Rebelle! Sans doute, pardi!
Ce soir-là, Les Enfants terribles, un restaurant de Montréal, n'avait pas assez de son nom pour contenir la colère d'un homme de mots.
Gil Courtemanche, c'était donc ça: des mots qui sonnent, des mots qui disent, mais surtout des mots qui dénoncent. Avec la conviction des hommes de droit, avec la rage des poètes en colère et ce regard triste de ceux qui ont vu, beaucoup vu.
La Haye, je suis en escale aux Pays-Bas, je suis surtout un privilégié témoin d'un roman en gestation. L'une des dernières salves d'un rebelle dépité. Dégoûté d'une rebuffade subie par cette Cour pénale internationale à laquelle il s'était attaché. Rage admirable d'un héraut de causes sans défense.
Au fil du temps, Gil, mon ami Gil, s'était détaché des flatteries des admirateurs, des faux sourires des courtisans de roitelets sans royaume.
Certains le disaient amer, je l'ai toujours senti interpellant, obstinément non conciliant. Après tout, il en avait le droit et la droiture.
Ainsi donc, c'est presque par dépit qu'il m'avait appris cette «saloperie», cette «merde» qui s'était entichée de lui. «Fais chier», avait-il lâché élégamment.
Je n'ai pas osé le mot de compassion, je n'ai pas su le mot juste, je n'ai pas pu braver son regard cynique. Il n'y avait que ses lèvres tremblantes pour dire son doute. Ses yeux humides pour conjurer l'inéluctable et dire son réel amour de la vie.
«Tiens bon, corniaud, lui ai-je lancé lors de notre dernière rencontre. Fait trop froid l'automne pour qu'on se lâche la main.»
— Tu crois qu'il vaut mieux mourir l'été? Comme si je me fichais de ton costume à mon enterrement?
Un temps j'ai cru qu'il se foutait encore de ma gueule.
Jusqu'à ce beau jour d'été. Quand. Sur la pointe des pieds, il est parti. Sans sa tonitruance habituelle.
Une autre sortie réussie de l'éternel rebelle.
Et nan! pour qui imaginait un autre scénario.
***
François Bugingo, journaliste et animateur
Gil Courtemanche, c'était donc ça: des mots qui sonnent, des mots qui disent, mais surtout des mots qui dénoncent. Avec la conviction des hommes de droit, avec la rage des poètes en colère et ce regard triste de ceux qui ont vu, beaucoup vu.
La Haye, je suis en escale aux Pays-Bas, je suis surtout un privilégié témoin d'un roman en gestation. L'une des dernières salves d'un rebelle dépité. Dégoûté d'une rebuffade subie par cette Cour pénale internationale à laquelle il s'était attaché. Rage admirable d'un héraut de causes sans défense.
Au fil du temps, Gil, mon ami Gil, s'était détaché des flatteries des admirateurs, des faux sourires des courtisans de roitelets sans royaume.
Certains le disaient amer, je l'ai toujours senti interpellant, obstinément non conciliant. Après tout, il en avait le droit et la droiture.
Ainsi donc, c'est presque par dépit qu'il m'avait appris cette «saloperie», cette «merde» qui s'était entichée de lui. «Fais chier», avait-il lâché élégamment.
Je n'ai pas osé le mot de compassion, je n'ai pas su le mot juste, je n'ai pas pu braver son regard cynique. Il n'y avait que ses lèvres tremblantes pour dire son doute. Ses yeux humides pour conjurer l'inéluctable et dire son réel amour de la vie.
«Tiens bon, corniaud, lui ai-je lancé lors de notre dernière rencontre. Fait trop froid l'automne pour qu'on se lâche la main.»
— Tu crois qu'il vaut mieux mourir l'été? Comme si je me fichais de ton costume à mon enterrement?
Un temps j'ai cru qu'il se foutait encore de ma gueule.
Jusqu'à ce beau jour d'été. Quand. Sur la pointe des pieds, il est parti. Sans sa tonitruance habituelle.
Une autre sortie réussie de l'éternel rebelle.
Et nan! pour qui imaginait un autre scénario.
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François Bugingo, journaliste et animateur
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