Marché du carbone - Cap sur les résultats
Contrairement à Ottawa, Québec met sur pied son propre marché du carbone auquel devront participer les secteurs de l'économie responsables de la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre (GES). Voilà une bonne nouvelle sur le plan de l'environnement, mais aussi sur celui de l'économie.
Grâce à son électricité, le Québec n'est responsable que de 12 % des émissions de CO2 au pays. En 2012, il sera parvenu à les réduire de 6 % par rapport à 1990, et l'objectif sera alors d'atteindre -20 % d'ici 2020, ce qui serait très bien.
Pour y parvenir, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, annonçait jeudi dernier que Québec allait de l'avant avec la création d'un marché d'échanges de droits d'émissions de carbone basé sur la fixation de plafonds pour tous les grands pollueurs.
Ainsi, dès janvier 2013, les 80 plus grands émetteurs industriels (alumineries, papetières, cimenteries, etc.) se verront octroyer gratuitement des droits d'émissions, sorte de permis de polluer, calculés sur la base de leurs rejets de janvier 2012. Cette «générosité» s'explique par les importantes réductions déjà enregistrées par ces industries au cours des deux dernières décennies.
Deux ans plus tard, en janvier 2015, ce sera au tour de la cinquantaine de distributeurs d'hydrocarbures (sociétés pétrolières et gazières, usines chimiques) de devoir acheter des droits d'émissions du gouvernement à raison de 10 $ la tonne de rejets. Cela fera grimper le prix de l'essence d'au moins 6 ¢ le litre, et rapportera 1 milliard au Trésor québécois. L'industrie des transports est responsable de 40 % des émissions de CO2.
Une fois ces plafonds bien déterminés, les entreprises qui réussiront à réduire leurs émissions pourront vendre leurs droits excédentaires à celles qui sont incapables de respecter leurs quotas. À terme, cela devrait conduire à la naissance d'une Bourse du carbone que Québec espère voir s'établir à Montréal.
Si, comme prévu, les grandes associations patronales ont réagi négativement à la mesure au nom de la sacro-sainte compétitivité, certains grands émetteurs, telle l'Association de l'aluminium du Canada, se sont dits «prêts à relever le défi». On les comprend puisqu'ils n'auront rien à payer et que cette course à la réduction de la consommation d'énergie fossile fait partie du processus de modernisation incontournable pour rester en affaires.
Cela dit, comme le précise cette association dans son communiqué, pour que l'opération soit un succès, il faut que le marché d'échanges des droits d'émissions atteigne une masse critique. Sans quoi il sera difficile de trouver des acheteurs pour les droits excédentaires et la motivation à réduire les émissions sera moins grande.
Or, pour le moment, seuls le Québec et la Californie ont annoncé qu'ils allaient de l'avant au sein du Western Climate Initiative. L'Ontario, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan ont manifesté leur intérêt, mais ils n'ont toujours pas pris de décision. Quant aux Américains, des sept États qui avaient aussi donné leur accord, six sont récemment revenus sur leur position à cause de la crise et des pressions du lobby industriel.
Malgré cela, le ministre Arcand est convaincu que les entreprises du Québec ont tout à gagner à prendre de l'avance sur leurs concurrents, et il y a tout lieu de croire qu'il a raison.
Grâce à son électricité, le Québec n'est responsable que de 12 % des émissions de CO2 au pays. En 2012, il sera parvenu à les réduire de 6 % par rapport à 1990, et l'objectif sera alors d'atteindre -20 % d'ici 2020, ce qui serait très bien.
Pour y parvenir, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, annonçait jeudi dernier que Québec allait de l'avant avec la création d'un marché d'échanges de droits d'émissions de carbone basé sur la fixation de plafonds pour tous les grands pollueurs.
Ainsi, dès janvier 2013, les 80 plus grands émetteurs industriels (alumineries, papetières, cimenteries, etc.) se verront octroyer gratuitement des droits d'émissions, sorte de permis de polluer, calculés sur la base de leurs rejets de janvier 2012. Cette «générosité» s'explique par les importantes réductions déjà enregistrées par ces industries au cours des deux dernières décennies.
Deux ans plus tard, en janvier 2015, ce sera au tour de la cinquantaine de distributeurs d'hydrocarbures (sociétés pétrolières et gazières, usines chimiques) de devoir acheter des droits d'émissions du gouvernement à raison de 10 $ la tonne de rejets. Cela fera grimper le prix de l'essence d'au moins 6 ¢ le litre, et rapportera 1 milliard au Trésor québécois. L'industrie des transports est responsable de 40 % des émissions de CO2.
Une fois ces plafonds bien déterminés, les entreprises qui réussiront à réduire leurs émissions pourront vendre leurs droits excédentaires à celles qui sont incapables de respecter leurs quotas. À terme, cela devrait conduire à la naissance d'une Bourse du carbone que Québec espère voir s'établir à Montréal.
Si, comme prévu, les grandes associations patronales ont réagi négativement à la mesure au nom de la sacro-sainte compétitivité, certains grands émetteurs, telle l'Association de l'aluminium du Canada, se sont dits «prêts à relever le défi». On les comprend puisqu'ils n'auront rien à payer et que cette course à la réduction de la consommation d'énergie fossile fait partie du processus de modernisation incontournable pour rester en affaires.
Cela dit, comme le précise cette association dans son communiqué, pour que l'opération soit un succès, il faut que le marché d'échanges des droits d'émissions atteigne une masse critique. Sans quoi il sera difficile de trouver des acheteurs pour les droits excédentaires et la motivation à réduire les émissions sera moins grande.
Or, pour le moment, seuls le Québec et la Californie ont annoncé qu'ils allaient de l'avant au sein du Western Climate Initiative. L'Ontario, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan ont manifesté leur intérêt, mais ils n'ont toujours pas pris de décision. Quant aux Américains, des sept États qui avaient aussi donné leur accord, six sont récemment revenus sur leur position à cause de la crise et des pressions du lobby industriel.
Malgré cela, le ministre Arcand est convaincu que les entreprises du Québec ont tout à gagner à prendre de l'avance sur leurs concurrents, et il y a tout lieu de croire qu'il a raison.
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