Libre opinion - Le FestiBlues : retombées négatives pour un parc
À compter d'aujourd'hui, un festival de musique de cinq jours va se faire entendre au nord de Montréal. Cet événement comporte deux types de retombées négatives.
D'abord, pour quelques centaines de citoyens qui habitent dans les rues voisines du périmètre du parc Ahuntsic, le FestiBlues se résume depuis ses débuts en un déluge de décibels. Le parc Ahuntsic, qui se définit comme un parc de quartier, est enserré dans un tissu urbanisé très largement caractérisé par l'habitation. Le bruit entendu à l'extérieur du parc peut être assimilé à une forme de violation de domicile. C'est une image, mais, croyez-moi, vous ne tiendriez pas un soir dans un logement situé dans ce périmètre.
Le deuxième type d'impact touche les aménagements paysagers du parc. Le parc Ahuntsic, en plus d'être reconnu comme parc de quartier, a été défini par les spécialistes de la Ville comme parc de verdure et de détente. Rien à voir avec la place des Festivals au centre-ville de Montréal, angle Jeanne-Mance et Sainte-Catherine.
Dans les faits, le FestiBlues représente un usage intensif d'un espace vert qui n'a pas été conçu à cette fin et qui accuse les traces de cet usage année après année. L'arrondissement et la Ville de Montréal ont-ils les moyens de remettre les aménagements en état? Nous pouvons en douter. Les deux instances croulent sous les dépenses.
D'autres options existent
Le FestiBlues mobilise des moyens assimilables à une fête foraine comme on en voit dans les friches des villes de province et dans les stationnements géants des villes de banlieue. Cela ne ressemble pas beaucoup aux caractéristiques physiques du parc Ahuntsic.
Le montage et le démontage entraînent la circulation d'équipements motorisés de poids divers, dont vous devinez les effets sur les surfaces recouvertes de tourbe. La présence de centaines de festivaliers qu'il faut nourrir et abreuver amène sur le site des camions réfrigérés et des véhicules commerciaux de toutes les dimensions, qui circulent forcément sur les pelouses du parc. Semaine sèche ou semaine humide, le parc et ses aménagements en subissent les impacts.
D'autres options sont envisageables et d'autres idées peuvent être trouvées pour dénicher un site approprié à ce type de festival. Mentionnons, à titre d'exemples, les terrains vacants de la Cité de la mode et les vastes terrains situés à proximité et au nord de la Tohu (soit le Centre de tri et d'élimination de Saint-Michel, en voie de devenir un parc aussi grand que le parc du Mont-Royal et bien isolé des quartiers résidentiels voisins).
Il est temps que les élus retirent leurs bouchons auditifs et que les organisateurs se comportent en citoyens lucides et responsables.
***
Pierre E. Lachapelle - Montréal
D'abord, pour quelques centaines de citoyens qui habitent dans les rues voisines du périmètre du parc Ahuntsic, le FestiBlues se résume depuis ses débuts en un déluge de décibels. Le parc Ahuntsic, qui se définit comme un parc de quartier, est enserré dans un tissu urbanisé très largement caractérisé par l'habitation. Le bruit entendu à l'extérieur du parc peut être assimilé à une forme de violation de domicile. C'est une image, mais, croyez-moi, vous ne tiendriez pas un soir dans un logement situé dans ce périmètre.
Le deuxième type d'impact touche les aménagements paysagers du parc. Le parc Ahuntsic, en plus d'être reconnu comme parc de quartier, a été défini par les spécialistes de la Ville comme parc de verdure et de détente. Rien à voir avec la place des Festivals au centre-ville de Montréal, angle Jeanne-Mance et Sainte-Catherine.
Dans les faits, le FestiBlues représente un usage intensif d'un espace vert qui n'a pas été conçu à cette fin et qui accuse les traces de cet usage année après année. L'arrondissement et la Ville de Montréal ont-ils les moyens de remettre les aménagements en état? Nous pouvons en douter. Les deux instances croulent sous les dépenses.
D'autres options existent
Le FestiBlues mobilise des moyens assimilables à une fête foraine comme on en voit dans les friches des villes de province et dans les stationnements géants des villes de banlieue. Cela ne ressemble pas beaucoup aux caractéristiques physiques du parc Ahuntsic.
Le montage et le démontage entraînent la circulation d'équipements motorisés de poids divers, dont vous devinez les effets sur les surfaces recouvertes de tourbe. La présence de centaines de festivaliers qu'il faut nourrir et abreuver amène sur le site des camions réfrigérés et des véhicules commerciaux de toutes les dimensions, qui circulent forcément sur les pelouses du parc. Semaine sèche ou semaine humide, le parc et ses aménagements en subissent les impacts.
D'autres options sont envisageables et d'autres idées peuvent être trouvées pour dénicher un site approprié à ce type de festival. Mentionnons, à titre d'exemples, les terrains vacants de la Cité de la mode et les vastes terrains situés à proximité et au nord de la Tohu (soit le Centre de tri et d'élimination de Saint-Michel, en voie de devenir un parc aussi grand que le parc du Mont-Royal et bien isolé des quartiers résidentiels voisins).
Il est temps que les élus retirent leurs bouchons auditifs et que les organisateurs se comportent en citoyens lucides et responsables.
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Pierre E. Lachapelle - Montréal
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