Climat - Après le nucléaire, le gaz?
À retenir
Le jour où l'Allemagne annonce qu'elle abandonne le nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie prédit que les émissions de gaz à effet de serre atteindront dès l'an prochain le plafond maximum fixé pour 2020. Entre les pressions politiques et économiques, il ne reste pas beaucoup de place pour le citoyen.
Forcée de faire demi-tour, la chancelière Angela Merkel vient d'annoncer que l'Allemagne fermera ses 17 réacteurs nucléaires d'ici 2022. La nouvelle n'a évidemment pas plu au milieu des affaires, mais depuis l'accident de Fukushima, l'opposition au nucléaire menaçait la coalition au pouvoir.
De plus en plus populaires dans les sondages, les verts allemands se réjouissent de l'intention du gouvernement et lui demandent maintenant de miser exclusivement sur l'économie d'énergie et les énergies vertes pour remplacer la portion de 23 % d'électricité produite par le nucléaire. Le gouvernement acquiesce, mais les verts craignent que l'Allemagne ait recours de plus en plus au charbon et au gaz naturel.
Avec les nombreuses découvertes de gisements de gaz de schiste et la mise au point de nouvelles centrales thermiques au charbon que l'on dit «propres», le prix et la disponibilité de ces deux sources d'énergie ont changé la donne mondiale. Or, comme l'Agence internationale de l'énergie le révélait cette semaine, nous approchons dangereusement du seuil critique d'émissions de CO2 au-delà duquel le climat devrait se réchauffer d'au moins deux degrés supplémentaires. L'AIE, soit dit en passant, n'est pas un groupe écologiste, mais un forum de 28 pays développés grands consommateurs de pétrole, dont le Canada, créé à la suite de la crise pétrolière de 1974 pour éviter qu'une telle situation se reproduise.
Deux degrés Celsius de plus, cela semble peu. Pourtant, selon les modèles des experts, au-delà de cette hausse moyenne planétaire, le climat s'emballera, les catastrophes naturelles se multiplieront et les coûts en vies humaines et en pertes économiques deviendront monstrueux. Il sera alors difficile, voire impossible de revenir en arrière.
Rappelons-nous que cette limite à la hausse des émissions de CO2 d'ici 2020 est le seul consensus auquel sont parvenus tous les pays, y compris la Chine, les États-Unis et le Canada, lors des deux derniers sommets sur le climat, à Cancún et à Copenhague. Mais voilà que ce plafond d'émissions sera défoncé dès l'an prochain, nous apprend l'AIE, soit neuf années plus tôt que prévu, à moins que les pays restreignent la hausse totale de leurs émissions des neuf prochaines années à celle de la seule année 2009... Ce qui n'est pas du tout réaliste.
Ces données objectives ajoutées aux observations de chacun dans son milieu devraient suffire pour convaincre les gouvernements qu'il est urgent de reprendre les négociations en vue d'en arriver à une entente planétaire contraignante. Mais au contraire, nous assistons à la démission des élus de plusieurs pays comme le Canada et les États-Unis devant les exigences du capital. Même à Québec, nous avons assisté, hier, au spectacle d'un ancien premier ministre à la solde des sociétés pétrolières et gazières qui tente de convaincre les élus de leur verser des compensations parce qu'on leur interdit d'exploiter une ressource qui ne leur appartient pourtant pas. Devant tant d'acharnement, seule l'opposition des citoyens peut faire entendre raison à des gens qui ont perdu le sens du bien public.
Forcée de faire demi-tour, la chancelière Angela Merkel vient d'annoncer que l'Allemagne fermera ses 17 réacteurs nucléaires d'ici 2022. La nouvelle n'a évidemment pas plu au milieu des affaires, mais depuis l'accident de Fukushima, l'opposition au nucléaire menaçait la coalition au pouvoir.
De plus en plus populaires dans les sondages, les verts allemands se réjouissent de l'intention du gouvernement et lui demandent maintenant de miser exclusivement sur l'économie d'énergie et les énergies vertes pour remplacer la portion de 23 % d'électricité produite par le nucléaire. Le gouvernement acquiesce, mais les verts craignent que l'Allemagne ait recours de plus en plus au charbon et au gaz naturel.
Avec les nombreuses découvertes de gisements de gaz de schiste et la mise au point de nouvelles centrales thermiques au charbon que l'on dit «propres», le prix et la disponibilité de ces deux sources d'énergie ont changé la donne mondiale. Or, comme l'Agence internationale de l'énergie le révélait cette semaine, nous approchons dangereusement du seuil critique d'émissions de CO2 au-delà duquel le climat devrait se réchauffer d'au moins deux degrés supplémentaires. L'AIE, soit dit en passant, n'est pas un groupe écologiste, mais un forum de 28 pays développés grands consommateurs de pétrole, dont le Canada, créé à la suite de la crise pétrolière de 1974 pour éviter qu'une telle situation se reproduise.
Deux degrés Celsius de plus, cela semble peu. Pourtant, selon les modèles des experts, au-delà de cette hausse moyenne planétaire, le climat s'emballera, les catastrophes naturelles se multiplieront et les coûts en vies humaines et en pertes économiques deviendront monstrueux. Il sera alors difficile, voire impossible de revenir en arrière.
Rappelons-nous que cette limite à la hausse des émissions de CO2 d'ici 2020 est le seul consensus auquel sont parvenus tous les pays, y compris la Chine, les États-Unis et le Canada, lors des deux derniers sommets sur le climat, à Cancún et à Copenhague. Mais voilà que ce plafond d'émissions sera défoncé dès l'an prochain, nous apprend l'AIE, soit neuf années plus tôt que prévu, à moins que les pays restreignent la hausse totale de leurs émissions des neuf prochaines années à celle de la seule année 2009... Ce qui n'est pas du tout réaliste.
Ces données objectives ajoutées aux observations de chacun dans son milieu devraient suffire pour convaincre les gouvernements qu'il est urgent de reprendre les négociations en vue d'en arriver à une entente planétaire contraignante. Mais au contraire, nous assistons à la démission des élus de plusieurs pays comme le Canada et les États-Unis devant les exigences du capital. Même à Québec, nous avons assisté, hier, au spectacle d'un ancien premier ministre à la solde des sociétés pétrolières et gazières qui tente de convaincre les élus de leur verser des compensations parce qu'on leur interdit d'exploiter une ressource qui ne leur appartient pourtant pas. Devant tant d'acharnement, seule l'opposition des citoyens peut faire entendre raison à des gens qui ont perdu le sens du bien public.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

