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J'aime moins la télévision qu'avant

Victor-Lévy Beaulieu, écrivain et Grand Prix de l'Académie du cinéma et de la télévision 2011  20 septembre 2011  Télévision
«J’aime moins la télévision qu’avant. Parce qu’elle ne nous invente plus, elle nous évente.» Sur la photo, VLB en 2008.<br />
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
«J’aime moins la télévision qu’avant. Parce qu’elle ne nous invente plus, elle nous évente.» Sur la photo, VLB en 2008.
J'aime moins la télévision qu'avant. Je trouve qu'elle ressemble à ce qui est survenu à la Ligue nationale de hockey quand celle-ci s'est lancée dans une expansion déraisonnée, avec le résultat qu'on connaît: un sport qui n'en est plus un parce qu'il est animé par un trop grand nombre de joueurs sans véritable talent qui se servent de leur bâton de hockey comme d'une arme et de leurs corps comme d'un char d'assaut. Une violence toute américaine dont l'accomplissement parfait est celui de tous ces sports dits extrêmes où l'on voit des hommes et des femmes encagés, se frappant de coups de poing et de coups de pied, au grand plaisir d'une foule devenant hystérique quand le sang jaillit.

J'aime moins la télévision qu'avant. Depuis la multiplication des chaînes et sa concentration entre les mains de quelques propriétaires, on ne peut plus parler vraiment de qualité: le petit écran est devenu un gigantesque fourre-tout dont la médiocrité saute aux yeux dès qu'on a le courage de passer une journée devant son téléviseur. C'est que la télévision ne pense plus guère, elle se contente de plus en plus de réfléchir comme un miroir ce qu'elle croit que la société est devenue: un ramassis de faits divers que rien ne relie entre eux, sinon la bonne conscience de ses animateurs qui croient qu'en agissant ainsi, ils vous apportent la démocratisation de la télévision. Tout le monde y a désormais droit de parole, et davantage ceux qui sont tordus que les gens de santé, davantage ceux qui sont malades, paumés, imbéciles, détraqués ou devenus légumes que les citoyennes et les citoyens débordant d'un trop-plein de vie.

J'aime moins la télévision qu'avant. Je trouve qu'elle est devenue bien tonitruante: même ceux qui animent les bulletins de nouvelles ne cessent pas de me crier par la tête. Et que dire de tous ces animateurs de foules qui croient qu'un quiz et qu'un show dit de variétés ne peuvent pas exister sans qu'on ait toujours les baguettes en l'air et la voix à l'avenant!

Monde des chroniqueurs


J'aime moins la télévision qu'avant. Et moins aussi les chroniqueurs qui ont pour métier de me parler d'elle. Ils n'en ont plus que pour le vedettariat: un pet de René Angélil, la désintoxication d'Éric Lapointe, le divorce des uns et le rabibochage des autres, Danny Turcotte qui joue le fif auprès d'André Boisclair et Guy A. Lepage qui fait une montée de lait, c'est maintenant ce qu'on appelle de la nouvelle, et le bon peuple doit en savoir le long et le large. C'est que le monde des vedettes et celui des chroniqueurs forment une société fermée, qui ne s'adresse plus vraiment au monde, mais à elle seule.

J'aime moins la télévision qu'avant. Parce que les émissions dites sérieuses sont devenues les laissées-pour-compte du petit écran. On n'en parle pour ainsi dire jamais. Par exemple, La Semaine verte célèbre cette année la quarantième année de son existence et ses concepteurs ont produit quatre merveilleuses émissions qui nous montrent non seulement son évolution, mais aussi celui de toute la société québécoise. Aucun de nos chroniqueurs n'en a dit un mot. Il en va de même pour Découverte, Planète science, Super science et la plupart des grands reportages que diffuse la chaîne RDI. Qui sait ce que sont Les Agents du changement, une formidable série sur l'écologie, le développement durable et cette transvaluation de toutes les valeurs qui fut si chère à Friedrich Nietzsche?

J'aime moins la télévision qu'avant. Ses archives sont pleines de trésors, qu'on aurait grand intérêt et grand plaisir à revoir. Mais ça demanderait du travail, donc de l'argent à investir, et nos grands diffuseurs ne veulent ni de l'un ni de l'autre. Pour la centième fois, on a droit à Scoubidou, à Ma sorcière bien-aimée, à C.S.I. Miami, à La Petite Maison dans la prairie, à Beverly Hills 90210 ou à FBI: flic et escroc. On peut désormais passer toute sa journée devant son téléviseur à ne voir que ce qu'il y a eu de moins bon à la télévision américaine des années 1960 à 1980.

J'aime moins la télévision qu'avant. On y parle de moins en moins bien notre langue, on l'écrit comme si elle ne nous appartenait déjà plus. Sur ces fils de presse qui défilent au bas de nos petits écrans durant les bulletins de nouvelles, on y fait une faute tous les cinq mots, et personne ne semble s'en préoccuper étant donné que ça ne cesse pas de passer et de repasser inlassablement.

Au-delà de toute indignité


J'aime moins la télévision qu'avant. Depuis qu'elle n'est plus nationaliste, mon être identitaire s'y perd. Dans certains bulletins de nouvelles de la télévision de Radio-Canada, pas moins du tiers de ce qui s'y dit l'est souvent en anglais, puisqu'on n'y traduit plus rien. On peut bien élire dans le comté francophone de Berthier-Maskinongé une unilingue anglophone et l'y accueillir à bras ouverts: n'est-elle pas le nouveau rêve qui nous habite depuis que nous ne sommes plus nationalistes parce que nous avons mis au vestiaire notre être identitaire?

J'aime moins la télévision qu'avant. Tandis que le rêve américain s'effondre, nous importons des États-Unis de plus en plus d'émissions et de films dont on ne prend même plus la peine de traduire les génériques ni les titres (par exemple, The Price Is Right). Avez-vous regardé une seule fois Qui perd gagne, cette émission sur des obèses étatsuniens qui sont récompensés quand ils maigrissent et punis quand ils ne maigrissent pas? C'est au-delà de toute indignité!

J'aime moins la télévision qu'avant. Les publicités, notamment sur la bière, me rendent honteux. Non seulement on y représente toujours la femme comme un objet à consommer au même titre que le houblon, mais la firme Sleeman, sous le prétexte de nous raconter les commencements de la brasserie, nous amène dans le Chicago d'Al Capone, mitraillettes et tueries à la clé. Ce n'était pas bien, nous dit le commentateur de la chose, mais quelle bonne bière cela nous a donnée! Mais il y a pire. De plus en plus, notre société se sert des enfants pour mieux vendre ses produits. Je pense notamment à cette publicité qui nous montre un tout jeune garçon qui nous vante la voiture qu'il vient d'acheter et qu'il considère comme sa maison, y jouant, toutes portières accessibles, sans qu'on exerce la moindre surveillance auprès de lui.

J'aime moins la télévision qu'avant. On y privilégie les films américains et les films québécois qui leur ressemblent. Sauf exceptions (celle d'André Forcier notamment), je ne trouve maintenant qu'une différence entre le cinéma américain et le nôtre: alors que le drapeau américain flotte partout et souvent dans tout film hollywoodien, on ne voit jamais le fleurdelisé dans notre cinéma. Rien d'autre qu'un hasard?

J'aime moins la télévision qu'avant. Parce qu'elle ne nous invente plus, elle nous évente. Parce qu'elle ne nous invente plus, elle nous éventre. De quoi comprendre que mon nationalisme et mon être identitaire en saignent comme cochon qu'on égorge.

***

Victor-Lévy Beaulieu, écrivain et Grand Prix de l'Académie du cinéma et de la télévision 2011
 
 
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  • camelot - Inscrit
    20 septembre 2011 00 h 57
    Moi non plus.
    Ce qui fut R.C. est mort. Je rencontre de grands acteurs du R. C. d'avant. Ils me disent : Pourquoi n'écrivez-vous pas ces commentaires ?

    Je le fais.

    Depuis longtemps. On ignore.

    C'est ça qui décourage.
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  • Louis Belliard - Abonné
    20 septembre 2011 02 h 30
    La TV
    C'est bien vrai.
    Les rares fois où je la regarde, c'est pour me souvenir pourquoi je ne la regarde plus : elle nous agresse continuellement avec de la publicité tapageuse.

    Même la moitié des émissions se composent de promotion d'un artiste, d'un écrivain, de matériaux de constructions pour rénover votre maison, de rien du tout, pourvu qu'on nous occupe entre les publicités.

    Quant aux nouvelles, il n'y en plus : il n'y a plus de journalistes !

    On passe la soirée à nous annoncer ce qu'on va nous annoncer aux nouvelles : qui commencent par de la publicité, s'entrecoupent de publicité, finissent par de la publicité et ne se limitent plus qu'aux grands titres, lesquels ont été annoncés toute la soirée... à de rares exception près.

    Qu'importe, il y a un marché pour cette télévision-là.
    J'ai même tenté de couper le son des commerciaux (assommants) pour me buter aux enfants qui voulaient justement les écouter : c'est pour voir les commerciaux qu'il regardent les émissions !

    Finalement, il ont bien raison, la réalisation de bien des commerciaux excède en qualité la plupart des émissions elles-mêmes.

    Radio-Canada a réussi à se débarrasser de Jacques Languirand. C'était la seule émission de réflexion en existence ! On peut s'abrutir avec le Sportnographe à la place. Je présume qu'il y a une clientèle pour cela aussi, probablement les trois personnages dont il a parlé.

    Vous n'êtes pas obligés de regarder leur télévision. La télévision ne vous doit rien. Elle s'occupe du plus grand nombre parce que c'est ce qui procure le plus de fonds. Les universités ont le même problème : la quantité, pas la qualité.

    La télévision, c'est comme l'eau de mer : il faut en avaler une grande bouchée, en expulser toute l'eau (à travers les baleines) pour n'en garder que quelques menues créatures. Selon Cousteau, la quantité et la qualité de la vie des mers a bien diminué au cours de notre génération.

    Inutile
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    20 septembre 2011 03 h 00
    Il n'est jamais trop tard pour se désaliéner...
    Remarquez, monsieur, que je n’écoute plus la télévision depuis fort longtemps et je m’en porte que mieux. Quant à vos téléséries, je n’ai jamais pu les blairer, c’est vous dire. On peut bien vous reconnaître un talent pour l’écriture, pour l’édition, mais en ce qui concerne vos convictions identitaires, elles sont teintées de la même aliénation dont nous sommes porteurs depuis la Conquête. Réfléchissez deux minutes : la Société Radio-Canada est l’organisme de l’État canadien dont le mandat principal est de faire la propagande d’un Canada uni «coast to coast». Tous ceux et toutes celles qui œuvrent dans cette boîte concourent à cet objectif, que ce soit Maisonneuve, Homier-Roy, Nadeau ou Beaulieu.
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  • Denis Paquette - Abonné
    20 septembre 2011 06 h 20
    C'est notre condamnation et peut etre ce qui a de sublime en nous, dommage que nous puissions le communiquer a nos animaux
    Monsieur Beaulieu n'est-ce pas normale car elle ne vous appartient plus et pas, car elle appartient maintenant a une autre génération qui en ferons autres choses ou tout simplement l'annulerons.
    Il est toujours un peu triste de découvrir que nous ne sommes que des éphémeres surtout quand nous avons été un auteur important, Qu'il est difficile d'accepter d'etre poussieres et de retourner poussieres, d'accepter que c'est notre origine et notre destination, Sur ce M. Beaulieu je vous souhaite paix et sérénité, que de beaux moments je devrais peut etre dire des instants, que vous m'avez fait connaitre. Merci
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  • michel lebel - Inscrit
    20 septembre 2011 06 h 47
    La solution...
    La télévision évolue comme la société...: consumérisme, pauvreté de pensée, pauvreté culturelle, etc. La solution la plus simple: fermer le téléviseur. Vous pouvez rêver à une autre solution, mais elle n'est pas pour demain!
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  • - Abonné
    20 septembre 2011 08 h 04
    Pas surprenant....
    Pas surprenant qu'il y ait un manque de qualité car le québécois se voit très très petit; ce mot se retrouvent très souvent jusqu'à quinze à vingt fois dans une seule entrevue que ce soit à la TV ou Radio de la part des animateurs ou de la personne interviewée.
    Tout est petit; un petit moment , une petite pause, un petit engagement, un petit soleil,une petite minute, un petit doute, un petit café, un petit dérapage, une petite goutte, un petit sourire, un petit bébé, une petite sauce, un petit espace, un petit verre de vin, des petits matins etc etc. Tout est petit, parfois cela en est vraiment ridicule.
    Au Québec, nous avons des émissions de bouffe, de décoration et de comiques. Quelle culture....!
    Dommage...si tous ceux qui ont la chance d'avoir un micro, s'exprimaient correctement, dans un français impeccable ce serait déjà une bonne école, mais non tout est à la facilité.
    Quand j'entends le mot ¨show¨....prononcé par la plupart comme si ils avaient une patate chaude dans la bouche, je m'ennuie du mot ¨spectacle¨ français et beaucoup plus joli. Probablement qu'un mot de trois syllables demande plus d'effort....
    Puisque les parents n'ont plus le temps d'éduquer aujourd'hui, pourquoi la télévision ne serait-elle pas éducative comme des cours sur le civisme et comment l'appliquer dans tous les domaines.
    Il y a tant à faire.....
    Enfin....je suis peut-être d'une époque révolue....

    Suzanne legault
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  • Geneviève Laplante - Abonnée
    20 septembre 2011 08 h 21
    Je n'aime presque plus la télévision
    Beau témoignage que celui de Victor-Lévy Beaulieu ! Il y a des lunes que je n'ai lu ou entendu un jugement sur la télé qui se rapproche du mien. Il y a des lunes aussi que je dis haut et fort que le Canada (anglais) devient de plus en plus une succursale de nos voisins du sud. La télé actuelle est surtout faite de traductions américaines, de «téléréalité» (quelle horreur !), de vedettariat instantané (comme le bon vieux Quick), de publicité insignifiante, idiote ou méprisante.

    Pourtant, au Québec, de nombreux téléromans témoignent d'un talent, d'un sens de l'observation et d'une finesse qu'on n'arrive pas à transposer sur grand écran. Je ne sais pas pourquoi. Pourtant, même Radio-Canada peut nous offrir une émission valable comme La Facture (une malheureuse trop petite demi-heure). J'en suis arrivée à ne regarder que les émissions dédiées aux consommateurs, aux contemplateurs, aux Québécois friands de leur vraie culture (mais il en reste si peu). Comme M. Beaulieu, je rage chaque fois que le fil de presse nous sert ses phrases à la noix, farcies de fautes et souvent incompréhensibles. De même, je rage quand des comédiens deviennent animateurs, des lecteurs de nouvelles se font intervieweurs, des inconnus d'hier vampirisent le vedettariat avec la bénédiction sociale, les ex-politiciens ne font que changer de micro sans modifier leur discours insipide.

    Monsieur Beaulieu mérite largement la diffusion de cette lettre ouverte que devraient lire, analyser et décortiquer tous les cégépiens qui ne lisent que très peu et par stricte obligation.

    Un Québec souverain, je le souhaite de tout coeur, mais je n'y croirai que quand le bon peuple se sera réveillé. Et ce n'est pas demain la veille.
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  • Marie Mance Vallée - Inscrite
    20 septembre 2011 08 h 23
    La désintégration
    Nous assistons à la désintégration du Québec tel que le veulent les maîtres du monde, le Nouvel Ordre mondial. Plus d'État-nation; qu'une seule langue, le globish; qu'une seule culture, etc... Que des consommateurs.

    Il n'y a qu'une manière de lutter contre les maîtres du monde, c'est de diminuer notre consommation. S'en tenir à l'essentiel. Vous verriez les marchands de guenilles aux abois si jamais ce jour arrivait.

    En ettendant, il est très pénible de vivre cette désintégration dont aura été victime M. Beaulieu qui, je l'espère, ne baissera pas les bras.

    Et je le remercie d'avoir eu le courage, ainsi que Stéphane Bureau, de dénoncer cette situation assez ridicule finalement. Si J'avais eu cette malheureuse idée, je serais gênée et j'irais me cacher. Mais qu'est devenue la fierté québécoise ???
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  • Pierre Samuel - Inscrit
    20 septembre 2011 09 h 23
    Sans oublier la radio...
    Pas seulement la télé, cher VLB, la radio également... Au fait, qu'advient-il de M. Languirand?

    Même l'ersatz de l'ex-chaîne culturelle francophone de la SRC, «Espace Musique», nous abreuve régulièrement en après-midi de chansons anglophones...comme si leur discothèque francophone était subitement devenue obsolète! Curieuses coïncidences ou phénomène irréversible comme le mentionne Madame Vallée?
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  • Samuel H - Inscrite
    20 septembre 2011 09 h 46
    la télé = démission
    M. Louis Belliard décrit avec éloquence la structure de notre télé, celle qu'on devrait aimer et regarder avec plaisir. Que je suis loin de ce plaisir.
    Nous avons pourtant tant de talents que j'aimerais regarder, mais le tourbillon incessant des mitraillettes publicitaires m'ont fait fermer mon téléviseur.
    Ces attaques m'ont fait vous zapper!
    J'ai d'ailleurs fait de même avec la radio qui calque sa structure de présentation sur le modèle de la télé.
    Alors, faites-vous la guerre avec vos mitraillettes publicitaires, moi, maintenant, c'est le temps de ma paix!
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  • France Marcotte - Abonnée
    20 septembre 2011 09 h 53
    Moins mais encore beaucoup
    Ça fait du bien de se faire parler de la télé et pas juste d'entendre parler de ce qui passe à la télé. Bien de se regarder en train de plonger dans l'image.

    Monsieur Beaulieu dit qu'il aime moins la télévision qu'avant mais je crois qu'il l'aime encore beaucoup, qu'il voudrait l'aimer. En tout cas je n'ai jamais vu quelqu'un m'en décrire autant le contenu. Il connaît toutes les émissions... C'est vrai que le temps peut être parfois long à Trois-Pistoles.
    Mais on aimerait pouvoir aimer la télé d'un plaisir qui ne soit pas coupable.
    Moi aussi j'aime bien la télé. C'est le décrochage total, le divertissement pur, et parfois, ça fait du bien (mais même ça la maudite pub le rend difficile). Ce qui me déplaît et me fait réaliser VLB, c'est que pendant que je crois décrocher, on m'accroche sournoisement à des valeurs qu'autrement, en toute conscience, je refuserais.
    Un des problèmes, c'est je pense qu'on a la culture "décollée de la rétine", je m'explique. La culture ne s'arrime plus à un projet national, elle flotte comme décrochée de nous, se nourrit où elle peut, où elle veut. La créativité est là, plus foisonnante que jamais, mais elle n'a pas de port d'attache. Alors, elle est tout et n'importe quoi, riche mais comme en dehors de nous.
    C'est la conséquence des choix que nous avons fait. D'être un pays dans la tête mais pas sur le sol foulé par nos souliers.
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  • Notsag - Abonné
    20 septembre 2011 10 h 04
    Ecellent diagnostic
    Cela fait quelques années que je n'ouvre plus la télévision qu'à l'heure des nouvelles, de Découvertes, d'Enquêtes, et autres émission du genre.

    Maintenant, je suis sur le point de même quitter les Nouvelles. Sur TVA, on ne voit plus que des experts en marketing à l'oeuvre. Et R-C semble s'être donné pour mission d'imiter TVA.

    Heureusement, il nous reste Le Devoir.. Toutefois, il semble que nous ne sommes qu'une minorité d'intellos nostalgiques.

    VLB souligne qu'il existe bel et bien des émissions bien faites et intelligentes. Toutefois, elles n'arrivent pas à attirer des cotes d'écoute approchant celles des émissions les plus débiles.

    Est-ce que la télévision produit des émissions "adaptées" à leur auditoire, ou est-ce la télévision qui a plutôt modelée les auditoires?
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    20 septembre 2011 11 h 42
    Radio-Canada à réformer
    Heureusement qu’il y a des gens qui ont une épine dorsale et qui gardent la tête droite comme MM Languirand et Lévy-Beaulieu. Il est normal de se respecter soi-même qund on n’est pas respecté.

    Bien sûr, cela ne plait pas à ceux qui ont les genoux usés et la tête courbée devant tout ce qui est du ressort (ou de l’empiètement) du fédéral.

    On dirait que Radio-Blablabla n’en manque aucune pour crétiniser les Québécois. Où sont les Beaux dimanches d’autrefois? Où sont les grands concerts qu’on pouvait écouter et regarder?
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  • voyage - Abonné
    20 septembre 2011 13 h 28
    Merci Victor
    Enfin quelqu'un qui écrit ce que je pense...et ce, depuis plusieurs années.
    Votre critique correspond à la mienne en tout point.
    Ce qui m'horripile le plus, c'est de constater tous les jours que Radio-Canada tente de remplacer les Commandites...surtout par les "informations".
    Geneviève Winnipeg Asselin et son équipe n'ont pour but, non pas de nous informer, mais de nous dire que le Canada est un grand pays et de nous parler des informations de la nation Canadian au détriment de la nation Québécoise. Entre un chien écrasé à Sasketoon où à Gaspé...devinez pour lequel ils vont opter...
    Au lieu de me "faire beurrer la face" tous les jours...par des "informations" dites nationales, je prends mes informations ailleurs.
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  • Marie Lauzier - Inscrite
    20 septembre 2011 14 h 09
    Vive les quarantenaires...
    ... ceux qui sont devenus le nombril du monde en flushant leurs prédécesseurs et le génie avec. (ironie)
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  • SDenault - Inscrit
    20 septembre 2011 14 h 15
    je suis d'accord avec VLB
    Je pense pareil. Trop d'opinions de n'importe qui, de peoplemanie et de contenus vides. Il reste quand même quelques bonnes émissions, je pense à Enquête et d'autres qu'il a déjà nommées.
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  • Tao - Inscrit
    20 septembre 2011 16 h 31
    Bravo !
    Juste un mot pour dire à quel point je suis d'accord — mot pour mot — avec ce que dit VLB de notre télé. Je pense la même chose depuis longtemps mais je n'aurais pu le dire aussi bien. Et on ose se demander pourquoi nos jeunes sont de plus en plus, disons, peu disposés à apprendre et souvent incapables de réfléchir. Quand on les crétinise à longueur de journée depuis belle lurette !
    La culture se perd, M. VLB, et il n'y en a plus assez pour la raviver. Nous sommes mûrs pour une autre révolution culturelle, mais qui la fera ?
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  • Jacques Thibault - Abonné
    20 septembre 2011 19 h 44
    L'occasion manquée
    Comme bien des découvertes dans l'histoire de l'humanité, la TV a été détournée de son intérêt premier pour la destinée humaine. Par quoi et pourquoi? Par l'argent et par la complaisance de nos institutions corrompues et pour la destruction de la civilisation au sens propre du terme, c'est-à-dire rendre le possible accomplissement de l'humain autonome de pensée dans une société cohérente favorisant la vie en harmonie avec son environnement. Pour savoir qui est responsable de ce plan il faut voir à qui profite le crime. Dans l'immédiat, nous tous, par le jeu de la fausse économie et ultimement, les maîtres en haut de la pyramide par l'asservissement de la chaire humaine. Cela se fait avec notre cupide collaboration par le silence favorisé par notre abrutissement collectif. J'ai fermé la TV en 2003 et je vous le conseille. Essayez...pour voir!
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  • Jean Lebel - Abonné
    20 septembre 2011 21 h 13
    Merci monsieur Beaulieu
    Merci d'exprimer aussi clairement ce que je ressens devant notre télévision. Un seul point que vous avez oublié, le temps très important consacré à la publicité, habituellement 4 minutes sur chaque 10 minutes dans les programmes de grande écoute.
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  • Jacques Adams-Robenhymer - Abonné
    20 septembre 2011 22 h 03
    La boîte à idiots
    En anglais la télé est reconnue depuis longtemps comme une "idiot box". Au Canada, le RC des années 60-70 était trop cher. La situation que VLB déplore est la conséquence d'une réalité qui nous rattrape. Avec les besoins croissant en santé, en éducation, et en infrastructures on n'a plus les moyens de cultiver de force le QI sous-médiant.
    Qu'elle était la cote d'écoute du concert Manuel de Falla aux Beaux dimanches? Est-ce que le Québécois moyen comprenait Format 60 avec Pierre Nadeau? ... est-ce que ces grands crus de RC n'étaient pas du caviar aux pourceaux? Si on constate ce qui a la cote aujourd'hui, force est de conclure que la réponse à cette dernière question est un retentissant oui.
    Il faut aussi se rappeler que s'il y avait des grands crus, il y avait aussi Cré Basile, Moi et l'autre, etc qui faisaient tout au plus vins de table.
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  • l poisson - Inscrit
    21 septembre 2011 00 h 54
    Bonjour la CBC
    Avec mes oreilles de lapin et sans convertisseur, je ne capte plus que la CBC.
    Je ne connais pas l'ampleur de ce phénomène à travers le Québec.

    Le commissaire aux langues officielles pourra déplorer dans 2 ou 3 ans la décision du CRTC d'autoriser seulement la CBC de continuer à diffuser en analogique.

    Imaginez la levée de bouclier dans le ROC si le CRTC avait autorisé seulement la SRC à diffuser en analogique.

    Mais ici c'est pas grave. Ou légèrement prémonitoire ?

    Je n'ai pas tout perdu. Il me reste Don Cherry
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  • Marie-Claude Ducas - Inscrite
    21 septembre 2011 09 h 32
    Non, mais arrêtez! La télévision est bien MEILLEURE qu'avant...
    Oh, que l'on a la mémoire sélective. Oh, que l'on idéalise le passé... Y a-t-il quelqu'un puor s'ennuyer de l'époque des "Tannants"?
    En fait, la télé ne cesse de s'améliorer, ici comme ailleurs.

    http://marieclaudeducas.com/2011/lettre-a-victor-l
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  • Luc Le Blanc - Abonné
    21 septembre 2011 09 h 35
    Permuter RCD et RC
    Déjà si on ne faisait que permuter les soirées de RDI avec celles de RC, plus besoin d'avoir le câble pour avoir Grands reportages au lieu des niaiseries, ou même d'un quizz le samedi soir et d'un show de plogues le dimanche. Rendez-nous les Beaux dimanches!.
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  • Pierre Coutu - Inscrit
    21 septembre 2011 09 h 41
    Chapeau!
    Ben voilà, je me sens moins extra-terrestre en ne possédant pas de télé!

    Votre texte est magnifique. Si seulement ça pouvait en fouetter quelques-uns...
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  • Louis Simard - Abonné
    21 septembre 2011 14 h 52
    Bravo
    Parfaitement d'accord. Le texte résume bien la situation et est superbement écrit. Bravo à monsieur VLB.
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  • André Hamel - Abonné
    21 septembre 2011 22 h 48
    Je sais pourquoi
    Je savais que j'aimais moins la télévision qu'avant. Mais je ne savais pas pourquoi. Merci M. Beaulieu de m'avoir aidé à comprendre.
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  • Dominique Châteauvert - Abonnée
    22 septembre 2011 11 h 15
    Un truc utile pour contourner publicité et insipidité
    Le seul moyen pour en arriver à supporter le petit écran: le décodeur-enregistreur.
    On a qu'à programmer l'enregistrements des émissions, séries, bons films, reportages, etc. qui nous intéressent, puis on fait autre chose.

    Quand on a du temps libre, on pige dans notre banque et on visionne ce qu'on veut: 24 heures en 60 minutes, Naufragés des villes, Mon Dieu, Mad Men, les Rescapés, l'Épicerie, le Code Chastenay, Découvertes, etc., et ce en 2 fois moins de temps, le superflu défilant à la vitesse grand V.
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  • Jason Holborn - Inscrite
    24 septembre 2011 12 h 36
    M. Lebel a raison
    Suis d'accord avec Michel Lebel:

    Fermez votre téléviseur (mais j'avoue que je l'utilise pour les films/DVDs)...!
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  • Pierre François Gagnon - Inscrit
    25 septembre 2011 16 h 08
    Parfaitement!
    Comme toujours, VLB a raison sous toutes sls coutures. D'ailleurs je n'ai pas le câble. Je capte 6 ou 7 canaux HD par la voie des airs. Il ne manquerait plus que je paie par-dessus le marché pour me farcir toutes ces publicités tonitruantes...
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  • Marie Labelle - Abonné
    26 septembre 2011 07 h 04
    Tout à fait juste
    Merci VLB!
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  • Jean Michaud - Inscrit
    4 octobre 2011 10 h 04
    sommes nous des dinausaures??
    Avec 1.6 millions... de pas de vie.. qui ont regardé Occupation double, 1 million pour Guy A, je retrouve ici des non téléspectateur comme moi...enfin.. Imaginez, star épidémie qui commencera sous peu, cette émission qui détruit la chanson francophone, appuyé par la clic d'artistes que PKP paye pour leur fermer la gueule comme Michel Rivard, ces artistes riches qui contribuent volontairement à la destruction de notre chanson. Ces mêmes artistes qui hurlent contre les conservateurs mais qui se font acheter par PKP. Ont-ils une fierté proportionnelle à l'argent que PKP leur verse???? Est-ce normal que la télé soit devenue aussi plate? Est-ce normal que le talent ne soit plus un signe de réussite(star épidémie)?? La corruption existe dans le monde de la construction et la corruption intéllectuelle existe à la télé....malheureusement, la population est complice.
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