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Libre opinion - Une énergie qui transporte

Jean-François Samray - Président-directeur général de l'Association québécoise de la production d'énergie renouvelable  16 février 2012  Actualités sur l'environnement
Il y a quelques jours, certains intervenants mettaient de l'avant dans les médias des arguments fallacieux pour appuyer leur opposition de principe à toute forme de développement énergétique. Drapés de bons sentiments, ils demandent à différentes régions du Québec de renoncer à des investissements de plus de 500 millions de dollars et à 1200 emplois, et ce, sans leur offrir de solution de rechange économique viable. Pourtant, rien ne justifie une telle demande.

Les Québécois ont choisi de développer et de mettre en valeur leurs énergies renouvelables, tant pour la consommation intérieure sans cesse croissante que pour profiter des occasions liées à l'exportation. Ces énergies renouvelables occupent aujourd'hui 50 % de toute l'énergie consommée au Québec et nous pouvons encore faire mieux.

Un récent sondage Léger Marketing commandé par le Regroupement national des conseils régionaux en environnement révèle que 80 % de nos concitoyens souhaitent que le Québec devienne un chef de file dans la lutte contre les changements climatiques. Pour y parvenir, ils désignent la production d'énergie renouvelable comme premier moyen de réduction des GES. Dans ce contexte, et afin de répondre aux cibles de réduction fixées par le gouvernement provincial, il faut planifier en conséquence notre développement énergétique et notre substitution aux énergies fossiles.

Chaque année, plus de 10 milliards s'envolent de notre économie pour payer nos importations de pétrole. Le grand potentiel du Québec en matière de production d'énergie renouvelable est un atout dont on ne saurait se passer et qu'il faut mettre à profit.

De la petite centrale hydroélectrique au parc éolien, en passant par les projets de biogaz et de biomasse, des milliers de Québécois travaillent aujourd'hui à valoriser et à développer les technologies propres. Ces travailleurs sont porteurs d'avenir, particulièrement puisque de nouvelles demandes en énergie prennent forme et sont appelées à croître. Avec l'arrivée de la voiture électrique et de l'électrification des transports publics, la transformation des modes de transport occupera au cours des prochaines années une place importante dans les habitudes de vie des Québécois. Cette transformation devra inévitablement être au coeur des planifications économiques et urbanistiques de nos villes et de nos gouvernements.

Penser à court terme ne nous permettra pas de réaliser une substitution progressive et efficiente des hydrocarbures. Lorsqu'il s'agit de la planification et de la construction d'ouvrages de production d'énergie renouvelable, les prospectives annuelles ne sont pas de mise. Les décisions doivent plutôt se baser sur une vision à long terme, voire à très long terme.

L'actuelle stratégie énergétique, dont l'échéance arrive à grands pas en 2015, doit dès maintenant être mise à jour. La pérennité de l'industrie éolienne doit être assurée, notamment en annonçant l'octroi des 700 MW orphelins. De nouvelles avenues doivent aussi être planifiées pour la mise en valeur des biogaz et de la biomasse, industries naissantes et secteurs d'avenir pouvant être consolidés par des investissements en R et D.

Au-delà des investissements économiques et de la création d'emploi en région, les Québécois peuvent être fiers de leur expertise en production d'énergie renouvelable. C'est une industrie qui génère plus de 5 % du PIB et qui fait travailler plus de 60 000 personnes partout au Québec.

Au terme de l'ère du pétrole et à l'aube de l'ère des énergies renouvelables et du réseau intelligent, le gouvernement doit continuer à avancer sur la route de la prospérité renouvelable. Pour exprimer pleinement son potentiel, le Québec ne doit pas se laisser distraire par des épouvantails.

***

Jean-François Samray - Président-directeur général de l'Association québécoise de la production d'énergie renouvelable
 
 
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  • Alain Saladzius - Abonné
    16 février 2012 07 h 35
    Plutôt une filière qui rapporte
    Les projets hydroélectriques actuels augmentent les surplus disponibles alors que le prix de l'électricité à l'exportation aux États-Unis n'augmentera pas d'ici 2035 selon l'institut américain responsable. Les projets hydroélectriques sont maintenant trop coûteux pour être rentables.
    Bien sûr il s'agit d'énergie renouvelable, mais elle n'est certainement pas verte ! Optons plutôt pour l'économie d'énergie, mettons en place ce vaste chantier qui mettra à contribution tous les acteurs de la société.
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    16 février 2012 08 h 19
    Le devveloppement durable c'est subtil
    En effet, mon cerveau n'a fait qu'un tour ce matin en lisant qu'il fallait maintenir la construction d'éolienne pour assurer la pérennité de l'industrie. C'est le même genre de logique qui amène à construire des barrages et à tenir Gentilly-II ouverte sans logique économique en évoquant la nécessité de maintenir l'expertise.

    La réalité est que nous avons de l'électricité en surplus, que les prix à l'exportation sont bas et vont le rester dans un avenir prévisible et qu'il y a plus d'impacts économique positif à consommer l'électricité ici, plutôt que de l'exporter. Bref, l'ensemble de notre politique énergétique est construite sur une logique fausse.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    16 février 2012 11 h 14
    Petites centrales
    1) Les petites centrales hydroélectriques ne sont pas rentables économiquement, elles défigurent le paysage et perturbent l'environnement (faune et flore) des vieilles régions rurales du Québec. 2) L'éolien est prometteur, mais à très long terme seulement, quand nous aurons épuisé les grandes gisements hydroélectriques et que le coût de l'électricité aura doublé en dollars constants; même chose pour le nucléaire. 3) Il y a beaucoup, beaucoup d'économies d'énergie encore à réaliser.
    (prof retraité de l'INRS-Énergie)
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  • Cypriote - Inscrit
    16 février 2012 11 h 25
    Durs d'oreille
    Décidément, les promoteurs éoliens sont durs d'oreille. On a beau leur démontrer par A B que les monstres à pales ne servent à rien, ils reviennent avec des arguments de plus en plus fallacieux.

    Ils osent encore affirmer, par exemple, que les éoliennes vont nous délivrer des importations de pétrole...

    Faut-il rappeler à ces promoteurs - tous des gens liés à l'industrie par leur porte-feuille - qu'au Québec, aucune usine ne génère de l'électricité à partir du pétrole (ni du gaz ou du charbon d'ailleurs)? Autrement dit, chez nous les éoliennes viennent concurrencer la production hydroélectrique et n'ont aucun impact sur la consommation des hydrocarbures.
    Pour cette même raison elles n'ont aucun moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

    Faut-il rappeler aux même promoteurs que si quelqu'un achète une voiture électrique, il compte pouvoir s'en servir en tout temps dès qu'il en a besoin et non pas seulement lorsqu'il vente assez mais pas trop? S'en remettre aux éoliennes pour recharger les batteries des voitures électriques nous conduirait à une catastrophe qu'il vaut mieux éviter dès maintenant.

    Faut-il rappeler finalement que les centrales éoliennes ne créent presque pas d'emplois et surtout pas des emplois de qualité? Quelques postes s'ouvrent en période de construction pour conduire des camions et couler du béton, mais aucun emploi hautement qualifié n'est créé. Une fois la centrale en service, elle ne nécessite que quelques emplois - un ou deux, pas toujours à temps plein - pour assurer la surveillance.

    Quand allons-nous ouvrir les yeux de nos dirigeants? Les éoliennes n'ont aucun avantage et n'engendrent aucun bienfait alors qu'elles traînent un très lourd passif d'inconvénients majeurs.
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  • Alain Vezina - Inscrit
    16 février 2012 14 h 31
    Partir de lère de l'Antropocène - partie 1
    J'admets volontiers que se doter d'une infrastructure d'énergies renouvelables est incontestablement nécessaire. De plus, nous devrions la penser collectivement, en proposant des forums locaux de consultation, le but étant de parvenir à un certain contrôle communautaire sur nos outils et par là même de se soucier d’organiser une résilience locale faites de compétences distribuées et de moyens techniques et budgétaires proportionnées en conséquence.

    Toutefois, je m'inquiète de la vision maximisatrice qui consisterait à vouloir produire autant d'énergie avec les renouvelables qu'avec les énergies fossiles. L'énergie est ce qui nous sert à transformer le monde. Elle nous a permis de le conformer à une certaine vision croissantiste et corrélativement inégalitaire des besoins humains, de laquelle est généré un environnement socio-technique qui la reflète et qui appelle à son maintien voire à son extension.

    Nommer l'Anthropocène est faire le constat que nous avons disposé librement (libéralement) d'une trop vaste quantité d'énergie à bas prix. Cela peut se concevoir théoriquement tout autant autour des renouvelables, même si en pratique cela s'avérera probablement beaucoup plus difficile.

    L'ère des énergies abondantes et à bas prix est une précondition à l'abus des écosystèmes, elle est un vecteur de la surexploitation des ressources affectant leur renouvelabilité. On pense immédiatement à l'accès abusif à tous les océans par la pêche industrielle, aux forêts par l'industrie qui y cherche son profit, aux sols par une agriculture tout aussi industrielle ou par les villes étendues. Tous facteurs de réduction de la biodiversité que le réchauffement climatique global accéléré vient amplifier. (Suite dans second commentaire)
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  • Alain Vezina - Inscrit
    16 février 2012 14 h 32
    Partir de l'Anthropocène - Partie 2
    Ainsi, l'objectif ne serait-il pas plutôt de se doter d'un environnement socio-technqiue énergétiquement frugal et par là significativement relocalisé, Cela pourrait nous préserver de se faire humainement présent - sinon pour les protéger - dans chaque écosystème afin d'assurer que ceux de ces écosystèmes dont nous sommes absents «ensemencent» sans cesse ceux où nous nous imposons raisonnablement.

    Ceci devrait préserver le pouvoir général de l'ensemble de nous fournir en gratuités. Ces gratuités sont le fait des services écosystémiques.

    On ne paie jamais le poisson que l'on mange, on ne paie que ceux qui de la mer à la table ont permis qu'il atteigne notre assiette. De même de l'eau potable et d'un air sain.

    Simultanément à l'investissement dans les renouvelables et même d'abord, pourquoi ne pas voir à ce que s'imagine par eux-mêmes des groupements humains, leur village, leur ville, soucieux d'économies d'énergies sans avoir peur de repenser les formes de leur empreinte sur leur territoire. Ne serait-ce pas là le principal défi contemporain, auquel l'on se doit de répondre par une vaste, consciencieuse et exigeante mobilisation ?

    Ne pourrait-on pas enfin voir là une excellente occasion d'en finir avec certaines illusions persistantes de croissance indéfinie dans un monde fini ? Aborder un processus d'objectivation du réel pensé et de ses possibles par l'objectivation participative d'un nouveau réel concret à partir d'une échelle accessible, c'est-à-dire locale. Fin.
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  • Pascal Barrette - Abonné
    16 février 2012 14 h 38
    Potentiel éolien du Québec
    J'ai assisté hier à Gatineau à la conférence de Louis-Gilles Francoeur sur «L'eau et la biodiversité». Concernant l'énergie éolienne, il a cité une étude de la NASA qui démontre que le Québec a le potentiel d'alimenter toute l'Amérique du Nord en énergie par la seule filière éolienne en utilisant l'hydro-électrique comme régulatrice de l'inconstance éolienne. Le problème est qu'en raison de la mentalité «silo» et de la disparité des politiques, chaque filière pratique le quant-à-soi. Exemple: Hydro-Québec ne considère pas comme «énergie éolienne» la portion de ses bassins qu'elle peut retenir quand elle utilise de manière sporadique l'énergie éolienne. Autrement dit, l'énergie qu'elle peut conserver grâce à l'énergie éolienne est considérée comme énergie hydro-électrique. Absurde!

    La solution devant ces visions et pratiques improductives, estime Francoeur: harmoniser les politiques sur la gestion de l'eau en y intégrant les politiques sur l'énergie, le transport, la gestion des forêts et des territoires, arrimer entre elles ces politiques pour qu'elles aillent toutes dans le même sens, celui de la productivité et de la conservation des espèces. Les applaudissements auxquels je me suis joint ont fortement appuyé les propos du journaliste Francoeur, on ne peut mieux documenté.

    Pascal Barrette
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    16 février 2012 16 h 18
    Entre mythe et réalité
    @Pascal Barrette Le réseau d'Hydro-Québec ne peut qu'intégrer que 20% de production éolienne sans que l'on ait à investir dans le renforcement du réseau électrique. Au delà, il faut sortir sont chéquier. D'autre part, le gros du potentiel éolien est dans le grand nord, ce qui pose d'immenses défis technique. Finalement, l'électricité ce n'est pas comme le pétrole, c'est vendu sur un marché régional. Il faudrait des super-interconnections qui sont inexistantes pour exporter cette électricité.
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  • Cypriote - Inscrit
    16 février 2012 16 h 42
    Entre mythe et réalité (suite)
    @ Pascal Barrette et Louis-Gilles Francoeur. La vision continentale c'est bien joli et cela fait de beaux discours et de beaux articles de journaux.

    Toutefois, la réalité est têtue. Les États-Unis ont eux-mêmes beaucoup investi dans l'éolien et ils sont tout à fait capables de turbiner du vent autant que nous. Ils n'ont donc pas besoin de notre vent : ils ont le leur et cela leur suffit.

    Mais en outre, ils redécouvrent qu'ils ont eux aussi un potentiel hydroélectrique gigantesque et inexploité. Là encore, ils n'ont pas besoin de nous.

    Et, en dépit de ces potentiels, ils renoncent à les exploiter à fond, pour le moment, car ils nagent dans le pétrole et surtout le gaz naturel à bon marché, à tellement bon marché qu'ils découragent les investissements dans les autres sources d'énergie.

    Il serait temps que les prophètes des monstres à pales s'ouvrent les yeux et regardent la réalité en face plutôt que d'imposer aux contribuables déjà surexploités leur rêves de grandeur impossible.
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  • Cypriote - Inscrit
    16 février 2012 16 h 49
    Entre mythe et réalité (ter)
    @ Yvan Dutil. Je suis d'accord avec vous sauf qu'Hydro-Québec paie déjà pour le renforcement de son réseau.
    Je ne connais pas les chiffres pour tous les appels d'offres éoliens, mais je sais que pour le deuxième la Régie de l'énergie a autorisé Hydro-Québec à investir 1 milliard et demi de dollars pour relier les centrales au réseau et pour protéger ce réseau contre les sautes d'humeur imprévisibles des éoliennes.
    C'est déjà préoccupant en soi. Ce qui l'est encore plus à mon avis c'est que la Régie est assujettie à la loi sur le développement durable, mais qu'elle ne l'applique pas. Cette loi énumère 16 principes à appliquer, dont l'internalisation des coûts par les promoteurs.
    Or, la Régie a autorisé Hydro-Québec à décharger les promoteurs de leur responsabilité concernant l'acheminement de leur production et la protection du réseau.
    Et on ose encore nous dire que les éoliennes servent le bien public...
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