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Libre opinion - La parlure du cinéma québécois

Paul Warren - Auteur du Secret du star-system américain  19 octobre 2011  Cinéma
Les films que réalisent nos jeunes cinéastes, les Villeneuve, Bélanger, Dolan, Huard, Bigras, Falardeau, parlent le langage québécois de tous les jours. Ils parlent la parlure des spectateurs de la salle, sacres inclus. Ce qui donne aux acteurs et aux actrices de notre cinéma un comportement d'une vraisemblance parfaite.

Quand la parole est bien chevillée au corps, le jeu est intégré, le geste vient naturellement et le regard se fixe correctement: «C'est ç'que j'tai dit, astie!», répond Alexis Martin, dans Route 132. «Tabarnak!», crie la propriétaire du motel, dans Curling. «Ta yeule, chrisse», lâche Anne Dorval au directeur du cégep dans J'ai tué ma mère. Et la salle est en symbiose avec l'écran. Le spectateur est ramené à sa québécitude profonde. Il sait qu'il agirait comme ça dans les mêmes circonstances.

«Avec le jeu intégré de l'acteur, disait Lee Strasberg, le créateur de l'Actors Studio, le cinéma hollywoodien a acquis, définitivement, deux choses: il est devenu véritablement américain et son pouvoir de fascination sur les spectateurs s'est fait prédominant et incontestable.» Strasberg a enseigné à James Dean, Marilyn Monroe, Sidney Poitier, Elizabeth Taylor, Dustin Hoffman, Jane Fonda, Marlon Brando, Al Pacino, Robert De Niro, Sylvester Stallone. Il leur citait la fameuse phrase du poète grec Pindare: «Deviens ce que tu es.» Il leur répétait, à satiété, qu'il n'était plus besoin d'être endimanché en grande star pour être agréé de la salle obscure, qu'il fallait seulement être soi-même, avec son style propre et son bon vieux slang américain de tous les jours.

Le hic, c'est que le Québec et sa parlure n'ont rien à voir avec les États-Unis d'Amérique et la culture hégémonique d'Hollywood. Une culture qui est reconnue, parce que les Américains ont eu le courage de se séparer de l'Angleterre et de proclamer leur indépendance. Les grandes stars américaines dominent le monde depuis un siècle, à même leur gestuelle, leur mimique et leur anglais américain populaire. «Frankly, my dear, I don't give a damn», disait Clark Gable, dans Gone With the Wind, il y a plus de 70 ans, une petite phrase en argot américain dont on se souvient encore aujourd'hui un peu partout dans le monde.

À part quelques individus de la petite communauté pure lainage vieillissante du Québec, il n'y a pas grand monde qui prendrait plaisir à répéter la petite phrase de notre vedette de chez nous, Anne Dorval: «Ta yeule, chrisse!» En tout cas, ce ne sont pas nos immigrants, de quelque origine que ce soit, qui se la mettraient en bouche. Il sont bien trop malins pour ne pas se rendre compte que notre joual québécois est un cul-de-sac et que c'est l'anglais qui est la clé de leur réussite.

Je me dis parfois que si on avait le courage de donner corps à ce mot «nation» que l'anglophone Harper nous a jeté, un jour, de sa table, comme un os à ronger, on se donnerait le droit d'être entendus parmi les nations unies du monde. Alors, que je me dis, on cesserait de s'enfermer dans la parlure joualée et sans avenir de nos petites vedettes de chez nous, les vedettes de nos films, de notre théâtre, de notre humour qui se dégrade et qui descend lamentablement en bas de la ceinture...

On ouvrirait notre langue. On sentirait le devoir de la parler correctement pour qu'elle soit prise en bouche par nos immigrants et écoutée parmi les nations.

***

Paul Warren - Auteur du Secret du star-system américain
 
 
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  • Jean-Marc Pineau - Inscrit
    19 octobre 2011 01 h 48
    Merci !
    Puissiez-vous être lu, entendu, compris !
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  • René Bolduc - Abonné
    19 octobre 2011 06 h 40
    En effet
    Je suis tout à fait de votre avis M. Warren. Je ne suis pas un observateur aussi aguerri que vous, mais il m'est souvent arrivé de penser la même chose. Sans être un ayatollah de la langue, je crois que sans trahir notre manière de parler, on pourrait arriver à niveau de langue qui soit compréhensible dans l'ensemble de la francophonie. Il s'agit de trouver un juste milieu. Un seul exemple parmi bien d'autres : le film 1981 de Ricardo Trogi. Sans être un grand film, il aurait pu être facilement diffusé dans toute la francophonie avec moins de sacres. Mais sous prétexte de "parler vrai", on est souvent prêt à en remettre plus que le client en demande. Il ne faut pas s'étonner ensuite si on met des sous-titres au peu de films québécois montrés en France.
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  • Jean St-Jacques - Abonné
    19 octobre 2011 06 h 43
    Enfin, on dit les vraies choses
    Oui, j'en ai marre des sacres nombreux dans nos films québecois et aussi à la télévision. Encore dimanche à TLMP, Guy A. Le page nous a sorti un sacre en mordant dans le mot.

    Quand va-t-on utiliser une langue correcte et laisser le "joual" de côté pour nous servir une langue digne pour valoriser notre peuple. Je ne visonne plus les films québecois car cela me donne des nausées linguistiques. Dommage, car nos acteurs possèdent du talent.
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  • Jean Lapointe - Abonné
    19 octobre 2011 08 h 20
    Oui c'est un problème.

    C'est vrai que Paul Warren soulève un vrai problème.

    Par contre, le cinéma doit "parler" aux gens auxquels il s'adresse.

    Mais alors, pourquoi ne pas tirer avantage de notre situation?

    Est-ce que nos cinéastes ne sont pas en mesure de faire deux sortes de films?

    Des films qui s' adressent à nous et qui nous ressemblent et des films qui pourraient s'adresser à des publics plus larges, en nous incluant évidemment mais différemment.

    Je n'y connais pas grand chose en cinéma mais j'ose quand même faire cette proposition.
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  • Stephanie L. - Inscrite
    19 octobre 2011 09 h 01
    Deux langues secondes
    Je voudrais bien qu'avant de voir l'anglais comme leur avenir, les québécois commencent par considérer le français comme celui de la culture du Québec, dont notre avenir collectif ne saurait se dissocier. On ne peut pas considérer une langue uniquement comme un ensemble de mot servant à communiquer sinon effectivement et c'est dans cette optique que l'anglais est porté aux nues.

    Pourtant, les francophones bilingues du Québec, pour adaptés qu'ils soient au monde du travail,sont condamnés à parler deux langues secondes s'ils considèrent le français de la même façon que l'anglais. On ne fait pas qu'exprimer des mots dans une langue maternelle, on véhicule également une culture, une histoire et surtout une identité.

    "Les écoles passerelles":
    http://www.centpapiers.com/les-ecoles-passerelles/
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  • Erwan Basque - Inscrit
    19 octobre 2011 09 h 12
    Un autre coup d'épée dans l'eau.
    Bonjour,
    N'étant pas du tout un cinéphile ni du cinéma québécois ni des autres, je suis pourtant attiré par les critiques qui font bien leur travail en m'incitant à ne même pas regarder toute cette filmographie à la québécoise. Je n'ai surtout pas le goût de constater cette décrépitude et d'apprendre à sacrer tout simplement.

    En outre, votre vibrant plaidoyer, Monsieur Paul Warren ne peut qu'être un autre coup d'épée dans l'eau. Car icitte au Québec, y faut qui fasse chaud et que ça pue et qu'on est donc ben dans cette société qui se croit malheureusement distincte.

    Finalement, de plus en plus, une fosse abyssale se creuse entre la francophonie de partout dans le monde et nous du Québec. Et comme chantait l'unique Jacques Brel au sujet de sa Flandre natale : Quand on me demande d'où je suis, je réponds FATIGUÉ...... Merci beaucoup, Erwan Basque.
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  • Dieter Uhlen - Inscrit
    19 octobre 2011 09 h 25
    il suffirait pourtant simplement d'ar-ti-cu-ler...
    JP Warren a écrit un excellent livre qui fait mieux comprendre le fameux « reaction-shot» au cinéma, entre autres.. tous les cinéphiles devraient le lire; pour ce qui est de la parlure des films québecois, cela conditionne les ventes à l'internationnal.. car n'oubliez pas que quand on vous annonce avec fierté dans les journaux que tel ou tel film est vendu en France ou ailleurs dans la francophonie, c'est vrai mais la plupart du temps (98 %) sous titrés !!! (voire doublés en français standard) car tout simplement incompréhensible pour le francophone moyen.. ça on e ldit pas.. pour ne pas froisser la populace qui est persuadée qu'on parle un français standard à RC ou à Télé-Québec...y-a encore du chemin à faire quand j'entends certains journalistes de RC ou Télé Québec s'exprimer sur les ondes...on est loin d'un français standard...on s'en approche il est vrai..
    En conséquence, les organismes subventionnaires québecois et canadiens devraient avoir l'obligation de s'assurer (avant de jeter l'argent du contribuable par les fenètres commec'est trop souvent le cas) devraient s'assurer que ces films soient tournés dans un français à peu près standard.. et pas un massacre permanent de la langue comme c'est le cas..!! ce n'est quand même pas demander la lune !! normalement un acteur professionnel digne de ce nom doit pouvoir être capable d'articuler !! or dans les scènes intimistes, ils marmonent et on ne comprends rien et dans les scènes de violence, ils avalent les syllabes et on ne comprends rien non plus !! cela nuit aux films et à leur carrière...et ça ne plaît qu'à une minorité d'indécrotables québecois persuadés que le joual fait partie notre identité... c'était certainement vrai il y a 50 ans.. mais nous sommes en 2011 !!
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    19 octobre 2011 09 h 38
    Immigrants et immigrants
    Bien qu'il soit vrai qu'un immigrant, soit une personne née à l'étranger, ne puisse qu'avec difficulté s'approprier à ce point notre «parlure», on entend de nombreux fils d'immigrants parler et sacrer sans accent.

    D'ailleurs, votre texte traite-t-il des sacres québécois ou bien du français, fût-il rempli de «putain!» ?
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  • GLabelle - Abonné
    19 octobre 2011 09 h 49
    Ben voyons!
    On se croirait dans un second ''Anna braillé eune shotte''. Linguistiquement, s'il y a bien une langue artificielle et déconnectée de son histoire et de son étymologie, c'est bien votre ''français correct''.

    Je me serais décidément attendu à plus de jugement de la part de M. Warren. En matière de langue, c'est faire preuve de populisme que d'adopter cette attitude pseudo-intellectuelle qui affirme évidémment que le ''joual'' (qui n'est en fait qu'un dialecte montréalais et métropolitain quasi-disparut qu'on ne peut peut-être entendre que dans les maisons de retraite de Pointe-aux-trembles... j'ai peur pour elle.)

    La rigueur linguistique impose de mettre sur une perspective historique et culturelle chaque parler, qu'il soit régional ou national, n'en déplaise aux pourfendeurs de notre ''québécitude'' de la trempe de M. Warren.

    Moi je dis non à l'impérialisme culturel, qu'il soit américain... ou français!
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  • GLabelle - Abonné
    19 octobre 2011 10 h 01
    et en France?
    La régulation du français, qui a mené à son institutionnalisation et à sa standardisation, a causé... sa stérilité. Avez-vous seulement écouté une radio française? La langue se perd dans son absence de sens. Je ne parle pas des propos, mais du rythme, de la richesse des sons. D'ailleurs, sa stérilité (et la monotonie de ton qu'impose le français standard - c'était un concept des Lumières, pour faire de meilleurs discours: ne mettre l'accent tonique que sur la dernière syllabe des mots, ce qui donne beaucoup de ''euh'' à la fin des phrasEUH) en fait une langue particulièrement indocile à l'écran.
    Les puristes québécois devraient pourtant comprendre que le succès de notre cinéma repose en grande partie sur le fait que nous ne faisons pas les mêmes erreurs que le cinéma français! est-ce si difficile à comprendre?
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  • Bernard Terreault - Abonné
    19 octobre 2011 10 h 04
    Caricature du Québécois
    Ce qui m'a agacé dans plusieurs films ou autres productions québécoises ce n'est pas qu'on y parlait avec l'accent québécois de tous les jours, c'est qu'on en remettait et qu'on y caricaturait la langue populaire québécoise. Ce n'est pas vrai que le Québécopis moyen sorte un sacre à tous les deux mots, ce n'est pas vrai qu'il parle ou comme un "habitant" des années 1800 ou comme un décrocheur du secondaire sur la dope. Le "I don't give a damn" de Clark Gable est bien anodin en comparaison de ce qu'on entend maintenant. Le mal est aussi ailleurs, comme aux ÉU : ayant passé là dix ans de ma vie et me croyant bilingue, et étant maintenant retraité, j'ai entrepris de lire un certain nombre des supposés chef-d'oeuvre américains contemporains. Là aussi un déluge de "fuck" et de "shit" et de l'infâme "m-f" au lieu du langage à peu près cohérent de l'Américain moyen que j'ai connu.
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  • Pierrot66 - Inscrit
    19 octobre 2011 10 h 11
    Le film La Haine
    Que penser du film FRANÇAIS La Haine de Mathieu Kassovitz.

    Le langage des "djeunes"des banlieues est-il mieux en France ?
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  • Roland Tremblay - Inscrit
    19 octobre 2011 10 h 14
    Je ne suis pas d'accord
    Notre langue québécoise, dans la vie de tous les jours comme au cinéma, est en très bonne santé. De penser le contraire en raison de la présence de jurons, de sacres et de tournures bien à nous, c'est de jouer le rôle de vierge offensée pour rien et de combattre un faux problème. Nous parlons la langue qui est la nôtre, une réelle langue qui n'existe pas dans la pseudo-théorie de la «vraie» langue. Comme toutes les langues parlées et vivantes, elle n'est pas régie par des règles morales pondues dans des réflexions sans incidences sur la manière qu'évoluent les langues - et je ne parle pas des grammaires! Le jour où l'on comprendra que notre spécificité linguistique est tout à fait normale, « évoluante » et saine, on pourra mettre nos énergies à combattre de vrais problèmes, comme la source des différences sociolinguistiques, et non ces différences mêmes. Et ce n'est pas vrai que le français québécois s'isole du reste du monde car il comporte des variations - et si peu - avec le français qui s'autoproclame « correct ». Il ne sert à rien de forcer la langue parlée, elle restera toujours indépendante. Elle a ses propres lois qui ne répondent pas aux volontés bien pensantes. Tant mieux pour elle, thorieu!
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  • Jean Richard - Abonné
    19 octobre 2011 10 h 16
    Un français condamné
    « il n'y a pas grand monde qui prendrait plaisir à répéter la petite phrase de notre vedette de chez nous, Anne Dorval: «Ta yeule, chrisse!» En tout cas, ce ne sont pas nos immigrants, de quelque origine que ce soit, qui se la mettraient en bouche. »

    Je côtoie quotidiennement des immigrants et je confirme : ce n'est pas de leur bouche que sortent les « Ta yeule, chrisse ». Mieux, en tant que bénévole au sein d'une organisation qui offre un atelier d'aide aux devoirs à des enfants du primaire, et où la majorité vient de l'immigration, un constat s'impose : les enfants d'immigrants parlent mieux français que les pure-laine.

    Cette parlure qui soi-disant nous ressemble est loin de nous rassembler. Les immigrants n'en veulent pas (à part quelques Français qui veulent faire exotique) mais plus, il y a nombre de pure-laine qui ne s'y identifient absolument pas. Ce français cancéreux que l'industrie de la culture tente de nous vendre comme étant l'élément fondamental de notre culture, il ne sert qu'à ceux qui voudrait bien nous voir disparaître. On n'en est malheureusement pas toujours conscient. Ce français qui veut s'isoler de la francophonie, il ne fait que s'installer dans son cercueil pour qu'on assiste à ses funérailles. Et ce ne sont pas tous les Québécois, immigrants ou pure-laine, qui veulent l'enterrer.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    19 octobre 2011 10 h 37
    Articuler
    Merci M. Uhlen, moi aussi j'ai noté cette absence agaçante d'articulation chez nombre de personnages de films québécois, Ça fait peut-être cool et viril de marmonner mais j'aime mieux un "I don't give a damn" clair et retentissant.
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  • Roland Tremblay - Inscrit
    19 octobre 2011 10 h 54
    Articuler à tout prix?
    M. Terreault, si vous préférez un « I don't give a damn » clair et retentissant, moi j'aime bien mieux entendre un « J'm'en sacre ! » ou encore « J'm'en sacre comme en l'an quarante ! », ou même un « J'm'en crisse ! » bien senti. C'est encore plus clair et retentissant et, de la bouche d'un francophone, ça fait pas mal moins prétentieux...
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  • Sab - Abonné
    19 octobre 2011 11 h 07
    Les indécrotables...
    Je suis d'accord avec D. Uhlen quand il écrit: "normalement un acteur professionnel digne de ce nom doit pouvoir être capable d'articuler !! or dans les scènes intimistes, ils marmonnent et on ne comprends rien et dans les scènes de violence, ils avalent les syllabes et on ne comprends rien non plus !! cela nuit aux films et à leur carrière...et ça ne plaît qu'à une minorité d'indécrotables québecois persuadés que le joual fait partie de notre identité... c'était certainement vrai il y a 50 ans.. mais nous sommes en 2011 !! "... J'hésite toujours à me rendre voir un film québécois à moins qu'il ne soit bien classé par ODILE TREMBLAY, l'une des seules critiques avec Paul Warren à oser affronter les indécrotables.
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  • Anne-Esther - Inscrite
    19 octobre 2011 12 h 09
    Vous avez raison
    Vous avez tout à fait raison, M. Warren. Oui, notre humour se situe trop souvent au bas de la ceinture. D'ailleurs, très peu d'humoristes québécois savent manier la langue avec subtilité et intelligence. Même chose pour certains films ou émissions de télévision. La qualité de la langue, on s'en fout! Dénoncer cela, c'est être hautain, élitiste, et j'en passe... aux yeux de certains. Triste constat! Eh non, je ne suis pas une ayatollah de la langue, ni une vierge offensée, je suis plutôt souvent offensée par tant de bêtises entendues ou encore lues.
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  • pilelo - Inscrite
    19 octobre 2011 12 h 26
    que de confusion!
    La langue que dénonce l'auteur n'est pas le parler québécois, que nous aimons tous, non plus que le mot liturgique bien placé (tellement plus charmant que les bordels et merdes des Français). Ce qui le désole, avec raison, c'est plutôt le joual grossier et débile, farci de sacres, qui a envahi la place publique à travers l'influence puissante du cinéma, des shows d'humour et de Radio-Canada.

    À force de se faire dire que c'est ça notre langue, plusieurs le croient et s'y lâchent lousses. Mais, non, ce n'est pas vrai que la plupart d'entre nous aimeraient s'adresser aux autres avec des "ta yeule Chris". Il n'y a pas que la forme de cette phrase qui est Cromagnon, il y a surtout l'idée.

    Cela ne donne pas seulement l'image d'un peuple qui parle mal, mais aussi celle d'une bande de demeurés.
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  • J. Maurice Arbour - Abonné
    19 octobre 2011 13 h 31
    En prime: le sous-titre!
    Michel Tremblay avait peut-être raison de se servir du joual pour dénoncer la bêtise et crier sa douleur.Il me semble que le temps d e la bêtise a assez duré. Albert Memmi a constaté que le bilinguisme colonial, qui est toujours obligatoire, met en jeu des rapports linguistiques dominant-dominé qui finissent toujours dans un drame linguistique: le colonisé commence d'abord par piétiner sa propre langue avant de l,écarter au profit de celle de ses maîtres. Dans un classique effet de miroir, les Québécois ont fini par croire ce qu'on dit d'eux et de leur langue, une langue qu'il vaudrait mieux éviter.N'est-il pas vrai que des acheteurs européens tournent souvent le dos aux films québécois parce qu'ils ne comprennent rien aux dialogues?Les organisateurs du 1er festival du film québécois à Haîti, en mars 2009, n'ont-ils pas jugé nécessaire de sous-titrer certains films parce que la langue québécoise n'est pas comprise en dehors du Québec?Pourquoi, demandait Gil courtemanche, nous isoler encore davantage, en présentant des films dans une sorte de créole québécois?
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  • real@realo.ca - Abonné
    19 octobre 2011 13 h 43
    complètement contre!
    C'est ce que l'on disait àPagnol , que ses films et la parlure de Marseille ne passeraient pas dans le reste de la France. À la fin, il est devenu un immortel de l'Académie française et la trilogie Marius, Fanny, César fait le tour du monde depuis 80 ans....
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  • Felix D Houde - Inscrit
    19 octobre 2011 13 h 56
    Ne rien exagérer...
    Je ne comprends pas ce que l'auteur dénonce ici: les cinéastes qui invitent les comédiens à parler «québécois» avec les sacres que cela inclut ou le parler québécois? D'une façon ou d'une autre, il me semble que ce débat a déjà eu lieu à l'arrivée des Tremblay et Charlebois dans les années soixantes.

    Pour ma part, je considère qu'une oeuvre de fiction québécoise mettant en scène des personnages québécois doit s'efforcer de faire parler «vrai» ses personnages. Comme la majorité des québécois parlent «québécois», avec les expressions (régionalismes, anglicismes, tournures de phrase, sacres) qui sont les nôtres, rien de plus normal que les personnages parlent également «québécois», c'est une question de crédibilité.

    Si on n'aime pas l'image renvoyée, c'est une autre histoire. Je suis fier de mes origines françaises mais je ne renie pas les différents apports qui ont fait la langue que nous parlons maintenant.

    L'important, selon moi est d'être capable d'exprimer ses pensées clairement et de maîtriser un certain nombre de mots pour y parvenir. C'est à ce niveau que le bât blesse au Québec : dans 1) la difficulté, pour certain, de construire une phrase correcte sur le plan syntaxique et 2) dans le pauvreté du vocabulaire.

    Le petit Dolan, il sacre mais je vous jure qu'il communique très bien ses idées, par pour rien qu'il soit devenu un coqueluche en France. Lui-même, par la bande, évoque une certaine dérive de la «moronerie» ambiante au Québec dans Tout sur ma mère mais ce n'est pas une affaire de langue ou de parler mais de culture, c'est différent.

    Pour conclure, ceux qui condamne les sacres, je me demande toujours ce qu'ils disent lors qu'ils sont en colère. «Zut! Ciboulo! Sapristi! Tonnere de Brest!»? Ça m'étonnerait bien... Et les immigrants, latino, maghébins, français, haïtiens, ils sacrent quand ils ont fréquenté un milieu de travail québécois car ils y apprennent l'émotion «b
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  • Raphaël Labrosse - Abonné
    19 octobre 2011 14 h 06
    La parlure québécoise et le français
    La parlure québécoise est aussi misérable que l'idée qu'elle veut exprimer. Et en plus c'est faux de dire que c'est la langue des Québécois de tous les jours. J'habite Montréal depuis toujours et je n'ai jamais entendu quiconque parler ainsi à longueur de journée. À l'occasion, ça va. On dirait que nos artistes jalousent Michel Tremblay qui, lui, a inventé une langue de toutes pièces pour faire parler ses personnages. Oui, c'est une langue inventée. Dans ses romans (ou quand il parle), il ne l'emploie jamais, sinon il serait incompris. Il parle français comme un Québécois.
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  • J. Maurice Arbour - Abonné
    19 octobre 2011 14 h 35
    À l'anomyme real
    L'accent est une chose, le créole,les jurons et le joual une autre.Pagnol ne s'exprime pas dans une autre langue.Il ne s'agit pas de l'accent québécois ici mais d'une langue bâtarde que personne ne comprend ailleurs dans le monde
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  • Denis Bilodeau - Inscrit
    19 octobre 2011 14 h 47
    Contribution à la conversation sur l'état de la langue
    Je relève deux aspects de cette opinion de Paul Warren qui sont inédits et qui ajoutent à la conversation sur l'état de la langue au Québec:

    1. Lisons nos choix de stratégies émancipatrices dans un contexte historique. Ce qui a été libérateur à une certaine époque vis-à-vis un certain public (Michel Tremblay pour parler aussi théâtre) est à repenser à une époque et pour un public différend, mais aussi et surtout: 2. la comparaison avec d'autres stratégies émancipatrices, comme celle reliée aux idéaux de la Révolution Américaine. Ce qu'est parvenue à évoquer la langue familière dans le cinéma Américain, avec l'exemple de la technique de jeu Lee Strasberg, est fort différent de ce qu'évoque la langue familière dans le cinéma Québécois. Plusieurs commentaires avant le mien soulignent à quel point sont nombreux ceux qui refusent de s'identifier à ce qui prend le langage de l'authenticité pour finir par imposer une caricature.

    En d'autres mots, tout effort d'émancipation requiert une constante réinvention et je suis d'accord avec M. Warren pour dire que nous sommes mûrs pour nous mettre à l'écriture d'un nouveau chapitre en matière de langue et d'authenticité dans la tradition cinématographique Québécoise.
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  • Hugo St-Amant - Abonné
    19 octobre 2011 16 h 07
    ta yeule criss, j'te nique ta mère, même combat!
    Évidemment, les lecteurs cultivés du Devoir sont conscients que la valeur esthétique d'une langue n'a rien d'objectif et que sa légitimité est uniquement basée sur des facteurs socio-économiques. Ils sont aussi au parfum que le propre des langues parlées est de changer et que l'écart dialectal séparant les français européens et les français nord-américains est tout ce qu'il y a de plus naturel.

    Après tout... c'est pas des caves!


    «Une langue, c'est un dialecte qui possède une armée, une marine et une aviation.»

    - Louis-Hubert Lyautey
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  • cpoulin - Inscrit
    19 octobre 2011 17 h 05
    Il est trop tard!
    Paul Warren voit juste. Mais il devrait réfléchir sur le fait que cette langue a été dévoyée par le laisser faire de l'école, encouragé ensuite par une frange très influente des nationalistes québécois qui ont pensé que c'était là un des caractères distincts de notre société fière de sa différence. Une malheureuse dérive aussi du relativisme culturelle et de l'égalitarisme. À méditer! Mais il est trop tard pour penser résoudre le problème, le mal est trop profond. Claude Poulin
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  • France Marcotte - Abonnée
    19 octobre 2011 20 h 01
    Parler...et comprendre ce qu'on nous dit
    "Je me dis parfois que si on avait le courage de donner corps à ce mot «nation», [...] on se donnerait le droit d'être entendus parmi les nations unies du monde."
    "On ouvrirait notre langue. On sentirait le devoir de la parler correctement pour qu'elle soit prise en bouche par nos immigrants et écoutée parmi les nations."

    Autrement dit: si, comme les Américains qui ont eu le courage de se séparer de l'Angleterre et de proclamer leur indépendance, les Québécois donnaient corps au mot "nation", ils se donneraient le devoir de parler leur langue correctement.

    C'est l'essentiel de ce texte de M.Warren.
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  • pilelo - Inscrite
    19 octobre 2011 21 h 26
    Pagnol sans aucun rapport!
    Les films de Pagnol, on les a vus et entendus, on les connaît.

    Leur parlure, c'est l'accent du Midi, sans plus. Les personnages de Pagnol maîtrisent parfaitement la langue française et la manient avec esprit.

    Leur accent, notre accent, l'accent parisien, ce ne sont que des accents. Qu'on préfère l'un ou l'autre, ce n'est pas de ça qu'on discute. C'est d'indigence qu'on discute, et qui plus est d'indigence volontaire.
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  • Carl St-Denis - Inscrit
    19 octobre 2011 22 h 11
    Franchement condescendant et surtout snob
    Sentiment de solitude, d'infériorité. C'est ce qui émane du texte creux de Paul Warren. Dénier la spécificité du dialecte québecois par crainte de ne pas plaire aux autres francophones c'est carrément ça.

    On peut définir "standard"? On peut parler du français artificiel de Radio-Can et des étudiants en communication? L'accent québecois que je parle et que j'écoute au cinéma est tout sauf incorrect. Il est tout à fait légitime et justifié. Une langue est toujours influencée par le temps et l'espace. Les régionalismes linguistiques existent partout, inutile de les ignorés. Je n'ai rien contre un parlé prescritif comme celui de Radio-Canada (parce qu'il faut quand même des points de repère, comme un idéal) et exagérer le joual me plait pas, mais de là à essayer de l'enlever à l'Art... c'est du pur snobisme.
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  • amaranta - Inscrit
    20 octobre 2011 01 h 58
    @ Hugo St-Amant
    Visiblement, ces lecteurs cultivés du Devoir, qui perlent un excellent français, n'ont rien compris.

    @ Paul Warren

    La popularité du cinéma québécois à l'étranger a augmenté lorsqu'il a commencé à refléter une réalité originale qui lui était propre plutôt que de copier le cinéma étasunien ou français.
    En terminant, peut-être le savez-vous, à Canne, on a adoré la scène où la mère s'exclame:``Ta yeule chrisse``..
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  • FMTremblay - Inscrit
    20 octobre 2011 14 h 55
    Du joual?
    Le purisme linguistique finira par me tuer un jour. Ce n'est pas parce qu'il y a des sacres dans un film québécois que c'est nécessairement du joual. Le joual tait une variété très régionale des classes ouvrières de Montréal qui ne s'entend plus dans les rues de la métropole depuis longtemps et encore moins dans les films.
    Le français québécois est une variété de français légitime dans toutes ses particularités. Ce n'est pas de l'argot, du patois et ce n'est surtout pas une dégénérescence du normé, artificiel et stérile français Parisien! Au contraire, nous avons heureusement échappé à ce meurtre linguistique qui a fait disparaître de France toute la diversité qui fait réellement VIVRE une langue. Au Québec, nous avons conservé notre liberté linguistique et nous devrions en être fiers. Notre variété de langue se distingue par bien d'autres choses que la présence de quelques jurons d'origine catholique et est le fruit de l'évolution linguistique et non pas de la normalisation artificielle d'un dialecte.
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  • Sonja Mazerolle-Cadier - Abonnée
    22 octobre 2011 16 h 26
    Du Français??
    Et j'ajouterais, le français parlé dans les médias en France, truffé de mots anglais... J'ai déjà entendu dans une émission à TV5, sur la Bête du Gévaudan, l'animateur qui parlait de 'sérial killers' (tueurs en série) en France... Ici au moins, dans les médias, le français est respecté... Voilà.
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  • Mathieu Bouchard - Abonné
    23 octobre 2011 11 h 30
    La parlure du cinéma, des gens et des dictionnaires
    Si les films étaient si réalistes que ça, il y aurait des temps morts qui dureraient des heures. Pensez à toutes les scènes de la vie qu'on verrait pas dans des films parce qu'il y a pas lieu de les filmer. Maintenant, croyez-vous que les personnages de films sont en moyenne aussi calmes que dans la vraie vie ? Les films sont faits de moments intenses, et c'est en ce sens qu'il faut pas s'attendre à avoir la même proportion de sacres dans un film, comparé à des personnes équivalentes dans la vraie vie.

    Autre chose que je trouve bizarre dans cette discussion, c'est l'histoire du marmonnage. Il me semble que mes pires souvenirs de marmonneurs viennent des films français... c'est parfois pas suffisant de monter le volume. C'est pas strictement lié aux scènes intimistes ni même aux films : si on vous dit « menn'nont » dans la rue à Paris, ça veut dire « maintenant ».

    Finalement, le français standard, le standard parisien, en tant que base des films, etc., ce sont des mirages. Il faut faire la différence entre le culte des dictionnaires, la langue populaire de Paris, les argots, etc., et c'est aussi ce qu'il faut se dire à propos d'ici : il n'y a pas un français québécois unique qui peut servir de souffre-douleur, d'épouvantail, ... il n'y a même pas de standard pour les nommer ! Oui, il existe des noms pour un bon nombre de variantes régionales du français, mais ça fait plus de cinquante ans que le mot joual sert à la fois pour parler d'une variante montréalaise et du français québécois populaire dans son ensemble. (Et notez bien que dans aucun de ces cas on prescrit comment souvent on est supposés sacrer)

    En passant, Paul Warren est-il le nouveau Frère Untel ?
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  • André Marquis - Abonné
    27 octobre 2011 12 h 36
    Langue parlée vs norme linguistique
    Le français normatif est la langue de l'écriture. La langue parlée, elle, est plus libre, toujours en mouvement et se transformant sans cesse. Sans porter de jugement: elle n'est ni plus vulgaire, ni plus bâtarde que le français normatif. Il y a une différence entre langue écrite et langue parlée; c'est ainsi partout dans le monde.
    Le cinéma québécois, très très très réaliste, s'accommoderait mal d'un français impeccable, que même le cinéma français évite. Pourquoi être mal à l'aise avec notre langue parlée ? Elle a beau être un mélange de français, d'anglais et d'expressions mâchouillées, c'est la nôtre, et elle est belle. Elle a sa place dans notre cinéma, tout comme dans notre littérature.
    Balzac faisait parler ses ouvriers comme des ouvriers. Céline a écrit toute son oeuvre en argot. La langue populaire a sa place dans les arts, même au Québec. Question de réalisme, qui n'a rien à voir avec un peuple assimilé par les anglais, un peuple tellement aliéné qu'il en oublie sa langue ou n'importe quelle autre connerie du genre.
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