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Début des négos avec les minicentrales

Québec doit renouveler les baux d'occupation et établir les redevances

La Fondation Rivières craint que les renouvellements occasionnent des pertes financières pour Hydro-Québec.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
La Fondation Rivières craint que les renouvellements occasionnent des pertes financières pour Hydro-Québec.
Québec a amorcé des négociations avec six propriétaires privés de petites centrales, construites dans le cadre du premier programme lancé en 1991, en vue de renouveler leurs baux d'occupation des terres publiques et pour l'utilisation des forces hydrauliques.

S'ajoutent par ailleurs les négociations entourant la signature d'un premier contrat pour trois des projets de centrales de l'appel de propositions de 1991 (APR-91), des centrales qui produisent de l'électricité depuis des années sans avoir encore conclu d'entente avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) et sans bénéficier du décret d'autorisation requis par la loi.

C'est ce que Le Devoir a appris à partir de documents obtenus en vertu de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics au printemps dernier et à partir d'entrevues réalisées cette semaine avec des porte-parole du MRNF, des entrevues sollicitées depuis huit mois...

Rétrocédé à l'État

Les trois centrales en attente d'un premier bail signé et d'un décret d'autorisation sont les centrales Ayers I et 2, de la société Ayers ltée, et la centrale Minasthuk, propriété de la société autochtone Minasthuk SOCOM et Hydro-Innu. Cette société participe présentement au développement d'une nouvelle petite centrale en amont de la chute du parc de Val-Jalbert, au Lac-Saint-Jean.

La centrale Ayers 1 a été construite sur la rivière du Nord en 1929, mais Ayers 2 l'a été en 1994. La plus vieille a une puissance installée de 4,7 MW et génère 16 GWh par an alors que la deuxième produit un peu plus d'un mégawatt pour un total annuel de 7 GWh, selon des calculs de la Fondation Rivières. La centrale Minasthuk, située sur la rivière Mistassibi, bénéficie d'une puissance installée de 12 MW. Elle a été mise en service en l'an 2000. Les trois dossiers incomplets à ce jour se buteraient à des problèmes de clarification de titres.

Par contre, affirme Julie Grignon, la responsable de la direction de l'électricité au MRNF, les deux sociétés en cause paient chaque année les redevances sur l'utilisation des forces hydrauliques. Et, dit-elle, à l'issue d'un premier renouvellement de leur bail, toutes les petites centrales des trois programmes lancés jusqu'ici par Québec seront rétrocédées sans compensation au gouvernement, qui verra alors s'il les démolit, s'il lance un appel d'offres pour les offrir au privé ou au secteur communautaire ou s'il les remet à Hydro-Québec. Aucun dossier n'est encore rendu à l'échéance du deuxième bail. Les propriétaires de petites centrales du premier programme de 1991 bénéficient, comme les tout récents projets, de la possibilité de renouveler leur bail au bout de 20 ans, mais pour une seule fois. Mme Grignon ajoute que Québec peut poser de nouvelles exigences pour ce renouvellement, comme un arpentage si les titres initiaux n'étaient pas clairs.

Dans le cas des centrales de l'APR-91, le prix payé au kilowattheure demeurera inchangé, soit 4,22 cents, et indexé annuellement au coût de l'inflation, ce qui porterait le prix actuellement payé par Hydro-Québec à 8,09 ¢/kWh, a calculé la Fondation Rivières. Au MRNF, on affirme ignorer quel prix paie présentement la société d'État.

C'est ce qui a incité cette semaine le trésorier de la Fondation, Alain Saladzius, à écrire au ministre des Finances, Raymond Bachand, pour lui demander de prendre les mesures nécessaires pour éviter de faire perdre de l'argent aux contribuables ou à Hydro-Québec au moment de ces renouvellements. Alors que, selon les clauses initiales, Hydro-Québec pourrait renouveler ces contrats à un prix avoisinant les 9 ¢/kWh, la Fondation Rivières estime qu'un «prix supérieur à 3,45 ¢/kWh occasionnerait des pertes pour Hydro-Québec, soit le tarif résidentiel en vigueur de 7,51 ¢ moins 4,06 ¢» pour ses frais de support en puissance, ses frais de transport, ses frais de distribution et les frais d'équilibrage.

Le prix de 8,09 ¢ serait le prix que doit présentement payer Hydro-Québec aux nouveaux propriétaires des 13 petites centrales, dites «communautaires», du troisième programme de construction.
 
 
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  • Alain Saladzius - Abonné
    11 février 2012 09 h 16
    Des pertes de centaines de millions
    En payant plus de 3 cents par kilowattheure pendant les 20 prochaines années, Hydro-Québec achètera à perte, une perte de 67 M$ pour la seule année 2013. La lettre adressée au ministre Bachand est disponible sur le site de la Fondation Rivières.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    11 février 2012 13 h 28
    Insensé
    Les petites centrales ne sont ni économiquement rentables, ni écologiquement justifiables.
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  • Gilles Théberge - Abonné
    11 février 2012 16 h 13
    Exact
    En effet «ni économiquement rentables, ni écologiquement justifiables» mais ça parait bien d'avoir l'air de... Comme l'ensemble de l'oeuvre de ce gouvernement.
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  • Alain Hebert - Inscrit
    12 février 2012 09 h 20
    et les éoliennes...
    Quel est le prix au kilowatt-heure des éoliennes? Il me semble que les écologistes y sont plutôt favorables.
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  • Cypriote - Inscrit
    12 février 2012 18 h 42
    Les éoliennes sont bien pires
    Dans le cadre du 3e appel d'offres - celui qui donnait des droits exorbitants aux Amérindiens - le prix payé dépassera les 13¢/kWh, sans compter les gigantesques coûts de raccordement au réseau, lesquels sont à la charge d'Hydro-Québec, en contravention de la loi sur le développement durable qui, en principe, impose aux promoteurs l'internalisation de leurs coûts.

    Bref, non seulement les éoliennes ne servent à rien et n'ont pas réduit d'un seul iota les émissions de gaz à effet de serre, mais elles entrâinent des surcoûts proprement inadmissibles.
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  • Jack Bauer - Inscrit
    13 février 2012 15 h 01
    Éole-Québec QQ1?
    @Cypriote

    Totalement derriere vous ici, mêmes pour les plus gauchistes ici qui ne jurent que par la réduction des 'GES' a tout prix, cette fome d'énergie est 1) inéfficace, 2) dangereuse(oubliez ca faire une promenade a vélo ou en voiture autour de ces grosses lames de plastiques tournantes) 3) requiert bcp plus d'espace que toute autre forme d'énergie et 4) produit plus de GES que p;e: le nucléaire(que les écolos haissent) voir: France(Nucleaire) vs Danemark(éoliennes).
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  • jacques bisson - Inscrit
    14 février 2012 09 h 53
    Petites centrales gros impact ?
    Les petites centrales hydrauliques causent plus d'impact environnemental que les grosses, toutes proportions gardées. Il y a cependant des exceptions:

    Je me rappelle d'avoir étudié un aménagement au fil de l'eau près du village de La Romaine (à distinguer de la rivière du même nom). Ce village fait partie du réseau non relié et l'énergie est produite à partir de pétrole (comme aus îles-de-la-madeleine). Bien sûr, une centrale au fil de l'eau dont les apports ne sont pas régularisés est difficile à rentabiliser en temps normal. Dans ce cas ci, comme il y a remplacement, du moins en partie, d'énergie fossile, il peut y avoir un avantage.

    Le projet n'a jamais été réalisé (je crois que les autochtones n'en voulaient pas pour je ne sais quelle raison).
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  • J. Hardy - Inscrit
    15 février 2012 09 h 06
    Aller de l'avant
    C'est drôle comment tous les projets d'Hydro-Québec ces derniers temps ne sont que des échecs. Il y a du PLQ là-dessous!

    1- Centrales hydroélectriques privées, un échec environnemental et une facture salée.
    2- Éoliennes privées, une facture salée. On paie à pleine production peu importe si nous consommons cette électricité ou non.
    3- Centrale au mazout de Bécancour. Lorsque le peuple s'est prononcé contre le projet de la centrale du Suroît, André Caillé s'est retourné de bord et l'a fait construire au privé dans une autre municipalité. Encore une fois, nous payons pour une production maximale alors que la centrale n'est même pas en marche.
    4- Réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2 alors que ça coûterait moins cher de simplement la fermer.
    5- Nouveaux projets dans le Grand Nord, au profit des minières, associés à des contrats en béton. (4.5¢ du kilowatt/h pendant 30 ans)

    Nous n'avons pas besoin, en tant que peuple, de cette électricité. Nous sommes en fait en surplus énergétique. Ce sont les minières, les alumineries et tous ces beaux projets déficitaires qui en ont besoin. Nous leur fournirons l'électricité à perte et en revanche ils ne paieront pas de taxes ou d'impôts. En fait, selon les chiffres de 2010, nous les payons pour s'enfuir avec une ressource non renouvelable.

    Certains dirons que nous aurons les emplois, alors que les Chinois parlent même d'apporter leur propre main d'œuvre à rabais! Qui plus est, le minerai est ici. Difficile d'aller ailleurs. Ceux qui nous menacent de partir ne font que bluffer.
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