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Rapport annuel 2008 - Préparer Le Devoir de demain

Bernard Descôteaux - Directeur du Devoir  21 mai 2009 
Les médias en général, et les journaux en particulier, vivent les contrecoups de la montée en puissance d'Internet, difficultés que la présente crise économique vient exacerber.

Que seront les journaux dans 15 ou 20 ans? Disparaîtront-ils comme certains l'affirment? Personne ne peut prédire l'avenir. Ce qu'on peut croire, c'est qu'ils continueront de remplir leur mission en s'appuyant sur les nouvelles technologies de l'information. Depuis déjà quelques années, Le Devoir se voit moins comme un journal que comme une entreprise produisant des contenus d'information diffusés sur plusieurs supports: un journal papier, un journal virtuel, un site Internet. Cette mutation se poursuivra en accéléré ces prochaines années. Elle appellera une transformation des modes de production de l'information et une adaptation des méthodes de travail des journalistes qui répondront à de nouvelles habitudes de consommation de l'information. Ce ne sera pas la première fois que Le Devoir sera confronté à un tel défi qui, n'en doutons pas, sera relevé.

Un bilan positif

On aurait pu craindre que le bilan de l'année 2008 soit affecté par les premières manifestations de la crise financière et économique qui a fait sentir ses effets dès la fin du troisième trimestre. Il n'en fut heureusement rien. Le quatrième trimestre a été le meilleur réalisé depuis longtemps. Pour une cinquième année consécutive, l'année se conclut avec un bénéfice d'exploitation. Il est cette fois de 123 128 $, que les amortissements ont toutefois transformé en une perte nette de 71 497 $. Pour modestes qu'ils soient, ces résultats témoignent de la vitalité de l'entreprise dans le contexte présent.

Les revenus ont été de 16 933 157 $, en hausse de 2 % par rapport à 2007. Notre structure de revenus nous distingue de la plupart des journaux, qui tirent de la publicité jusqu'à 80 % de leurs recettes, le reste venant essentiellement de la diffusion. Au Devoir, recettes de publicité et de diffusion sont à égalité de parts, ce qui a pour effet d'atténuer l'impact des baisses de revenus de publicité qui affectent tous les médias en cette période de ralentissement économique, sauf de rares exceptions, dont nous sommes. Tant nos revenus de diffusion que ceux de publicité ont en effet augmenté en 2008 par rapport à l'année précédente. Résultat, dans ce dernier cas, d'une réorganisation du service des ventes publicitaires où un accent tout particulier a été mis sur la relation avec nos clients-annonceurs, qui sont pour nous des partenaires importants.

Croissance des dépenses

Les dépenses ont, pour leur part, connu une croissance plus rapide que nos revenus. Elle a été de 4 %. Cette augmentation s'explique pour une bonne part par les trois élections, canadienne, américaine et québécoise, qui ont eu lieu successivement à l'automne. Elles ont mobilisé les énergies de tout le personnel et entraîné des dépenses extraordinaires. Les coûts de couverture des campagnes électorales sont toujours élevés. Pour présenter une information la plus complète possible, nous avons aussi augmenté le nombre de pages consacrées à ces élections. Soulignons que nous avons également dû absorber au cours de cet exercice des augmentations de nos dépenses de mise en marché et du coût du papier, qui, dans ce dernier cas, ont été importantes.

L'amortissement des immobilisations s'est chiffré à 194 480 $, comparativement à 119 176 $ lors de l'exercice précédent. La hausse est attribuable principalement à des acquisitions de logiciels. Les frais d'intérêts se chiffrent à 145 $.

Ces résultats sont, dans le contexte économique actuel, rassurants. Il faut souligner l'engagement des employés de tous les services pour réaliser un produit qui répond aux attentes des lecteurs. Le fait que notre diffusion ait été en hausse à compter du deuxième semestre est un indice que Le Devoir remplit bien sa mission qui est d'informer, de mettre en perspective les événements, de présenter des points de vue et de débattre avec nos lecteurs de l'avenir de notre société. La qualité de notre travail a été encore reconnue en 2008 par l'attribution de plusieurs prix de journalisme aux collègues. Jacques Nadeau a reçu le prix Antoine-Désilets, Christian Rioux le prix Judith-Jasmin catégorie opinion, Alec Castonguay le prix Media Ross Munro pour ses reportages en matière de défense, Kathleen Lévesque et Clairandrée Cauchy, une citation de mérite du prix Michener.

Préparer l'avenir

L'année 2008 a aussi été consacrée à préparer des changements devant être mis en oeuvre au cours de 2009. Nous avons ainsi revu nos contrats de distribution et d'impression du journal, qui venaient à échéance le 31 décembre. Dans le premier cas, l'entente qui nous lie depuis plusieurs années aux Messageries Dynamiques a été renouvelée. Dans le deuxième cas, nous avons délaissé un partenaire de plusieurs années, Quebecor World Saint-Jean, pour nous tourner vers Quebecor Media, avec qui une entente a été conclue pour l'impression du journal à ses installations de Mirabel et de Québec.

Ce nouveau contrat revêt une importance particulière dans le contexte de changement que vit la presse quotidienne évoqué plus haut. Nous avons maintenant accès à une technologie d'impression parmi les plus avancées au monde qui permet le recours sans limites à la quadrichromie. L'impression à distance de l'édition destinée à la région métropolitaine de Québec et de l'est du Québec nous permet de boucler plus tardivement une première édition, qui est ainsi plus complète. Une importante lacune a ainsi été corrigée et les lecteurs des régions sont mieux servis. Tant sur le plan de la forme que sur celui du contenu, la qualité du journal s'en trouve grandement améliorée. Quoi qu'en pensent certains, le journal dans sa version papier sera là encore longtemps... à la condition qu'il demeure un produit attrayant. Nous avons fait là un pas important.

Le Devoir sur le Web

En parallèle à la révision de ces contrats, nous avons amorcé des travaux pour accroître la présence du Devoir sur Internet. Le Devoir a été le premier quotidien québécois à se doter d'un site Internet, ce qui a permis de consolider la situation de notre entreprise grâce à une stratégie de contenus payants à laquelle nos lecteurs ont répondu positivement puisque nous comptons plus de 2500 abonnés à notre édition électronique. Il nous faut passer maintenant à une vitesse supérieure. Avec l'appui d'Egzakt, une entreprise de développement Internet de Trois-Rivières, la configuration du site ledevoir.com sera entièrement revue au cours de 2009 et son contenu, enrichi. Ces prochaines années, il nous faudra consacrer davantage de ressources au développement de cette plate-forme.

La perspective du centenaire du Devoir que nous célébrerons en 2010 est une occasion de préparer le journal de demain. Il ne faut pas sous-estimer les défis qui attendent la presse écrite, mais nous avons la conviction, partagée par tous les artisans de ce journal, que nous saurons les relever. La singularité du Devoir est d'être un journal de qualité qui a choisi d'exceller dans un nombre déterminé de créneaux ou de niches. Dans un paysage médiatique où domine déjà l'information instantanée, sa personnalité le distinguera et en fera une référence pour qui est à la recherche de repères pour décoder les événements.

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La préparation de ce centième anniversaire est bien amorcée. Ce sera notamment l'occasion de célébrer cette relation particulière qui unit les lecteurs du Devoir à ses artisans. Un mot mis à la mode par les internautes est «communauté». En fait, lecteurs et artisans du Devoir forment depuis longtemps une vaste communauté. Elle repose sur les valeurs de liberté, d'égalité, de solidarité et d'intégrité, qui de part et d'autre nous inspirent. Témoin de l'attachement qu'ont les lecteurs à leur journal, c'est un comité de bénévoles, réunis par Robert Pouliot et Francine Leroux-Bérubé, qui depuis déjà plusieurs mois élabore un programme d'activités qui se dérouleront tout au long de l'année. Le premier événement aura lieu comme il se doit le 10 janvier, jour de parution du premier numéro du Devoir en 1910.

Journal indépendant qui ne peut compter que sur ses propres moyens, Le Devoir a de nombreux amis qui lui apportent leur soutien de diverses façons. Ces dernières années, nous avons reçu des donations et des legs testamentaires qui nous ont permis de soutenir la diffusion du journal auprès des étudiants. Nous remercions toutes ces personnes de leur amitié. Parmi celles-là, soulignons le dévouement des membres de notre conseil d'administration, que préside Yves L. Duhaime. Disons-le, ils n'ont jamais attendu de jetons de présence pour participer à des comités de toutes sortes.

Il y a là une forme d'engagement remarquable qu'on retrouve aussi dans tout le personnel de la maison, tout particulièrement chez les cadres qui m'entourent et qu'on me permettra de saluer: le rédacteur en chef, Jean-Robert Sansfaçon, la directrice de l'information, Josée Boileau, la vice-présidente finances et administration, Catherine Laberge, la directrice du service de la publicité, Manon Béland, le directeur de la production, Christian Goulet, le contrôleur, Stéphane Roger, et l'adjointe à la direction, Claudette Béliveau.
 
 
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