces funérailles pour les services qu'il a rendus jusqu'à son dernier souffle au peuple québécois. Sans vouloir dénigrer ce qu'a fait Monsieur Léveillé mais ce dernier n'a été qu'un chantre, un poète, un artiste, Il n'a RIEN fait de concret pour la province et le bien être de son peuple. Oui il a enrichi le catalogue culturel et c'est sa contribution, mais combien d'autre le font et pour toujours resteront dans l'oubli?
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  • Jean Martinez - Inscrit
    21 juin 2011 09 h 43
    La triste petitesse d'un gouvernement
    Je ne veux pas être mesquin et manquer de respect à la mémoire des défunts, mais d'accorder des funérailles nationales à Claude Béchard, mais pas à Claude Léveillé, c'est une aberration.

    Il faut se rappeler qu'à l'époque de la mort de Monsieur Béchard, le PLQ cherchait désespérément à se faire du capital politique. C'est profondément indigne, comme tout ce qui émane de ce petit gouvernement libéral.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    21 juin 2011 15 h 54
    La nomenklatura
    Chacun a son géant, en politique, en littérature, en musique, en guerre, en paix, chez nos minorités nationales, dans les sports... Où s'arrêterait la liste des géants méritant des funérailles nationales? Vous le savez, vous? Quels seraient vos critères?
    Notre gouvernement gouverne, gouverner, c'est choisir.
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  • camelot - Inscrit
    21 juin 2011 16 h 06
    Défaut
    Claude Léveillé a eu le défaut majeur de ne pas mourir libéral et ministre libéral. Qui se souviendra de Bachand et de St-Pierre dans dix ans ?
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  • claude rdl - Inscrit
    21 juin 2011 17 h 37
    Claude Léveillée--funérailles nationales- la honte...
    Le problème de Claude et de bien des artistes de chez nous c'est que la plupart ne sont pas d'allégeance libérale ni fédéralistes, ne cherchez pas ailleurs, j'ai trouvé ça "cheap", le pire c'est que Marois n'a même pas jeté les hauts cris, le Québec doit se questionner vraiment, faire un examen de conscience sérieux, un sacré remise en question est en cours présentement, c'est pas pour rien tout ce remu ménage...La Culture comme la Nation pour bien des politiciens c'est limité au "terme", quand vient le temps d'agir tout le monde se sauve ou trouve des faux fuyants...
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