Littérature québécoise - Comics et confession
Photo : Mélanie Desourdy
Jean-Marc Beausoleil publie son cinquième roman, Monsieur Électrique.
À retenir
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Monsieur Électrique
Jean-Marc Beausoleil
Triptyque
Montréal, 2012, 200 pages
Samuel Bidault a «quarante ans, dix livres en trop, quatre cheveux blancs». Le principal protagoniste et narrateur de Monsieur Électrique, le cinquième roman de Jean-Marc Beausoleil, est professeur de français langue seconde au Shakespeare College (et le Shake, connu comme «le pire cégep parce qu'il reçoit les pires étudiants»).
Divorcé d'une ambitieuse avocate, plus jeune que lui, il vivait jusqu'à récemment l'existence endormie et précaire de l'homme fraîchement célibataire: draps aux fenêtres, boîtes en carton servant de meubles, frigo aussi vide que les bouteilles d'alcool qui s'accumulent.
Soupçonné de meurtre par la police, qui le croit à la tête d'un réseau de prostituées de luxe, on exige de lui une confession écrite (qui deviendra le roman) constituée de nombreux retours en arrière égrenant la liste de ses déboires. Des déboires qui font une large place à l'échec de son mariage.
À toute chose malheur est bon: c'est l'incubateur d'où sortira en quelque sorte Monsieur Électrique. Seul et unique superhéros québécois, Richard Saint-Laurent, un jeune monteur de lignes d'Hydro-Québec, doit ses pouvoirs à un accident survenu durant la crise du verglas de 1998. Avec un ami dessinateur, Bidault crée une bande dessinée dont le succès sera, contre toute attente, immédiat et retentissant. Recruté par Marvel — l'empire des comic books aux États-Unis, qui a donné notamment naissance aux Spiderman, Captain America, Iron Man, Hulk et autres Thor —, le duo nage dans l'argent facile.
L'attrait du narrateur pour les prostituées de luxe l'amènera à entretenir une relation «privilégiée» avec une certaine Natasha, qui est aussi (mais sous un autre nom) l'une de ses étudiantes. Elle sera retrouvée morte, comme deux autres de ses collègues. Des meurtres liés à une histoire un peu nébuleuse de militants écologistes opposés à un richissime promoteur immobilier fétichiste à ses heures.
L'auteur de La conversation française (2001), d'Utopie Taxi et de Blanc bonsoir (2010 et 2011) signe cette fois un roman divertissant et plutôt bien tourné, malgré la structure plutôt convenue du récit. Monsieur Électrique a toutefois quelques lourdeurs: c'est l'impression que donnent quelques passages plutôt didactiques où le narrateur sent la nécessité de nous fournir des explications sociologiques ou historiques sur le phénomène des superhéros ou de la bande dessinée.
Trop d'histoires qui paraissent parfois d'un intérêt secondaire en regard du récit principal — qui est aussi, si on veut, celui d'une rédemption. Une idée intéressante, en somme, mais qui n'a peut-être pas été exploitée de la meilleure façon.
***
Collaborateur du Devoir
Divorcé d'une ambitieuse avocate, plus jeune que lui, il vivait jusqu'à récemment l'existence endormie et précaire de l'homme fraîchement célibataire: draps aux fenêtres, boîtes en carton servant de meubles, frigo aussi vide que les bouteilles d'alcool qui s'accumulent.
Soupçonné de meurtre par la police, qui le croit à la tête d'un réseau de prostituées de luxe, on exige de lui une confession écrite (qui deviendra le roman) constituée de nombreux retours en arrière égrenant la liste de ses déboires. Des déboires qui font une large place à l'échec de son mariage.
À toute chose malheur est bon: c'est l'incubateur d'où sortira en quelque sorte Monsieur Électrique. Seul et unique superhéros québécois, Richard Saint-Laurent, un jeune monteur de lignes d'Hydro-Québec, doit ses pouvoirs à un accident survenu durant la crise du verglas de 1998. Avec un ami dessinateur, Bidault crée une bande dessinée dont le succès sera, contre toute attente, immédiat et retentissant. Recruté par Marvel — l'empire des comic books aux États-Unis, qui a donné notamment naissance aux Spiderman, Captain America, Iron Man, Hulk et autres Thor —, le duo nage dans l'argent facile.
L'attrait du narrateur pour les prostituées de luxe l'amènera à entretenir une relation «privilégiée» avec une certaine Natasha, qui est aussi (mais sous un autre nom) l'une de ses étudiantes. Elle sera retrouvée morte, comme deux autres de ses collègues. Des meurtres liés à une histoire un peu nébuleuse de militants écologistes opposés à un richissime promoteur immobilier fétichiste à ses heures.
L'auteur de La conversation française (2001), d'Utopie Taxi et de Blanc bonsoir (2010 et 2011) signe cette fois un roman divertissant et plutôt bien tourné, malgré la structure plutôt convenue du récit. Monsieur Électrique a toutefois quelques lourdeurs: c'est l'impression que donnent quelques passages plutôt didactiques où le narrateur sent la nécessité de nous fournir des explications sociologiques ou historiques sur le phénomène des superhéros ou de la bande dessinée.
Trop d'histoires qui paraissent parfois d'un intérêt secondaire en regard du récit principal — qui est aussi, si on veut, celui d'une rédemption. Une idée intéressante, en somme, mais qui n'a peut-être pas été exploitée de la meilleure façon.
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