Sarkozy enfin candidat
Le président officialise sa candidature et reprend les thèmes de 2007
Photo : Agence France-Presse Lionel Bonaventure
Nicolas Sarkozy hier peu avant l’annonce officielle de sa candidature.
Paris — Le secret était éventé depuis des semaines, mais c'est maintenant officiel. Depuis hier, le président Nicolas Sarkozy est formellement candidat à sa propre succession. Précipitant son entrée en campagne (prévue à l'origine à la mi-mars), à 66 jours de l'élection, Nicolas Sarkozy a annoncé en direct hier sur la chaîne de télévision TF1 qu'il souhaitait briguer un second mandat.
«Je veux redonner la parole aux Français», a dit le candidat qui se présente comme le capitaine d'un bateau à la dérive. Ne pas être candidat serait «comme un abandon de poste» en ces temps de crise, dit-il. À l'exception des référendums par lesquels il veut consulter les Français sur les droits des chômeurs et l'immigration, les thèmes de cette campagne sonnent largement comme ceux de la campagne qu'il avait menée tambour battant en 2007.
«Il y a une nouvelle période qui s'ouvre, dit Nicolas Sarkozy. La France ne peut pas rester à l'écart de la course du monde. Si nous voulons conserver notre modèle social, nous devons continuer à faire des réformes.» La France forte, tel sera le slogan de campagne du candidat. Comme en 2007, Nicolas Sarkozy veut mettre le travail au coeur de son discours. Il compte notamment organiser un référendum sur les droits des chômeurs. D'abord présenté comme une mesure destinée à forcer ces derniers à accepter un emploi, hier, ce référendum semblait devoir plutôt devoir servir à adopter des mesures afin d'offrir une formation à chacun des cinq millions de chômeurs français.
«La base de tout, c'est que depuis 30 ou 40 ans, on a dévalorisé le travail, dit-il. Et mon but c'est de le revaloriser. L'assistanat n'a pas sa place. Le travail, c'est la valeur centrale.» Le président admet n'avoir pas tout réussi durant ces cinq ans: «Si vous voulez me faire dire qu'on n'a pas tout réussi. Ça, c'est sûr!» Le prochain quinquennat ne sera «pas conforme au premier», a-t-il promis.
Cette déclaration vient en réalité clore la première partie d'une campagne électorale déjà commencée depuis plus d'un mois d'abord marquée par une grande émission de télévision sur la crise, puis par une entrevue en direct avec la chancelière allemande, Angela Merkel. Ces événements médiatiques n'ayant pas réduit le net retard qu'il accuse dans les sondages, Nicolas Sarkozy a dû devancer son entrée dans la course.
Toujours en tête des sondages, le socialiste François Hollande semblait hier imperturbable. Dans sa ville natale, à Rouen, Hollande a cité François Mitterrand qui avait dit de son adversaire Valéry Giscard-d'Estaing: «Plutôt que de présenter sa candidature, il aurait mieux fait de présenter ses excuses.» Devant 7500 personnes, il a dressé un réquisitoire contre le quinquennat de Nicolas Sarkozy qu'il qualifie de «fiasco». Dénonçant les référendums proposés par son adversaire, il a déclaré que «parler au peuple, c'est s'adresser au meilleur de chacun d'entre nous [...] pas à sa part d'ombre. [...] Ce n'est pas flatter les instincts de la facilité, ce n'est pas désigner les chômeurs comme des responsables, la jeunesse comme un fardeau ou les étrangers comme une menace».
Depuis deux mois, l'avance du candidat socialiste ne se dément pas. Avec 28 % d'intentions de vote, le plus récent sondage réalisé par Harris Interactive le mettait au premier tour plusieurs points devant Nicolas Sarkozy (24 %) et Marine Le Pen (20 %). Au second tour, François Hollande est toujours crédité de 57 % des voix. La plupart des experts s'attendent à un certain resserrement des intentions de vote, même si les déclarations de candidatures des présidents sortants n'ont jamais eu d'effet immédiat sur les sondages.
Les trois semaines qui commencent seront cruciales pour le candidat Sarkozy dont l'impopularité bat des records. Dès ce soir, il sera à Annecy et dimanche à Marseille. Un grand rassemblement est aussi prévu dans la banlieue parisienne. Hier matin, un compte Twitter a été ouvert au nom de Nicolas Sarkozy. «Merci à tous ceux qui voudront me suivre», pouvait-on y lire.
Un livre signé par le candidat est aussi en préparation. Selon Le Monde, une première version jugée trop personnelle était en voie de révision par une ancienne conseillère de la campagne de 2007, Emmanuelle Mignon. À L'Élysée, l'équipe de campagne rassemble plusieurs noms qui étaient déjà là en 2007.
«Ce n'est pas parce qu'elle commence dans l'improvisation du côté de Nicolas Sarkozy, que les sondages disent que "c'est plié", que la bataille électorale ne sera pas rude», écrivait hier le directeur de la rédaction de Libération, Nicolas Demorand. Selon lui, elle «demeurera, jusqu'au bout, incertaine».
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Correspondant du Devoir à Paris
«Je veux redonner la parole aux Français», a dit le candidat qui se présente comme le capitaine d'un bateau à la dérive. Ne pas être candidat serait «comme un abandon de poste» en ces temps de crise, dit-il. À l'exception des référendums par lesquels il veut consulter les Français sur les droits des chômeurs et l'immigration, les thèmes de cette campagne sonnent largement comme ceux de la campagne qu'il avait menée tambour battant en 2007.
«Il y a une nouvelle période qui s'ouvre, dit Nicolas Sarkozy. La France ne peut pas rester à l'écart de la course du monde. Si nous voulons conserver notre modèle social, nous devons continuer à faire des réformes.» La France forte, tel sera le slogan de campagne du candidat. Comme en 2007, Nicolas Sarkozy veut mettre le travail au coeur de son discours. Il compte notamment organiser un référendum sur les droits des chômeurs. D'abord présenté comme une mesure destinée à forcer ces derniers à accepter un emploi, hier, ce référendum semblait devoir plutôt devoir servir à adopter des mesures afin d'offrir une formation à chacun des cinq millions de chômeurs français.
«La base de tout, c'est que depuis 30 ou 40 ans, on a dévalorisé le travail, dit-il. Et mon but c'est de le revaloriser. L'assistanat n'a pas sa place. Le travail, c'est la valeur centrale.» Le président admet n'avoir pas tout réussi durant ces cinq ans: «Si vous voulez me faire dire qu'on n'a pas tout réussi. Ça, c'est sûr!» Le prochain quinquennat ne sera «pas conforme au premier», a-t-il promis.
Cette déclaration vient en réalité clore la première partie d'une campagne électorale déjà commencée depuis plus d'un mois d'abord marquée par une grande émission de télévision sur la crise, puis par une entrevue en direct avec la chancelière allemande, Angela Merkel. Ces événements médiatiques n'ayant pas réduit le net retard qu'il accuse dans les sondages, Nicolas Sarkozy a dû devancer son entrée dans la course.
Toujours en tête des sondages, le socialiste François Hollande semblait hier imperturbable. Dans sa ville natale, à Rouen, Hollande a cité François Mitterrand qui avait dit de son adversaire Valéry Giscard-d'Estaing: «Plutôt que de présenter sa candidature, il aurait mieux fait de présenter ses excuses.» Devant 7500 personnes, il a dressé un réquisitoire contre le quinquennat de Nicolas Sarkozy qu'il qualifie de «fiasco». Dénonçant les référendums proposés par son adversaire, il a déclaré que «parler au peuple, c'est s'adresser au meilleur de chacun d'entre nous [...] pas à sa part d'ombre. [...] Ce n'est pas flatter les instincts de la facilité, ce n'est pas désigner les chômeurs comme des responsables, la jeunesse comme un fardeau ou les étrangers comme une menace».
Depuis deux mois, l'avance du candidat socialiste ne se dément pas. Avec 28 % d'intentions de vote, le plus récent sondage réalisé par Harris Interactive le mettait au premier tour plusieurs points devant Nicolas Sarkozy (24 %) et Marine Le Pen (20 %). Au second tour, François Hollande est toujours crédité de 57 % des voix. La plupart des experts s'attendent à un certain resserrement des intentions de vote, même si les déclarations de candidatures des présidents sortants n'ont jamais eu d'effet immédiat sur les sondages.
Les trois semaines qui commencent seront cruciales pour le candidat Sarkozy dont l'impopularité bat des records. Dès ce soir, il sera à Annecy et dimanche à Marseille. Un grand rassemblement est aussi prévu dans la banlieue parisienne. Hier matin, un compte Twitter a été ouvert au nom de Nicolas Sarkozy. «Merci à tous ceux qui voudront me suivre», pouvait-on y lire.
Un livre signé par le candidat est aussi en préparation. Selon Le Monde, une première version jugée trop personnelle était en voie de révision par une ancienne conseillère de la campagne de 2007, Emmanuelle Mignon. À L'Élysée, l'équipe de campagne rassemble plusieurs noms qui étaient déjà là en 2007.
«Ce n'est pas parce qu'elle commence dans l'improvisation du côté de Nicolas Sarkozy, que les sondages disent que "c'est plié", que la bataille électorale ne sera pas rude», écrivait hier le directeur de la rédaction de Libération, Nicolas Demorand. Selon lui, elle «demeurera, jusqu'au bout, incertaine».
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Correspondant du Devoir à Paris
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