Un nouveau casse-tête pour Merkel
Berlin — Le président de la République allemande Christian Wulff, accusé de corruption et menacé de perdre son immunité, a démissionné hier, créant un nouveau casse-tête pour la chancelière Angela Merkel qui l'avait fait élire.
M. Wulff, 52 ans, a annoncé sa démission peu après 11h depuis le château Bellevue à Berlin.
Le parquet de Hanovre s'était saisi de l'affaire en réclamant jeudi soir au Bundestag (chambre basse du Parlement) la levée de l'immunité (une première dans l'histoire de la République fédérale) après des soupçons de prévarications.
Ce conservateur que la chancelière Merkel avait difficilement fait élire il y a 20 mois pour un mandat de cinq ans, à un poste essentiellement honorifique, mais qui représente une autorité morale, a admis que la «confiance» de ses citoyens était «affectée».
«Pour cette raison, il ne m'est plus possible d'exercer mes fonctions. C'est pour cela que je démissionne», a déclaré solennellement M. Wulff, reconnaissant «des erreurs» tout en assurant n'avoir rien fait d'illégal.
Comme le prévoit la Loi fondamentale (Constitution), l'intérim sera assuré par le président du Bundesrat (chambre haute du Parlement, qui représente les États), Horst Seehofer.
Angela Merkel, chef de la première économie européenne vers laquelle tous se tournent en cette période de crise, a dû annuler in extremis une rencontre en Italie hier avec le premier ministre, Mario Monti, pour des consultations sur l'euro.
Elle a annoncé la tenue de discussions avec les partis d'opposition, les sociaux-démocrates (SPD) et les verts, «pour proposer un candidat commun pour l'élection du prochain président de la République».
La secrétaire générale du SPD, Andrea Nahles, et le chef des députés verts, Renate Künast, dont les partis réclamaient la levée de l'immunité, ont immédiatement «salué» l'offre de la chancelière.
Des consultations devaient débuter dans la soirée entre les partenaires de la coalition de la chancelière, ses Unions chrétiennes (CDU/CSU) et leurs alliés libéraux (FDP). Les députés du Bundestag et les représentants de la société civile choisis par les länder formeront une assemblée ad hoc qui a 30 jours pour élire un nouveau président.
M. Wulff était depuis la mi-décembre sous la pression des médias et de l'opposition, accusé d'avoir profité de sa position à la tête de la Basse-Saxe (2003-2010) pour obtenir de multiples avantages financiers, puis d'avoir tenté d'étouffer ces affaires. Début janvier, il avait refusé de démissionner.
Le plus jeune président allemand faisait figure de conservateur moderne, mais un peu terne, jusqu'à ce qu'une série de scandales le propulse sur le devant de la scène médiatique.
La presse lui reprochait d'avoir occulté un prêt, profité de vacances gratuites à l'étranger chez de riches entrepreneurs et d'avoir fait pression sur des journalistes, notamment sur le puissant journal Bild, afin d'empêcher la sortie de nouvelles révélations.
Crédit nul
Au sein de l'opinion, il avait perdu tout crédit, 77 % des Allemands estimant son image durablement abîmée et 48 % voulant sa démission.
Élégant, souriant, M. Wulff avait été péniblement élu le 30 juin 2010 président, au troisième et dernier tour de scrutin, où la majorité simple suffisait. Une humiliation pour Mme Merkel qui le présentait, car la coalition gouvernementale disposait théoriquement de la majorité à l'assemblée.
La chancelière avait déjà eu du mal à trouver un candidat à installer au château Bellevue après la démission-surprise de Horst Köhler, victime de déclarations sur le rôle de l'Allemagne en Afghanistan qui avaient fait scandale.
Avec la levée de son immunité, confirmée par le ministère de la Justice, M. Wulff qui encourt désormais des poursuites, risque au moins trois ans de prison.
M. Wulff, 52 ans, a annoncé sa démission peu après 11h depuis le château Bellevue à Berlin.
Le parquet de Hanovre s'était saisi de l'affaire en réclamant jeudi soir au Bundestag (chambre basse du Parlement) la levée de l'immunité (une première dans l'histoire de la République fédérale) après des soupçons de prévarications.
Ce conservateur que la chancelière Merkel avait difficilement fait élire il y a 20 mois pour un mandat de cinq ans, à un poste essentiellement honorifique, mais qui représente une autorité morale, a admis que la «confiance» de ses citoyens était «affectée».
«Pour cette raison, il ne m'est plus possible d'exercer mes fonctions. C'est pour cela que je démissionne», a déclaré solennellement M. Wulff, reconnaissant «des erreurs» tout en assurant n'avoir rien fait d'illégal.
Comme le prévoit la Loi fondamentale (Constitution), l'intérim sera assuré par le président du Bundesrat (chambre haute du Parlement, qui représente les États), Horst Seehofer.
Angela Merkel, chef de la première économie européenne vers laquelle tous se tournent en cette période de crise, a dû annuler in extremis une rencontre en Italie hier avec le premier ministre, Mario Monti, pour des consultations sur l'euro.
Elle a annoncé la tenue de discussions avec les partis d'opposition, les sociaux-démocrates (SPD) et les verts, «pour proposer un candidat commun pour l'élection du prochain président de la République».
La secrétaire générale du SPD, Andrea Nahles, et le chef des députés verts, Renate Künast, dont les partis réclamaient la levée de l'immunité, ont immédiatement «salué» l'offre de la chancelière.
Des consultations devaient débuter dans la soirée entre les partenaires de la coalition de la chancelière, ses Unions chrétiennes (CDU/CSU) et leurs alliés libéraux (FDP). Les députés du Bundestag et les représentants de la société civile choisis par les länder formeront une assemblée ad hoc qui a 30 jours pour élire un nouveau président.
M. Wulff était depuis la mi-décembre sous la pression des médias et de l'opposition, accusé d'avoir profité de sa position à la tête de la Basse-Saxe (2003-2010) pour obtenir de multiples avantages financiers, puis d'avoir tenté d'étouffer ces affaires. Début janvier, il avait refusé de démissionner.
Le plus jeune président allemand faisait figure de conservateur moderne, mais un peu terne, jusqu'à ce qu'une série de scandales le propulse sur le devant de la scène médiatique.
La presse lui reprochait d'avoir occulté un prêt, profité de vacances gratuites à l'étranger chez de riches entrepreneurs et d'avoir fait pression sur des journalistes, notamment sur le puissant journal Bild, afin d'empêcher la sortie de nouvelles révélations.
Crédit nul
Au sein de l'opinion, il avait perdu tout crédit, 77 % des Allemands estimant son image durablement abîmée et 48 % voulant sa démission.
Élégant, souriant, M. Wulff avait été péniblement élu le 30 juin 2010 président, au troisième et dernier tour de scrutin, où la majorité simple suffisait. Une humiliation pour Mme Merkel qui le présentait, car la coalition gouvernementale disposait théoriquement de la majorité à l'assemblée.
La chancelière avait déjà eu du mal à trouver un candidat à installer au château Bellevue après la démission-surprise de Horst Köhler, victime de déclarations sur le rôle de l'Allemagne en Afghanistan qui avaient fait scandale.
Avec la levée de son immunité, confirmée par le ministère de la Justice, M. Wulff qui encourt désormais des poursuites, risque au moins trois ans de prison.
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