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Les travailleurs migrants sont victimes de discrimination

La Commission des droits de la personne souligne la vulnérabilité de ces travailleurs

La Presse canadienne   20 février 2012 14h45  Canada
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse affirme que les aides familiales résidantes, les travailleurs agricoles saisonniers et les autres travailleurs étrangers temporaires sont dans une situation de très grande vulnérabilité.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse affirme que les aides familiales résidantes, les travailleurs agricoles saisonniers et les autres travailleurs étrangers temporaires sont dans une situation de très grande vulnérabilité.
Les travailleurs migrants sont victimes de discrimination, constate la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

Dans un avis rendu public aujourd'hui, l’organisme affirme que les aides familiales résidantes, les travailleurs agricoles saisonniers et les autres travailleurs étrangers temporaires sont dans une situation de très grande vulnérabilité.

Ces travailleurs sont victimes de discrimination en raison de leur origine ethnique ou nationale, de leur race, de leur condition sociale, de leur langue et, dans le cas des aides familiales résidantes, de leur sexe.

Selon l’organisme, la vulnérabilité dans laquelle se retrouvent ces travailleurs migrants exerce une pression à la baisse sur les conditions de travail de l’ensemble des travailleurs qui œuvrent dans ces secteurs.

La Commission des droits de la personne croit que le gouvernement du Québec devrait mettre en place un programme d’immigration permanente plutôt que temporaire et ainsi limiter le recours aux travailleurs migrants.

De plus, selon l’organisme, les travailleurs migrants ne devraient plus détenir un permis de travail qui les limite à un seul emploi et un seul employeur. Ils devraient aussi être libres de demeurer ou non chez leur employeur.

7000 travailleurs

En 2010, le Québec a accueilli près de 7000 travailleurs migrants peu spécialisés, dont la plupart étaient originaires du Guatemala, du Mexique et des Antilles. Ils ont été employés principalement dans le secteur agricole.

De ce nombre, environ 400 aides familiales résidantes, en majorité originaires des Philippines, travaillaient dans des familles québécoises comme gardiennes d’enfants ou aides domestiques.

La Commission constate que les travailleurs migrants n’ont pas droit, notamment, à l’aide juridique, à l’aide sociale, à l’instruction publique et aux programmes de soutien à l’intégration des immigrants.

Ils sont aussi exclus de certaines dispositions du Code de travail, de la Loi sur les normes du travail, de la Loi sur la santé et la sécurité du travail et de la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles.

«Ce sont pourtant des personnes qui bénéficient de la protection de la Charte des droits et libertés de la personne au même titre que les résidents permanents ou les citoyens, a déclaré dans un communiqué le président de la CDPDJ, Gaétan Cousineau. Elles font partie du tissu social et contribuent à la vie économique du Québec.»

Weil étudie la décision


La ministre de l’Immigration Kathleen Weil étudie l’avis de la CDPDJ et réserve ses commentaires pour plus tard, a indiqué sa porte-parole.

«La question des travailleurs peu qualifiés a toujours été un dossier très important pour le ministère et pour la ministre et c’est pour ça qu’on veut prendre le temps de bien analyser le rapport avant de le commenter», a dit Yasmine Abdelfadel.
 
 
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    20 février 2012 16 h 21
    Incroyable!
    Ce gouvernement ne bouge que placé au pied du mur. On voit bien qu'il y a exploitation (comme du temps de l'esclavage) de travailleurs et de travailleuses. Il faut que ce soit un organisme para-gouvernemental qui sonne la fin de la récréation. Il reste que c'est honteux de traiter ainsi des êtres humains.
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  •  
  • Jack Bauer - Inscrit
    20 février 2012 16 h 57
    L'alternative
    hausser le salaire minimum, pour protéger les emplois que personne ne veut faire(sauf les immigrés qui viennent accomplir le travail avec plaisir grace a l'opportunité de travailler) et ainsi garantir un taux de chomage croissant, merci gouvernement, de faire en sorte que les immigrants passent du statut de travailleur a celui de numéro au crochet de l'état
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  • France Marcotte - Abonnée
    20 février 2012 17 h 39
    Ce que je vois ne peut pas être ce que je vois
    Avec une Charte des droits et libertés et tout le tralala, en principe et en théorie, l'esclavage ou quelque chose s'en approchant n'existe plus, ce mot ne peut donc correspondre à aucune réalité.

    Donc, si vous voyez quelque chose qui y ressemble, c'est que vous avez mal vu puisque cela n'existe pas...sur le papier.

    Alors, plutôt que de dire que ce que vous voyez est bien ce que vous voyez, il vous faudra trouver un autre mot, un mot acceptable, un mot qui est dans les écrits de la démocratie.
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  • claude plourde - Inscrit
    20 février 2012 20 h 29
    Belle hypocrisie que tout cela
    C'est bien évidents que les femmes de ménages qui viennent ici et se font exploiter, ça fait des lunes que c'est comme cela et le gouvernement le sait et ferme les yeux. Si les conditions de travail étaient correctes il y aurait des Canadiennes pour le faire. C'est la même chose pour les travailleurs agricole. Ils viennent ici et acceptent des conditions de travail inacceptable aux canadiens. Souvent illégales selon notre code du travail. Le gouvernement le sait et ferme les yeux pour le bénifice des exploiteurs qui les embauchent. Ceux qui font semblant d'être surpris de cette situation sont quand à moi "HYPOCRITES"
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  • EDP - Inscrite
    21 février 2012 07 h 33
    Reconnaissance du système quasi-esclavagiste québécois
    D'accord, si le terme "esclavage" apparaît pour certains inopportun, il est nécessaire toutefois, afin d'être honnête intellectuellement (c'est-à-dire de manière à reconnaître la responsabilité du gouvernement et de la majorité de la population dans le déni de droits fondamentaux à une partie de population active québécoise), de qualifier ces programmes de travail (sous interdiction de changer d'employeur et sous obligation de résider chez l'employeur, et sans possibilité de demander un statut permanent) de "quasi-esclavagistes" ou de "néo-esclavagistes". L'origine de ces programmes canadiens de "guestworkers" peut être établie au début du 17e siècle mais, de fait, ils se sont répandus à travers le monde surtout comme solution de remplacement à l'esclavage à la partir de la fin du 19e siècle et, comme l'esclavage, donnent accès à certains employeurs à des travailleurs liés légalement à eux, en pratique dans l'impossibilité de faire respecter quelque droit que la "démocratie" peut bien leur accorder "sur papier"... Le minimum, c'est la fin de l'hypocrisie. Ensuite, ça prend deux réformes. Une réforme du système de permis de travail et de validation de contrats de travail abusifs (reconnaissant par exemple à l'employeur agricole le droit de demander le rapatriement du travailleur ou son exclusion future du programme de travail canadien), et une réforme du système d'immigration afin de mettre fin à la négation systémique de l'apport de ces travailleurs québécois à la société et à l'économie.
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