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À l'amour comme à la guerre

François Lévesque   18 février 2012  Cinéma
C’est la guerre reluque du côté de l’âge d’or des grands studios avec son triangle amoureux comique prétexte au plus grand nombre de bons mots possible.<br />
Photo : Source 20th Century Fox
C’est la guerre reluque du côté de l’âge d’or des grands studios avec son triangle amoureux comique prétexte au plus grand nombre de bons mots possible.

À retenir

    C'est la guerre (v.f. de This Means War)
    Réalisation: McG. Scénario: Timothy Dowling, Simon Kinberg. Avec Tom Hardy, Chris Pine, Reese Witherspoon, Chelsea Handler, Til Schweiger, Angela Bassett. Photo: Russell Carpenter. Montage: Nicolas De Toth. Musique: Christopher Beck. États-Unis, 2011, 98 min.
Agents secrets pour la CIA, Tuck et FDR sont partenaires et meilleurs amis du monde depuis l'enfance, une période dans laquelle ils pataugent encore, comme tend à le démontrer la suite de l'histoire. Épris de la même jeune femme dans la foulée d'un malentendu tout hollywoodien, les deux espions sortiront en effet l'arsenal de choc et de charme afin de ravir le cœur de la belle. Bien qu'il tente souvent de désigner l'élément sentimental comme enjeu narratif principal, le scénario de C'est la guerre fonctionne surtout lorsqu'il se cantonne au thème de l'amitié virile.

Dès les premières minutes, une mission clandestine à Hong Kong qui se transforme en cirque, on craint le pire. Mal fichue, la réalisation n'impressionne pas: non seulement les scènes d'action sont chaotiques, mais on éprouve la nette impression de les avoir déjà vues, en mieux. Puis, les choses s'arrangent: cantonnés à des tâches administratives dans les bureaux de Los Angeles, Tuck et FDR font le point.

Le premier est le père d'un petit garçon qu'il voit la fin de semaine, le second est un coureur impénitent. Trébuche dans leurs train-train respectifs la ravissante Lauren qui, suivant le conseil de sa meilleure copine, décide de sortir avec les deux larrons avant de faire son choix, ignorant que les deux soupirants se connaissent.

C'est la guerre reluque du côté de l'âge d'or des grands studios (His Girl Friday, The Philadelphia Story) avec son triangle amoureux comique prétexte au plus grand nom-bre de bons mots possible. Ceux-ci, à l'instar des cascades rehaussées par les désormais incontournables effets numériques, adoptent en revanche un ton résolument contemporain, pour le meil-leur et pour le pire. Le meil-leur est lorsque la confidente (Chelsea Handler, une révélation) déballe des grossièretés étonnamment avisées; le pire, lorsque ces messieurs sont en mode séduction.

Le film étant privé d'une vraie mise en scène, son succès repose essentiellement sur les dialogues et la manière dont les acteurs (drôles et complices, heureusement) les livrent. Du coup, les scénaristes auraient gagné à ciseler davantage leurs réparties, quoique, dans le genre, suffisamment font mouche pour rendre la projection plaisante. Éminemment oubliable, mais plaisante.

***

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