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À voir à la télévision le samedi 18 février - Inspiration divine

François Lévesque   18 février 2012  Télévision

À retenir

    • Cinéma
    • La donation 
    • Radio-Canada, 23h30
Vous connaissez les vertus théologales? La foi, l'espérance et la charité? J'avoue humblement que je ne savais rien de cette trinité-là avant que le cinéaste Bernard Émond annonce qu'il lui consacrerait une trilogie.

Et quelle trilogie! Entamée avec le magnifique La neuvaine, elle s'est poursuivie avec le solide mais un poil en deçà Contre toute espérance avant de se clore sur le profondément émouvant La donation. Pour la première télédiffusion de La donation, la société d'État a jugé bon de placer le film dans la case horaire de fin de soirée, comme pour s'en débarrasser. Pour une oeuvre austère et lente comme celle-ci, cela revient à une condamnation à mort. Heureusement les enregistreurs numériques, heureusement les magnétoscopes. Faites-vous une faveur et programmez le tout dès maintenant, histoire de ne pas oublier.

Car il en vaut la peine, le cinéma de Bernard Émond. Intègre, conséquent, beau et sobre, jamais racoleur, jamais dans l'air du temps... Prenez par exemple La donation: campée dans la petite ville de Normétal, près de La Sarre, en Abitibi, l'intrigue renoue avec le personnage du docteur Jeanne Dion découvert dans La neuvaine. Toujours en proie à d'intenses remises en question, les idées noires en moins, l'urgentologue montréalaise débarque «en région» afin de soulager un vieux confrère pour une durée d'un mois. Rapidement toutefois, c'est sa pratique permanente ainsi que toute sa liste de patients que lui offre ce dernier. Que faire?

Le dilemme est simple, l'est également la manière de le raconter. Bernard Émond est un orfèvre qui ne donne pas dans la fioriture. Sa vision de la région (d'où je viens) est particulièrement juste en ce qui a trait à son rythme. Le cinéaste capte la langueur nordique avec acuité. Sa caméra confère noblesse et majesté aux forêts d'épinettes efflanquées. Dans chaque plan, il y a un peu de poésie à l'oeuvre. D'une solennité légèrement stylisée (genre Bergman période expérimentale), la direction d'acteurs (tous remarquables) confère à l'ensemble une dimension mythique. Quand on cherche le divin dans l'humain, c'est on ne peut plus approprié.

Cinéma: La donation
Radio-Canada, 23h30
 
 
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