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Feu vert au plan pour sauver la Grèce

Éric Desrosiers   21 février 2012  Europe
Tenant de la ligne dure contre la Grèce et d'ordinaire prudent, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, s'est d'entrée de jeu dit «confiant» quant au fait de trouver «une solution viable, capable de remettre la Grèce sur les rails à long terme».
Photo : Agence Reuters Antti Aimo-Koivisto
Tenant de la ligne dure contre la Grèce et d'ordinaire prudent, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, s'est d'entrée de jeu dit «confiant» quant au fait de trouver «une solution viable, capable de remettre la Grèce sur les rails à long terme».
Les Européens ont accouché dans la souffrance, dans la nuit d'hier, d'un nouveau plan de sauvetage censé sauver la Grèce de la faillite.

Les ministres des Finances des 17 pays de la zone euro (Eurogroupe) ont eu besoin de toute la journée et d'une partie de la nuit pour boucler, à Bruxelles, en Belgique, ce nouveau plan comprenant 130 milliards d'euros de financement public et plus de 100 milliards d'euros d'effacement partiel de la dette grecque détenue par des créanciers privés.

Le gouvernement grec s'était présenté à la réunion en ayant répondu aux conditions qui lui avaient été posées par les autres (nouveau plan d'économie de 3,3 milliards d'euros et engagements écrits des deux chefs de partis de la coalition au pouvoir).

La réunion de l'Eurogroupe s'est ouverte dans l'optimisme. Tenant de la ligne dure contre la Grèce et d'ordinaire prudent, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, s'est d'entrée de jeu dit «confiant» quant au fait de trouver «une solution viable, capable de remettre la Grèce sur les rails à long terme».

Les choses se sont compliquées après le dévoilement d'un rapport de la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) révélant, qu'en dépit du vaste plan de sauvetage échafaudé jusque-là, la Grèce était en voie de rater la cible de ramener sa dette publique de 160 % à 120 % de son produit intérieur brut (PIB) à l'horizon de 2020 et que le mieux qu'elle pourrait faire serait 129 %. S'en est suivi un autre sprint de négociations entre Athènes, les autorités européennes et les créanciers privés de la Grèce, comme cette crise en a connu tellement depuis deux ans. La rumeur d'une entente a commencé à circuler quelques minutes avant trois heures du matin.

Un dernier petit effort de chacun

Une partie de la solution semblait devoir venir d'accords de principe sur une réduction des taux d'intérêt des prêts qui seront consentis à la Grèce ainsi que sur la participation des banques centrales nationales de la zone euro à un échange de dettes. Les créanciers privés de la Grèce semblaient être prêts à faire un autre bout du chemin en acceptant que leurs titres obligataires soient dépréciés de quelques points de pourcentage de plus que les 50 % déjà convenus. La Banque centrale européenne (BCE) se serait aussi montrée ouverte à faire un petit effort en cherchant un moyen de remettre à Athènes les «profits» qu'elle pourrait éventuellement tirer de son propre lot d'obligations grecques. On aurait également convenu que la dette publique grecque pourrait être ramenée en 2020 à 120,5 % du PIB, plutôt qu'à 120 % (!).

Un plan d'effacement de la dette grecque devait théoriquement être conclu et lancé avant demain pour éviter à la Grèce de sombrer dans la faillite d'ici au 20 mars, date à laquelle le pays doit rembourser 14,5 milliards d'euros.

Des économistes n'ont pas caché hier leur scepticisme quant aux chances de succès à long terme de ce qu'ils qualifiaient d'exercice de «gymnastique arithmétique». Selon certains observateurs, il faudra bien dix ans avant que la Grèce ne vienne à bout des problèmes budgétaires et économiques qui l'accablent. Selon d'autres, tous ces efforts ne font que retarder un peu une inévitable faillite et sortie du pays de la monnaie unique européenne.

Plusieurs milliers de Grecs manifestaient encore leur colère devant le parlement dimanche contre la médecine de cheval qui leur est imposée. L'économie grecque s'est contractée de 7 % en rythme annualisé au dernier trimestre.

Appel à l'aide du G20

La crainte des répercussions que pourrait avoir la crise européenne sur l'économie mondiale incite de plus en plus de voix à réclamer une aide concertée de toutes les grandes puissances de la planète. Les pays membres du G20 ont opposé une fin de non-recevoir lors de leur sommet de l'automne dernier à Cannes, estimant que les Européens disposaient déjà de toutes les ressources nécessaires pour se sauver eux-mêmes.

On s'attend toutefois à ce que ces derniers reviennent à la charge, le week-end prochain, à la réunion des ministres des Finances du G20 à Mexico. On voudrait notamment que les autres puissances ajoutent 300 milliards $US aux 200 milliards $US que les Européens sont déjà prêts à mettre dans un fonds de secours qui serait administré par le Fonds monétaire international (FMI) et qui serait destiné aux gouvernements européens à court de sources de financement. Le G20 ne serait pas près de se laisser convaincre toutefois.

Impact au Québec


Les difficultés de la Grèce et de la zone euro ont un impact jusqu'au Québec, a rappelé hier le Mouvement Desjardins dans une mise à jour de ses prévisions économiques.

Bien que les négociations des dernières semaines aient contribué à dissiper certaines inquiétudes, l'entrée en récession de la zone euro semble se confirmer avec la baisse de 1,3 % en rythme annualisé de son PIB au dernier trimestre de 2011, notent ses prévisionnistes. Les performances «encourageantes» enregistrées ces derniers mois par l'économie américaine devraient surtout profiter aux exportateurs des provinces de l'Ouest et de l'Ontario, pense-t-on, le Québec faisant les frais de ses liens commerciaux privilégiés avec l'Europe.

Ces facteurs — ainsi que d'autres, liés au ralentissement de la consommation intérieur — incitent Desjardins à réviser à la baisse ses prévisions de croissance du mois dernier: de 2,1 % à 2 %, en 2012, et de 2,5 % à 2,2 %, en 2013 au Canada; et de 1,7 % à 1,4 %, cette année, et de 2,3 % à 1,9 %, l'année prochaine au Québec.

***

Avec l'Agence France-Presse, The Guardian, The Globe and Mail et Reuters
 
 
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  • François Dugal - Abonné
    21 février 2012 07 h 47
    Le bien
    «On veut votre bien, on va l'avoir»
    - slogan de Household Finance revu et corrigé par «Les Cyniques»
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  • Jean-Michel Picard - Inscrit
    21 février 2012 08 h 04
    Sauvée, la Grèce ?
    Sauvée, la Grèce ? Mais vous êtes fou ou quoi ? On vient de tuer le pays et ses habitants !
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  • MJ - Inscrite
    21 février 2012 09 h 28
    Le capitalisme financier et la spéculation
    Haro sur les banques privées et les créanciers privés hors du pays: Aujourd’hui la Grèce, demain quel autre Etat-nation?

    Les requins de la finance ne feront qu’une bouchée de la Grèce. Pourquoi rembourser une dette qui va engloutir encore des milliards et saigner à blanc les Grecs? Le retour aux banques centrales pour chaque Etat-Nation et aux emprunts sans intérêt de la part de leur banque “nationale” pour chacun des pays ne devrait-il pas être sérieusement envisagé? Depuis 1973 en France, avec la loi Giscard-Pompidou, ce sont des banques privées (banque Rotschield) qui prêtent à la France. Giscard D’Estaing était avant 1973 un haut dirigeant de la banque Rotschield.

    Pourquoi la Grèce ne fait-elle pas dès maintenant cavalier seul pour sortir de la zone euro? Pourquoi faire durer le supplice chez les Grecs? Pour déplumer encore plus la Grèce et la vendre aux intérêts privés? Trop de privations et de restrictions vont seulement exacerber les tensions sociales dans ce pays.

    A l’origine de cette crise, le rôle joué par la banque américaine Gold
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  • MJ - Inscrite
    21 février 2012 09 h 35
    Le capitalisme financier et la spéculation
    Les fonds additionnels des pays de la zone euro qu’ils mettront en commun et qui seront administrés par le FMI ne vont que permettre d’engloutir des sommes colossales, sans grand bien pour l'économie grecque, ces prêts étant associés à des restrictions budgétaires irréalistes et d’une austérité extrême pour les Grecs. Résultat non garanti. Les spéculateurs, avides de profits, seront-ils tentés de fragiliser d'autres pays de la zone euro, qui pourraient à leur tour devenir victimes de spéculation et de la récession économique qui s’ensuit et du cycle infernal des budgets d’austérité? On pourrait aussi se questionner sur le rôle des agences de notation privées américaines qui avec leur décote (justifiée?) incitent les fonds spéculatifs à se dessaisir de leurs obligations des pays visés et ainsi à faire tomber l’économie de ces pays.

    Il faudrait imposer des taxes sur les transactions financières (taxe Tobin) pour enrayer les mouvements spéculatifs, réglementer les marchés financiers et les produits dérivés, les agences de notation et leur manque de transparence, leurs conflits d’intérêts dans les crises suscitées, et surtout, retourner aux prêts (sans intérêt) par les banques centrales publiques dans chaque Etat-Nation et sortir du marasme spéculatif qui engendre des crises économiques, budgétaires, etc.

    L’exposé suivant est éclairant sur les stratégies des banques privées et des grands fonds spéculatifs sur la mise en faillite des Etats-nations, et aussi le rôle des agences de notation privées:

    http://www.youtube.com/watch?v=TLjq25_ayWM
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  • Maxdevoir - Inscrit
    21 février 2012 09 h 37
    "Sauver" la Grèce?
    Ben oui, "sauver" la Grèce... il est trop tard pour la sauver de la banque d'affaires Goldman Sachs entre autre. Ce criminel prédateur financier légalisé qui a misé, en "bon" citoyens corporatif avisé, autant sur la "réussite" que la faillite de la Grèce suite à son adhésion à la zone Euro, "Business as usual"!!

    Comment la Goldman Sachs a mis la Grèce à genoux en dix ans.
    http://dai.ly/vqJuMk

    Comment Goldman Sachs dirige le monde
    http://dai.ly/in6QJB

    Par ailleurs, certains commentaires diffusés sur le Net on laisser croire que la situation de la Grèce était due principalement à l'inconscience des grecs et du pouvoir politique (corrompu!) qui s’endettaient et vivaient au-dessus de leurs moyens. Petit rappel! c'est exactement ce que voulaient ces crapules du monde de la finance, des banques et des affaires qui font croire que les économies en bénéficieraient! Ce qui est en partie vraie mais volontairement incomplet! Cette demi vérité à besoin de nuances. Car, d'un côté il y a les cerveaux de l'OMC et du FMI, promoteur de la zone Euro et pour la globalisation des marchés qu'on veut transformer en buffet ouvert planétaire pour les oligarchies et pouvoirs corrompus. Ils utilisent tout ce qu'ils peuvent comme propagande, marketing et publicité pour hypnotiser le peuple et les inciter à consommer et à s'endetter! Main gauche "sucrée", main droite pour la bastonnade!

    Si les grecs sont en partie responsable de leur sort, la ribambelle de cerveaux sociopathes de genres et de styles variés, eux, sont coupables d'entretenir et de maintenair ces systèmes d'armements financiers qui, sous la menace "$$$", asservissent autant et bien mieux que les systèmes d'armement militaire! La "trouvaille" de prédation et de mise en esclavage est là, réussir à transformer la guerre en une abstraction numérique financière. Cette réalité "abstraite" légalisée livre alors des guerres 'invisibles' mais bien réelles et, entre autre, par la financia
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  •  
  • Leys - Inscrit
    21 février 2012 10 h 37
    Rendez-vous dans quelques semaines
    Ces gens-là ne se tanneront donc jamais avec leurs éternels plans d'austérité totalement contre-productifs !!!
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  •  
  • Eric Allard - Abonné
    21 février 2012 12 h 12
    Sauver les grecs ou les banques?
    Le plan de l'Union Européenne n'a pas dans l'esprit de sauver les grecs, mais plutôt de sauver le système bancaire et, au sens plus large, le système de capitalisme sauvage mis de l'avant comme cause première dans la crise de la Grèce, justement.

    Les grecs manifestent, sait-on pourquoi au juste? Lire l'article suivant remet les choses en perspective: http://www.monde-diplomatique.fr/2011/12/BURGI/470

    En attendant, le "plan de redressement" tel que proposé par l'Union Européenne est tellement drastique qu'il va rempirer la récession en Grèce, ce qui va abaisser drastiquement le PIB... et donc augmenter le poucentage de la dette par rapport au dit PIB. Le mythe de Sisyphe devenu réalité!

    Le G20 a raison: l'Europe avait, et a encore les moyens de sortir la Grèce de ce bourbier dans lequel ils l'ont enfoncé. Par contre, il faudrait que UE change radicalement son approche, et apprenne des autres exemples, tel l'Argentine.
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  •  
  • Limila - Inscrit
    21 février 2012 16 h 38
    Citron
    Comme le citron, je suis amère car ils continuent à "presser le citron grec" impunément.

    Tout cet argent, provenant des contribuables européens, va finir dans l'escarcelle de banques sans rien apporter au peuple grec.

    Après la Grèce, à qui le tour ?
    Quelle tristesse et que de mensonges :o(

    L'exemple de l'Argentine est édifiant à ce propos.
    http://www.liberation.fr/economie/01012390907-nous
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  •  
  • jmh3333 - Inscrit
    21 février 2012 23 h 44
    le jeu est clair
    les plan ''d'aide'' à la Grèce nous sont représenté comme tel par tout nos bons médias québécois...
    la pauvreté du discours économique et des débats est incroyable
    et j'ai honte de nos journalistes.

    Autant il est clair que c'est plan économique vont directement au remboursement des intérêts et n'irons j'amais aider le peuple grec,

    autant on peu compter sur le silence crapuleux de nos médias gauchos stupides sur des débats de fond. Les mots ''plan d'aide'' devrait être bannis, au moins pour les titre d'article sérieux.
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