Murdoch soutient le Sun en crise
Le magnat réintègre les journalistes interpellés par la justice
Photo : Agence Reuters Luke MacGregor
Rupert Murdoch n’a pas que des amis dans la capitale britannique.
Londres — Le magnat américain Rupert Murdoch a multiplié hier à Londres les signes de soutien au Sun en crise, sept mois après avoir sacrifié le dominical News of the World (NotW), adoptant des remèdes diamétralement opposés à ses deux tabloïdes englués dans un scandale d'écoutes et de pots-de-vin.
En juillet, Rupert Murdoch avait débarqué des États-Unis pour fermer toutes affaires cessantes le NotW, institution de 168 ans accusée d'avoir écouté quelque 800 personnes dans sa chasse au scoop. La rédaction du Sun redoutait donc sa nouvelle visite, hier.
Pour les rassurer, le magnat de la presse a annoncé le lancement «très prochain» du Sun on Sunday. Cette édition du 7e jour du Sun permettra de récupérer les 2,7 millions de lecteurs du NotW dans la nature et la manne des annonceurs.
Invoquant la présomption d'innocence, il a accepté la réintégration des journalistes mis à pied, après leur interpellation au titre de la législation anticorruption, pour versement de pots-de-vin, notamment à des policiers.
«Une partie de moi»
Le Sun, journal le plus lu du Royaume-Uni avec 2,5 millions d'exemplaires, «est une partie de moi», a réaffirmé M. Murdoch. Son rachat en 1969 avait lancé à l'international le jeune entrepreneur d'origine australienne, aujourd'hui à la tête d'un empire de 44 milliards de dollars.
Lundi, dans un éditorial, le Sun s'était dit la cible d'une «chasse aux sorcières». Aucun des dix journalistes arrêtés depuis novembre n'a été inculpé à ce jour, mais les cinq dernières interpellations, le 11 février, ont frappé les esprits. Les policiers ont éventré des parquets, fouillé des effets personnels au domicile des suspects. Comme s'ils avaient affaire à «un gang de malfrats», s'est indigné le rédacteur en chef adjoint du journal, Trevor Kavanagh.
Le plus inquiétant aux yeux de la rédaction est que les enquêteurs ont agi sur la foi de renseignements fournis par le Management and Standard Committee (MSC). Cet organisme indépendant a été créé par News International, division britannique de l'empire Murdoch (News Corp.), pour faire la lumière sur les accusations de dérives éditoriales.
Bureaux «décontaminés»
Il est composé d'avocats, d'informaticiens et de policiers chargés d'éplucher des centaines de millions de mails et d'innombrables enregistrements téléphoniques. Ses bureaux ont été «décontaminés» pour s'assurer de l'absence de micros, selon la BBC.
Et M. Murdoch n'a aucunement l'intention de freiner son activité. «Nous ne pouvons pas protéger des gens qui ont payé des fonctionnaires. Nous transmettrons toutes les pièces à conviction à notre disposition», a-t-il dit.
L'affaire survient sur fond de grand déballage sur les pratiques de certains médias: écoutes téléphoniques, recours à des détectives privés, usurpation d'identité, pots-de-vins...
La liste des méfaits est exposée depuis des mois par un défilé de «victimes» — «celebs» ou simples citoyens — devant une commission indépendante chargée d'enquêter sur la déontologie des médias. Et les patrons de presse ont averti contre tout amalgame, pour éviter de pénaliser le journalisme d'investigation ou encourager l'adoption de mesures liberticides.
News International a pris les devants en versant plusieurs millions d'euros d'indemnités à plus de 50 plaignants, pour éviter des procès plus coûteux encore.
«Réalpolitik»
Le soutien indéfectible au Sun pourrait cependant ne pas durer, au nom de la «realpolitik», a indiqué Steven Barnett, professeur à l'Université de Westminster.
M. Murdoch a, selon lui, de quoi être schizophrène. «Il a bâti son empire sur des journaux, c'est ça qu'il aime. Mais ce sont des journaux comme le NotW et le Sun qui mettent son empire en péril, menacent de contaminer ses activités lucratives aux États-Unis. Le Sun, c'est un moucheron [...] qui représente 1 % de News Corp.»
En juillet, Rupert Murdoch avait débarqué des États-Unis pour fermer toutes affaires cessantes le NotW, institution de 168 ans accusée d'avoir écouté quelque 800 personnes dans sa chasse au scoop. La rédaction du Sun redoutait donc sa nouvelle visite, hier.
Pour les rassurer, le magnat de la presse a annoncé le lancement «très prochain» du Sun on Sunday. Cette édition du 7e jour du Sun permettra de récupérer les 2,7 millions de lecteurs du NotW dans la nature et la manne des annonceurs.
Invoquant la présomption d'innocence, il a accepté la réintégration des journalistes mis à pied, après leur interpellation au titre de la législation anticorruption, pour versement de pots-de-vin, notamment à des policiers.
«Une partie de moi»
Le Sun, journal le plus lu du Royaume-Uni avec 2,5 millions d'exemplaires, «est une partie de moi», a réaffirmé M. Murdoch. Son rachat en 1969 avait lancé à l'international le jeune entrepreneur d'origine australienne, aujourd'hui à la tête d'un empire de 44 milliards de dollars.
Lundi, dans un éditorial, le Sun s'était dit la cible d'une «chasse aux sorcières». Aucun des dix journalistes arrêtés depuis novembre n'a été inculpé à ce jour, mais les cinq dernières interpellations, le 11 février, ont frappé les esprits. Les policiers ont éventré des parquets, fouillé des effets personnels au domicile des suspects. Comme s'ils avaient affaire à «un gang de malfrats», s'est indigné le rédacteur en chef adjoint du journal, Trevor Kavanagh.
Le plus inquiétant aux yeux de la rédaction est que les enquêteurs ont agi sur la foi de renseignements fournis par le Management and Standard Committee (MSC). Cet organisme indépendant a été créé par News International, division britannique de l'empire Murdoch (News Corp.), pour faire la lumière sur les accusations de dérives éditoriales.
Bureaux «décontaminés»
Il est composé d'avocats, d'informaticiens et de policiers chargés d'éplucher des centaines de millions de mails et d'innombrables enregistrements téléphoniques. Ses bureaux ont été «décontaminés» pour s'assurer de l'absence de micros, selon la BBC.
Et M. Murdoch n'a aucunement l'intention de freiner son activité. «Nous ne pouvons pas protéger des gens qui ont payé des fonctionnaires. Nous transmettrons toutes les pièces à conviction à notre disposition», a-t-il dit.
L'affaire survient sur fond de grand déballage sur les pratiques de certains médias: écoutes téléphoniques, recours à des détectives privés, usurpation d'identité, pots-de-vins...
La liste des méfaits est exposée depuis des mois par un défilé de «victimes» — «celebs» ou simples citoyens — devant une commission indépendante chargée d'enquêter sur la déontologie des médias. Et les patrons de presse ont averti contre tout amalgame, pour éviter de pénaliser le journalisme d'investigation ou encourager l'adoption de mesures liberticides.
News International a pris les devants en versant plusieurs millions d'euros d'indemnités à plus de 50 plaignants, pour éviter des procès plus coûteux encore.
«Réalpolitik»
Le soutien indéfectible au Sun pourrait cependant ne pas durer, au nom de la «realpolitik», a indiqué Steven Barnett, professeur à l'Université de Westminster.
M. Murdoch a, selon lui, de quoi être schizophrène. «Il a bâti son empire sur des journaux, c'est ça qu'il aime. Mais ce sont des journaux comme le NotW et le Sun qui mettent son empire en péril, menacent de contaminer ses activités lucratives aux États-Unis. Le Sun, c'est un moucheron [...] qui représente 1 % de News Corp.»
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