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Vive la décroissance planifiée!

Depuis hier, le gratin politique de la planète veut se faire voir à Davos. Pas pour réfléchir, comme le veut la philosophie de cette initiative, mais pour des objectifs «ciblés», savamment préparés par les états-majors politiques de chaque État. Le tout dans une atmosphère détendue, avec des artistes à qui l'on coupe les subventions et menace les droits d'auteur le reste de l'année, et des philosophes dont on lira le nom sur les programmes, faute d'avoir lu leurs livres. Nos premiers ministres Harper et Charest disent carrément qu'ils y vont pour attirer des capitaux.

Certainement pas pour méditer sur les impacts de leurs politiques sur les futures générations...

Cette année, on prétend réparer quelque peu le capitalisme sauvage à Davos. Mais qu'y a-t-il de changé depuis la récession de 2008 dont les diagnostics sont clairs? Ni le président Obama, malgré ses promesses, ni l'Europe, pourtant plus sociale dans son approche, n'ont mis au pas les spéculateurs ou ralenti la financiarisation de l'économie. On devrait d'ailleurs désormais parler aussi de financiarisation de la politique avec la prise en charge de pays comme la Grèce et l'Italie par les banquiers.

Mais quel est le rapport de tout ça avec la nature, vous demandez-vous?

Il est simple, direct et clair: c'est cette économie basée sur la surexploitation des ressources naturelles, fouettée par la spéculation des ressources, principalement dans les pays les plus assoiffés de capitaux et d'emplois, qui est à la base de l'atrophie générale du vivant sur la planète. Les mers sont polluées, et leurs cheptels aquatiques surexploités au-delà de toute limite raisonnable. Les grands écosystèmes forestiers sont partout menacés par le même système. Et la croissance effrénée des populations humaines exige un niveau d'exploitation qui entame le capital nature et qui dépasse ses seuils d'autorégénération.

Si Davos devait — et c'est un minimum qu'il ne livrera pas — enrayer la spéculation qui menace encore l'économie mondiale, ceux qui réfléchissent aux moyens d'aller dans une autre direction ne sont pas écoutés. À Porto Allegre, cette semaine, ceux qui essaient de penser une autre économie n'ont pas eu le dixième de la couverture médiatique qu'on accordait hier à Davos. Pourtant, ceux-là se penchent sur un mal plus profond, sur une menace plus incontournable, l'épuisement des ressources et la répartition inégale de leur jouissance.

L'ONU tiendra en juin à Rio une conférence qui entend faire le point sur celle de Rio en 1992, d'où son nom, Rio +20. On se prépare à y lancer le concept «d'économie verte», une économie qui tenterait de refaire le lien entre les humains et la nature. L'ONU, bien appuyée sur les grandes forces économiques mondiales, tente de mettre derrière elle le concept galvaudé de «développement durable». Ce dernier a été tellement déformé que, conçu à l'origine pour enrayer une consommation insoutenable et inéquitable sur la planète, il est devenu un slogan pour verdir la dévastation des derniers grands écosystèmes de la planète, comme notre Grand Nord.

Cette «économie verte» est d'abord et avant tout une tentative pour créer un «capitalisme vert», c'est-à-dire une exploitation traditionnelle qui respecterait les balises de la nature. Mais pour beaucoup de monde à Porto Allegre, vert ou pas, ce capitalisme pousse l'humanité irréversiblement vers l'atrophie du système vivant et l'épuisement des ressources, ce qui augmentera à terme la répartition inéquitable de la richesse. On glorifie ce concept en disant qu'il stimulera la mise au point et l'utilisation de techniques moins dommageables, comme l'éolien ou le solaire, ce qui donnera un nouvel élan à l'économie. On parlera de lutter plus efficacement contre la pollution, d'utiliser des matériaux plus naturels. Les maisons seront hypervertes, mais construites dans des milieux humides ou aux dépens de forêts.

Rien jusqu'ici, que ce soit à Davos ou au sommet de Rio +20, n'attaque de front la surexploitation globale, résultat d'une surpopulation évidente et du stress qu'engendre sa consommation en ressources de toutes sortes. Personne ne met à l'ordre du jour, sauf à Porto Allegre, et encore, la nécessité d'envisager l'économie de l'avenir dans une logique de décroissance, un mot qui fait peur, qu'on proscrit du discours politique et économique.

La planète et ses médias adorent les grands-messes même si les plus médiatiques, comme celles sur les changements climatiques, sont des culs-de-sac à répétition parce que la sécurité environnementale n'est qu'un discours, pas une priorité. La semaine prochaine, après Davos, nos Harper et Charest vont retourner à leurs vieilles hébétudes avec de nouveaux projets d'exploitation, qui vont augmenter la pression sur d'autres écosystèmes.

Est-ce que c'est en poliçant le système bancaire à l'occasion des grands-messes médiatiques de Davos, du G8 ou du G20, ou en nous dotant en juin à Rio d'un capitalisme onusien sensément vert, que nous renverserons l'atrophie en cours du système vivant de la Terre? L'actuelle génération de politiciens est-elle, au mieux, en train de repousser l'échéance d'un épuisement des ressources qui imposera une décroissance sauvage et inéquitable parce que nous aurons évité de la planifier avec lucidité?
 
 
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  • Roger Lapointe Roger Lapointe - Abonné
    27 janvier 2012 06 h 36
    Hélas c'est la triste réalité de notre époque.
    Personne dans ce genre de forum n'est assez fort, convaincant ou inviter pour mettre fin à ce développement anarchique de notre Terre-Mère qui ne pourra plus répondre à la demande dans un avenir immédiat .Quand on voit cet escadron de financiers sans conscience et sans scrupules mener le monde à sa perte sous prétexte de faire du développement.Ce ne sont sûrement pas Harper et Charest qui vont changer la donne quand Harper sans gêne aucune couche avec les pétrolières,sources majeures de pollution et d'exemple à ne pas suivre.Le capitalisme a fait son temps comme la Noblesse à une autre époque qui fut remplacée par la bourgeoisie qui devra à son tour se faire foutre à la porte.
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  • Darwin666 - Inscrit
    27 janvier 2012 06 h 56
    Excellente chronique
    «Cette «économie verte» est d'abord et avant tout une tentative pour créer un «capitalisme vert», c'est-à-dire une exploitation traditionnelle qui respecterait les balises de la nature. Mais pour beaucoup de monde à Porto Allegre, vert ou pas, ce capitalisme pousse l'humanité irréversiblement vers l'atrophie du système vivant et l'épuisement des ressources, ce qui augmentera à terme la répartition inéquitable de la richesse.»

    Sur le capitalisme vert, je suggère ce billet, qui présente la position de Jacques Généreux, économiste français. Sa position rejoint tout à fait celle de M. Francoeur :

    http://jeanneemard.wordpress.com/2011/11/22/le-cap
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  • nadeau.christian@sympatico.ca - Abonné
    27 janvier 2012 07 h 05
    Tout est dit
    Monsieur Francoeur,,

    Nous frapperons un mur et après nous le déluge! L'espèce humaine à jusqu'ici maintenu la croissance de sa population avec des hauts et des bas. Mais elle s'en est toujours sortie. Elle pense toujours que ce qu'elle affronte actuellement, qu'on va s'en sortir, comme ce fut le cas dans le passé (on a qu'à penser au dernier discours d'Obama). Or, l'évidence est pourtant là. Jamais l'espèce humaine n'a fait façe à un tel défi. Ceux qui ont une compréhension de l'écologie des espèces, voient mal comment des milliards d'humains vont souffrir de cette avidité.
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  • - Abonné
    27 janvier 2012 07 h 35
    Le coeur des priorités mondiales
    Voilà! Votre article touche le coeur des priorités mondiales actuelles et je vous en félicite. Reste à trouver comment faire la promotion de la décroissance en rendant le concept attrayant et sympathique et non paniquant.
    André Ladouceur
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  • martine sistac - Inscrite
    27 janvier 2012 07 h 50
    felicitation !
    Un tres bel article...malheureusement si reel....pourquoi ny a-t-il aucun politicien qui puisse reflechir dans ce sens ?
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  • Marcel Sevigny - Inscrit
    27 janvier 2012 07 h 51
    Bravo
    Bel article de lucidité.

    Et comme vous dites si "Personne ne met à l'ordre du jour, sauf à Porto Allegre, et encore, la nécessité d'envisager l'économie de l'avenir dans une logique de décroissance, un mot qui fait peur, qu'on proscrit du discours politique et économique.", c'est qu'une telle logique de décroissance planifiée signifie la fin du capitalisme.

    Les gangs de Davos qui se succèdent année après année iront jusqu'au bout de leur logique d'exploitation maximale et jusqu'à nous imposer éventuellement "la décroissance autoritaire" en faveur du 1%, à moins que les citoyens-nes organisées ne disent "c'est assez tous dehors".
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  • arabe - Inscrit
    27 janvier 2012 09 h 18
    Bonnes nouvelles du côté climatique
    Une étude récente, publiée dans Geophysical Research Letters, montre que les effets d'un doublement de la concentration de C02 dans l'atmosphère n'augmente la température que de 1,3 à 1,8 degrés. Nous sommes loin des scénarios apocalyptique du GIEC, scénarios basés sur des données de 1900 à 2000.

    L'étude du Geophysical Research Letters se base sur les données climatiques de 1851 à 2010, ce qui permet d'avoir plus de perspective.

    Comme les auteurs sont Canadiens, j'invite M. Francoeur à enlever son manteau d'activiste et nous faire un reportage là-dessus. Je ne retiens évidemment pas mon souffle...

    Le titre de l'étude: Improved constraints on 21st-century warming derived using 160 years of temperature observations.

    Les auteurs; N.P. Gillett, V.K. Arora etal.

    http://www.agu.org/journals/gl/gl1201/2011GL050226
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  • arabe - Inscrit
    27 janvier 2012 09 h 20
    CorrigéBonnes nouvelles du côté climatique
    Une étude récente, publiée dans Geophysical Research Letters, montre qu'un doublement de la concentration de C02 dans l'atmosphère n'augmente la température que de 1,3 à 1,8 degrés. Nous sommes loin des scénarios apocalyptiques du GIEC, scénarios basés sur des données de 1900 à 2000.

    L'étude du Geophysical Research Letters se base sur les données climatiques de 1851 à 2010, ce qui permet d'avoir plus de perspective.

    Comme les auteurs sont Canadiens, j'invite M. Francoeur à enlever son manteau d'activiste et nous faire un reportage là-dessus. Je ne retiens évidemment pas mon souffle...

    Le titre de l'étude: Improved constraints on 21st-century warming derived using 160 years of temperature observations.

    Les auteurs; N.P. Gillett, V.K. Arora etal.

    http://www.agu.org/journals/gl/gl1201/2011GL050226
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  • Geoffroi - Abonné
    27 janvier 2012 10 h 12
    Imaginaire aveugle et mythe d'un progrès cintinu depuis plus de deux siècles
    "L'idéologie dominante a tout intérêt à utiliser, à son profit, les abcès de fixations et de contrôle de l'imaginaire collectif que sont la télévision, les drogues, la pornographie industrielle, tout comme les vacances et les loisirs consuméristes en général. Pour elle, rien ne serait plus dangereux que leur disparition. Or, c'est justement cette disparition que supposerait une civilisation de décroissance soutenable et conviviale."

    de Jean-Claude Besson-Girard
    Decrescendo cantabile, 2005, page 157
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  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné
    27 janvier 2012 10 h 16
    Une alternative à Davos: Les Rencontres du Mont-Blanc
    En cette Année internationale des coopératives, il existe une voie différente de celle du capitalisme prôné par ses thuriféraires à Davos, celle dont Edgar Morin dit dans son dernier livre qu'elle " constituerait, à côté de l'économie de profit et l'économie d'État, la troisième voie entre le tout-marché et le tout-État, celle de l'économie sociale et solidaire des mutuelles, coopératives, entreprises citoyennes, du micro-crédit, du commerce équitable".
    Cette économie organise aussi ses rencontres de l'autre côté du Mont-Blanc à Chamonix, comme un défi lancé à Davos. Allez jeter un coup d'oeil sur ce qui s'y fait et s'y dit:

    http://webtv.coop/group/Les-Rencontres-du-Mont-Bla
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  • Robert Ouellet - Abonné
    27 janvier 2012 10 h 34
    Très intéressant...
    Bonjour M.Francoeur
    Généralement je ne partage pas vos opinions, par contre, je me dois de souligner votre cohérence. D'un côté, vous êtes un adversaire acharné de tout développement économique qui présente le moindre petit risque à l'environnement (Gaz petrole, grand nord,...), et de l'autre vous avez la cohérence d'en appeler à la décroissance... Bravo!

    Lorsque vous parlez de partage plus équitable des ressources de la planète, il serait intéressant de mentionner à vos lecteurs, que le Québec se situe parmi les nations ultra-privilégiées et qu'un repartage équitable amènera des pertes très importantes en terme de qualité de vie.

    Juste hier, la fermeture de 'Mabe' et la perte de 700 emplois est un bel exemple de redistribution... Ferme ici pour aller ailleurs où c'est moins cher... Pas sûr que les 700 personnes mises à pied trouvent que le concept de décroissance est super...

    Donc, dans vos prochains articles, je vous inviterais à élaborer davantage sur les concepts de décroissance et les énormes sacrifices attendus des québécois. Les sacrifices devraient être partagés par tous..
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  • Jean_Yves - Abonné
    27 janvier 2012 10 h 47
    Très bonne réflexion m. Francoeur !
    Mais attention aux distances laissée entre le lecteur et les responsables désignés des problèmes. Les hébétudes sont le lot de pas mal tout le monde, pas juste de Harper et Charest qui ne sont que les représentants de ce que nous sommes.

    Qui veut diminuer son niveau de vie sinon qu’une toute petite tranche de la population tout ce qu’il y a de plus marginale?

    Pour élargir la perception de qui est responsable de quoi, et la part de chacun, je vous invite à lire cette surprenante analyse de «l’Observatoire du Bilan Carbone des Ménages» faite par IPSOS.

    http://www.ipsos.fr/ipsos-public-affairs/actualite
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    27 janvier 2012 11 h 01
    Parier sur le mauvais cheval
    La décroissance, il faudrait en parler aux indiens, aux chinois, aux africains, mais je ne suis pas sür qu'ils vous entendront.
    Pour ce qui est des québécois, il faudrait peut-être commencer par leur dire de croire un peu plus au développement technologique. On ne changera pas la donne en "mangeant local" ou en enfourchant sa byciclette dix fois par semaine.
    On est sept milliards, il faut inventer.
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  • Francois Laforest - Abonné
    27 janvier 2012 11 h 18
    Vers une décroissance imposée ?!?
    Bel article à méditer, tout en se tournant vers la jeunesse qui choisit de ne pas baisser les bras.
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  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné
    27 janvier 2012 11 h 27
    À ceux qui croient que tomber du 10e étage est moins pire que tomber du premier...
    Je lis souvent cette critique justifiant l'inaction et le repli sur soi: toute décroissance entraînerait une diminution du niveau de vie. Encore faut-il s'entendre sur ce qu'on entend par "niveau de vie"! Le bonheur se mesure-t-il à la grosseur de notre empreinte écologique? Je suggère à ceux qui croient qu'ils se mettent à l'abri du changement en s'enfonçant égoïstement la tête dans le sable de lire ce document:
    http://webtv.coop/document/Solidaires%2C-nous-
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    27 janvier 2012 11 h 41
    Le dénie encore
    @arabe Les résultats de Gillet et al portent sur la réponse transitoire. Cette une valeur qui est toujours inférieure à la réponse à l'équilibre. De plus, il est mentionné dans l'article que leur résultat est consistant avec la littérature bien que légèrement plus bas que la moyenne, ce qui n'est pas étonnant car ils utilisent les données de HADCRU3. De plus, en prenant la période 1900-2005 (le données avant 1890 sont pourries), les résultats sont plus près de la moyenne.
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    27 janvier 2012 11 h 57
    Un de vos meilleurs écrits
    Envergure et cohérence de la réflexion. Bravo et merci pour cette mise au point qui devrait rejoindre surtout les grands décideurs réunis à Davos maintenant et à Rio en juin. Vous proposez rien de moins qu'une révolution économique qui mettrait au pas cette logique de croissance illimitée et de «financiérisme» débridé. Plaise aux dieux qu'un jour les puissants vous prennent au sérieux!

    Petite taquinerie : vous savez de plus en plus déborder le sujet éculé des dangers «terribles» de notre bon vieux CO2 
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  • Robert Boucher - Abonné
    27 janvier 2012 11 h 59
    Tout à fait d'accord avec vous M.Francoeur...
    ...''Décroissance'', le mot tabou par excellence maintenant. Mais nous n'aurons pas le choix de passer par ce dur chemin si l'on veut survivre en tant qu'espèce je crois. Il y a beaucoup de réflexion, de recherches, de sensibilisation et finalement d'éducation à faire sur ce sujet. Particulièrement une réflexion approfondie sur la notion, le sentiment de '' bonheur '', recherché par nous tous. En quoi consiste-il?
    Robert Boucher Saguenay Jonquière
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  • arabe - Inscrit
    27 janvier 2012 12 h 57
    Vous avez oublié l'essentiel, M. Dutil
    L'essentiel de mon commentaire était de souligner que M. Francoeur et al. ne parleront sans doute jamais de cet article, alors que tout article le moindrement réchauffiste, aurait attiré l'attention de ceux-ci.

    C'est ce constant activisme que je dénonce. Le phénomène Tour de Pise, en somme: toujours penchée dans la même direction.
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  • Bernard Gadoua - Inscrit
    27 janvier 2012 13 h 23
    @ Robert Ouellet
    Le «niveau de vie» n'est pas synonyme de «qualité de vie». Il se décline par un tout autre raisonnement. Car voyez-vous je ne pense pas qu'on puisse dire qu'une maladie — comme le sont toute un série de maladies environnementales — qui accroît l'activité économique, et donc le PNB soit un signe d'amélioration de la «qualité de vie».
    Autre exemple, si on investit dans les négawatts, c'est-à-dire dans l'économie d'énergie, si par exemple on réforme le code du bâtiment pour y obliger les promoteurs à y intégrer la géothermie, on a moins besoin de construction de barrages, d'éoliennes etc., moins besoin de construire des routes pour s'y rendre, etc donc moins d'emplois. Mais si on avait une stratégie politique de partage du travail, on pourrait tout simplement travailler moins d'heures... et s'adonner au jardinage par exemple, ce qui n'est pas comptabilisé dans le «marché de l'alimentation» mais qui est certainement un gain en matière de qualité de vie et d'accès bon marché à des produits sains.... C'est tout une chaîne économique qu'il faut repenser dans une perspective de décroissance de l'économie quantitative...

    @BGadoua
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  • Jean Laflamme - Abonné
    27 janvier 2012 14 h 10
    L'art de se peinturer au mur
    Si l'humanité se dirige dans un mur avec son capitalisme sauvage, elle n'a pas beaucoup de temps devant elle pour civiliser son développement et cesser d'épuiser les ressources de la planête. Il lui reste quelques mois avant Rio 20 pour banir le concept de 'développement durable' galvaudé par les développeurs et le remplacer par un concept qui intègre un peu de décroissance.

    Il faut donc agir immédaitment et localement. Le boisé des Hirondelles à Saint-Bruno pourrait servir de cas type pour nous apprendre à civiliser le développement urbain un hectare à la fois. Comme toutes les villes, Saint-Bruno doit s'agrandir pour fournir des services à ces citoyens. Contrairement à ses voisines qui le font au dépens des terres agricoles, Saint-Bruno se butte à un mur vert, le mont Saint-Bruno. Dans son dernier plan d'urbanisme, elle s'est peinturé en vert sur les flanc de cette colline où persistent quelques parcelles de nature sauvage. Mais comme les dés du zonage locale sont jetés depuis 1964 et il n'y a personne pour arrêter la machine qui va détruire ces parcelles si rares, que ni les développeurs ni les protecteurs du MDDEP n'ont pu les détecter. Pas de problèmes. Il est possible de déménager ces parcelles dans un endroit très protégé soit dans le parc de conservation du mont Saint-Bruno, à condition qu'elles y apportent une valeur ajoutée.

    Avant que l'histoire de la planète ne s'arrête sur un mur, l'histoire de la saga de la conservation du mont Saint-Bruno pourrait faire l'objet d'un film très parlant sur le processus qui nous mène dans un mur. Il faut faire vite parce que les citoyens vigilants qui ont sauver cette montagne se font vieux et parce que les béliers mécaniques sont déjà sur place. Un tel film ne sauvera pas le boisé des Hirondelles, mais pourrait sauver d'autres boisés autour du parc de conservation et bien d'autres forêts qui sont dans une situation semblable.
    Jean Laflamme, Saint-Bruno-de-Montarville
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  • Roland Berger - Abonné
    27 janvier 2012 16 h 27
    Très cher arabe
    Ce qui me désole dans votre commentaire n'est pas que vous tentiez, avec une certaine habileté, à attirer l'attention des lecteurs sur le point de vue opposé à celui de ceux que vous classez comme activistes (vous ne l'étant pas, évidemment), mais que cet effort repose sur ce même détestable postulat : Comme l'humain ne serait pas totalement responsable du réchauffement climatique, il est oiseux de vouloir limiter l'exploitation qu'il fait des ressources. Comme si vous travailliez pour Harper, qui lui-même, sert loyalement l'industrie pétrolière de l'Alberta. Pour le reste, il est rafraîchissant de lire d'autres sources.
    Roland Berger
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  • Godfax - Inscrit
    27 janvier 2012 16 h 32
    Le pessimisme des malthusienne est vieux comme le monde
    Donc selon vous, il y a trop d'humain, trop de développement et tout ce serais contre nature.

    Or l'humain ne consomme pas de ressources, pas plus que la biosphère. On déplace, on modifie et on associe. L'histoire nous prouve que notre activité est essentiellement entropique et que c'est la biosphère a mise en marche la créativité consciente comme force géologique et cela a été préparé par toute par toute son histoire... et ce serait une erreur. Par rapport à quoi? À une vision occidentale romantique de la nature?

    Et à ceux qui ce donne le droit divin de parlé au nom de la volonté de la biosphère comme s'il en devinais l'essence métaphysique intime, sachez que la paranoïa malthusienne est vielle comme le monde (on en retrouve des traces de ce genre d’angoisse jusque chez les babylonienne) et qu'historiquement elle a toujours servie l'injustice et la répression politique en plus de s’être trompé sur dans sa logique de fatalité.

    Historiquement la fin d'une ressource a toujours été un tremplin pour l'humanité, qui su découvrir de nouveau principe pour augmenté ça capacité d’accueil. Le discoure de la décroissance est aussi risible que l'histoire du chasseur de mammouth qui dit à son ami; -Dans 10 000 ans nous seront 8 milliard.
    -Impossible lui répond son ami, il n'y aura jamais assez de mammouth pour tout le monde.

    L'humanité est une force cosmique et géologique capable d'améliorer l’univers. Prendre ce fait et le décrire comme une aberration voila ce qu'a fait métaphysiquement l'écologie moderne.

    C'est ce genre de vision pessimiste de l'humanité qui va nous conduire dans le mure et dans l’oppression politique. Le concept de la décroissance est fondamentalement une idée réactionnaire ultra conservateur.

    La limite de l’humanité est celle de son imagination; et non celle dicté par un clergé vert-brun paranoïaque et anti-prométhéen.
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  • Pierre Laberge - Inscrit
    27 janvier 2012 18 h 12
    Y en a qui en fume du bon
    Serait-ce le cas de Godfax ?
    Sa vision prométhéenne de l'homme me fait bien rire. Je la classerais davantage comme une drôle de mixture entre le darwinisme et le mysticisme. En tout cas rien à voir avec la science moderne et l'état de l'humanité.
    Ainsi dit-il:
    "Or l'humain ne consomme pas de ressources, pas plus que la biosphère... "
    Ouais, on pourrait donner pas mal d'exemples contredisant ça. Mais l'humain fait partie de la biosphère!, il n'est pas à coté comme un chien de faïence! à attendre sa pitance. Il influence son environnement comme tout être vivant. Or lui est le plus nombreux et il domine tous les autres, il a donc ainsi pas mal plus d'impacts sur le reste. Le problème c'est que souvent il s'avère, collectivement, moins intelligent qu'une colonie de fourmis.
    Godfax dit encore (à mon grand dam):
    "L'humanité est une force cosmique et géologique capable d'améliorer l’univers."
    Ouaaaah! Si j'avais su, j'aurais fait attention aux petites grenouilles que j'ai remblayé la semaine passé à Chateauguay!!! Je savais pas que j'avais la mission de sauver l'univers (de quoi, je sais pas trop ?)
    Anyway, tout ça pour dire que je suis bien d'accord avec M. Francoeur sur la décroissance. On peut toujours s'améliorer comme disait l'autre....
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  • Poirier Sylvie - Inscrite
    27 janvier 2012 21 h 11
    Bravo pour votre article
    Que se passe-t-il avec nos politiciens. De quelle école sorte-t-il ? J'ai l'impression qu'à faire de la politique trop longtemps, ils ne voient plus rien. Ils sont déconnectés des priorités. Il y a comme un foutantisme. Ont-il acheté un billet pour vivre sur la Lune ou sur Mars ? Le reste n'a pas d'importance.

    Les systèmes bancaires à l'occasion des grands-messes médiatiques de Davos.
    Vous devriez en parler davantage des systèmes banquaires. Ce n'est pas touit le monde qui sont au courant que celui qui possède l'argent possède la nation disait l'un des président des États-Unis dont le nom m'échappe.

    Évidemment, il y a trop de monde sur la planète. En fait, c'est que nous consommons trop et il n'y a plus de place pour mettre ces déchets. J'ai lu l'article sur les déchets qui se ramassaient en plein milieu de la mer. Personne n'a été les ramasser. La terre ne doit pas servir de poubelle. Ceux qui parlent anglais cherchez TED, c'est un site où les plius grands spécialistes de la planète donnent des conférences. J'écoutais Jane qui a été assasinée, la femme qui s'occupait des singes. Elle livre un témoignage exemplaire sur la planète..
    Bravo encore M. Franc coeur
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  • CitoyenA - Abonné
    28 janvier 2012 00 h 14
    Sur-population?
    @Godfax
    "Historiquement la fin d'une ressource a toujours été un tremplin pour l'humanité, qui su découvrir de nouveau principe pour augmenté ça capacité d’accueil. "

    Ce qui est en cause dans le modèle économique actuel, ce n'est pas seulement la quantité limitée de ressources dans un espace physique limité (la terre), c'est la capacité actuelle des humains de détruire leur environnement plus vite que leur capacité de le réparer. Notre puissance de destruction industrielle est maintenant suprieure à la celle de la nature de se récupérer.

    Un exemple parmi tant d'autres, c'est l'espèce de continent flottant que constitue l'amas de plastique qui flotte dans le Pacifique Nord et qui s'agrandit toujours.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Plaque_de_déch

    Ou encore la couche d'ozone que nous avons détruite en partie, les stocks de poissons disparus, etc etc...

    Alors, ou bien nous limitons volontairement la population sur la terre ou notre manque de vision provoquera les changements environnementaux qui s'en chargeront.
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  • AML - Inscrit
    28 janvier 2012 07 h 42
    La décroissance n'est pas malthusienne...
    @Godfax : Si vous lisez des auteurs qui parlent de la décroissance, ils disent presque tous que la décroissance démographique est une fausse solution. En effet, il y aurait assez de ressources pour tous si on les répartissait équitablement, si l'on sortait de nos modes de vie ultra énergivores. Il faudrait commencer par arrêter de piller les ressources des pays du Sud pour notre propre sur-consommation. Combien d'esclaves avons-nous, tout un chacun, pour maintenir notre niveau de vie ?
    Ainsi, pour ceux qui ne croient pas au réchauffement climatique (ou qui disent que ce n'est pas la faute de l'humain) et bien vous pouvez toujours vous rabattre sur les arguments de la justice sociale pour envisager la nécessité d'une décroissance économique.
    Pour alimenter ou poursuivre votre réflexion :
    http://www.decroissance.qc.ca/manifeste
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  • Jacques Bougie - Abonné
    28 janvier 2012 10 h 30
    La prospérité sans la croissance
    Félicitations M. Francoeur.

    Votre article décrit très bien les problèmes d'une économie de marché déconnectée des réalités sociales et écosystémiques.

    À ce sujet, j'aimerais recommander à vos lecteurs le livre du professeur Tim Jackson intitulé 'Prospérité sans croissance'. C'est une approche multidisciplinaire qui démontre qu'au-delà d'un certain niveau, l'accumulation de biens matériels n'implique plus une amélioration de prospérité (espérance de vie, mortalité infantile, participation à l'enseignement...) ni une augmentation du bonheur ressenti.

    Conclusion : Les systèmes économiques qui fonctionnent le mieux sont aussi ceux où leurs citoyens collaborent le plus entre eux et ont appris à vivre en harmonie avec la Nature.


    Jacques Bougie
    Abonné
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  • Didier BARTHES - Inscrit
    28 janvier 2012 12 h 35
    Oui à condition d'inclure le concept de décroissance démographique.
    Je suis assez d'accord avec cette idée de décroissance planifiée. D'ailleurs selon moi le choix pour l'humanité ne se situe pas entre croissance et décroissance mais entre décroissance plus ou moins organisée et décroissance subie puisque nous nous heurtons aux limites physiques de la planète.
    Mais j'estime aussi nécessaire d'inclure dans cette volonté de décroissance celle de nos effectifs.
    En effet, quoi que nous fassions, aussi "écolos" soit-on, notre seule présence élimine le reste du vivant. Si nous voulons une planète sur laquelle soit préservée un minimum de vie sauvage, il faut absolument laisser un peu de place.
    Cette modestie démographique est pour moi la meilleure forme de l'humanisme, celle qui montre du respect pour le monde et préserve l'avenir. Il suffit pour cela pendant quelques générations de nous reproduire à un taux un peu plus modéré. Dans les pays riches par ce que nous sommes déja très densément peuplés (en général mais en Europe ou au Japon en particulier) et parce que nous consommons beaucoup. Dans les pays moins développés parce que justement il faut pouvoir se développer et consommer un peu plus sans détruire la planète, cela ne se fera pas avec des effectifs trop nombreux.
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  • Maxdevoir - Inscrit
    28 janvier 2012 16 h 14
    Prédation et mise en esclavage globalisée!
    Pour comprendre ce qui se passe en matière de prédation sophistiquée et alambiquée par les oligarchies et ploutocraties de néo-prédateurs du monde de la finance, des affaires et des politiciens des États corrompus ou asservis...

    "Lorsque 3 milliards d'individus - soit la moitié de la planète - «vivent» avec moins de 2$ par jour, que 225 milliardaires possèdent l'équivalent de l'avoir de 2 milliards de personnes, que 51 sociétés figurent parmi les 100 premières «économies» du monde, que l'économie mondiale est à 90% spéculative, que la masse financière (hors actions et obligations) circulant quotidiennement représente 10 fois la valeur des réserves cumulées de toutes les banques centrales du monde...

    Est-on encore loin du non-sens absolu?" *

    *
    Publié en 2002 et toujours encore plus d'actualité, un extrait du livre de "La stratégie de l'autruche", Post-mondialisation, management et rationalité économique, d'Omar Aktouf, professeur titulaire de managment à l'École des hautes études commerciales de Montréal. Ancien cadre supérieur dans l'industrie, diplômé dans plusieurs disciplines des sciences sociales, il est membre fondateur du Groupe humaniste et gestion de l'École des HEC.
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  • Claude Perron - Inscrit
    29 janvier 2012 15 h 22
    Excellent texte M. Francoeur
    Je partage le point de vue de plusieurs au sujet de ce texte : d’une remarquable lucidité. Seul bémol : il aurait dû paraître à la une du Devoir et non en page B-8!
    Quant à la question de la croissance démographique et de la pression exercée sur l’environnement, il me semble qu’on doit la poser dans le cadre des structures économiques internationales (contrairement au malthusianisme). Des démographes ont en effet constaté que les sociétés qui passent du stade agricole et d’une pauvreté relative au stade industriel et à une richesse relative connaissent généralement une baisse au plan démographique. Le cas du Québec est à ce titre très révélateur : de 1760 à 1960, sa population s’est multipliée par 80. On connaît la suite. Or, des populations entières en Afrique, en Asie et en Amérique du sud n’ont pu suivre ce type de développement à cause de structures économiques internationales foncièrement inégalitaires (colonialisme et impérialisme moderne) avec, encore une fois, les résultats que l’on connaît : taux de reproduction de la population élevé, pauvreté et forte pression sur l’environnement. La décroissance au plan démographique et au plan de la destruction de l’environnement passe sans aucun doute par une décroissance des inégalités économiques et sociales et forcément des structures économiques actuelles. Ou alors, s’imposera effectivement une « décroissance sauvage et inéquitable », qui plus est, autoritaire.
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    30 janvier 2012 01 h 09
    Nicholas Georgescu-Roegen est un analphabète
    La seconde loi de la thermodynamique est valide que dans un système clos (de quoi faire rire Bloch) ce qui n'est pas le cas de la Terre. Et mathématiquement parlant, non-croissance n'implique pas décroissance.

    Pour plusieurs, le terme de décroissance fait piège à con, le meilleur mot pour donner la victoire au capitalisme triomphant, pas vert du tout, en y faisant fuir le talent créatif et innovateur du progressisme socio-écologique. Plutôt que de faire penser la solution de façon responsable par en avant, la décroissance fait hymne à la mort, un retour en arrière vers l'idéalisme forestier de Thoreau ou le paternalisme poli d'un Ruskin embourgeoisé sous une monarchie britannique trivialement inégalitaire encore prise de nostalgie pour ses hobbits «destinés» à le rester. Est-ce un hasard si la London School of Economics affectionne le concept?

    Bientôt des zinzins phagocyteront la biodiversité, voire la Terre, dans le concept dialectique, mais contradictoire et passéiste, voire créationniste, de patrimoine - comme si la planète, ou la Lune!, pouvait être propriété privée de l'humanité? Du délire.

    Pour les pays développés, décroissance fait frein au développement des solutions, décroissance oblige... Alors, ici, on se déplace comment en hiver? On mange quoi? On s'éclaire comment? On se chauffe comment? Et l'art, la culture, la science, l'instruction, la santé? Quelle décroissance ici pour ceux sous le seuil de pauvreté ou arrivant de justesse?

    Pour les pays en voie de développement, décroissance signifie simplicité involontaire dans leur condition présente alors que précisément, c'est de leur pauvreté et leur manque d'instruction que découle leur accroissement démographique.

    Dans un cas comme dans l'autre la décroissance porte aux peuples peu de sens.

    Il faut faire mieux que ce mot! Oui, il faut planifier, mais pas que pour décroitre, pour répartir, orienter et produire, plus justement et responsablement!
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    30 janvier 2012 16 h 07
    Pensée magique de nos dirigeants politiques.
    Nos dirigeants se refusent à voir la réalité en face. Ils semblent croire qu'en ne parlant pas de cette réalité, elle va s'effacer d'elle-même. Notre problème en tant qu'être humain, étant des bipèdes, nous croyons erronément que nous ne sommes pas des animaux dépendant de la nature. Un jour viendra où l'être humain devra retomber bien humblement sur ses pattes.
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  • France Marcotte - Abonnée
    30 janvier 2012 19 h 48
    Sacrilège
    "...c'est cette économie basée sur la surexploitation des ressources naturelles, fouettée par la spéculation des ressources, principalement dans les pays les plus assoiffés de capitaux et d'emplois, qui est à la base de l'atrophie générale du vivant sur la planète."

    Et tous les paysages en sont ternis.

    Y a-t-il encore un paysage que l'on puisse regarder sans un pincement au coeur? Même ceux qui sont supposément protégés ou sauvages sont affectés ou bien on soupçonne qu'ils le soient ou bientôt le seront. Les cupides ont semé partout le doute.

    Je ne pardonne pas à ces pouvoirs de mort de s'être interposés entre l'humain et les paysages, d'avoir souillé toutes les manifestations de la beauté naturelle, d'aller jusqu'à ravir l'intimité de la communion sacrée avec le vivant.

    On ne fait que commencer à accepter de prendre la mesure et les implications de toute cette destruction qui pourrait être stoppée si la relation avec notre milieu naturel n'en était plus une de domination.
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    31 janvier 2012 10 h 17
    Sacré...
    Du latin sacrilegium, voilà qui en dit long et qui n'est pas pour faciliter l'argumentation rationnelle. Cela met l'écologie sur le même plan que le christianisme, l'islam, le judaïsme et la croyance religieuse.

    Au passage, j'ai mal dit en finale du précédent message qui doit être plus clair. Ce qu'il faut y lire est

    « Oui, il faut planifier, mais pas que pour décroitre! Il faut planifier pour répartir, orienter et produire, plus justement et responsablement! »
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  • SNost - Abonné
    31 janvier 2012 16 h 39
    Voilà
    La plupart des commentaires renforcent ma conviction que l'humanité que nous connaissons n'en a plua pour bien longtemps...
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  • France Marcotte - Abonnée
    1 février 2012 08 h 02
    Sacré
    Dans le sens de: À qui ou à quoi l'on doit un respect absolu: qui s'impose par sa haute valeur. Ex.: Les lois sacrées de l'hospitalité.

    Comme la valeur du vivant.
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    2 février 2012 00 h 08
    Proche de sacrilège, sacré est aussi...
    et peut-être surtout:

    « SACRÉ, E adj. 1. Qui a rapport au religieux, au divin. Les livres sacrés: la Bible. - Sacré collège: collège des cardinaux formant le sénat de l'Église romaine et le conseil du Pape. [...] »

    qui vient du verbe sacrer dont le Littré donne la définition suivante

    « SACRER v.tr [sakRe] (lat. sacrare, consacrer, rendre sacrer) Conférer au moyen de certaines cérémonies religieuses un caractère de sainteté. Sacrer un roi, un évêque. Fig. "De quel pur diadème La gloire aurait sacré ton front!", Lamartine.»

    voilà des configurations sémantiques gravitant autour du mot qui recèlent bien des valeurs révolues, vous en conviendrez...

    Qu'on me permette cette question: comme moi, vous-êtes pour le principe d'égalité, Mme Marcotte, me trompé-je?
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  •  
  • Michelle Bergeron - Abonné
    2 février 2012 22 h 04
    @ Jean_Yves
    Merci pour le lien très intéressant.
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  • SterneArctique - Inscrit
    4 février 2012 10 h 55
    Il n'y a plus rien à dire...
    Monsieur Francoeur,

    Votre texte dit publiquement ce que plusieurs pensent privément. En quelques lignes, vous avez tout dit... avec exactitude.

    Merci!
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  •  
  • le_chialeux - Inscrite
    4 février 2012 12 h 49
    POllution bénifique
    BOf, peut-être que la nature va se réguler naturellement, car il ne faut pas attendre après les humains, beaucoup trop cupides pour prendre des décisions difficiles. La pollution, qui nuit fortement à la fertilité des hommes et des femmes, est potentiellement la meilleure chose qui puisse arriver à la vie sur terre. Incapables de se reproduire ou de vivre vieux dans un environnement trop pollué, la race humaine (les pauvres surtout) va naturellement vivre une décroissance heureuse, comme pour toutes les autres espèces d'ailleurs. Quelques bonnes crises économiques, deux trois virus terriblement mortels, une pollution abominable et quelques bonnes guerres et génocides, rien de mieux pour faire un bon nettoyage (SVP, pas dans ma cour). Ajoutez à ça des gouvernements tellement stupides qu'ils ne font que empirer les problèmes de pollution et de surpopulation en voulant aider la survie, (surtout en Afrique), quelques bonnes sécheresses, froids mortels et inondations, deux trois désastres atomiques, une destruction rapide des ressources vitales comme les sols cultivables et l'eau potable, et on a le parfait cocktail pour une décroissance forcée. Quand tu es trop épais pour garder la forme comme race, la maladie, l'obésité et la sénilité va s'occuper de te régler ton cas en douce, autant pour les individus que pour la race en entier. Tout ca dit sur un ton très sarcastique, mes excuses pour les vraies victimes de tous ça, moi qui ne souffre pas vraiment, encore. C'est sur que, très égoïstement, quand tu as une famille à nourrir, tu ne pense pas de même, c'est normal. Mais la nature s'en fout pas mal elle. Quand tu as trop de poux sur la tête, tu te gratte au sang. Accrochez vous les poux, ça va faire mal ce siècle, car Gaia commence à avoir des démangeaisons...
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