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Réfugiés, étudiants, touristes - Le ministre décidera

Josée Boileau   17 février 2012  Canada
Il est facile quand on discute d'immigration, de réfugiés, de ceux venus de l'étranger pour étudier ou travailler, de trouver les mots qui inquiètent, de stimuler les réflexes qui font peur. C'est la spécialité des populistes de droite, et c'est sous ce couvert qu'hier, le ministre Jason Kenney a présenté son projet de loi sur les réfugiés. Il s'agit pourtant d'un recul démocratique.

La recette marche à tout coup: un ministre — de France, des États-Unis, du Canada... — clame que son pays est une passoire, et qu'il faut resserrer les lois d'immigration. Et l'écho populaire répond: il y a peut-être des clauses qui clochent mais au final, le gouvernement — Sarkozy, ou Bush, ou Harper — a donc raison de sévir! Car le plus important, c'est de mettre fin à cette arrivée massive de gens qui veulent profiter de notre système et peut-être même s'en prendre à nous.

Cette réaction, on l'a encore entendue hier dès le dépôt du projet de loi C-31 du ministre fédéral de l'Immigration Jason Kenney. Il faut dire que le ministre a su tirer toutes les ficelles. Il a dénoncé les faux demandeurs du statut de réfugié en provenance de la si démocratique Europe, donnant l'exemple de la Grande-Bretagne (en fait, les demandes viennent surtout de la Hongrie où la discrimination envers les Roms est effrayante); il a souligné la nécessité de bloquer la venue au pays de criminels (ah? On en trouve plus chez les réfugiés qu'ailleurs?); il a insisté sur les coûts que représentent les faux demandeurs d'asile...

Cibler ainsi les mauvaises têtes détourne l'attention de la toile de fond du projet de loi déposé, qui touche une foule de dispositions légales et que le gouvernement veut en vigueur pour l'automne. Ce qu'il faudrait pourtant retenir, c'est la grande latitude qui est ici donnée au politique, et le retrait de recours judiciaires pour les aspirants au statut de réfugié. Ce n'est pas bon signe.

D'autant qu'avec C-31, les conservateurs font fi de compromis négociés en bonne et due forme avec l'opposition en juin 2010 et qui restreignaient les pouvoirs que le gouvernement voulait alors se donner. Par exemple, l'ancienne loi prévoyait que la liste des pays sûrs (c.-à-d. peu susceptibles de produire des réfugiés) serait dressée avec des experts des droits de la personne. Dorénavant, c'est le ministre qui sévira. M. Kenney se défendait hier en disant qu'il s'agissait d'être efficace et que des critères sont prévus dans la loi. En fait, ceux-ci semblent bien malléables.

Par exemple, la loi dit que le ministre évaluera un pays à partir du pourcentage (qu'il va aussi déterminer) de demandes de réfugié rejetées par les instances canadiennes. Or, rappelait hier l'opposition néodémocrate, les conservateurs ont nommé de nombreux candidats défaits ou des donateurs du parti à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié. S'agit-il vraiment d'une enceinte objective qui peut créer des critères objectifs?

Et pourquoi donc cette obsession d'ajouter des données biométriques aux visas d'études, de travailleurs, de touristes? Pourquoi enquiquiner les centaines de milliers de personnes qui viennent ici, contribuer à notre économie et à notre ouverture au monde? Parce que les États-Unis le font aussi? C'est l'argument du ministre Kenney, auquel il ajoute la nécessité de stopper ceux qui nous veulent du mal ou abuser de notre générosité.

Mais au rythme où vont les conservateurs, le Canada n'aura bientôt plus grand générosité à distribuer, mais de la méfiance généralisée et une société de droits de plus en plus réduits. Sous sa séduction populiste, ce projet de loi qui sera adopté à toute vapeur en est une autre inquiétante démonstration.
 
 
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  • Daniel Houx - Inscrit
    17 février 2012 07 h 03
    Big brother
    Pourquoi ajouter des donées biométriques? Parce que ce gouvernement a le complexe du Big Brother paranoïaque. Il se méfie de ce qu'il ne contrôle pas.

    Comme le gouvernement est majoritaire, le pire s'en vient. Il deviendra de plus en plus parano et contrôlant.
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  • Philippe Bonneau - Abonné
    17 février 2012 07 h 51
    Big Brothers
    Malheureusement je pense que Danielh à raison
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  • Michele - Inscrite
    17 février 2012 07 h 53
    Le gouvernement royal Big Harper
    Le Canada n'a-t-il pas ratifié des conventions internationales concernant l'accueil des réfugiés?
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  • Q1234 - Inscrite
    17 février 2012 07 h 55
    Un Québec indépendant ça presse!


    Il faut sortir de là, c'est la solution que nous avons, le pouvoir que nous pouvons exercer!
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  • Gilles Arpin - Inscrit
    17 février 2012 08 h 27
    Immigrants illégaux
    Il y en a entre 35,000 et 120,000 au Canada. Selon la vérificatrice générale Sheila Fraser, les services d'immigration avaient perdu trace d'environ 41,000 d'entre eux.

    http://en.wikipedia.org/wiki/Illegal_immigration

    En juillet dernier, la Cour suprème a établi que les immigrants illégaux n'avaient aucun droit à certains bénifices accordés aux citoyens canadiens, en particulier en soins de santé.

    http://news.nationalpost.com/2011/07/08/illegal-im

    Il y a certainement des gens bien intentionnés prêts à être surtaxés pour ces illégaux, mais je ne suis pas de ceux-là...

    Il faut rester lucide et voir les deux côtés de la médaille, Mme Boileau.
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    17 février 2012 08 h 41
    De l'ordre
    Il est temps de mettre de l'ordre dans ntre choix des immigrants et qu'on cesse d'accepter les déchets de tous les pays du monde au nom de notre grande tolérance.. Ce qui ce dit dans es coulisses de nombreux pays: Vous voulez vous en débarasser, envoyez les au Canada, ils acceptent n'importe qui.
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  • Jean-Francis Du Cresson de la Rochandiere - Inscrit
    17 février 2012 11 h 51
    Immigration choisie
    Je suis assez d'accord avec Paul LAFRANCE. Le Canada est un très beau pays, qui a en plus le sens de l'accueil, mais cela, effectivement, ne veut pas dire qu'il faille accepter n'importe qui. Il faut choisir les immigrés dont on a besoin. Pour le Québec par exemple : j'ai déjà eu l'occasion de dire que la langue française au Québec doit être préservée, valorisée, améliorée. Il nous donc pour le Québec favoriser l'immigration de Français, jeunes et moins jeunes, étudiants surtout. Ceci est un gage d'amélioration de la qualité du français au Québec. Il y a eu tout un débat récemment sur les avantages dont bénéficient les étudiants français venant étudier ici, à Montréal notamment; je pense qu'il faut préserver et encourager cela contrairement à une remise en cause comme cela a été proposé ici et là. La langue française et par trop menacée. Encourageons les Français à venir s'installer au Québec!
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  • Leys - Inscrit
    17 février 2012 13 h 13
    @Paul Lafrance
    Monsieur,

    Je travaille pour l'immigration et ce que vous dites est on ne peut plus faux. La très grande majorité des immigrants reçus au Canada le sont sur des critères très sélectifs (âge, haut niveau de scolarité, expérience de travail, connaissance d'une des deux langues officielles, employabilité, etc.). Les côtoyant tous les jours, je pourrais vous dire sans gêne qu'ils dépassent le Canadien moyen en terme de savoir-vivre et d'éducation. Il y a certes des exceptions : les réfugiés, qui constituent une minorité des nouveaux arrivants, ne sont pas soumis aux mêmes critères de sélection, mais ils sont accueillis en raison d'engagements humanitaires signés par le CAnada. D'ailleurs, obtenir le statut de réfugié est une épreuve de patience. Traiter les immigrants de profiteurs du système, de criminels ou de "déchets" (quelle horreur) n'est rien de moins que de la démagogie raciste.
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