Grandes marées - Le vrai désastre
Les assureurs parlent d'«Act of God», le ministre de la Sécurité publique du Québec évoquait plutôt Dame Nature hier pour expliquer les imposants dégâts survenus dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et sur la Côte-Nord, résultats du mariage de vents violents au phénomène des grandes marées.
Mais Dieu et la Dame ont le dos bien large! Le ministre Robert Dutil a beau dire qu'on ne reverra pas une telle tempête de sitôt, des déchaînements autrefois rares se font de plus en plus fréquents et nos réponses peinent à s'adapter en conséquence. Ce n'est pas qu'une question d'argent, mais de mesures à prendre. Encore faut-il la volonté politique pour ce faire, comme l'a rappelé mardi, à Ottawa, le commissaire à l'environnement Scott Vaughan, qui présentait son rapport automnal.
Tout un chapitre est consacré aux changements climatiques. Pour l'Est, ces changements se traduisent par la hausse du niveau de la mer et une augmentation des phénomènes météorologiques violents qui accélèrent le phénomène d'érosion des berges et les inondations. Ainsi, il y a eu quatre fois plus de tempêtes dans le golfe du Saint-Laurent au cours de la dernière décennie que depuis 1960, la région de Sept-Îles étant la plus affectée. Tout cela est dûment documenté. Sauf que le gouvernement conservateur ne veut pas que ça se sache, et encore moins y mettre des ressources.
M. Vaughan raconte qu'en 2008, deux importants rapports gouvernementaux portant sur l'évaluation des changements climatiques, leur impact et la manière de s'y adapter — rapports destinés au grand public, qui ont demandé quatre ans de travail et la participation de centaines de personnes — ont fait l'objet d'une «diffusion discrète». Les présentations prévues pour l'un d'eux ont été carrément annulées et il n'est pas possible de le télécharger en totalité; l'autre a été publié sans un communiqué pour attirer l'attention sur celui-ci.
Quant aux stratégies à mettre en place pour faire face aux changements, «la prise de décisions est en partie entravée par le caractère limité des données disponibles», souligne le rapport. En fait, très concrètement, le Canada manque de stations de surveillance des conditions météorologiques, les bureaux régionaux d'Environnement Canada sont menacés de compressions, et les programmes qui visent à mieux réagir aux impacts des changements climatiques sont soit sous-financés, soit arrivent à échéance en mars prochain. Seront-ils renouvelés? On ne le sait pas.
La seule certitude, c'est que le gouvernement Harper n'a pas établi «de priorités claires en matière d'adaptation aux changements climatiques», dit le rapport. Le sommet de Cancún nous démontrant par ailleurs que les conservateurs n'entendent pas non plus agir à la source pour limiter ces changements, le Canada fait figure de cancre absolu dans un dossier planétaire aux répercussions pourtant terriblement locales.
Pour l'heure, les Québécois sinistrés tiennent à être convenablement indemnisés, ce qui relève de Québec. Mais il faut aussi jeter un regard plus large sur ce qui s'est passé cette semaine. Le vrai désastre environnemental n'était pas dans le golfe du Saint-Laurent, mais à Ottawa.
Mais Dieu et la Dame ont le dos bien large! Le ministre Robert Dutil a beau dire qu'on ne reverra pas une telle tempête de sitôt, des déchaînements autrefois rares se font de plus en plus fréquents et nos réponses peinent à s'adapter en conséquence. Ce n'est pas qu'une question d'argent, mais de mesures à prendre. Encore faut-il la volonté politique pour ce faire, comme l'a rappelé mardi, à Ottawa, le commissaire à l'environnement Scott Vaughan, qui présentait son rapport automnal.
Tout un chapitre est consacré aux changements climatiques. Pour l'Est, ces changements se traduisent par la hausse du niveau de la mer et une augmentation des phénomènes météorologiques violents qui accélèrent le phénomène d'érosion des berges et les inondations. Ainsi, il y a eu quatre fois plus de tempêtes dans le golfe du Saint-Laurent au cours de la dernière décennie que depuis 1960, la région de Sept-Îles étant la plus affectée. Tout cela est dûment documenté. Sauf que le gouvernement conservateur ne veut pas que ça se sache, et encore moins y mettre des ressources.
M. Vaughan raconte qu'en 2008, deux importants rapports gouvernementaux portant sur l'évaluation des changements climatiques, leur impact et la manière de s'y adapter — rapports destinés au grand public, qui ont demandé quatre ans de travail et la participation de centaines de personnes — ont fait l'objet d'une «diffusion discrète». Les présentations prévues pour l'un d'eux ont été carrément annulées et il n'est pas possible de le télécharger en totalité; l'autre a été publié sans un communiqué pour attirer l'attention sur celui-ci.
Quant aux stratégies à mettre en place pour faire face aux changements, «la prise de décisions est en partie entravée par le caractère limité des données disponibles», souligne le rapport. En fait, très concrètement, le Canada manque de stations de surveillance des conditions météorologiques, les bureaux régionaux d'Environnement Canada sont menacés de compressions, et les programmes qui visent à mieux réagir aux impacts des changements climatiques sont soit sous-financés, soit arrivent à échéance en mars prochain. Seront-ils renouvelés? On ne le sait pas.
La seule certitude, c'est que le gouvernement Harper n'a pas établi «de priorités claires en matière d'adaptation aux changements climatiques», dit le rapport. Le sommet de Cancún nous démontrant par ailleurs que les conservateurs n'entendent pas non plus agir à la source pour limiter ces changements, le Canada fait figure de cancre absolu dans un dossier planétaire aux répercussions pourtant terriblement locales.
Pour l'heure, les Québécois sinistrés tiennent à être convenablement indemnisés, ce qui relève de Québec. Mais il faut aussi jeter un regard plus large sur ce qui s'est passé cette semaine. Le vrai désastre environnemental n'était pas dans le golfe du Saint-Laurent, mais à Ottawa.
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