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Médias - Où sont passées les crapules?

Stéphane Baillargeon   17 octobre 2011  Télévision
La télévision tend un miroir à la société. C'est une glace chaude, intime, capable de refléter les deux côtés de la peau.
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  • Luciano Buono - Abonné
    17 octobre 2011 07 h 04
    Mirador
    Il y a bien quelques crapules dans Mirador. Dans la première saison, Mirador même était la crapule.
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  • Geneviève Laplante - Abonnée
    17 octobre 2011 08 h 30
    Enfin !
    Il y aurait donc quelqu'un capable de constater à quel point la télévision actuelle tire vers le bas, cajole le populo, réduit la société à ce bassin de spectateurs affamés du rire gras, des jeux-questionnaires pour débiles ignorants ou ignorants débiles, au choix, de la contemplation béate d'idoles instantanées, lesquelles idoles traînent avec elles leurs parents, leur famille et leurs rejetons.

    Cette revue de la télé actuelle, mais non actualisée, est un miroir tendu à nous tous qui savons que notre environnement pourrait et devrait inspirer d'autres scénarios. Ma mémoire étant ce qu'elle est (pleine de trous), je crois me souvenir qu'un téléroman avait été promptement retiré des ondes il y a quelques années, parce que la dernière image de l'épisode s'arrêtait sur les mains liées de deux hommes, debout dans un ascenseur. Shocking ! Ouache ! Fort heureusement, l'homosexualité s'exprime à présent plus volontiers et plus souvent sur nos écrans. Il était presque temps de sortir de la période précolombienne.

    Aujourd'hui, à part quelques petits malfrats de très petite envergure (mais d'un charme certain pour ne pas apeurer le public), la télé ne nous présente que des bourgeois bien peignés, «dorés sur tranche», affichant sans vergogne leur réussite sociale, leur belle maison, leur voiture (toujours rutilante), uniquement occupés de leur petite personne, de leurs petites amours, de leur petite vie.

    L'environnement dont on se fiche, l'omniprésence du matériel érigée en symbole, le romantisme constamment enrobé de mièvres tromperies (pour faire vrai), les enfants (toujours beaux et habillés comme des princes), tout cela devrait satisfaire le Québécois englué par l'écran, sans aucun sens critique et sans imagination.

    Stéphane Baillargeon est sans aucun doute plus poli et diplomate que moi, mais je retrouve en lui un peu de ma désespérance sociale. Bravo !
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  • France Marcotte - Abonnée
    17 octobre 2011 09 h 19
    Un miroir, mais déformant
    "Le présent de l'écran se résume souvent à des luttes interpersonnelles, à des tensions familiales, à des chicanes intergénérationnelles, à de plus ou moins pénibles histoires de couples, évidemment. Comme si la télévision exposait constamment le vide angoissé de la société contemporaine — et elle le fait très bien — sans remettre en question certains autres traits de cette idéologie du néant, ne serait-ce que l'avidité financière, la surconsommation endettée, le kidnapping oligarchique des intérêts généraux."

    C'est bien vrai, la télé a une vision très sélective.
    Grossissante sur les aspérités épidermiques (à l'image des publicités qui scrutent à la loupe peaux et dents) et aveugle sur les contextes.
    Et certains spécimens de la réalité, même intimiste, n'y font jamais d'apparition, comme les trop laids et les trop pouilleux.
    La télé, c'est fait pour se voir ou pour se rêver?

    La télé c'est le miroir de la sorcière à qui elle demande chaque jour si elle est toujours la plus belle.
    Le miroir répond oui...jusqu'à ce que la réalité les rattrapent, lui et la sorcière.
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  • Pascal Laflamme - Inscrit
    17 octobre 2011 13 h 00
    L'argent parle, comme pour tout le reste...
    Logique économique oblige, la télévision n'est pas différente de tout autre secteur à savoir qu'elle répond à la demande, une demande en lien avec les cotes d'écoute qui déterminent l'intérêt des publicitaires donc du fric investi, ce Dieu tout puissant qui écrase tout et surtout le bon goût et la pensée et plus directement donc le choix de ce qui passe à l'écran et ce qui ne passe pas. Ce qui ne passe pas bien sûr c'est la vie de tous les jours dans toute sa beauté mais également sa laideur, quelque chose de non édulcoré qui ne présente pas toujours les mêmes gueules de cons, les mêmes modèles saupoudrés de valeurs bien campées non dérangeantes. Bref, c'est comme tout le reste, une belle tapisserie surtout pas trop voyante car en le devenant on serait forcer de bouger les meubles devant ou voire, de les jeter.
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  • Roland Berger - Abonné
    17 octobre 2011 15 h 10
    Deux risques
    Pour les cinéastes et producteurs québécois, c'est courir un grand risque que de vouloir exposer la cupidité paralysante et aliénante de la minorité qui décide de la politique. Le premier risque est de ne pas trouver le financement suffisant, et le second, de ne pas être suivi par une population au cerveau déjà gagné à l'idéologie des crapules.
    Roland berger
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  • johanne fontaine - Abonné
    17 octobre 2011 15 h 27
    Réquésitoire lucide, nécessaire, essentiel
    Merci à Stéphane Baillargeon pour ce texte
    décryptant pour nous
    les impostures d'une télévision
    asservie, plate et sans surprise.

    Comme il a été dit sur ce forum,
    l'on ne sert au peuple que ce qui
    sert les intérêts des puissants.

    Comment pourrait-il
    enfin se reconnaître,
    se réveiller.

    Depuis qu'elle existe,
    la télévision mystifie
    le spectateur,
    le musèle,
    le relègue là oû l'on veut bien
    qu'il soit et qu'il demeure,
    dans le juste milieu,
    la juste molesse
    la tiédeur misérabiliste.

    Endoctrimé de la sorte,
    le citoyen disparaît,
    seul subsiste le consommateur
    bête et abruti.

    Quand verra-t-on sur le petit écran
    débattre de thèmes
    tels celui de la laïcité,
    en opposition à l'interculturalisme
    prôné par le commissaire Bouchard?

    Quand montrera-t-on
    les dessous de notre système de justice,
    des jeunes contrevenants qui auraient enfin
    le beau rôle, parce qu'avant tout victimes
    de tout un système implacable?

    Quand évoquera-ton
    les travers des compagnies d'assurance
    qui refusent d'indemniser,
    et l'envers de la pilule
    avec des pharmaceutiques
    qui font prendre des risques insensés
    aux populations,

    Quand nous amènera-t-on
    sur les étages psychiâtriques
    des hôpitaux,
    ou dans les unités sensibles des Centres Jeunesse
    oû à chaque jour,
    et sans état d'âme,
    un personnel "formé" à certaines pratiques
    isole,
    contraint,
    et met sous contention
    les plus fragiles parmi les nôtres?

    Et que dire de certains organismes communautaires,
    de leurs conseils d'administration sous influence
    faisant fi des principes démocratiques?

    Pourtant, la réalité de tous les jours,
    c'est là qu'elle se cache
    et la télé, surtout celle dont le mandat
    est d'informer,
    devrait nous la montrer!

    Johanne Fontaine
    St-Cuthbert
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  • dodo - Abonnée
    17 octobre 2011 20 h 31
    En feu!
    Wow! Mais vous êtes en feu, Monsieur Baillargeon! J'ai toujours grand plaisir à vous lire, mais là, je suis soufflée. Magistral, décapant. Bienfaisant.
    Et superbement écrit! Un morceau d'anthologie, qu'il faudra relire régulièrement et religieusement pour voir si quelque chose change dans ce satané miroir qu'est notre télévision!

    Bravo et merci. Vous avez maintenant une fan inconditionnelle!

    Dominique Paquette
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  • Geoffroi - Abonné
    18 octobre 2011 00 h 11
    Des crapules en effet régnant dans le plus meilleur du meilleur des mondes
    Vos crapules de téléromans ne sont que des ombres qui nous empêchent de reconnaître les authentiques. Si on s'intéressait davantage à ces vrais crapules. Tout le monde les connaît.

    « Ma joie serait grande de le pouvoir nommer fripon, fripouille, canaille, crapule, voyou, filou, jolis noms chargés d'évoquer ce que par dérision vous appelez un joli monde.»

    Jean Genet
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  • Christian PHILIPPE - Inscrit
    20 octobre 2011 06 h 35
    Oui joli beau merveilleux, un bel article de plus
    On sait depuis des lustres que le sujet est important, oui important. On sait depuis des lustres que de bons journalistes sortent de bons papiers bien beaux oh oui "ben beaux". Ainsi tout "passe" bien car tout se "digère" en parlotte paisible bien équilibrée. Sacro saint principe du "pas trop de vagues pas trop de vagues" ce juste assez qui rapporte. Tel est le cycle de la gentillette Presse marketée somnifère, celle qui endort une nuit après l'autre mais pernicieuse qui nous mène à l'obscurantisme de la nuit totale prochaine de notre civilisation occidentale. Celle dont vous ne voulez comprendre qu'elle vous permet encore votre sacro sainte liberté de Presse et des gens comme moi que vous laissez libres de vous le dire encore. Merci mais!
    Oui, on peut voir qu'ainsi rien ne change pour la canaille qui donne sujet d'écrire et rien ne change pour les gentils journalistes qui ont excellents sujets d'écrire donc pourquoi voudriez vous que quoi ce soit change pour nous.
    Monsieur Baillargeon on vous apprécie évidemment comme vos confrères, mais certaines périodes exigent un changement rapide et il serait temps de voir le journalisme autrement car le monde en a besoin!
    Christian PHILIPPE LE BAIL
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  • Henry Fleury - Inscrit
    21 octobre 2011 05 h 16
    Tout le monde s'en parle
    Quand on pense que Tout le monde en parle demeure le symbole du talk show qui tue, alors qu'il est le reflet tout délavé d'une actualité artistique ou politique banale et vide de sens à laquelle le petit jetset à Guy A s'enturlupine pour passer à l'écran en rêvant de tapis rouge et de secondes de gloire. Quelle misère. Merci Geneviève Laplante de mieux le résumer que moi qui oublie toujours que la colère est très mauvaise conseillère. Une petite carte avec ça ?
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