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Semaine de mode de Montréal - Les hauts et les bas de notre Fashion Week

La créatrice de Vancouver Hamideh Abol a dévoilé au Marché Bonsecours sa collection influencée par le surréalisme.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
La créatrice de Vancouver Hamideh Abol a dévoilé au Marché Bonsecours sa collection influencée par le surréalisme.
Parmi les trois défilés proposés mercredi soir dans le cadre de la SMM, deux sont dignes de mention. Les griffes Ça va de soi de Montréal et Abol de Vancouver, bien qu'évoluant dans des univers complètement différents, partagent un même goût pour l'essentiel.

Ça va de soi

Le parcours d'Odile Bougain-Nasri et de son mari Antoine a quelque chose d'admirable tant par leur recherche esthétique de l'épure et de l'intemporel que par leur passion pour le développement sans cesse renouvelé des plus belles mailles, et ce, depuis 1972. Leur savoir-faire, sans cesse réactualisé grâce, notamment pour leur dernière collection, à des fusions de cachemire-mérinos-soie et des fil-à-fil de coton-cachemire, transcende les tendances superficielles et revisite tout en subtilité le large éventail des basiques contemporains.

Cette collection caressante comme un voile redonne ses lettres de noblesse au tricot. On reste sous le charme de l'harmonie des couleurs où le ton dominant est le noir-bleu; s'ensuit une palette de teintes complémentaires: le gris flanelle bleuté, le rouge indien, le pain d'épices, la menthe givrée, le bleu des Alpes, les marrons et les faux blancs glacés. Une vraie leçon de style où l'inutile n'a pas sa place.

Abol, éco haute couture

La créatrice de Vancouver Hamideh Abol a dévoilé au Marché Bonsecours sa collection influencée par le surréalisme. L'art-à-porter de cette nouvelle venue se compose principalement de laine organique et de soie récupérée. Sa démarche singulière et écologique ainsi que l'utilisation de techniques traditionnelles de feutrage renouvellent un art ancestral et procurent à ses robes, bustiers, jupes et vestes (aux coupes pas toujours réussies) des textures complexes et fascinantes. Avec son côté éco-chic sauvage, cette collection théâtrale, plus près des métiers d'art que de la couture, pourrait connaître un beau succès d'estime.

La mode d'ici vue d'ailleurs

Ma rencontre avec deux journalistes étrangers venus couvrir l'événement en dit long sur la sévérité de la critique internationale dans le milieu de la mode. Lidia Bardina, correspondante à Paris de l'Officiel Ukraine, et Xavier Latapie, du célébrissime Modem on Line, la bible modesque, posent tous deux un jugement très dur sur les collections qu'ils ont vues défiler depuis le début de notre Fashion Week. À ma première question concernant la perception qu'ils avaient de la mode montréalaise avant de venir, M. Latapie a eu cette réponse sans équivoque: «À vrai dire, je ne savais pas qu'il existait une mode québécoise, pas plus que canadienne d'ailleurs. Alors, il s'agit pour moi d'une véritable découverte.» En ce qui concerne Mme Bardina, elle nous avait rendu visite il y a quelques années, alors qu'elle s'était familiarisée avec notre prêt-à-porter lors de la SMM.

Tous deux se sont montrés étonnés et déçus de ne pas voir défiler les Denis Gagnon, Philippe Dubuc, Renata Morales, Mariouche Gagné... dans ce qui doit être considéré comme une vitrine présentant et reflétant le «best of» de la création montréalaise. S'ils ne connaissaient pas ces figures de proue de notre industrie il y a à peine une semaine, Emanuela Lolli, responsable de la presse internationale à la SMM, s'est fait un devoir de les accompagner dans les showrooms et les boutiques de ces créateurs. Ils ne tarissent pas d'éloges sur le travail de Mariouche Gagné, de la griffe Harricana, qui selon eux est porteuse d'une vision très personnelle et qui redéfinit brillamment la fourrure de façon unique. Avec un positionnement on ne peut plus clair, combinant à la fois l'originalité, la qualité, le recyclage et l'écologie, ils ne s'étonnent pas de son succès tant canadien qu'européen.

Ils avouent avoir beaucoup de mal, après avoir vu tous les défilés à ce jour, à saisir l'identité et l'image de marque de la mode d'ici. Le manque total d'homogénéité et de cohérence sur les podiums depuis le début les laisse pantois: «Il faut impérativement que vous vous trouviez une direction et un branding distinctif afin de pouvoir vous démarquer», commentent les deux experts. Peut-on en effet tisser un fil conducteur entre, par exemple, la collection d'une Marie Saint-Pierre et celle d'un Samuel Dong? «Selon moi, la seule collection que j'ai vue jusqu'ici pouvant faire sa marque dans le monde et porteuse d'une véritable proposition inédite, artistique et inspirée tant du point de vue de l'équilibre des silhouettes, de la qualité de la confection, de la richesse des matières que de la beauté des couleurs, reste celle de Tavan & Mitto», de dire Xavier Latapie.

De son côté, Lidia Bardina, tout en acquiesçant à ce choix, se montre toutefois plus nuancée: «Mélissa Nepton, étant donné la jeunesse de sa griffe, m'apparaît avoir un fort potentiel créatif, un goût très sûr déjà et un style qui, une fois arrivé à maturité, devrait jouir d'un grand succès.» Xavier Latapie tient à préciser: «Duy, que l'on aime son look ou pas, il faut tenter d'être objectif, est un garçon qui visiblement a également un message très personnel à livrer.» Ces experts s'entendent sur la force d'attraction commerciale du label Ève Gravel, «du bon prêt-à-porter bien contrôlé».
 
 
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  • Alysse - Abonné
    10 février 2012 09 h 43
    La Fashion Week!!!
    Est-ce que ça ne pourrait pas s'appeler tout simplement la" semaine de la mode" M. Poitras?
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