Libre opinion - Se sentir trahi
Lecteurs et lectrices du Devoir, j'écris cette lettre afin que vous sachiez à quel point la première partie du film Gerry, celle où je suis présent par l'intermédiaire d'un acteur et qui se termine pour moi au moment du départ d'Offenbach en France, que cette première partie donc est remplie de faussetés et de malveillances qui m'ont laissé dans un état de découragement dont je sors à peine.
Sachez d'abord que malgré une mise en demeure datant de 2001, Christal Films a procédé au tournage du film Gerry sans avoir obtenu au préalable mon accord et sans m'avoir contacté d'aucune façon. Et pourtant, on s'y sert de mon nom, de ma personne historique, de mon intégrité psychologique, morale et physique, on y distord vers la fausseté ma paternité de la Messe des morts d'Offenbach à l'Oratoire, on y tord carrément vers l'insignifiance mon importance dans l'apparition d'Offenbach sur la scène culturelle québécoise et mon influence profonde sur l'évolution subséquente de ce groupe. Mesdames et Messieurs, je suis allé en France. C'est même moi qui ai amené Offenbach là-bas, après m'y être rendu une première fois avec feu Lucien Ménard dans le but de vérifier la crédibilité des promesses du cinéaste Claude Faraldo. Il y a de nombreuses photos dans mon livre Harel rock ma vie.
Jamais Gérald Boulet ne m'a ordonné de lui écrire quoi que ce soit, surtout pas Faut que j'me pousse, qui m'a été inspirée par un grand amour impossible avec Mouffe. Jamais non plus Gilbert Langevin ne lui a écrit Cette voix. C'est moi qui ai trouvé chez Mouffe un assez long texte dans un recueil de Gilbert, que j'ai remis à Wézo après l'avoir adapté pour qu'il le donne à Gerry. C'est moi qui ai demandé à Gérald Boulet de chanter L'Hymne à l'amour et de se faire «teindre en blonde». Ce qu'il fit.
Écoutez-moi et comprenez ma déchirance d'avoir été trahi à ce point. J'ai été dépouillé de ma fierté et de tout ce que j'ai donné et fais donner aux autres pour qu'Offenbach survive et vive! Les outrances et les outrages énumérés plus haut ne sont pas les seuls! Chaque seconde de cette première partie m'a crevé les yeux et déchiré l'âme. Je suis sorti de la salle de projection pour aller vomir dans la ruelle. Je me suis vomi le coeur, saint-cibouère! C'est écoeurant d'alléguer, comme à Radio-Canada et dans La Presse en parlant de moi: «Y'aura toujours un voisin, un beau-frère, pour dire que ça s'est pas passé comme ça.» Ce qui me fait le plus de peine et qui me ravage, c'est de constater que tous ceux qui vivent encore et qui savent parfaitement la réalité de mon importance d'allumeur, de créateur, de leader et d'instigateur d'Offenbach, que tous ceux-là se taisent! Non mais, dites-moi, qui avait entendu parler d'Offenbach avant la sortie de mon film Bulldozer et surtout, avant la Messe des morts à l'Oratoire en 1972? C'est à moi, ça! On me l'a enlevé pour que les nouvelles générations croient que je ne suis qu'un pion sur l'échiquier pitoyable du début du film Gerry.
Quant au reste, que j'ai quand même apprécié, je n'ai pas à juger de sa véracité. Je n'y étais pas, j'avais déjà fondé Corbeau. Si la tendance se maintient, j'ai pas hâte de voir le film Marjo! Ayoye! Ça m'fait mal, à mon coeur d'animal...
***
Pierre Harel, poète et musicien
Sachez d'abord que malgré une mise en demeure datant de 2001, Christal Films a procédé au tournage du film Gerry sans avoir obtenu au préalable mon accord et sans m'avoir contacté d'aucune façon. Et pourtant, on s'y sert de mon nom, de ma personne historique, de mon intégrité psychologique, morale et physique, on y distord vers la fausseté ma paternité de la Messe des morts d'Offenbach à l'Oratoire, on y tord carrément vers l'insignifiance mon importance dans l'apparition d'Offenbach sur la scène culturelle québécoise et mon influence profonde sur l'évolution subséquente de ce groupe. Mesdames et Messieurs, je suis allé en France. C'est même moi qui ai amené Offenbach là-bas, après m'y être rendu une première fois avec feu Lucien Ménard dans le but de vérifier la crédibilité des promesses du cinéaste Claude Faraldo. Il y a de nombreuses photos dans mon livre Harel rock ma vie.
Jamais Gérald Boulet ne m'a ordonné de lui écrire quoi que ce soit, surtout pas Faut que j'me pousse, qui m'a été inspirée par un grand amour impossible avec Mouffe. Jamais non plus Gilbert Langevin ne lui a écrit Cette voix. C'est moi qui ai trouvé chez Mouffe un assez long texte dans un recueil de Gilbert, que j'ai remis à Wézo après l'avoir adapté pour qu'il le donne à Gerry. C'est moi qui ai demandé à Gérald Boulet de chanter L'Hymne à l'amour et de se faire «teindre en blonde». Ce qu'il fit.
Écoutez-moi et comprenez ma déchirance d'avoir été trahi à ce point. J'ai été dépouillé de ma fierté et de tout ce que j'ai donné et fais donner aux autres pour qu'Offenbach survive et vive! Les outrances et les outrages énumérés plus haut ne sont pas les seuls! Chaque seconde de cette première partie m'a crevé les yeux et déchiré l'âme. Je suis sorti de la salle de projection pour aller vomir dans la ruelle. Je me suis vomi le coeur, saint-cibouère! C'est écoeurant d'alléguer, comme à Radio-Canada et dans La Presse en parlant de moi: «Y'aura toujours un voisin, un beau-frère, pour dire que ça s'est pas passé comme ça.» Ce qui me fait le plus de peine et qui me ravage, c'est de constater que tous ceux qui vivent encore et qui savent parfaitement la réalité de mon importance d'allumeur, de créateur, de leader et d'instigateur d'Offenbach, que tous ceux-là se taisent! Non mais, dites-moi, qui avait entendu parler d'Offenbach avant la sortie de mon film Bulldozer et surtout, avant la Messe des morts à l'Oratoire en 1972? C'est à moi, ça! On me l'a enlevé pour que les nouvelles générations croient que je ne suis qu'un pion sur l'échiquier pitoyable du début du film Gerry.
Quant au reste, que j'ai quand même apprécié, je n'ai pas à juger de sa véracité. Je n'y étais pas, j'avais déjà fondé Corbeau. Si la tendance se maintient, j'ai pas hâte de voir le film Marjo! Ayoye! Ça m'fait mal, à mon coeur d'animal...
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Pierre Harel, poète et musicien
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