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Libre opinion - Salut Falardeau !

Gabrielle Caron - Québec  14 décembre 2011  Québec
Un dimanche matin, début décembre. Falardeau, ne te fais pas de fausses joies, si je t'écris, c'est pas parce que les nouvelles sont bonnes... Je viens de m'asseoir pour lire Le Devoir de la fin de semaine, édition qui laisse comme un arrière-goût tant l'actualité est triste. Des matins comme ça, je prends un malin plaisir à m'imaginer que tu es encore en vie. À me demander, quels mots tu choisirais, quel sacre serait de mise, pour commenter l'actualité.

Je fantasme sur un article de ton cru réagissant au fait que Stephen Harper change les oeuvres d'art pour des portraits de la reine dans les ambassades canadiennes, qu'il abandonne la communauté internationale et nous tous, «Canadiens», en démissionnant de Kyoto, qu'il investit 7,5 millions pour célébrer les 60 ans de règne d'Elizabeth II, qu'il coupe les petites subventions pour le Wapikoni mobile, entre autres, entre milliers d'autres.

Et si tu voyais de quoi a l'air le pays ces jours-ci, le nôtre, le bleu... Je n'ai pas besoin de te dire que Charest est toujours le médiocre que tu as connu et que Pauline fait dur. Certains jours, ils font pitié; d'autres, ils font franchement peur. Le PQ se meurt, les nouveaux partis ne sont pas trop convaincants. Ils sont gras dur, les politiciens, depuis que tu n'es plus là pour les traiter de «mangeux de marde». Ça commence à faire longtemps que tu ne nous as pas parlé de la connerie congénitale ambiante. Il me semble que depuis ta mort, l'intégrité a pâli d'un ton au Québec.

Sinon... Pour nous changer des niaiseries qu'on entend, il y a Jean-François Nadeau qui vient de faire publier tes correspondances à Léon Spierenburg chez Lux. Tu parles de création, de ce feu en dedans qui se doit de produire, de faire quelque chose, et de combien c'est dur, non seulement de se battre contre soi-même pour le faire, mais de se battre contre les gens au pouvoir et contre les industries.

Tu étais fort, Falardeau. De ne pas baisser les bras. J'aimerais ça pouvoir te demander où tu l'as pris, ton courage. Je sais que tu étais amoureux du peuple, du petit monde, de la nature, de la simplicité et de la liberté... Mais dis-moi que toi aussi, y'a des saisons où la bataille te donnait le vertige.

Tu sais qu'il se fait désormais des sacs en tissu pour faire les courses sur lesquels on a écrit: «Pour les lâches, la liberté est toujours extrémiste.» — Pierre Falardeau. Ça doit être pour ça que tu faisais chier autant de monde, on est tellement vertueux en Occident, on n'aime pas trop s'avouer qu'on est des lâches et des vendus.

En attendant, je te lis et je te relis. J'écoute Ariane Moffatt, Chloé Sainte-Marie et les autres chanter la Bolduc. Dans ces moments-là, on croirait qu'il reste quelque chose. J'essaie de ne pas me laisser convaincre que la liberté est extrémiste. J'aimerais ça pouvoir te dire que je ne fais pas partie des lâches, mais je suis loin d'en être sûre. Les temps sont durs, Pierre.

Où sont les poètes? Je ne peux pas croire que Vigneault tient encore debout mais que nous autres, tous les autres, on s'aplatit toujours un peu plus. Faudrait peut-être se retrousser les manches, avant que les derniers combattants, les Richard Desjardins, Hugo Latulippe et Fred Pellerin s'écroulent avant leur heure à force de porter un peuple entier sur leurs épaules, un peu comme toi. Faudrait peut-être qu'on se le demande, où est-ce qu'on s'en va, si on veut de la relève. Parce que si les poètes sont disparus... qui c'est qui l'écrit, le demain?

En attendant, je prends plaisir à monter vers le nord, vers l'Abitibi. Aller visiter nos amis anishnapes qui, eux autres, n'ont pas besoin de dictionnaire ou de vertu pour être poètes. Je ne sais pas si ça te fait le même effet, mais quand je les regarde aller, les autochtones, après toute la merde que la politique, ancienne comme actuelle, leur fait manger, je cherche indéfiniment le secret, la raison pour laquelle ils en ont développé les qualités les plus humaines qu'il puisse y avoir.

J'ai peut-être trop d'espoir, mais je ne peux m'empêcher devant tant de beauté de penser que, finalement, l'humilité, la générosité, la communauté, l'intégrité, c'est peut-être tout sauf de la vertu, c'est peut-être juste, une question de survivance.

Depuis ta mort, le Québec est peut-être un peu plus poli, mais il me semble qu'il est un peu moins brillant.

***

Gabrielle Caron - Québec
 
 
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  • FERNAND - Inscrit
    14 décembre 2011 07 h 21
    Peuple,à genoux!
    C'est facile, après avoir lu un texte comme le vôtre, madame Caron, de dire merci.
    Et on passe à d'autres choses.
    Pourtant, nous devrons comme vous l'avez fait: Redressez la tête comme Pierre Falardeau.
    Il faut recommencer à sacrer et à agir.
    Nous maltraitons nos enfants, nous les laissons à eux-mêmes pendant que nous sommes dans les centres d'achat.
    Nous maltraitons nos femmes et souvent les tuons.
    Nous maltraitons nos vieillards, en cachette, dans les résidences bâties POUR eux!
    Depuis maintenant un mois les postes de TV et de radio et les journaux mettent en vente des pacotilles que nous allons offrir comme cadeaux à ceux et celles que nous allons lâchement faire souffrir et maltraiter le lendemain.
    Eh oui, madame Caron, nous avons besoin de Falardeau pour "brasser cette marde" de médiocrité ambiante d'hypocrisie et de violence enrobée par ce tapage commercial appelé Noël.
    Il y a malheureusement quelqu'un qui est venu nous chanter: "Peuple, à genoux", et l'avons crû. Nous devons commencer à se relever.
    Des Falardeau, il nous en faut mille.
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  •  
  • Pierre Coutu - Inscrit
    14 décembre 2011 08 h 11
    Merci
    C'est très touchant, Falardeau me manque cruellement.
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  • fruitloops - Inscrit
    14 décembre 2011 08 h 53
    Moi, j’ai honte à ma race.
    Falardeau tenait son peuple de jello à bout de bras. Je en sais pas où il trouvait le courage de continuer.

    Moi, j’ai honte à ma race.
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  •  
  • Laurent Desbois - Inscrit
    14 décembre 2011 09 h 05
    Dany Morin, mon député NDP bilingue favori, est déçu des derniers sondages, surtout pour le Québec!!!

    Pierre,
    Dany Morin, mon député NDP bilingue favori, est déçu des derniers sondages, surtout pour le Québec!!!
    Member of parliament NDP for Chicoutimi - Le Fjord at Gouvernment of Canada
    http://www.youtube.com/watch?v=DZomd36CWC8

    Vous trouverez ci-dessous un exemple de son amie NDP Françoise Boivin, concernant ce dernier sujet.
    http://www.youtube.com/watch?v=cTTRPPftDxY
    À 5 min. « Et si on croit fondamentalement dans le bilinguisme dans ce pays-ci… et moi j’y crois ! »

    Je vous demanderais de lui remonter le moral pour son anniversaire sur son Face de bouque la semaine prochaine, puisqu’il a bloqué et vidé les commentaires sur son youtube !!

    Né le 19 décembre 1985

    http://www.xtra.ca/blog/ottawa/post/2011/12/13/Dan

    Q: What was your low point?
    A: I was disappointed that in the polls lately, in Quebec especially! MDR
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  • Anne-Esther - Inscrite
    14 décembre 2011 09 h 21
    Debout, les Québécois?
    Eh oui, les Bourgault, Chartrand, Falardeau, Courtemanche, Pedneault, et cie nous manquent cruellement. Il faut croire que l'on préfère la vision des comptables sans imagination (regardez l'engouement pour la CAQ!). Bien sûr, il y a une certaine relève, mais trop peu à mon goût.

    On dirait qu'au Québec, on préfère s'indigner dans son salon, point barre. Pour ce qui est de l'action et de la fierté, on repassera.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    14 décembre 2011 09 h 24
    Le devoir de braise
    Lorsque le peuple perdait de sa flamme, F a su garder la braise.

    F a eu ce courage de garder la braise bien vivante lorsque la flamme s'épuisait.

    Le courage de braiser.

    «... finalement, l'humilité, la générosité, la communauté, l'intégrité, c'est peut-être tout sauf de la vertu, c'est peut-être juste, une question de survivance. » Et si c'était une réponse de PLAISIR, qui nous vient de la cohérence de nos vies avec ces valeurs énoncées ?
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  • Notsag - Abonné
    14 décembre 2011 09 h 49
    Où sont les poêtes?"
    Excellent texte, Mme Caron.

    À votre appel "Où sont les poêtes?", vous en trouverez plusieurs ici:

    http://www.optionnationale.org/appel-des-artistes/

    Pour ce qui est de Richard Desjardins, il serait du côté de Québec Solidaire: http://www.graffici.ca/nouvelles/loi-sur-les-mines
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  • Michel Leclaire - Abonné
    14 décembre 2011 10 h 14
    Le courrage
    Ce qu'avait M. Falardeau, le courage de dire ses convictions malgré la peur des conséquences, ce que peu de gens ont. Être ostracisé est pire que la mort.

    Michel Leclaire, ex-officier
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  • Françoise Breault - Abonnée
    14 décembre 2011 11 h 43
    Et Léo-Paul Lauzon?
    Tout comme Chartrand et Falardeau il nomme les vrais choses. Évidemment on va attendre qu'il soit mort pour l'encenser...

    Entre temps on invite plein d'économistes de droite aux émissions publiques, mais lui rarement...
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  • Roland Berger - Abonné
    14 décembre 2011 13 h 51
    Mille mercis !
    Mille mercis à Gabrielle Caron d'avoir rappelé à la mémoire de lecteurs du Devoir l'être courageux et batailleur qu'a été... qu'est Pierre Falardeau. Seules les utopies valent la peine qu'on se batte pour elles.
    Roland berger
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  • France Marcotte - Abonnée
    14 décembre 2011 19 h 36
    Sublimer
    Votre salut à Falardeau est conventionnel madame.

    Je crois que ce qu'il apprécierait, ce n'est certainement que nous attendions qu'il ressuscite ou qu'on se morfonde de son absence, non, mais plutôt que son exemple donne le goût et le courage de faire de soi-même, chacun à sa façon, des personnes dignes de ce nom.
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  • Anne-Esther - Inscrite
    14 décembre 2011 23 h 06
    Oh, oh, un peu de générosité!
    Madame M., votre message est double : d'abord il est assez mesquin dans votre première phrase; mais ensuite, peut-être avez-vous raison dans votre deuxième paragraphe? Toutefois, madame Caron a fait d'abord et avant tout fait montre d'amour et de générosité dans son texte, sachez le reconnaître! Si personne ne parle plus de nos absents, est-ce vous qui saurez écrire un texte de cette façon? J'en doute... Il faut avoir la trempe de madame Caron pour ainsi publier un tel texte. La critique est toujours facile pour ceux qui ne savent jamais faire d'éloge! Indignez-vous, et engagez-vous ensuite, d'abord avec votre plume, ensuite par vos actions.
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  • Danielle D - Inscrite
    15 décembre 2011 00 h 01
    MERCI Mme.Carron
    Dans la mémoire collective les fleurs d’engagement ne fleurissent pas toutes en même temps.

    Elles ne vivent pas le même temps, mais qu'elles s'expriment ou non elles ont toutes en commun la même essence .Celle d'être ce qu'elles sont dans leur identité intersecte et le transmettent en générations.
    Aux moments opportun elles se révèlent .Il ne suffit que d'en être conscient ,patient et de cueillir au bon moment.

    Falardeau, je le porte dans mon cœur, car il a raviver chez moi à mon retour à cette vie, le courage d'intervenir là ou je sais avoir choses à transmettre.J'ai la ferveur qui me fait moin peur, je l'exprime avec respect mais presque sans pudeur et me dis au tournant de quelques réponses moin éclairé et plus violente a recevoir, CHRISSS qu'il a u du courage ...

    Garder une larme de sa flamme vive qui ne s’éteindra jamais et que plusieurs préservent et partage chacun a leur façon en héritage «««L'amour du peuple,la passion de notre Patrie»»».

    Danielle Drolet de Kébec
    Fille et descendante de patriote.
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  • Celine Marie Boileau - Abonnée
    18 décembre 2011 12 h 07
    SALUT FALARDEAU
    Je suis complètement d'accord avec vous Gabrielle Caron, nous peuple Québecois, nous nous éteignons devant les magnats de l'argent, de la politique et du pouvoir. Récent exemple, hier, l'entraineur unilingue du Canandien, nous acceptons celà au nom du sport . . . Assez, c'est assez, nos parents, nos grand-parents se sont battus pour préserver notre langue et nos traditions, notre raison d'exister comme peuple francophone au sein d'un pays presque uniquement anglophone. . . .

    Réveillons nous SACRE BLEU, où est passé *notre sens patriotique* des annnées 70 ? Nous dormons tous au gaz de schiste où quoi ?

    Céline Marie Boileau, Baie des Brises, QC
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