Théâtre à Québec - De la Grèce antique aux ruelles de Limoilou
Les scènes de Québec accueilleront grands mythes et misères intimes pour amorcer 2012
Photo : Valérie Remise
Sylvie Drapeau dans La liste de Jennifer Tremblay, qui revient au Périscope
Des héros antiques revenant de la guerre de Troie aux gens ordinaires issus des quartiers populaires comme Limoilou, les figures théâtrales qui peupleront les scènes de Québec cet hiver affrontent vaille que vaille leur destin.
Les mythes grecs, sources inépuisables d'inspiration, seront traités à différentes sauces. À La Bordée, dès le 28 février, Louise Marleau incarnera Jocaste, mère et épouse d'Oedipe, qui renaît sous la plume de Nancy Huston. Coproduction avec le Théâtre du Nouveau Monde, où la pièce sera jouée plus tard ce printemps, Jocaste reine est mise en scène par Lorraine Pintal. La compagnie La Vierge folle et le jeune auteur-metteur en scène Maxime Robin s'emparent, pour leur part, de deux des enfants du roi Agamemnon et les embarquent dans une bagnole pour une intrigante virée narrative. Pour voir Iphigénie en auto, on se rend à Premier acte à compter du 21 février.
Énorme succès lors de sa création, la monumentale adaptation théâtrale de L'Odyssée, d'Homère, signée Dominic Champagne et Alexis Martin, reprend vie au Trident dans une nouvelle production que signe l'inventif Martin Genest, un an après l'accueil triomphal réservé à son Opéra de quat'sous sur la même scène. Christian Michaud incarnera le légendaire Ulysse, un rôle qu'avait créé François Papineau en 2000, dès le 17 avril.
Pendant ce temps, dans les ruelles...
Les cris de fillettes devenant femmes dans les rues du Plateau Mont-Royal de l'après-guerre retentiront dans la salle Octave-Crémazie à partir du 17 janvier. Gill Champagne et son fidèle scénographe Jean Hazel s'emparent de l'adaptation du roman Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges, de Michel Tremblay, qu'avait réalisée Serge Denoncourt en 2010; parions que le directeur artistique du Trident saura se montrer moins didactique dans sa mise en scène que son prédécesseur.
Égérie du quartier Limoilou, Annette reprend vie au Périscope dès mardi prochain. L'héroïne créée et interprétée par Anne-Marie Olivier, apparue pour la première fois en octobre 2009, s'évade dans l'imaginaire en pleine soirée fatidique du 20 mai 1980. Ses souvenirs et ses songes tricotés de couleurs vives se transporteront ensuite à Montréal en février.
Les membres du collectif En attendant, transfuges montréalais ceux-là, s'installent à Premier Acte le 31 janvier pour faire revivre leur belle réussite En attendant Gaudreault, précédée de Ta yeule Kathleen. Lauréate de plusieurs prix, cette production émouvante, créée l'année dernière au Théâtre d'Aujourd'hui, témoigne d'une belle recherche sur la parole et met en scène quelques âmes en peine habitant tant bien que mal leur corps et leurs logements dans Hochelaga-Maisonneuve.
Portraits de femmes
De l'autre côté de l'avenue de Salaberry, on pourra voir en février une autre superbe production, d'abord présentée au Théâtre d'Aujourd'hui. La tournée de La liste, oeuvre de la dramaturge Jennifer Tremblay, s'arrête au Périscope pour deux semaines; il ne faut pas manquer ce solo où Sylvie Drapeau, merveilleusement dirigée par Marie-Thérèse Fortin, incarne une femme au foyer brisée par la solitude et la culpabilité.
Autre portrait de femmes, au pluriel cette fois, Madame de Sade, du légendaire écrivain Yukio Mishima, prendra l'affiche au Trident début mars. Martine Beaulne renouera scéniquement avec la littérature japonaise, qui l'inspire depuis longtemps, et dirigera une belle distribution toute féminine comptant notamment Eva Daigle, dans le rôle de l'épouse du sulfureux marquis, ainsi que Lise Castonguay et Lorraine Côté.
Hiver classique et jeune création
Jacques Leblanc nous a concocté un hiver de classiques à La Bordée. Le directeur artistique a fait appel à Lorraine Côté, déjà auteure d'une mise en scène saluée d'En attendant Godot sur la même scène en 2006, pour monter Fin de partie, de Samuel Beckett, avec une distribution qui promet. Outre Leblanc lui-même, Hugues Frenette, Roland Lepage et Paule Savard incarneront Hamm, Klov, Nagg et Nell, à compter du 17 janvier.
Pour clore la saison rue Saint-Joseph, Leblanc pioche dans le répertoire moliéresque (où il excelle en tant qu'acteur) et met en scène Le misanthrope. Les rôles d'Alceste et de Célimène se verront respectivement défendus par Olivier Normand et Alexandrine Warren.
Du côté des autres compagnies émergentes accueillies cet hiver à Premier Acte, le Théâtre du hareng rouge propose une ambitieuse trilogie prenant pour points de départ des personnalités cinématographiques marquantes, comme Alfred Hitchcock et David Lynch. Hugo Lamarre, coauteur des textes avec le comédien Thomas Gionet-Lavigne, met en scène le spectacle Loin, à l'affiche depuis mardi dernier et présenté jusqu'au 28 janvier.
Deux oeuvres nous proposeront ce printemps, dans des registres bien différents, une vue en coupe de deux facettes distinctes de la relation amoureuse: la rencontre avec l'entourage et le deuil. C'est d'abord le collectif Nous sommes ici, architectes du documentaire théâtral immersif Changing room sur l'univers des drag queens, qui présente cette fois La date, une nouvelle expérience interactive qui débute le 20 mars. Suivra en avril Amours écureuils, texte du jeune comédien Jean-Michel Girouard, qui partagera ici la scène avec Marie-Hélène Gendreau. Vincent Champoux met en scène cette pièce qui s'annonce intimiste.
Un mot, en terminant, sur Projet EAU, trilogie montée par la dynamique compagnie Nuages en pantalons (Si tu veux être mon amie), qui fête cette année son dixième anniversaire. Le metteur en scène Jean-Philippe Joubert et ses collaborateurs proposent trois créations (enfants, adolescents et adultes) sur le thème de l'eau. Les pièces sont présentées cet hiver aux Gros Becs ainsi qu'au Périscope: c'est là qu'il faudra se rendre les samedis 17 ou 24 mars si l'on veut assister à la version intégrale de cette trilogie.
Mentionnons, en terminant, que les amateurs d'expérimentation et de métissage artistique ne voudront pas manquer la 13e édition du Mois multi, présentée par Recto-Verso en février.
***
Collaborateur du Devoir
***
Lisez tous les articles de la rentrée culturelle de l'hiver 2012
Les mythes grecs, sources inépuisables d'inspiration, seront traités à différentes sauces. À La Bordée, dès le 28 février, Louise Marleau incarnera Jocaste, mère et épouse d'Oedipe, qui renaît sous la plume de Nancy Huston. Coproduction avec le Théâtre du Nouveau Monde, où la pièce sera jouée plus tard ce printemps, Jocaste reine est mise en scène par Lorraine Pintal. La compagnie La Vierge folle et le jeune auteur-metteur en scène Maxime Robin s'emparent, pour leur part, de deux des enfants du roi Agamemnon et les embarquent dans une bagnole pour une intrigante virée narrative. Pour voir Iphigénie en auto, on se rend à Premier acte à compter du 21 février.
Énorme succès lors de sa création, la monumentale adaptation théâtrale de L'Odyssée, d'Homère, signée Dominic Champagne et Alexis Martin, reprend vie au Trident dans une nouvelle production que signe l'inventif Martin Genest, un an après l'accueil triomphal réservé à son Opéra de quat'sous sur la même scène. Christian Michaud incarnera le légendaire Ulysse, un rôle qu'avait créé François Papineau en 2000, dès le 17 avril.
Pendant ce temps, dans les ruelles...
Les cris de fillettes devenant femmes dans les rues du Plateau Mont-Royal de l'après-guerre retentiront dans la salle Octave-Crémazie à partir du 17 janvier. Gill Champagne et son fidèle scénographe Jean Hazel s'emparent de l'adaptation du roman Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges, de Michel Tremblay, qu'avait réalisée Serge Denoncourt en 2010; parions que le directeur artistique du Trident saura se montrer moins didactique dans sa mise en scène que son prédécesseur.
Égérie du quartier Limoilou, Annette reprend vie au Périscope dès mardi prochain. L'héroïne créée et interprétée par Anne-Marie Olivier, apparue pour la première fois en octobre 2009, s'évade dans l'imaginaire en pleine soirée fatidique du 20 mai 1980. Ses souvenirs et ses songes tricotés de couleurs vives se transporteront ensuite à Montréal en février.
Les membres du collectif En attendant, transfuges montréalais ceux-là, s'installent à Premier Acte le 31 janvier pour faire revivre leur belle réussite En attendant Gaudreault, précédée de Ta yeule Kathleen. Lauréate de plusieurs prix, cette production émouvante, créée l'année dernière au Théâtre d'Aujourd'hui, témoigne d'une belle recherche sur la parole et met en scène quelques âmes en peine habitant tant bien que mal leur corps et leurs logements dans Hochelaga-Maisonneuve.
Portraits de femmes
De l'autre côté de l'avenue de Salaberry, on pourra voir en février une autre superbe production, d'abord présentée au Théâtre d'Aujourd'hui. La tournée de La liste, oeuvre de la dramaturge Jennifer Tremblay, s'arrête au Périscope pour deux semaines; il ne faut pas manquer ce solo où Sylvie Drapeau, merveilleusement dirigée par Marie-Thérèse Fortin, incarne une femme au foyer brisée par la solitude et la culpabilité.
Autre portrait de femmes, au pluriel cette fois, Madame de Sade, du légendaire écrivain Yukio Mishima, prendra l'affiche au Trident début mars. Martine Beaulne renouera scéniquement avec la littérature japonaise, qui l'inspire depuis longtemps, et dirigera une belle distribution toute féminine comptant notamment Eva Daigle, dans le rôle de l'épouse du sulfureux marquis, ainsi que Lise Castonguay et Lorraine Côté.
Hiver classique et jeune création
Jacques Leblanc nous a concocté un hiver de classiques à La Bordée. Le directeur artistique a fait appel à Lorraine Côté, déjà auteure d'une mise en scène saluée d'En attendant Godot sur la même scène en 2006, pour monter Fin de partie, de Samuel Beckett, avec une distribution qui promet. Outre Leblanc lui-même, Hugues Frenette, Roland Lepage et Paule Savard incarneront Hamm, Klov, Nagg et Nell, à compter du 17 janvier.
Pour clore la saison rue Saint-Joseph, Leblanc pioche dans le répertoire moliéresque (où il excelle en tant qu'acteur) et met en scène Le misanthrope. Les rôles d'Alceste et de Célimène se verront respectivement défendus par Olivier Normand et Alexandrine Warren.
Du côté des autres compagnies émergentes accueillies cet hiver à Premier Acte, le Théâtre du hareng rouge propose une ambitieuse trilogie prenant pour points de départ des personnalités cinématographiques marquantes, comme Alfred Hitchcock et David Lynch. Hugo Lamarre, coauteur des textes avec le comédien Thomas Gionet-Lavigne, met en scène le spectacle Loin, à l'affiche depuis mardi dernier et présenté jusqu'au 28 janvier.
Deux oeuvres nous proposeront ce printemps, dans des registres bien différents, une vue en coupe de deux facettes distinctes de la relation amoureuse: la rencontre avec l'entourage et le deuil. C'est d'abord le collectif Nous sommes ici, architectes du documentaire théâtral immersif Changing room sur l'univers des drag queens, qui présente cette fois La date, une nouvelle expérience interactive qui débute le 20 mars. Suivra en avril Amours écureuils, texte du jeune comédien Jean-Michel Girouard, qui partagera ici la scène avec Marie-Hélène Gendreau. Vincent Champoux met en scène cette pièce qui s'annonce intimiste.
Un mot, en terminant, sur Projet EAU, trilogie montée par la dynamique compagnie Nuages en pantalons (Si tu veux être mon amie), qui fête cette année son dixième anniversaire. Le metteur en scène Jean-Philippe Joubert et ses collaborateurs proposent trois créations (enfants, adolescents et adultes) sur le thème de l'eau. Les pièces sont présentées cet hiver aux Gros Becs ainsi qu'au Périscope: c'est là qu'il faudra se rendre les samedis 17 ou 24 mars si l'on veut assister à la version intégrale de cette trilogie.
Mentionnons, en terminant, que les amateurs d'expérimentation et de métissage artistique ne voudront pas manquer la 13e édition du Mois multi, présentée par Recto-Verso en février.
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