dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 21h26
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Murdoch soutient le Sun en crise

Le magnat réintègre les journalistes interpellés par la justice

Agence France-Presse   18 février 2012  Europe
Rupert Murdoch n’a pas que des amis dans la capitale britannique.<br />
Photo : Agence Reuters Luke MacGregor
Rupert Murdoch n’a pas que des amis dans la capitale britannique.
Londres — Le magnat américain Rupert Murdoch a multiplié hier à Londres les signes de soutien au Sun en crise, sept mois après avoir sacrifié le dominical News of the World (NotW), adoptant des remèdes diamétralement opposés à ses deux tabloïdes englués dans un scandale d'écoutes et de pots-de-vin.

En juillet, Rupert Murdoch avait débarqué des États-Unis pour fermer toutes affaires cessantes le NotW, institution de 168 ans accusée d'avoir écouté quelque 800 personnes dans sa chasse au scoop. La rédaction du Sun redoutait donc sa nouvelle visite, hier.

Pour les rassurer, le magnat de la presse a annoncé le lancement «très prochain» du Sun on Sunday. Cette édition du 7e jour du Sun permettra de récupérer les 2,7 millions de lecteurs du NotW dans la nature et la manne des annonceurs.

Invoquant la présomption d'innocence, il a accepté la réintégration des journalistes mis à pied, après leur interpellation au titre de la législation anticorruption, pour versement de pots-de-vin, notamment à des policiers.

«Une partie de moi»

Le Sun, journal le plus lu du Royaume-Uni avec 2,5 millions d'exemplaires, «est une partie de moi», a réaffirmé M. Murdoch. Son rachat en 1969 avait lancé à l'international le jeune entrepreneur d'origine australienne, aujourd'hui à la tête d'un empire de 44 milliards de dollars.

Lundi, dans un éditorial, le Sun s'était dit la cible d'une «chasse aux sorcières». Aucun des dix journalistes arrêtés depuis novembre n'a été inculpé à ce jour, mais les cinq dernières interpellations, le 11 février, ont frappé les esprits. Les policiers ont éventré des parquets, fouillé des effets personnels au domicile des suspects. Comme s'ils avaient affaire à «un gang de malfrats», s'est indigné le rédacteur en chef adjoint du journal, Trevor Kavanagh.

Le plus inquiétant aux yeux de la rédaction est que les enquêteurs ont agi sur la foi de renseignements fournis par le Management and Standard Committee (MSC). Cet organisme indépendant a été créé par News International, division britannique de l'empire Murdoch (News Corp.), pour faire la lumière sur les accusations de dérives éditoriales.

Bureaux «décontaminés»

Il est composé d'avocats, d'informaticiens et de policiers chargés d'éplucher des centaines de millions de mails et d'innombrables enregistrements téléphoniques. Ses bureaux ont été «décontaminés» pour s'assurer de l'absence de micros, selon la BBC.

Et M. Murdoch n'a aucunement l'intention de freiner son activité. «Nous ne pouvons pas protéger des gens qui ont payé des fonctionnaires. Nous transmettrons toutes les pièces à conviction à notre disposition», a-t-il dit.

L'affaire survient sur fond de grand déballage sur les pratiques de certains médias: écoutes téléphoniques, recours à des détectives privés, usurpation d'identité, pots-de-vins...

La liste des méfaits est exposée depuis des mois par un défilé de «victimes» — «celebs» ou simples citoyens — devant une commission indépendante chargée d'enquêter sur la déontologie des médias. Et les patrons de presse ont averti contre tout amalgame, pour éviter de pénaliser le journalisme d'investigation ou encourager l'adoption de mesures liberticides.

News International a pris les devants en versant plusieurs millions d'euros d'indemnités à plus de 50 plaignants, pour éviter des procès plus coûteux encore.

«Réalpolitik»

Le soutien indéfectible au Sun pourrait cependant ne pas durer, au nom de la «realpolitik», a indiqué Steven Barnett, professeur à l'Université de Westminster.

M. Murdoch a, selon lui, de quoi être schizophrène. «Il a bâti son empire sur des journaux, c'est ça qu'il aime. Mais ce sont des journaux comme le NotW et le Sun qui mettent son empire en péril, menacent de contaminer ses activités lucratives aux États-Unis. Le Sun, c'est un moucheron [...] qui représente 1 % de News Corp.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Bernard Gadoua - Inscrit
    18 février 2012 13 h 40
    Murdoch et Vic Toews
    Les pratiques d'écoutes téléphoniques illégales que pratiquaient les journalistes de News of the World, propriété du magnat Murdoch, qui avaient poussé l'audace jusqu'à effacer des messages qui auraient pu aider les policiers dans leur travail afin de pouvoir continuer à «tenir une bonne histoire qui fait vendre de la copie» sont en passe de devenir légale pour l'État canadien avec le projet de loi déposé par Vic Toews. Comme quoi les partisans de la monarchie britannique n'ont pas tous la même approche de la vie privée. Le Canada étant le perdant dans cette comparaison.

    @BGadoua
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012