Harper en Chine - Les affaires d'abord
Le premier ministre Stephen Harper termine aujourd'hui une visite officielle en Chine. Le donneur de leçons sur la question des droits de la personne qu'il fut lors de son précédent séjour s'est mué en voyageur de commerce. Si son objectif de renforcer les liens commerciaux entre la Chine et le Canada a été atteint, force est de constater que c'est pas à pas que se réalisent les progrès.
L'établissement de relations commerciales avec la Chine est un long fleuve qu'avait entrepris de remonter le premier ministre Pierre Elliott Trudeau. Voilà 40 ans, il y envoyait une première mission commerciale, qui fut suivie d'un voyage officiel de sa part l'année suivante à l'occasion duquel se fit la reconnaissance officielle de Pékin par Ottawa. L'objectif de Trudeau, partagé par tous ses successeurs, était de diminuer la dépendance du Canada au marché américain. Quarante ans plus tard, la Chine est le deuxième partenaire du Canada, avec des échanges bilatéraux de 60 milliards... loin tout de même des échanges canado-américains, qui sont de 650 milliards.
Les premiers pas de Stephen Harper en Chine avaient marqué une rupture avec cette politique. En 2006, il faisait valoir sans détour que le Canada ne compromettrait pas les valeurs canadiennes de promotion des droits de la personne au nom du «tout-puissant dollar». Cela, ajouté à son refus d'assister à l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin et à son appui au dalaï-lama, a refroidi considérablement le climat entre les deux capitales.
Cette semaine, il aura tout fait pour rétablir la cordialité passée. Comme ses prédécesseurs, il a parlé affaires avant droits de la personne. Il était là pour vendre du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta, suivant le principe que l'on vend à qui veut acheter. Témoigne bien de ce changement d'attitude l'entente conclue pour la vente d'uranium. Ottawa permettra l'exportation de l'uranium de la Saskatchewan sans contraindre Pékin à limiter son usage à des fins pacifiques, ce qu'il avait toujours refusé. En contrepartie, Pékin a enfin accepté de signer un accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers dont les termes restent à être précisés. Le Canada attendait cette faveur depuis 1994.
La bonne façon de faire des affaires consiste à mettre de côté nos différends, a fait observer le vice-premier ministre Li Keqiang à un parterre d'hommes d'affaires canadiens. Le message a été bien reçu, car M. Harper est resté modéré dans l'expression de critiques à l'endroit des pratiques chinoises en matière de protection des droits de la personne. Il a abordé le sujet en public hier, mais de manière vague, sans soulever aucun cas précis, comme celui par exemple du Prix Nobel Liu Xiaobo, emprisonné. Son auditoire ne comptait aucun membre du gouvernement chinois.
Cette timidité du premier ministre est étonnante. Il a opté pour l'approche pragmatique des droits de la personne. Influencer plutôt que dénoncer. Il a choisi de miser sur le commerce comme levier pour améliorer les conditions économiques de ce pays et de sa population. Cela est fort bien, toutefois les fruits sont pour après-demain. Mais aujourd'hui, il y a des travailleurs qui sont exploités, des artistes qui sont emprisonnés, des citoyens qui n'ont pas droit de parole, ni de manifester. Et il y a le Tibet qui est toujours occupé. Les Canadiens, comme tous les Occidentaux qui profitent des biens produits à moindres coûts, ne peuvent être indifférents à leur sort. Leurs gouvernements non plus. Il y a là des désaccords avec les autorités chinoises qui ne peuvent être tus.
L'établissement de relations commerciales avec la Chine est un long fleuve qu'avait entrepris de remonter le premier ministre Pierre Elliott Trudeau. Voilà 40 ans, il y envoyait une première mission commerciale, qui fut suivie d'un voyage officiel de sa part l'année suivante à l'occasion duquel se fit la reconnaissance officielle de Pékin par Ottawa. L'objectif de Trudeau, partagé par tous ses successeurs, était de diminuer la dépendance du Canada au marché américain. Quarante ans plus tard, la Chine est le deuxième partenaire du Canada, avec des échanges bilatéraux de 60 milliards... loin tout de même des échanges canado-américains, qui sont de 650 milliards.
Les premiers pas de Stephen Harper en Chine avaient marqué une rupture avec cette politique. En 2006, il faisait valoir sans détour que le Canada ne compromettrait pas les valeurs canadiennes de promotion des droits de la personne au nom du «tout-puissant dollar». Cela, ajouté à son refus d'assister à l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin et à son appui au dalaï-lama, a refroidi considérablement le climat entre les deux capitales.
Cette semaine, il aura tout fait pour rétablir la cordialité passée. Comme ses prédécesseurs, il a parlé affaires avant droits de la personne. Il était là pour vendre du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta, suivant le principe que l'on vend à qui veut acheter. Témoigne bien de ce changement d'attitude l'entente conclue pour la vente d'uranium. Ottawa permettra l'exportation de l'uranium de la Saskatchewan sans contraindre Pékin à limiter son usage à des fins pacifiques, ce qu'il avait toujours refusé. En contrepartie, Pékin a enfin accepté de signer un accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers dont les termes restent à être précisés. Le Canada attendait cette faveur depuis 1994.
La bonne façon de faire des affaires consiste à mettre de côté nos différends, a fait observer le vice-premier ministre Li Keqiang à un parterre d'hommes d'affaires canadiens. Le message a été bien reçu, car M. Harper est resté modéré dans l'expression de critiques à l'endroit des pratiques chinoises en matière de protection des droits de la personne. Il a abordé le sujet en public hier, mais de manière vague, sans soulever aucun cas précis, comme celui par exemple du Prix Nobel Liu Xiaobo, emprisonné. Son auditoire ne comptait aucun membre du gouvernement chinois.
Cette timidité du premier ministre est étonnante. Il a opté pour l'approche pragmatique des droits de la personne. Influencer plutôt que dénoncer. Il a choisi de miser sur le commerce comme levier pour améliorer les conditions économiques de ce pays et de sa population. Cela est fort bien, toutefois les fruits sont pour après-demain. Mais aujourd'hui, il y a des travailleurs qui sont exploités, des artistes qui sont emprisonnés, des citoyens qui n'ont pas droit de parole, ni de manifester. Et il y a le Tibet qui est toujours occupé. Les Canadiens, comme tous les Occidentaux qui profitent des biens produits à moindres coûts, ne peuvent être indifférents à leur sort. Leurs gouvernements non plus. Il y a là des désaccords avec les autorités chinoises qui ne peuvent être tus.
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