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Libération des soldats de la MINUAD au Darfour

Khartoum — Une faction rebelle soudanaise a annoncé hier avoir relâché 49 soldats de la MINUAD, la force de maintien de la paix mise en place par l'ONU et l'Union africaine au Darfour, qu'elle avait capturés.

Le Mouvement justice et égalité (JEM), l'un des principaux groupes de la rébellion au Darfour, avait auparavant annoncé détenir 52 soldats de la Minuad. «Nous détenons ces soldats de la MINUAD parce qu'ils sont entrés sans autorisation sur notre territoire et parce qu'ils étaient accompagnés de trois Soudanais que nous soupçonnons de travailler pour les services de sécurité [de Khartoum]», avait expliqué un porte-parole du JEM.

Les soldats capturés sont en majorité originaires du Sénégal, quelques-uns venant du Ghana et du Yémen, a précisé le porte-parole. «S'il est vrai que la MINUAD collabore avec des agents de Khartoum, nous demanderons à l'ONU de renvoyer le chef de la MINUAD», a-t-il dit.

Une porte-parole de la MINUAD interrogé avant la libération des soldats n'avait pas souhaité commenter cette information. «Nous essayons de résoudre une situation à laquelle nous sommes confrontés sur le terrain depuis hier», a dit Susan Manuel.

Le JEM est le plus structuré des mouvements rebelles qui ont pris les armes contre le gouvernement de Khartoum en 2003, en dénonçant la marginalisation et économique et politique du Darfour.

Plusieurs années de conflit entre les rebelles et l'armée gouvernementale et les miliciens janjawids armés par Khartoum ont fait des centaines de milliers de morts, selon l'ONU, et des millions de déplacés.

Contrairement aux autres mouvements rebelles, purement darfouriens, le JEM, mouvement d'obédience islamiste, dispose d'importantes ramifications au Tchad voisin.

Selon le Sudanese Media Centre, lié au régime de Khartoum, il serait soutenu par Hassan al Tourabi, l'ancienne éminence grise islamiste et désormais adversaire déclaré du président Omar el Béchir, inculpé pour crimes de guerre et génocide au Darfour par le Tribunal pénal international.

Hassan al Tourabi n'a jamais nié avoir prodigué des conseils aux rebelles du Darfour, mais il affirme ne pas les soutenir, ni les armer.

Le JEM a refusé de signer en juillet un accord de paix négocié par le Qatar entre le gouvernement soudanais et les autres groupes rebelles.
 
 
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