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Harper en Chine - Les affaires d'abord

Bernard Descôteaux   11 février 2012  Canada
Le premier ministre Stephen Harper termine aujourd'hui une visite officielle en Chine. Le donneur de leçons sur la question des droits de la personne qu'il fut lors de son précédent séjour s'est mué en voyageur de commerce. Si son objectif de renforcer les liens commerciaux entre la Chine et le Canada a été atteint, force est de constater que c'est pas à pas que se réalisent les progrès.

L'établissement de relations commerciales avec la Chine est un long fleuve qu'avait entrepris de remonter le premier ministre Pierre Elliott Trudeau. Voilà 40 ans, il y envoyait une première mission commerciale, qui fut suivie d'un voyage officiel de sa part l'année suivante à l'occasion duquel se fit la reconnaissance officielle de Pékin par Ottawa. L'objectif de Trudeau, partagé par tous ses successeurs, était de diminuer la dépendance du Canada au marché américain. Quarante ans plus tard, la Chine est le deuxième partenaire du Canada, avec des échanges bilatéraux de 60 milliards... loin tout de même des échanges canado-américains, qui sont de 650 milliards.

Les premiers pas de Stephen Harper en Chine avaient marqué une rupture avec cette politique. En 2006, il faisait valoir sans détour que le Canada ne compromettrait pas les valeurs canadiennes de promotion des droits de la personne au nom du «tout-puissant dollar». Cela, ajouté à son refus d'assister à l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin et à son appui au dalaï-lama, a refroidi considérablement le climat entre les deux capitales.

Cette semaine, il aura tout fait pour rétablir la cordialité passée. Comme ses prédécesseurs, il a parlé affaires avant droits de la personne. Il était là pour vendre du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta, suivant le principe que l'on vend à qui veut acheter. Témoigne bien de ce changement d'attitude l'entente conclue pour la vente d'uranium. Ottawa permettra l'exportation de l'uranium de la Saskatchewan sans contraindre Pékin à limiter son usage à des fins pacifiques, ce qu'il avait toujours refusé. En contrepartie, Pékin a enfin accepté de signer un accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers dont les termes restent à être précisés. Le Canada attendait cette faveur depuis 1994.

La bonne façon de faire des affaires consiste à mettre de côté nos différends, a fait observer le vice-premier ministre Li Keqiang à un parterre d'hommes d'affaires canadiens. Le message a été bien reçu, car M. Harper est resté modéré dans l'expression de critiques à l'endroit des pratiques chinoises en matière de protection des droits de la personne. Il a abordé le sujet en public hier, mais de manière vague, sans soulever aucun cas précis, comme celui par exemple du Prix Nobel Liu Xiaobo, emprisonné. Son auditoire ne comptait aucun membre du gouvernement chinois.

Cette timidité du premier ministre est étonnante. Il a opté pour l'approche pragmatique des droits de la personne. Influencer plutôt que dénoncer. Il a choisi de miser sur le commerce comme levier pour améliorer les conditions économiques de ce pays et de sa population. Cela est fort bien, toutefois les fruits sont pour après-demain. Mais aujourd'hui, il y a des travailleurs qui sont exploités, des artistes qui sont emprisonnés, des citoyens qui n'ont pas droit de parole, ni de manifester. Et il y a le Tibet qui est toujours occupé. Les Canadiens, comme tous les Occidentaux qui profitent des biens produits à moindres coûts, ne peuvent être indifférents à leur sort. Leurs gouvernements non plus. Il y a là des désaccords avec les autorités chinoises qui ne peuvent être tus.
 
 
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  • michel lebel - Inscrit
    11 février 2012 09 h 59
    Les affaires sont les affaires!
    La politesse diplomatique ne doit pas exclure la fermeté dans les propos, lorsque nécessaire. Il semble bien que Stephe Harper ait bien ménagé ses hôtes chinois. Un peu trop, à mon avis. Mais Stephen Harper n'a jamais fait du respect des droits de l'homme, tant au Canada qu'à l'étranger, l'une des orientations importantes de sa politique. Il ne fallait donc pas à s'attendre à des miracles dans ce domaine lors de ce voyage. Mais il revient avec deux pandas... prêtés.
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  •  
  • Marcel Bernier - Inscrit
    11 février 2012 11 h 08
    Droits humains? Connais pas!
    En politique internationale, Harper et ses sbires sont nuls : nous sommes en présence d’un psittacisme (vu comme une répétition mécanique de mots, de phrases entendues chez nos voisins du sud, sans que le premier ministre et vendeur de pétrole de son état les comprenne).
    En pleine crise syrienne, et vu le veto de la Chine au Conseil de sécurité de l'ONU, cette visite a des relents immoraux.
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  • Leys - Inscrit
    11 février 2012 11 h 33
    Commerce et démocratie
    Nos politiciens acquis aux milieux d'affaires, pour qui la démocratie ne désigne que la liberté de faire du commerce, se soucient davantage de l'ouverture du marché chinois à nos multinationales que du sort des avocats pieds-nus chinois qui croupissent en prison, Pour se donner bonne conscience, ils se sont fait croire que la liberté de commerce mènerait à plus de transparence et de démocratie ; maintenant que les faits prouvent le contraire et que le gouvernement chinois a acquis la certitude que la torture et les emprisonnements d'oppoosants politiques ne font plus sourciller les capitales occidentales tant que le business n'est oas en jeu, nos dirigeants continuent à faire semblant de faire la leçon aux Chinois au nom de valeurs dont ils n'ont rien à faire.
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  • Denis Paquette - Abonné
    11 février 2012 16 h 01
    ?????
    Que penser d’un gouvernement qui se construit sans oppositions et dont le premier ministre est monarchiste
    Que penser d’un gouvernement qui démantèle la plupart des structures existantes et qui pompe tous les argents possibles
    Que penser de la fédération canadienne dans ce contexte
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  • France Marcotte - Abonnée
    11 février 2012 18 h 02
    Y'a quelqu'un?
    "En 2006, il (S.Harper) faisait valoir sans détour que le Canada ne compromettrait pas les valeurs canadiennes de promotion des droits de la personne au nom du «tout-puissant dollar». Cela, ajouté à son refus d'assister à l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin et à son appui au dalaï-lama, a refroidi considérablement le climat entre les deux capitales."

    Stupéfiant de constater la métamorphose de cet homme de principes en voyageur de commerce sans état d'âme particulier. Est-ce vraiment le même homme? Pas le même costume en tout cas.

    Je m'interroge: y a-t-il quelqu'un à l'intérieur d'un homme politique ou n'est-ce qu'une successions d'habits adaptés aux circonstances?
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  • Roland Berger - Abonné
    12 février 2012 12 h 04
    Image parfaite
    Plus il avance dans le monde de la politique, plus Harper devient l'image parfaite du conservateur moralisateur. Trouver aux autres les défauts qu'il s'évertue à leur cacher. Il pue l'hypocrisie !
    Roland Berger
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  •  
  • Dominique Beaulieu - Inscrit
    13 février 2012 03 h 46
    Vous n'aimez pas la politique étrangère de Harper?
    Et bien il fallait voter du bon bord en 1995!
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  •  
  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    13 février 2012 07 h 49
    Quelles affaires?
    On leur achète pour 44G alors qu'on leur vend pour un ridicule 13G. On se fait avoir tout rond. Et c'est pas fini l'écart ne fait que s'agrandir.
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