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Antoine Gratton à Montréal en lumière - Jouer pour jouer

Sylvain Cormier   21 février 2012  Musique
Ils sont quatre, cette fois-ci, les compagnons d’aventure d’Antoine Gratton (au centre). Ou plutôt, deux fois deux. Deux bassistes (Louis Lalancette, Gabriel Gratton), deux batteurs (Vincent Carré, Max Bellavance).<br />
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
Ils sont quatre, cette fois-ci, les compagnons d’aventure d’Antoine Gratton (au centre). Ou plutôt, deux fois deux. Deux bassistes (Louis Lalancette, Gabriel Gratton), deux batteurs (Vincent Carré, Max Bellavance).

À retenir

    Antoine Gratton, au Club Soda ce soir, à 20h
Il y a un an et trois semaines, on se rencontrait au même local de répétition du deuxième étage de La Boîte à musique, rue Ontario: Antoine Gratton préparait alors une série de cinq spectacles différents en cinq soirs. C'était sa deuxième série du genre, au même Club Soda.

Afin de promouvoir l'affaire, il avait invité les médias aux répétitions. J'en ai gardé le plus vif souvenir: Antoine, dès qu'il a trois spectateurs, c'est plus fort que lui, il donne un show de Stade olympique, s'esquinte les doigts, se démène, se surmène, en ramène. Déchaîné de naissance.

Forcément, jeudi dernier, même heure, même poste, retrouver le même Antoine s'ébrouant, piaffant et ruant dans les brancards au bénéfice de la gent médiatique à quelques jours de sa rentrée montréalaise... au Club Soda, disons que ça avait un p'tit air déjà humé. Un coup d'oeil familier. Moins l'étoile autour. De l'oeil.

On aurait dit qu'il s'en fichait un peu, de la fameuse étoile qui lui colle à la peau depuis cinq ans déjà. Photographes ou pas. «J'en fais pas une maladie, concédera-t-il, plus sérieux qu'à l'accoutumée. C'est juste mon personnage de scène. Mon exagération de moi-même.» On le perçoit moins Paul Stanley de Kiss, tout nu sans grimages, que Matthieu Chédid s'autorisant une existence en dehors de -M-, le superhéros chantant. «Ça reste un clin d'oeil, un signe distinctif. J'aime l'idée d'être flamboyant sur scène, avec le costume glam comme sur la pochette de La défense du titre. Je tripe trop, c'est trop le fun. Et les gars me suivent là-dedans, on y va à fond.»

Ils sont quatre, cette fois-ci, les compagnons d'aventure. Ou plutôt, deux fois deux. Deux bassistes (Louis Lalancette, Gabriel Gratton), deux batteurs (Vincent Carré, Max Bellavance). «C'est venu d'un jam, un soir au Verre Bouteille. Ça m'a pris, je les ai appelés: on fait-tu ça à deux drums à soir? Les gars se lançaient des baguettes, c'était spectaculaire, et symétrique, j'ai aimé ça. Alors pourquoi pas deux basses aussi? L'une qui fait le tapis, l'autre qui se promène. C'est spécial, comme si je jouais avec deux power trios en même temps!» Pas de guitares? «Pas de guitares. C'est le clavier qui est au centre, je fais la rythmique et les solos, ça me laisse de la place dans le carré de sable pour jouer.»

Déjà ailleurs

C'est tout Antoine, le problème d'Antoine, la joie d'Antoine, le moteur d'Antoine: jouer, jouer, encore jouer. «Je fais des albums, je me mets une étoile, je me donne des airs de star, mais, à la base, je suis un player.» Peu semble lui importer que le grand succès soit à la clé, il ne sait rien des chiffres de vente de La défense du titre, paru en novembre: il était parti jouer ailleurs. Gone fishin', comme dit la chanson de Chris Rea. À South Beach, ces trois derniers mois, l'irrépressible Antoine a créé des tas de nouvelles chansons avec un DJ de rencontre. «Ç'a cliqué, on a écrit à profusion. Je n'ai pas la moindre idée d'où ça va nous mener.» Ça le fait rire.

Et le nouvel album là-dedans? «La défense du titre, j'en suis fier, ça groove à mon goût, c'est poussé à l'extrême, on a été au bout de quelque chose avec Éloi [Painchaud, le complice de toujours]. Mais moi, je suis déjà ailleurs.» On sent une petite distance. Antoine Gratton gagne sa vie en dehors de ses albums, en tant qu'arrangeur, musicien, en réalisant des albums d'autrui: celui de Chloé Lacasse, notamment, laquelle officiera en première partie au Soda. Sain détachement. «Le vrai trip, c'est quand on joue. Là, ça va être de défendre La défense du titre avec les deux basses et les deux batteries. Tout remettre en jeu. Risquer quelque chose.»
 
 
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