Cinéma - Goon ou les tendres durs
Se voulant à l'origine une comédie à la Slapshot, un film culte campé dans le monde du hockey, Goon s'est au final distancié de son modèle
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir
«Le scénario est basé sur l’autobiographie Goon: The True Story of an Unlikely Journey into Minor League Hockey, d’indiquer le réalisateur montréalais Michael Dowse. Il s’agit d’une rare incursion dans l’univers de ces joueurs embauchés pour se battre.»
Le terme «goon» se traduit par «brute». Au hockey, il s'agit du joueur dont le mandat consiste à mettre en échec le meilleur marqueur de l'équipe adverse et d'empêcher que l'étoile de sa propre équipe quitte la glace sur une civière. Grosso modo. Une des qualités de la comédie Goon réside dans ce qu'il n'est pas nécessaire de connaître grand-chose à notre sport national pour rire un bon coup.
«Le scénario est basé sur l'autobiographie Goon: The True Story of an Unlikely Journey into Minor League Hockey, d'indiquer le réalisateur montréalais Michael Dowse. Il s'agit d'une rare incursion dans l'univers de ces joueurs embauchés pour se battre.» Le hockeyeur en question se nomme Doug Glatt (Sean William Scott, le Stifler d'American Pie), un videur dans une petite ville de l'État de New York qui, après avoir impressionné le coach local avec ses dons de bagarreurs, se voit repêché par une équipe des ligues mineures de Halifax. Chargé de protéger les arrières d'un coéquipier talentueux (Marc-André Grondin) traumatisé par une mise en échec vicieuse, Doug est en fait la douceur incarnée.
C'est au scribe vedette Evan Goldberg (Superbad, Pineapple Express), un natif de Vancouver, qu'on proposa l'écriture du scénario de Goon. «Sauf qu'Evan ne s'y connaît pas vraiment en hockey, de préciser l'acteur montréalais Jay Baruchel. Alors il a parlé de moi aux producteurs, que je n'écrivais pas trop mal et tout ça, et plus important, que j'étais un passionné de hockey.»
«L'histoire filmée, c'est 75 % Jay, 25 % Evan», confirme Michael Dowse, qui parle d'un tournage idéal. «Comprenez bien que ce n'était pas évident: on tournait exclusivement de nuit dans une patinoire du Manitoba et j'avais ce souci constant de garder les séquences de jeu dynamiques et de varier la présentation des bagarres sans en faire l'apologie. Mais le travail lui-même était génial parce que Jay et Evan étaient là tout le temps et ils me donnaient constamment de nouvelles répliques, on a beaucoup improvisé... C'était très stimulant.»
Un antihéros?
Pas très possessif de son matériel, le scénariste néophyte? Pour Jay Baruchel, se battre pour garder une réplique lorsqu'un acteur propose un changement, c'est futile. «Le comédien a pris possession du personnage. Rendu là, il le connaît mieux que moi.» N'empêche, on sent tout du long que c'est lui qui est aux commandes de ce récit salé mais bon enfant. En effet, Goon ne s'intéresse pas à une brute épaisse qui intimide autrui, mais plutôt à un type certes très fort, mais candide et, surtout, déconsidéré par à peu près tout le monde. Bref, le héros du film est un «rejet». Rappelons que Jay Baruchel, un grand maigre à l'allure dégingandé, a souvent joué les marginaux et les laissés-pour-compte (Fanboys, She's Out of My League).
Un autre aspect du film qui a l'heur d'étonner est ce parti pris de se moquer copieusement de l'homophobie galopante qui afflige les milieux sportifs, et celui du hockey en particulier. À cet égard, Goon peut se targuer d'avoir accouché d'au moins une scène d'anthologie — celle du bar juste après le premier match de Doug.
«L'humour potache est là, la vulgarité aussi, mais je tenais à ce que ce ne soit offensant pour personne, explique Jay Baruchel. J'ai été élevé dans une famille qui m'a inculqué des valeurs d'ouverture et de respect. Tous ceux qui se sont greffés au projet ont ça en commun, je crois.» En définitive, c'est probablement cette sensibilité inattendue qui distingue Goon de son modèle Slapshot.
Le film prend l'affiche vendredi prochain.
***
Collaborateur du Devoir
«Le scénario est basé sur l'autobiographie Goon: The True Story of an Unlikely Journey into Minor League Hockey, d'indiquer le réalisateur montréalais Michael Dowse. Il s'agit d'une rare incursion dans l'univers de ces joueurs embauchés pour se battre.» Le hockeyeur en question se nomme Doug Glatt (Sean William Scott, le Stifler d'American Pie), un videur dans une petite ville de l'État de New York qui, après avoir impressionné le coach local avec ses dons de bagarreurs, se voit repêché par une équipe des ligues mineures de Halifax. Chargé de protéger les arrières d'un coéquipier talentueux (Marc-André Grondin) traumatisé par une mise en échec vicieuse, Doug est en fait la douceur incarnée.
C'est au scribe vedette Evan Goldberg (Superbad, Pineapple Express), un natif de Vancouver, qu'on proposa l'écriture du scénario de Goon. «Sauf qu'Evan ne s'y connaît pas vraiment en hockey, de préciser l'acteur montréalais Jay Baruchel. Alors il a parlé de moi aux producteurs, que je n'écrivais pas trop mal et tout ça, et plus important, que j'étais un passionné de hockey.»
«L'histoire filmée, c'est 75 % Jay, 25 % Evan», confirme Michael Dowse, qui parle d'un tournage idéal. «Comprenez bien que ce n'était pas évident: on tournait exclusivement de nuit dans une patinoire du Manitoba et j'avais ce souci constant de garder les séquences de jeu dynamiques et de varier la présentation des bagarres sans en faire l'apologie. Mais le travail lui-même était génial parce que Jay et Evan étaient là tout le temps et ils me donnaient constamment de nouvelles répliques, on a beaucoup improvisé... C'était très stimulant.»
Un antihéros?
Pas très possessif de son matériel, le scénariste néophyte? Pour Jay Baruchel, se battre pour garder une réplique lorsqu'un acteur propose un changement, c'est futile. «Le comédien a pris possession du personnage. Rendu là, il le connaît mieux que moi.» N'empêche, on sent tout du long que c'est lui qui est aux commandes de ce récit salé mais bon enfant. En effet, Goon ne s'intéresse pas à une brute épaisse qui intimide autrui, mais plutôt à un type certes très fort, mais candide et, surtout, déconsidéré par à peu près tout le monde. Bref, le héros du film est un «rejet». Rappelons que Jay Baruchel, un grand maigre à l'allure dégingandé, a souvent joué les marginaux et les laissés-pour-compte (Fanboys, She's Out of My League).
Un autre aspect du film qui a l'heur d'étonner est ce parti pris de se moquer copieusement de l'homophobie galopante qui afflige les milieux sportifs, et celui du hockey en particulier. À cet égard, Goon peut se targuer d'avoir accouché d'au moins une scène d'anthologie — celle du bar juste après le premier match de Doug.
«L'humour potache est là, la vulgarité aussi, mais je tenais à ce que ce ne soit offensant pour personne, explique Jay Baruchel. J'ai été élevé dans une famille qui m'a inculqué des valeurs d'ouverture et de respect. Tous ceux qui se sont greffés au projet ont ça en commun, je crois.» En définitive, c'est probablement cette sensibilité inattendue qui distingue Goon de son modèle Slapshot.
Le film prend l'affiche vendredi prochain.
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