Adieu la reine, bonjour le Québec
Photo : La Presse canadienne (photo) Markus Schreiber/AP
Le président du jury de la 62e Berlinale, le réalisateur Mike Leigh (deuxième à gauche), était entouré hier à la veille de l'événement, par les membres du jury: l'actrice allemande Barbara Sukowa (à gauche), l'actrice française Charlotte Gainsbourg et le réalisateur français François Ozon.
Le Devoir à Berlin – Du neuf, du vieux, ainsi que beaucoup de Québécois (et de Canadiens) sont au programme de la Berlinale (Festival international du film de Berlin), qui s'ouvre ce soir avec la projection en première mondiale de Les adieux à la reine. Sous ce titre à faire pleurer Stephen Harper se cache une réinterprétation par le Français Benoît Jacquot (L'école de la chair, Villa Amalia) des trois derniers jours à Versailles de Marie-Antoinette (Diane Kruger), racontés du point de vue d'une de ses jeunes dames de compagnie (Léa Seydoux).
La compétition officielle, composée de 18 longs métrages, promet tout un éventail d'expériences — stylistiques, narratives, culturelles, générationnelles — destinées à mitrailler les rétines des festivaliers d'ici le 17 février, date de la projection du dernier film de la compétition: Rebelle, du Québécois Kim Nguyen (Le marais, La cité). Cette production d'Item7 (Pierre Even, Marie-Claude Poulin) tournée au Congo, et que l'organisation du festival a décrit comme le «point d'exclamation de la compétition officielle», raconte le combat pour la survie d'une enfant soldate.
Inscrit au Forum, une section vouée au cinéma dit plus expérimental, Bestiaire, film-essai de Denis Côté, sorte de méditation muette sur les royaumes parallèles que sont l'humanité et l'animalité, poursuit sa lancée amorcée en janvier à Sundance.
Le Winnipegois Guy Maddin sera aussi à Berlin pour présenter Keyhole, néo-film noir avec Isabelle Rossellini en proue, défloré à Toronto, où son compatriote Sheldon Larry s'était lui aussi fait remarquer avec Leave It on the Floor. Cette tragicomédie musicale campée dans le milieu du «voguing» de Los Angeles fait partie de la section Panorama.
Le compositeur et pianiste attitré de la Cinémathèque québécoise, Gabriel Thibaudeau, viendra quant à lui présenter au festival une série de 14 concerts au piano dans le cadre de la série The Red Dream Factory, qui comporte 44 trésors du muet russe.
Du contemporain et du classique
Revenons à la sélection officielle, dont on espère qu'elle apportera un peu de chaleur à une capitale frigorifiée par la vague de froid qui s'est abattue sur l'Europe dans les derniers jours. Du Philippin Brillante Mendoza (Captive, avec Isabelle Huppert), qui porte bien son prénom, au wonder-boy allemand Hans Christian Schmit (Home for the Weekend), en passant par la Belge Ursula Meier (L'enfant d'en haut) et l'acteur-réalisateur américain Billy Bob Thornton (Jayne Mansfield's Car), la sélection officielle annonce en quantité égale du contemporain et du classique, avec une attention particulière, de la part du directeur de la Berlinale, Dieter Kosslick, pour le cinéma asiatique.
Outre le Mendoza, coproduit avec la France, on verra également au Berlinale Palast de la Potsdamerplatz Postcards from the Zoo, du Singapourien Edwin, ainsi que White Deer Plain, de la nouvelle coqueluche du cinéma chinois Wang Quan'an. À cela s'ajoute, en sélection officielle hors concours, la nouvelle épopée du Chinois Zhang Yimou (Les fleurs de la guerre, avec Christian Bale en proue), attendu sur nos écrans le 24 février, ainsi que le nouvel exercice d'arts martiaux du Hong-Kongais Tsui Hark (Flying Swords of Dragon Gate).
Cinq ans après leur dernier film et près de vingt ans après leur dernier succès (Fiotile, en 1993), les frères Paolo et Vottorio Taviani font escale à Berlin pour lancer en compétition officielle César doit mourir, un documentaire naturaliste racontant la création de la pièce Jules César de Shakespeare par les détenus de la prison romaine Rebibbia.
Plusieurs productions européennes inscrites au programme éveillent la curiosité. C'est le cas d'À moi seule, du Français Frédéric Videau, sur une jeune femme (Agathe Bonitzer) soudainement libérée par son ravisseur après huit ans de captivité. Également attendu: Bel ami, adaptation de Maupassant par un tandem de réalisateurs anglais qui en est à ses premières armes, Declan Donnellan et Nick Ormerod. Le rôle-titre de cette production à costumes revient au vampire de ces demoiselles Robert Pattinson. Il est entouré d'Uma Thurman, Kristin Scott Thomas et Christina Ricci.
Enfin, la Berlinale nous fera remonter jusque dans le Danemark du XVIIIe siècle avec A Royal Affair, du Danois Nikolaj Arcel, sur un réformateur (Mads Mikkelsen) dont les réformes prophétisaient celles de la Révolution française. Et accessoirement, Les adieux à la reine, dont je vous reparle demain.
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Collaborateur du Devoir
La compétition officielle, composée de 18 longs métrages, promet tout un éventail d'expériences — stylistiques, narratives, culturelles, générationnelles — destinées à mitrailler les rétines des festivaliers d'ici le 17 février, date de la projection du dernier film de la compétition: Rebelle, du Québécois Kim Nguyen (Le marais, La cité). Cette production d'Item7 (Pierre Even, Marie-Claude Poulin) tournée au Congo, et que l'organisation du festival a décrit comme le «point d'exclamation de la compétition officielle», raconte le combat pour la survie d'une enfant soldate.
Inscrit au Forum, une section vouée au cinéma dit plus expérimental, Bestiaire, film-essai de Denis Côté, sorte de méditation muette sur les royaumes parallèles que sont l'humanité et l'animalité, poursuit sa lancée amorcée en janvier à Sundance.
Le Winnipegois Guy Maddin sera aussi à Berlin pour présenter Keyhole, néo-film noir avec Isabelle Rossellini en proue, défloré à Toronto, où son compatriote Sheldon Larry s'était lui aussi fait remarquer avec Leave It on the Floor. Cette tragicomédie musicale campée dans le milieu du «voguing» de Los Angeles fait partie de la section Panorama.
Le compositeur et pianiste attitré de la Cinémathèque québécoise, Gabriel Thibaudeau, viendra quant à lui présenter au festival une série de 14 concerts au piano dans le cadre de la série The Red Dream Factory, qui comporte 44 trésors du muet russe.
Du contemporain et du classique
Revenons à la sélection officielle, dont on espère qu'elle apportera un peu de chaleur à une capitale frigorifiée par la vague de froid qui s'est abattue sur l'Europe dans les derniers jours. Du Philippin Brillante Mendoza (Captive, avec Isabelle Huppert), qui porte bien son prénom, au wonder-boy allemand Hans Christian Schmit (Home for the Weekend), en passant par la Belge Ursula Meier (L'enfant d'en haut) et l'acteur-réalisateur américain Billy Bob Thornton (Jayne Mansfield's Car), la sélection officielle annonce en quantité égale du contemporain et du classique, avec une attention particulière, de la part du directeur de la Berlinale, Dieter Kosslick, pour le cinéma asiatique.
Outre le Mendoza, coproduit avec la France, on verra également au Berlinale Palast de la Potsdamerplatz Postcards from the Zoo, du Singapourien Edwin, ainsi que White Deer Plain, de la nouvelle coqueluche du cinéma chinois Wang Quan'an. À cela s'ajoute, en sélection officielle hors concours, la nouvelle épopée du Chinois Zhang Yimou (Les fleurs de la guerre, avec Christian Bale en proue), attendu sur nos écrans le 24 février, ainsi que le nouvel exercice d'arts martiaux du Hong-Kongais Tsui Hark (Flying Swords of Dragon Gate).
Cinq ans après leur dernier film et près de vingt ans après leur dernier succès (Fiotile, en 1993), les frères Paolo et Vottorio Taviani font escale à Berlin pour lancer en compétition officielle César doit mourir, un documentaire naturaliste racontant la création de la pièce Jules César de Shakespeare par les détenus de la prison romaine Rebibbia.
Plusieurs productions européennes inscrites au programme éveillent la curiosité. C'est le cas d'À moi seule, du Français Frédéric Videau, sur une jeune femme (Agathe Bonitzer) soudainement libérée par son ravisseur après huit ans de captivité. Également attendu: Bel ami, adaptation de Maupassant par un tandem de réalisateurs anglais qui en est à ses premières armes, Declan Donnellan et Nick Ormerod. Le rôle-titre de cette production à costumes revient au vampire de ces demoiselles Robert Pattinson. Il est entouré d'Uma Thurman, Kristin Scott Thomas et Christina Ricci.
Enfin, la Berlinale nous fera remonter jusque dans le Danemark du XVIIIe siècle avec A Royal Affair, du Danois Nikolaj Arcel, sur un réformateur (Mads Mikkelsen) dont les réformes prophétisaient celles de la Révolution française. Et accessoirement, Les adieux à la reine, dont je vous reparle demain.
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