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Lettres - La ville qui aimait le cinéma

Vanessa Hebding - Québec, le 6 février 2012  8 février 2012  Cinéma
En 2011 est né un tout nouveau festival de cinéma à Québec. Pendant une semaine, le public de Québec a eu accès à une multitude de projections de films. Une denrée rare dans la capitale.

Puis est venue l'annonce d'un projet de construction d'un nouveau cinéma au centre-ville pour remplacer le défunt cinéma Charest. Euphorie. On aurait au coeur de la ville une dizaine de salles où nous abreuver d'images, de musique, de mots. Dans un lieu qui favorise réellement l'expérience du cinéma, c'est-à-dire où l'on pourrait non seulement voir les titres à l'affiche dans les autres salles, mais aussi découvrir des films d'auteur difficiles à dénicher ailleurs.

Après un temps des Fêtes passé à imaginer se rendre à l'angle des rues Saint-Anselme et Saint-Vallier Est pour aller découvrir de nouveaux opus filmiques, une déception: avec le début du mois de janvier, le projet de dix salles a rétréci. Le promoteur envisage de mettre à exécution seulement la moitié de son plan initial, soit cinq salles. Pourquoi? Cineplex, la principale entreprise d'exploitation de salles de cinéma au Canada, veut ajouter (à ceux de Sainte-Foy et de Beauport) un troisième complexe à son actif à Québec.

Nous, étudiants en cinéma de l'Université Laval, croyons que Québec, ville pauvre en cinéma mais remplie de cinéphiles, n'a pas à subir les contrecoups de la panse de ce géant commercial torontois. Parce qu'il s'agit bien de concurrence. Nous ne nous opposons pas à l'arrivée d'un cinéma, quel qu'il soit. Nous décrions plutôt l'attitude déloyale de Cineplex qui, en voulant élire domicile au centre-ville, compromet la diversité du cinéma à Québec.

Contre un type de cinéma unique, imposé. Mais, surtout, nous sommes pour du cinéma d'auteur dans nos salles. Car nous constatons que malgré les quelques titres présentés au cinéma Cartier et au Clap, le cinéma d'auteur reste confiné à nos salons et aux salles de cours de l'université. Nous voulons mieux et nous pensons que notre cinéma mérite plus.

***

Vanessa Hebding - Québec, le 6 février 2012
 
 
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  • Leys - Inscrit
    8 février 2012 13 h 17
    Les lois du marché
    Voilà ce qu'on appelle les belles lois du marché, lois auxquelles certains aimeraient soumettre l'ensemble de la société, à commencer par le domaine de la culture : que ceux qui s'intéressent à autre chose qu'au dernier Spiderman 8 ou au remake récent de La Croisière s'amuse crèvent avec leurs goûts élitistes ou déménagent dans des métropoles où il existe un marché assez vaste pour se permettre d'ouvrir des salles où projeter le dernier opus de Wiw Wenders ou de Wong Kar-Wai. Ceci dit, espérons que les choses tournent au mieux pour les amateurs de bon cinéma de la capitale.
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  • Gilles Bertrand - Abonné
    20 février 2012 19 h 21
    Pour une plus grande mobilisation en faveur du cinéma québécois (1)
    Je découvre tardivement la réflexion de Vanessa Hebding que je juge pertinente. Elle soulève indirectement le problème de la prise en charge des salles de cinéma par des intérêts québécois. Le cinéma américain s’est imposé à la France et à l’Europe au terme de la deuxième grande guerre mondiale (1939-1945). Consécutivement à l’aide militaire américaine, il y avait un prix à payer; c’est ainsi que le cinéma états-unien s’imposa sur la facture à payer. En pénétrant en France, le cinéma, véritable cheval de Troie, apporta là-bas la culture américaine, celle-là même qui malgré sa superficialité allait créer l’engouement et la surexcitation du citoyen français qui demeure encore bien vivants de nos jours.
    Heureusement, la grande profondeur de la culture européenne aura permis à nos cousins d’outremer de ne point disparaître dans le tourbillon cinématographique américain.
    La situation diffère beaucoup au Canada et plus particulièrement au Québec (pays plus jeune, moins populeux) où les premiers cinéastes firent leurs classes à l’Office National du Film (ONF) bien longtemps avant que les écoles de haut savoir reconnaissent le 7è Art.
    Nous nous sommes donc nourris, au Québec, du cinéma venu du Sud de notre frontière. Puis timidement nous avons ouvert nos frontières au cinéma européen, pour enfin, depuis à peine trois décennies, nous offrir un cinéma bien à nous.
    Et voilà, que nous entrons dans l’ère de la reconnaissance de notre originalité en forçant l’attention des plus grands festivals du cinéma du monde. Aussi faut dénoncer fortement la confiscation de l’espace cinématographique qui fait que «le cinéma d'auteur reste confiné à nos salons et aux salles de cours de l'université», ainsi que le formule Vanessa Hebding.
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  • Gilles Bertrand - Abonné
    20 février 2012 19 h 23
    Pour une plus grande mobilisation en faveur du cinéma québécois (2)
    Peut-être le temps est-il venu de se pencher sur les lois et réglementations qui régissent la diffusion du cinéma et de mobiliser la classe politique et culturelle pour briser le carcan qui étouffe encore la diffusion du cinéma d’auteur.
    Pourquoi ne pourriez-vous pas vous regrouper tous: étudiants en cinéma, cinéastes, critiques de cinéma, professeurs, gens du milieu culturel? Pourquoi ne parviendriez-vous pas à susciter des états généraux du cinéma québécois pour enfin revoir les règles qui font obstacle à la présence de notre cinéma et brasser cette maudite cage?
    Le cinéma québécois mérite plus d’espace.
    Gilles Bertrand
    Québec
    Le 20-02-2012
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