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Cinéma des Premières Nations - Sauver le Wapikoni

Marie-Andrée Chouinard   17 octobre 2011  Cinéma
Le Wapikoni mobile poursuit une mission des plus nobles: sortir des jeunes autochtones d'un isolement destructeur grâce à la magie du septième art. L'ironie suprême veut qu'au moment où cette initiative croule sous les honneurs, elle soit menacée de mise à l'écart glaciale, sous prétextes budgétaires ignorant tout des motifs humanitaires.

Le Wapikoni de la cinéaste Manon Barbeau sème son espoir sur roulotte d'une nation autochtone à l'autre depuis 2004. Sa feuille de réalisations est stupéfiante: 7 nations touchées, 19 communautés du Québec visitées, 2000 participations à des ateliers audio et vidéo, 360 créations musicales enregistrées, 450 courts-métrages réalisés par les jeunes autochtones eux-mêmes, un rayonnement hors du commun dans des festivals internationaux, une quarantaine de prix témoignant de cette reconnaissance.

La semaine dernière, la fondatrice du Wapikoni avait une raison de plus de bomber le torse: la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a décidé de décerner à son organisme le prix Droits et Libertés 2011. Pour célébrer le pouvoir d'expression que le projet Wapikoni mobile a rendu à des jeunes brisés par la détresse régnant dans leur communauté. En maniant la caméra qu'on leur tendait, certains jeunes ont sauvé leur peau. Littéralement.

Mais ces honneurs tombent paradoxalement au moment où le Wapikoni cherche un second souffle. Privé d'une subvention cruciale de 490 000 $ versée par le gouvernement fédéral — la moitié de son budget total —, l'organisme est menacé. Son calendrier de la prochaine année est remis en question, des escales sont en sursis. «Le Wapikoni n'est pas mort!», clame sa fondatrice, pratiquant elle-même l'école d'espoir qu'elle enseigne à travers lentilles de caméra et studio ambulant.

Derrière Mme Barbeau se profilent en effet des centaines de jeunes, abonnés par habitude au regard indifférent de l'extérieur; sept années de roulement du Wapikoni leur ont permis de croire qu'autre chose était possible. Voilà leurs espoirs déçus. Le cinéma, devenu pour certains une «bouée de sauvetage» — c'est Manon Barbeau qui le dit —, serait mis en veilleuse, et leur vie avec?

Les appels à la raison, ou plutôt au sentiment, n'ont pas ébranlé ce gouvernement — qui poussait l'incohérence jusqu'à faire tout récemment de Manon Barbeau, avec son projet, une ambassadrice auprès de la communauté européenne, à l'invitation du ministère des Affaires étrangères! Mais il y eut pourtant des appuis; venus des Premières Nations, de certains parlementaires, de la communauté.

Pour toute réponse, on sert à l'équipe de Mme Barbeau le plat du jour, l'indifférence. Sont privés de l'éclat qui leur revient un projet culturel devenu success story et ces peuples invisibles, que le Wapikoni montre pourtant sous un jour lumineux.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    17 octobre 2011 07 h 55
    La bonne manière
    En matière de culture, l'ignorance et la bêtise sont les meilleures voies d'accès aux conservateurs. Madame Barbeau devrait nommer Don Cherry à son conseil d'administration.

    Pierre Desrosiers
    Val David
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  • Denis Paquette - Abonné
    17 octobre 2011 08 h 36
    Bonne chance et ne perder pas courage
    Que dire de la politique de gens qui se croient les incarnations de dieu, mais qui dans le fond sont de petits robots ayant a leur tete un éluminé dont le miroir est le programme de tous les matins. J'allais dire qu'il fallait s'en débarasser au plus tôt, mais pourquoi, quand nous savons qu'il sera sans doute remplacer par une autre de semblable
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  • Citoyen cynique - Inscrit
    17 octobre 2011 09 h 21
    Elle tire dans le pied de la justice.
    Si on peut par des projets peu couteux rendre les gens heureux et prévenir l'alcoolisme, la drogue, le désespoir, le crime...qui va-t-on pouvoir mettre en prison?
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    17 octobre 2011 11 h 24
    Dépendance
    Il faut noter que le fédéral est le « fiduciaire » des peuples autochtones au Canada et qu'il se comporte toujours comme une puissance coloniale qui traite ses « enfants » d'une manière très paternaliste. Mais le Wapikoni donne la parole aux jeunes autochtones et leur donne le goût de la liberté et de la prise en charge de leur vie.

    Le fédéral n'aime pas que les autochtones se libèrent de l'emprise du gouvernement car un peuple opprimé qu'on maintient dans la dépendance est plus facile à contrôler et à éliminer qu'un peuple libre. Le Wapikoni est un instrument de libération = le fédéral n'aime pas...

    Félicitations à Mme Barbeau et à tous les participants dans le Wapikoni en espérant que vous pourrez continuer et tenir tête à Harper et sa clique.
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