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Libre opinion - La nécessaire bibliothèque Gaston-Miron à Paris

Collectif d'auteurs  17 mars 2011  Europe
À la lecture de l'article récent du correspondant du Devoir à Paris, Christian Rioux, «Qu'adviendra-t-il de la bibliothèque Gaston-Miron?» (Le Devoir, 3 mars 2011), il est difficile de ne pas éprouver un sentiment de déjà-vu. Le sort de cette bibliothèque abritée par la Délégation générale du Québec à Paris, la seule bibliothèque hors du Québec entièrement consacrée à la littérature et à la culture québécoises, est-il donc voué à être remis perpétuellement en question? La menace d'une fermeture ou d'une dissolution est-elle destinée à toujours peser sur elle, comme elle l'a fait périodiquement depuis le début des années 1990?

Quelle incohérence, quand on sait que cette bibliothèque, à laquelle songeait déjà Gaston Miron lui-même dès son premier séjour à Paris en 1960, concrétise par sa fonction un des grands accomplissements de la littérature québécoise depuis la Révolution tranquille: son rayonnement persistant à l'étranger, sa présence notamment dans de très nombreuses universités européennes où on l'enseigne, dans les colloques et les salons du livre, les traductions qu'on fait de ses auteurs dans plusieurs pays.

Depuis des années, l'Association internationale des études québécoises (AIEQ) organise des tournées d'écrivains et de professeurs québécois qui permettent à ceux-ci de mesurer combien, de l'Atlantique à la Russie, de la Méditerranée à la Scandinavie, il y a un peu partout en Europe des chercheurs passionnés du Québec et de sa culture qui forment des chercheurs plus jeunes et qui comptent tous sur les ressources de la bibliothèque Gaston-Miron, souvent faute de pouvoir faire le voyage au Québec.

Faut-il rappeler par ailleurs aux décideurs qu'à son imposante collection de 17 000 volumes s'ajoute une documentation de référence essentielle pour les journalistes français, belges, suisses et d'autres pays européens qui se rendent au Québec en vue de préparer articles, émissions ou reportages portant sur le développement touristique, économique ou en matière de la politique provinciale, fédérale et intergouvernementale?

Comprenons bien qu'il ne s'agit pas ici du maintien d'une institution culturelle exigeant des millions de dollars, mais de la simple assurance d'un poste permanent de bibliothécaire permettant la gestion compétente de sa collection. Dans un contexte politique où le gouvernement du Canada a décidé que le rayonnement culturel du pays à l'étranger est un luxe dont le pays peut passer, on conçoit à peine que le gouvernement du Québec, qui semble déterminé à jouer un rôle de suppléant, puisse demeurer indifférent quant à l'avenir d'une institution culturelle aussi indispensable que peu coûteuse. Il importe que le ministère des Relations internationales et celui des Communications et de la Culture examinent, de concert avec le milieu des chercheurs, des solutions permanentes à cette précarité, sans cependant abdiquer les liens de l'État du Québec à ces importantes collections documentaires.

En cas d'inertie et d'indifférence, l'incohérence serait encore accrue quand on sait qu'après plusieurs années d'existence difficile, cette bibliothèque a été rebaptisée en grande pompe, en 2003, du nom de Gaston Miron, pour qui la présence au monde du Québec et de sa littérature a été un objectif permanent auquel il a consacré d'immenses énergies. Bref, il est question ici à la fois d'une continuité nécessaire et de la fidélité à une vision ouverte et généreuse de ce que doit être le Québec dans le concert des nations.

***

Pierre Nepveu (écrivain et professeur à l'Université de Montréal), Yannick Gasquy-Resch (présidente de l'Association internationale d'études québécoises), Peter Klaus (professeur à la Freie Universität de Berlin) et Jozef Kwaterko (professeur et directeur du Centre d'études en civilisation canadienne-française et en littérature québécoise de l'Université de Varsovie)
 
 
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  • Claude Archambault - Inscrit
    17 mars 2011 09 h 25
    on pourais conserver
    Mais pourquoi ne pas instaurer, si ce n'est pas déjà en place, des frais d'utilisation. Après tout il semble que ceux qui utilisent la bibliothèque le fassent pour des raisons d'affaire. Et si il y a des frais, alors haussons les! La bibliothèque pourrait s'autofinancer.
    Car il est faux de dire que la seule dépenses est celle du salaire de la bibliothécaire, il y a le local, l'électricité, l'achat et la maintenance des livres et documents. Le matériel informatique, les pertes de livre.
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