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Libre opinion - Trop tard?

Marcel Lapointe, Saguenay  19 juillet 2011  Actualités sur l'environnement
Au cours du vingtième siècle, le monde s'est automutilé comme jamais auparavant et il se retrouve maintenant contraint de gérer l'irréparable. Selon de récents rapports du GIEC et de l'OCDE, il est déjà trop tard pour penser revenir en arrière et redonner à notre planète sa santé de jadis. Les échéances annoncées quant aux changements climatiques sont continuellement révisées à la baisse. S'il existe des moyens pour mettre un frein à son agonie, on attend toujours les actions précises des puissants de ce monde, qui persistent à vérifier l'heure sur une horloge arrêtée.

Malgré les efforts de gens de bonne volonté, que ce soit en matière de protection de l'environnement, d'économie sociale, de microcrédit ou de financement responsable pour améliorer les conditions de vie des humains, force est de constater que, sans un changement radical de nos pratiques de consommation, nous allons droit dans le mur. À la suite de la dernière crise économique, les promesses non tenues des hauts dirigeants politiques et financiers de ce monde, pour mettre de l'ordre dans l'économie et la finance, ne font que confirmer davantage le point de rupture.

Les ressources non renouvelables s'épuisent à un rythme effréné. Il n'y a qu'à penser aux déserts qui s'agrandissent et aux sécheresses conséquentes, laissant des populations entières dans un état inimaginable de désespoir et de délabrement. La monoculture, qui ne profite qu'à une minorité, occupe une place grandissante sur des terres hier encore fertiles à la culture de la variété. Des multinationales qui fabriquent des OGM, comme Monsanto, favorisent, par leurs monocultures intensives, l'apparition de mauvaises herbes de plus en plus résistantes. Sélection naturelle? Les requins de la finance s'en balancent comme de leur dernière chemise.

Au cours des années trente, le capitaliste Henry Ford, magnat de l'industrie automobile qui voulait mettre sur le marché une voiture propulsée à l'éthanol, s'est fait damer le pion par le non moins capitaliste John Rockefeller, magnat du pétrole qui a réussi à faire adopter une loi interdisant la fabrication de l'éthanol. Et tant pis pour les beaux principes capitalistes voulant que l'économie soit régulée selon l'offre et la demande, sans intervention de l'État.

Quel serait l'état de la planète aujourd'hui si un marché comme celui de l'éthanol, combustible de source végétale renouvelable, avait pu créer, au cours du vingtième siècle, un sain équilibre avec celui du pétrole, une source d'énergie non renouvelable? Sûrement qu'il y aurait moins de gaz à effet de serre et que des réserves de pétrole seraient encore disponibles pour les générations futures.

Qui aura le dernier mot?

Le foisonnement des marchés de la drogue, des armes, de la prostitution à grande échelle et de la vente d'enfants engendre une violence telle que les gouvernements de droite, de plus en plus présents, s'autorisent à engager davantage d'argent du peuple dans les sphères de la sécurité et de l'armée. Les dettes souveraines devenues incontrôlables sont en train de détruire le tissu social des pays affectés, engendrant de plus en plus de laissés-pour-compte.

Des peuples se battent entre eux pour obtenir leur part des ressources qui seront de moins en moins disponibles. Ici, c'est le Nord rapproché et le Grand Nord qui sont devenus des objets de convoitise de la part d'investisseurs insatiables et de pays, comme la Russie, les États-Unis, la Norvège et le Danemark, qui réclament leur part des dernières ressources de la planète encore inexploitées.

Au Québec, la découverte des gaz de schiste, une ressource non renouvelable, suscite un important débat de société entre les tenants de son exploitation à tout prix et ceux qui voudraient que cette ressource demeure là où elle est et constitue, éventuellement, une part d'héritage à laisser aux générations futures. Qui aura le dernier mot?

L'hydroélectricité mise à part, l'éolien, l'énergie solaire, la biomasse et la biométhanisation sont autant de sources d'énergie renouvelables et peu polluantes, contrairement au pétrole et au charbon. Ces ressources ne demandent qu'à être exploitées par les Québécois. Gaz de schiste ou sources d'énergie renouvelables? Les Québécois ont encore le loisir de décider. Mais le bon choix serait de commencer d'abord par mettre au pouvoir des femmes et des hommes dotés d'une vision axée sur le développement durable, qui travailleront résolument à la mise en place de sources d'énergie non polluantes et sécuritaires.

***

Marcel Lapointe, Saguenay
 
 
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  • Andre Vallee - Abonné
    19 juillet 2011 08 h 11
    Debout les vieux
    Arrêtons de nous regarder le nombril et ne penser qu'à notre petit confort routinier et pensons à nos descendants. Nous ne voulons sûrement pas que nos générations futures parlent de nous comme de fieffés égoïstes. Appuyons les jeunes qui manifestent.
    Nous ne voulons sûrement pas leur léguer un dépotoir.
    André Vallée, 83 ans.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    19 juillet 2011 09 h 11
    La terre aura le dernier mot
    La Terre aura le dernier mot en regard de tous les maux que nous lui infligeons, si bêtement, pardon chers bêtes, si hommement.

    Faudrait un Gouvernement mondial, avec les pouvoirs de décisions et de direction.

    Entre temps, si on proclamait la prochaine dizaine d'années, Dizaine du Rester chacun chez soi. Fini le tourisme de masse. Vive le tourisme via TV-HD, ou présentation dans nos localités.

    Et pendant ce temps, nous apprendrions à vivre au-dessous de nos moyens. Et la Terre pourrait aussi vivre au-dessous de ses capacités. Enfin. Devenons plus terre à terre, et fiers de l’être !

    Merci, Marcel pour ce beau et nécessaire texte.
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  • celljack - Inscrit
    19 juillet 2011 09 h 16
    Manifester ne sert à rien
    Je ne crois pas qu'on puisse sauver notre civilisation: il faut la changer. Et pour la changer, ça prend une volonté collective et coordonnée et un gouvernement à l'écoute.

    Le problème c'est que les élitistes sont des parasites bien ancrés, on en retrouve partout, à tous les niveaux. Une révolution ne les enraye pas, on l'observe bien actuellement avec l'Égypte et la Tunisie, où le renversement du gouvernement n'a que changé le mal de place car les parasites ont continué de proliférer.

    Il faut développer la démocratie participative et resserrer la surveillance des pouvoirs exécutifs. Seulement là nous aurons une chance que notre volonté collective soit entendue.
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    19 juillet 2011 12 h 05
    Un autre apocalypse à la Al Gore
    Je suis tanné de lire ces apocalypses et cette sempiternam culpabilisation des générations passées qui refont constamment surface. Les générations futures auront ce que nous ferons aujourd'hui. Pourquoi ne pas le faire pour nous-même?

    Aujourd'hui c'est mieux qu'il y a 10, 20 ou 30 ans donc il y a eu des prises de consciences, des actions et des mesures qui ont été prises.

    95% de l’électricité produite au Québec provient de l’hydroélectricité; mais ça ne représente que 40% de l'énergie utilisée au Québec et la vous avez raison de mentionner la consommation automobile car c'est ce qui au Québec ferait une nette différence.

    Vous mentionnez comme solution l'éthanol; mais il ne faudrait pas utiliser les terres agricoles pour sa production ce qui serait immoral. Il faut considérer toutes les conséquences négatives qui s'en suivent: la spéculation qui fait monter le prix des grains et des denrées alimentaires en plus d'être des monocultures à très grande surface et très énergivores des sols.

    Au lieu de s'en aller vers d'autres sources d'énergie qui dans 10 ou 20 ans feront renaître les mêmes débats n'y a-t-il pas d'autres solutions?

    Considérons le transport en commun, dans les villes et leurs banlieues, entre régions. On a démantelé un système ferroviaire aux profits de l'automobile. Ce réseau ferroviaire pour ce qui en reste est utilisé au minimum pour un transport de "freight". Diminuer le nombre d'automobiles, l'emploi n'a pas à être centralisé dans les seules grandes villes, il faudrait peut-être faire revivre les régions.

    Pour cela il faut l'intervention de l'état, car les beaux principes capitalismes nous ont mené à cette économie artificielle qui gruge sur les services sociaux et pour cela les générations précédentes n'ont rien à envier à la génération actuelle. Chacun pour soi, n'est pas une solution.

    Bonne nouvelle. Le trou de la couche d'ozone se referme.
    http://www.actualites-news-environn
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  • Jean_Yves - Abonné
    19 juillet 2011 13 h 28
    Pas catastrophiste du tout votre description de situation…
    Allons-y tout de même.

    «il est déjà trop tard pour penser revenir en arrière et redonner à notre planète sa santé de jadis»

    Si la santé jadis de la planète c’était avant que l’humanité ne se multiplie par 6, et voie son espérance de vie pouvant aller jusqu'à doublé…
    Avant que les connaissances techniques et scientifiques ne fassent un bond inimaginable, une avancée qui permet entre autre ce spectaculaire bond de l’espérance de vie. Et bien oui, «c’est sûr c’est sûr», il est bien top tard pour que la terre redevienne ce qu’elle était au temps ou même sa géographie fessait encore mystère.

    «Malgré les efforts de gens de bonne volonté..»

    Je ne connais pas votre expérience de vie mais la mienne donne une limite très certaine a la ‘bonne volonté’. La volonté la plus fondamentale c’est surtout celle d’améliorer sa propre condition. Et ce ‘sa’ propre condition ne se limite pas a sa soi-même, il inclue tout son environnement social avec prépondérance pour ce qui nous est plus proche comme notre famille, notre consommation, notre job, notre retraite…

    «Les ressources non renouvelables s'épuisent à un rythme effréné»

    Effectivement.

    Mais pour ce qui suit là ça ne vas pas du tout. La monoculture ne profite pas qu’a une minorité, elle permet l’accès a de la nourriture au plus bas coût, ce qui profite a tout le monde. On peut même dire que la performance de l’agriculture industrielle comme on la connait permet justement a la population humaine de s’accroître immodérément.

    Et l’éthanol comme concurrent du pétrole n’aurait fait qu’accroître le développement de cette monoculture… A l’heure actuel les règlements qui obligent une certaine quantité de biocarburant dans l’essence ont une responsabilité certaine dans la fulgurante augmentation des prix des denrées sur tout les marchés du monde avec des conséquences tout ce qu’il y a de plus dramatique pour ceux pour q
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  • Jean_Yves - Abonné
    19 juillet 2011 13 h 37
    Gaz de schiste et bonne volonté...
    Le débat sur les gaz de schiste est un bon exemple des limites de la bonne volonté apparente.

    Dans un premier temps on déchire sa chemise sur la place publique en agitant le spectre des pires pollutions imaginables. Même notre seule centrale nucléaire serait menacée par des tremblements de terre provoquée par la fracturation…

    Puis soudain le discours bifurque sur les piastres à faire, et là les yeux des chemises déchirées sortent presque de leur orbite, «300 milliards de piastres de pétrole sous l’île d’Anticosti..»

    La bonne volonté se fait tout a coup plus mercantile !

    L’héritage à laisser aux générations futures ne serait pas plutôt un pactole a réservé aux régimes de retraite a prestations déterminés de nos employés d’état ? Régimes que l’on sait aussi économiquement insupportable que socialement questionnable.

    Et pourquoi donc mettez vous à part l’hydro-électricité du panier des énergies renouvelables ? L’hydroélectricité est de loin la plus formidable source d’énergie renouvelable, celle qui fait l’envie de tout les pays du monde. Celle qui après stabilisation dans son environnement peut servir pendant des siècles... Et vous voudriez que l’on mette a part ? Faudrait expliquer.

    Et pour votre question : «Gaz de schiste ou sources d'énergie renouvelables?» A moins de projeter d’interdire l’importation du gaz naturel au Québec la question n’est pas gaz de schiste versus énergie renouvelable. La question c’est de savoir si l’on va continuer d’importer du gaz ou si l’on va mettre de l’avant le principe élémentaire en développement durable de s’approvisionner le plus près possible de chez soi. Ce qui dans ce cas donne 20% de moins de perte d’énergie au transport en plus d’un 10% au volume de moins de rejet de CO2 puisque le nôtre en contient bien moins de ce CO2 qui doit être extrait avant utilisation.
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  • Dr Tournesol - Abonné
    19 juillet 2011 15 h 59
    Réformes SVP
    Le texte de M. Lapointe se veut libérateur, sensibilisateur, engageant et nous ne pouvons douter de la bonne foi de l’auteur. Mais au vu de la multitude d’opinions, d’articles, de documents et de réflexions personnelles dont nous nous abreuvons - et dont certains désirent nous abreuver -, comment pouvons-nous juger de l’importance de tel fait ou de telle idée afin que nous puissions être des citoyens éclairés et responsables? Est-ce par la lecture d’articles scientifiques arides? Par une ouverture aux œuvres des artistes de l’avant-garde? Puis en soupesant, à l’instant x, les deux plateaux et en s’exprimant d’un oui ou d’un non?...

    Si dans les années 60 et 70, nous étions mis en contact avec des idées dissonantes, discordantes, dérangeantes, il me semble que nous soyons aujourd’hui cernés par des alternatives semblables (les partis politiques au pouvoir), par des choix trop spécifiques (l’école publique ou privée) ou de peu d’impact (le nom d’une école par exemple), et cela, sans que nous puissions mettre le doigt sur les causes du flou dans lequel nous nous enfonçons. Dites-moi, quelle est la pertinence de débattre de la pertinence des gaz de schiste? Nous savons cette filière, au même titre que celle du charbon, du gaz conventionnel et du pétrole, nuisible à notre avenir. Ne devrions-nous pas plutôt débattre de la place tenue par les bureaucrates et technocrates dans nos institutions? De la mainmise des financiers sur notre avenir? De la prépondérance du faux offert sur le vrai recherché? Comment pouvons-nous discuter d’un amphithéâtre et manifester pour sa venue alors que nous devrions urgemment nous pencher sur la décroissance soutenable?... Que vienne vivement les grandes réformes!
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  • Nelson - Inscrit
    19 juillet 2011 23 h 54
    EN ÉTANT LE CAPITALISME PRÉDATEUR, DESTRUCTEUR, ET EXPLOITEUR, IL FAUT DONC ÉLIRE DES POLITICIENS CAPABLES DE LE CONTRÔLER.
    Nous savons que les affaires sont les affaires, faire du fric, maximiser les profits, et sans limites, sans roi ni loi, exploitant des humains par des humains, et détruisant la nature sans vergogne.

    Indispensable donc que la démocratie=gouvernement du peuple, joue son rôle régulateur, contrôleur, pour ainsi distribuer de façon équitable la richesse collective, et protéger l'environnement.

    ARRÊTONS D'ÉLIRE DES GOUVERNEMENTS DE DROITE, SI NOUS VOULONS VRAIMENT SAUVER L'HUMANITÉ. !!!!
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