dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 23h06
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Rebelle! Sans doute, pardi!

François Bugingo, journaliste et animateur  20 août 2011  Actualités culturelles
Ce soir-là, Les Enfants terribles, un restaurant de Montréal, n'avait pas assez de son nom pour contenir la colère d'un homme de mots.

Gil Courtemanche, c'était donc ça: des mots qui sonnent, des mots qui disent, mais surtout des mots qui dénoncent. Avec la conviction des hommes de droit, avec la rage des poètes en colère et ce regard triste de ceux qui ont vu, beaucoup vu.

La Haye, je suis en escale aux Pays-Bas, je suis surtout un privilégié témoin d'un roman en gestation. L'une des dernières salves d'un rebelle dépité. Dégoûté d'une rebuffade subie par cette Cour pénale internationale à laquelle il s'était attaché. Rage admirable d'un héraut de causes sans défense.

Au fil du temps, Gil, mon ami Gil, s'était détaché des flatteries des admirateurs, des faux sourires des courtisans de roitelets sans royaume.

Certains le disaient amer, je l'ai toujours senti interpellant, obstinément non conciliant. Après tout, il en avait le droit et la droiture.

Ainsi donc, c'est presque par dépit qu'il m'avait appris cette «saloperie», cette «merde» qui s'était entichée de lui. «Fais chier», avait-il lâché élégamment.

Je n'ai pas osé le mot de compassion, je n'ai pas su le mot juste, je n'ai pas pu braver son regard cynique. Il n'y avait que ses lèvres tremblantes pour dire son doute. Ses yeux humides pour conjurer l'inéluctable et dire son réel amour de la vie.

«Tiens bon, corniaud, lui ai-je lancé lors de notre dernière rencontre. Fait trop froid l'automne pour qu'on se lâche la main.»

— Tu crois qu'il vaut mieux mourir l'été? Comme si je me fichais de ton costume à mon enterrement?

Un temps j'ai cru qu'il se foutait encore de ma gueule.

Jusqu'à ce beau jour d'été. Quand. Sur la pointe des pieds, il est parti. Sans sa tonitruance habituelle.

Une autre sortie réussie de l'éternel rebelle.

Et nan! pour qui imaginait un autre scénario.

***

François Bugingo, journaliste et animateur
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Roch-André LeBlanc - Inscrit
    20 août 2011 06 h 41
    Touchant
    La tendresse de l'amitié. Merci M. Bugingo.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • German Gutierrez Escudero - Inscrit
    21 août 2011 09 h 01
    Gil : Vous êtes mon premier ami au cimetière de Québec.
    Gil : Vous êtes mon premier ami au cimetière de Québec.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
2 réactions
8 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012