lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 01h13
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Grandes marées - Le vrai désastre

Les assureurs parlent d'«Act of God», le ministre de la Sécurité publique du Québec évoquait plutôt Dame Nature hier pour expliquer les imposants dégâts survenus dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et sur la Côte-Nord, résultats du mariage de vents violents au phénomène des grandes marées.

Mais Dieu et la Dame ont le dos bien large! Le ministre Robert Dutil a beau dire qu'on ne reverra pas une telle tempête de sitôt, des déchaînements autrefois rares se font de plus en plus fréquents et nos réponses peinent à s'adapter en conséquence. Ce n'est pas qu'une question d'argent, mais de mesures à prendre. Encore faut-il la volonté politique pour ce faire, comme l'a rappelé mardi, à Ottawa, le commissaire à l'environnement Scott Vaughan, qui présentait son rapport automnal.

Tout un chapitre est consacré aux changements climatiques. Pour l'Est, ces changements se traduisent par la hausse du niveau de la mer et une augmentation des phénomènes météorologiques violents qui accélèrent le phénomène d'érosion des berges et les inondations. Ainsi, il y a eu quatre fois plus de tempêtes dans le golfe du Saint-Laurent au cours de la dernière décennie que depuis 1960, la région de Sept-Îles étant la plus affectée. Tout cela est dûment documenté. Sauf que le gouvernement conservateur ne veut pas que ça se sache, et encore moins y mettre des ressources.

M. Vaughan raconte qu'en 2008, deux importants rapports gouvernementaux portant sur l'évaluation des changements climatiques, leur impact et la manière de s'y adapter — rapports destinés au grand public, qui ont demandé quatre ans de travail et la participation de centaines de personnes — ont fait l'objet d'une «diffusion discrète». Les présentations prévues pour l'un d'eux ont été carrément annulées et il n'est pas possible de le télécharger en totalité; l'autre a été publié sans un communiqué pour attirer l'attention sur celui-ci.

Quant aux stratégies à mettre en place pour faire face aux changements, «la prise de décisions est en partie entravée par le caractère limité des données disponibles», souligne le rapport. En fait, très concrètement, le Canada manque de stations de surveillance des conditions météorologiques, les bureaux régionaux d'Environnement Canada sont menacés de compressions, et les programmes qui visent à mieux réagir aux impacts des changements climatiques sont soit sous-financés, soit arrivent à échéance en mars prochain. Seront-ils renouvelés? On ne le sait pas.

La seule certitude, c'est que le gouvernement Harper n'a pas établi «de priorités claires en matière d'adaptation aux changements climatiques», dit le rapport. Le sommet de Cancún nous démontrant par ailleurs que les conservateurs n'entendent pas non plus agir à la source pour limiter ces changements, le Canada fait figure de cancre absolu dans un dossier planétaire aux répercussions pourtant terriblement locales.

Pour l'heure, les Québécois sinistrés tiennent à être convenablement indemnisés, ce qui relève de Québec. Mais il faut aussi jeter un regard plus large sur ce qui s'est passé cette semaine. Le vrai désastre environnemental n'était pas dans le golfe du Saint-Laurent, mais à Ottawa.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Yvon Bureau - Abonné
    9 décembre 2010 07 h 56
    Sagesse, à l'aide !
    Mon grand père aimait les rives des ruisseaux, des rivières, des fleuves et des mers.
    Par contre, il bâtissait et habitait toujours sur le haut des collines.
    Moins poétique, mais tellement plus sage et moins coûteux en dégâts et en demandes d’aide.

    La sagesse nous apprend durement que les espèces qui s’adaptent survivent.

    Pour les actuels proches des rives, le temps est peut-être arrivé de regagner les terres,
    tout en laissant une table à pique-nique près de l’eau…
    Le Gouvernement devraient les aider à cette fin.

    Et que les rives soient gardées «nature». Et ouvertes seulement pour pique-niquer et pour le plaisir de la contemplation et de l’émerveillement.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • René Pelletier - Inscrit
    9 décembre 2010 09 h 37
    En effet
    Vous avez bien vu madame Boileau: « Le vrai désastre environnemental n'était pas dans le golfe du Saint-Laurent, mais à Ottawa».
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Rousseau - Inscrit
    9 décembre 2010 11 h 15
    Et à Cancún...
    Ce vrai désastre se répercute à Cancún et au plan international où le Canada est un des pays les plus ineptes au plan des changements climatiques.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
3 réactions
7 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012