C'était il y a plus de vingt ans, un jour de Noël, j'ai pris le téléphone et composé le numéro de Jean-Pierre Guay. C'était simple, il...
C'était il y a plus de vingt ans, un jour de Noël, j'ai pris le téléphone et composé le numéro de
Jean-Pierre Guay. C'était simple, il figurait dans le Journal. Jamais je ne l'avais rencontré, pourtant je croyais bien le connaître après avoir lu les quatre premiers tomes de son Journal. Pour tout dire, c'était plus fort que moi. Il fallait que je lui exprime la joie que son livre me procurait. Oui, la joie. Celle de découvrir un écrivain de cette stature. Un authentique écrivain, drôle, intègre et mordant. Libre. Dans tous les sens du terme, c'est-à-dire qui écrit ce qu'il pense, bien sûr, mais qui se montre aussi libre de ses mouvements. À l'aise dans sa phrase, la menant où il veut, à sa guise, empruntant parfois de longs détours, et qui retombe invariablement sur ses pattes.