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Syrie - La Ligue arabe appuiera l'opposition

L'ONU sera sollicitée pour former une force de maintien de la paix

Les ministres des Affaires étrangères de Bahreïn et des Émirats arabes unis en discussion hier au Caire lors de la réunion de la Ligue arabe.<br />
Photo : Agence France-Presse Marco Longari
Les ministres des Affaires étrangères de Bahreïn et des Émirats arabes unis en discussion hier au Caire lors de la réunion de la Ligue arabe.
Le Caire — La Ligue arabe va fournir un soutien politique et matériel à l'opposition syrienne et demander au Conseil de sécurité la formation d'une force conjointe ONU-Arabes pour mettre fin aux violences en Syrie, les militants dénonçant une grave crise humanitaire à Homs.

L'organisation panarabe va «ouvrir des canaux de communication avec l'opposition syrienne et lui fournir toutes les formes de soutien politique et matériel», d'après le communiqué final d'une réunion des ministres arabes des Affaires étrangères hier au Caire.

Dans le même temps, elle «met fin à la mission» de ses observateurs en Syrie, dont le chef controversé, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, avait annoncé quelques heures auparavant sa démission.

En revanche, la Ligue va «demander au Conseil de sécurité d'adopter une résolution pour la formation d'une force de maintien de la paix arabo-onusienne conjointe pour superviser l'application du cessez-le-feu», selon ce texte.

L'organisation panarabe appelle en outre ses membres à rompre leurs relations diplomatiques avec la Syrie.

Le Liban a exprimé des réserves sur l'ensemble du communiqué, l'Algérie sur deux articles, dont celui appelant à former une force arabo-onusienne.

Damas a, sans surprise, refusé «catégoriquement» ces décisions, après avoir, avant même le début des réunions, accusé les pays arabes d'être à la solde de l'Occident: «Il n'y aura probablement pas de surprise car les ordres ont déjà été transmis», a écrit le quotidien gouvernemental As-Saoura.

Le chef du Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition, a déclaré sur Al-Jazira voir dans ces décisions «les premiers pas» vers la chute du régime.

Burhan Ghalioun a qualifié ces décisions de «plus dures que les précédentes», estimant qu'elles allaient faire «regretter au régime syrien d'avoir rejeté les précédentes».

Sur le terrain, au moins 39 civils ont été tués hier, notamment à Homs, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Par ailleurs, huit soldats ont été tués dans des affrontements avec des déserteurs à Hama.

Soumise à un pilonnage incessant depuis une dizaine de jours, Homs, la «capitale de la révolution», où plus de 500 personnes ont été tuées depuis le 4 février selon les militants, connaît désormais une crise alimentaire.

Les Comités locaux de coordination, qui chapeautent la contestation, ont indiqué que «toutes les boulangeries de la ville ont fermé leurs portes», à l'exception d'une seule, celle d'Al Malaab.

Une vidéo diffusée sur Internet par des militants montre une foule rassemblée devant cette boutique.

«À Homs, les volontaires du Croissant Rouge syrien distribuent de la nourriture, des couvertures et de l'aide médicale à des milliers de gens touchés par la recrudescence des violences», affirme par ailleurs un communiqué commun du CRS et du Comité international de la Croix-Rouge.

Après les veto russe et chinois à une résolution de l'ONU, Tunis s'est proposé d'organiser le 24 février «une conférence des amis de la Syrie», une proposition de Paris et Washington.

Arabes et Occidentaux doivent par ailleurs lancer cette semaine une nouvelle tentative pour faire condamner Damas, cette fois à l'Assemblée générale de l'ONU — un organe consultatif où le veto n'existe pas —, selon des diplomates.

Moscou et Pékin devraient une fois encore s'opposer à ce projet, préparé par l'Arabie saoudite et le Qatar, très similaire au texte bloqué par leur double veto au Conseil de sécurité le 4 février. L'adoption d'une telle résolution aurait une portée essentiellement symbolique.

Sur le plan politique, la commission syrienne en charge de la nouvelle Constitution a présenté au président Bachar al-Assad un projet qui doit être soumis à référendum début mars, a indiqué l'agence officielle Sana.

En Jordanie, les Frères musulmans ont appelé au jihad (guerre sainte) contre le régime Assad, estimant qu'il s'agissait d'un «devoir islamique», quelques heures après que le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a demandé dans une vidéo aux musulmans de Turquie, de Jordanie et du Liban de soutenir la rébellion.
 
 
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  • Suzanne Chabot - Inscrite
    13 février 2012 04 h 11
    Bizarre

    Bizarre!

    Pourquoi demander l'envoi des casques bleus de l'ONU tandis que la paix n'a pas été conclue entre les parties? Il n'y a jamais eu de "cessez-le-feu" non plus.

    Je ne comprends pas la logique.
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  • racso - Inscrit
    13 février 2012 04 h 11
    De quelle opposition s'agit-il?
    En Syrie, comme tout le monde devrait savoir maintenant, il y a une opposition armée qui sème la terreur au sein de la population civile et qui s'attaque aux forces de l'ordre et il y a une opposition non armée qui réclame des réformes, qui s'oppose aux interventions étrangères et qui croit qu'il appartient aux Syriens de résoudre eux-mêmes leurs problèmes internes. Alors à quelle de ces deux oppositions la Ligue arabe donne-t-elle son appui? Ce serait comme dire que l'Organisation des États-Américains (OEA) appuie l'opposition en Colombie. Aussitôt il faudrait demander s'il s'agit de l'opposition armée que sont les FARC ou l'opposition politique, non armée. Je pense que le Président Santos ne s'accommoderait ni de l'une et ni de l'autre. Il rappellerait que ce sont des responsabilités qui incombent aux colombiens eux-mêmes.
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    13 février 2012 07 h 09
    D'accord avec Monsieur Rasco
    Les Occidentaux néo-colonialistes profitent des oppositions légitimes dans ces pays pour déstabiliser leurs gouvernements et s'emparer du pouvoir afin de s'accaparer des ressources convoitées dans cette région du monde.

    C'est expliqué clairement dans des milliers de médias alternatifs, mais on n'en parle jamais clairement dans les grands médias. Pourquoi ?

    Serge Grenier
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  • Bernard Terreault - Abonné
    13 février 2012 08 h 02
    Quoi comprendre ?
    Les Frères Musulmans et même Al-Quaïda s'allient aux Occidentaux pour combattre le régime Al-Assad !!! Vous comprenez, vous, les terroristes du World Trade Center avec les Américains et leurs alliés ?? Et dans lea années '90 ces même Américains aidaient les Talibans contre les Soviets ?
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  • Pierre Girard - Abonné
    13 février 2012 08 h 17
    On peut se poser des questions. Bizarre en effet.
    La base du conflit est notre impérialisme. Cela devient comme jouer ;a Diable et à Bon Dieu.

    Malsain tout ça!

    Ici, j'ai monté une vidéo sur Asma Al-Assad, épouse de Bachar à cause d'une évidente désinformation par RDI et France 2. En fait c'est comme ça qu'ils font du tort à des personnes.

    http://youtu.be/zv2ekGbieOo

    On ne devrait jamais se mêler des affaires des autres. Charité bien ordonné commence par soi-même. Faut savoir à marcher avant de dire aux autres et de les forcer à marcher comme nous, alors que nous marchons tout croche.

    PG
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  • Democrite101 - Inscrit
    13 février 2012 10 h 14
    Les Syriens ont un avenir noir, noir, noir.


    A-t-on oublié que le parti Baas, tant en Syrie qu’en Irak, était à l’origine un parti laïc, à volonté fortement démocratique et progressiste ?

    Il a viré totalitaire, tout comme l’URSS avec son communisme peint en rose au 19e siècle où il fut créé. Et pour la même raison : la militarisation contre un ennemi extérieur.

    Pour la jeune URSS en 1920, ce fut la lutte contre l’intervention étrangère en plein guerre civile. Pour monde arabe, dont les leaders modernistes voulaient imiter Kemal Ataturk, la lutte contre Israël a détourné presque toutes les ressources, durci tous les comportements politiques intérieurs. En clair, l’ennemi extérieur a pourri la société intérieure. La guerre extérieure est toujours une pourriture intérieure.

    En ce moment donc, la Syrie qui perdra son gouvernement Baas de Bachar El-Assad à l’idéal perverti, perdra aussi toute possibilité de bonheur démocratique. Pourquoi ?

    Parce que, tout comme dans les autres pays du printemps arabe dernier, les islamistes et pro-islamistes en Syrie vont prendre en douce, comme Mussolini, la direction de ces pays et ne le lâcheront jamais. Dieu est éternel chers amis, et au pouvoir il s’en souvient…

    En Syrie, les forces armées rebelles sont financées par l’Arabie saoudite et autres États théocrates du Golfe, sans compter Al-Qaïda. Les modernistes progressistes et authentiquement démocrates sont des poussières, sans organisation, sans tradition. Ils sont perdus.

    Le scénario, absolument similaire, attend l’Irak et l’Afghanistan après le départ des Occidentaux. Au 21e siècle, ils vivront ce que nous vécûmes au 19e.

    Nous avons cru qu’une démocratie imposée par les armes (Allemagne, Italie (1945), ex-Yougoslavie 1990), était la logique même, répétable. Mais la Russie nous a prouvé en 1992 que c’est le peuple et ses chefs naturels valeureux qui en décident.

    En conclusion, une vraie démocratie vient de ses chefs éclairés et d’
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    13 février 2012 11 h 36
    En Syrie, la paix est prise en otage par les impérialismes.
    Le peuple syrien assommé sous cet enfer de bombardements, de tortures et de massacres ne voit plus où se trouve le chemin de la paix. Ce chemin est occupé par les impérialismes occidentaux, russes et chinois qui le réclament comme si chacun d'eux le contrôlait, alors qu'ils l'ont occupés pour le détourner vers leurs intérêts propres et font accroire qu'eux seuls peuvent ramener la paix. Un peuple déchiré par une guerre civile, fomenté par des intérêts étrangers.
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  • henri gabrysz - Inscrit
    13 février 2012 15 h 08
    indifférence
    je parle peut-être en manquant de beaucoup d,informations, cependant je ne peux que constater une sorte de lenteur et d,indifférence.... mais on assiste à un bain de sang... ah j,oubliais, ce ne sont pas des Israeliens... en effet la meute avec plein d e renforts condamne à tous azimuts... mais ASSAD est un de leurs amis on dirait
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  • Arthur Cravan - Inscrit
    13 février 2012 16 h 25
    1617 absents dans la nécrologie humanitaire
    Il est surprenant de voir que chaque dépêche sur la situation en Syrie s'accompagne habituellement, systématiquement, des dernières statistiques à propos du nombre de morts "civiles", victimes de la "répression des manifestations". Cette fois-ci l'article mentionne sans surprise le terme de "cessez-le-feu", qui s'applique lorsqu'il y a une guerre, fût-elle civile ou non.

    Or, il est intéressant de remarquer que les chiffres du régime concernant les pertes "militaires" ou "policières" s'accordent assez bien avec les statistiques de l'obscur Observatoire syrien des droits de l'homme, basé à Londres. En date du 24 janvier 2012, par exemple, l'Observatoire compilait au moins 1617 morts dans l'appareil policier-militaire syrien, en dehors des 4382 morts "civiles". Autrement dit, un peu plus du tiers des morts faits en Syrie sont du côté du régime.

    Dire que "la répression des manifestations en Syrie a fait plus de 5000 morts", comme Le Devoir l'a écrit le 10 février dernier, cela n'a donc aucun sens.
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