Libre opinion - L'opportunisme de Jean Allaire
Simon Leduc, bachelier en science politique à l'Université de Montréal et ancien membre de l'ADQ
10 janvier 2012
Québec
Lettre à Jean Allaire
En 1992, vous avez quitté le Parti libéral du Québec pour former l'ADQ. Vous dites maintenant que l'Action démocratique a réussi à mettre à l'avant-plan des enjeux qui étaient négligés par la vieille classe politique: l'augmentation de la dette publique, la mixité en santé et la redéfinition du rôle de l'État. Dans ce cas, je vous donne raison. La grande réussite de cette formation politique est d'avoir remis en question le sacro-saint modèle québécois et ses défaillances. En 2007, l'ADQ a frôlé le pouvoir et elle était en train de renaître de ses cendres sous le leadership de Gérard Deltell. Alors, pourquoi êtes-vous en faveur de la disparition du parti que vous avez créé avec Mario Dumont?
L'ADQ et la CAQ proposent les mêmes idées.
Vous êtes en faveur de la fusion de l'ADQ avec la CAQ parce que, selon vous, elles défendent et prônent les mêmes valeurs et idées. Dans une lettre ouverte publiée dans les médias, vous dites: «Comme plusieurs, je reconnais dans cette jeune formation politique certaines valeurs et préoccupations qui ont toujours été au coeur de l'action politique de la formation adéquiste, comme la responsabilisation, l'autonomie et l'équité intergénérationnelle. Qui plus est, sur les 20 actions retenues initialement par la Coalition, une douzaine se retrouvent dans le programme de l'Action démocratique. C'est déjà un début prometteur»!
Vous pensez que François Legault partage la même philosophie politique que l'ADQ. Je ne suis pas d'accord avec vous. Le chef de la CAQ veut maintenir le monopole public en santé. Il est contre l'idée maîtresse de l'ADQ: la mixité en santé. Le supposé projet-pilote de François Legault est une insulte à l'intelligence des membres du parti. C'est seulement une façon pour lui de mettre ce dossier sous le tapis et de rallier le caucus adéquiste à sa cause. L'ancien ministre de la Santé propose la même chose que les deux partis du statu quo: améliorer le système public en y injectant plus d'argent. Cela est voué à l'échec et le bilan des gouvernements précédents dans ce domaine le prouve bien.
Votre successeur, Mario Dumont, croyait fortement que la seule solution aux problèmes en santé était la mise en place d'un système mixte: «Pour l'ADQ, un système de santé mixte est la seule solution qui permette d'additionner les contributions de tous les acteurs pour parvenir à offrir plus de services sans demander aux contribuables de se serrer encore plus la ceinture en payant des impôts additionnels.»
Donc, il faut se dire les vraies choses. Vous êtes prêt à violer la valeur fondamentale de l'ADQ en échange d'une participation au pouvoir. C'est de l'opportunisme pur et simple.
Vous croyez dur comme fer que l'ADQ n'a pas d'avenir dans le paysage politique québécois et qu'elle doit joindre les rangs de la CAQ afin de survivre. Vous êtes prêt à sacrifier les idées et les valeurs de votre parti. Cela me dépasse. Mario Dumont n'a jamais voulu renier ses principes en échange d'un poste de ministre. En effet, l'ancien chef adéquiste avait refusé de se joindre au PQ de Lucien Bouchard en 1996. Un poste de ministre lui était pourtant assuré.
Après 17 ans d'existence, l'Action démocratique du Québec va disparaître du spectre politique québécois. Pendant quinze ans, Mario Dumont a traîné ce parti sur ses épaules avec courage et conviction. Monsieur Allaire, vous avez décidé (avec l'establishment du parti) que l'ADQ devait cesser d'exister, sans avoir réellement consulté les membres lors d'un congrès en bonne et due forme. C'est vraiment un geste antidémocratique. Vous avez donné l'ADQ sur un plateau d'argent à un péquiste de gauche efficace. Les antifusionnistes doivent voter massivement contre cette mascarade. Dans le cas d'une victoire du camp du OUI, la droite québécoise va sombrer dans l'obscurité politique. Je crois que c'est votre désir le plus profond, M. Allaire.
***
Simon Leduc, bachelier en science politique à l'Université de Montréal et ancien membre de l'ADQ
En 1992, vous avez quitté le Parti libéral du Québec pour former l'ADQ. Vous dites maintenant que l'Action démocratique a réussi à mettre à l'avant-plan des enjeux qui étaient négligés par la vieille classe politique: l'augmentation de la dette publique, la mixité en santé et la redéfinition du rôle de l'État. Dans ce cas, je vous donne raison. La grande réussite de cette formation politique est d'avoir remis en question le sacro-saint modèle québécois et ses défaillances. En 2007, l'ADQ a frôlé le pouvoir et elle était en train de renaître de ses cendres sous le leadership de Gérard Deltell. Alors, pourquoi êtes-vous en faveur de la disparition du parti que vous avez créé avec Mario Dumont?
L'ADQ et la CAQ proposent les mêmes idées.
Vous êtes en faveur de la fusion de l'ADQ avec la CAQ parce que, selon vous, elles défendent et prônent les mêmes valeurs et idées. Dans une lettre ouverte publiée dans les médias, vous dites: «Comme plusieurs, je reconnais dans cette jeune formation politique certaines valeurs et préoccupations qui ont toujours été au coeur de l'action politique de la formation adéquiste, comme la responsabilisation, l'autonomie et l'équité intergénérationnelle. Qui plus est, sur les 20 actions retenues initialement par la Coalition, une douzaine se retrouvent dans le programme de l'Action démocratique. C'est déjà un début prometteur»!
Vous pensez que François Legault partage la même philosophie politique que l'ADQ. Je ne suis pas d'accord avec vous. Le chef de la CAQ veut maintenir le monopole public en santé. Il est contre l'idée maîtresse de l'ADQ: la mixité en santé. Le supposé projet-pilote de François Legault est une insulte à l'intelligence des membres du parti. C'est seulement une façon pour lui de mettre ce dossier sous le tapis et de rallier le caucus adéquiste à sa cause. L'ancien ministre de la Santé propose la même chose que les deux partis du statu quo: améliorer le système public en y injectant plus d'argent. Cela est voué à l'échec et le bilan des gouvernements précédents dans ce domaine le prouve bien.
Votre successeur, Mario Dumont, croyait fortement que la seule solution aux problèmes en santé était la mise en place d'un système mixte: «Pour l'ADQ, un système de santé mixte est la seule solution qui permette d'additionner les contributions de tous les acteurs pour parvenir à offrir plus de services sans demander aux contribuables de se serrer encore plus la ceinture en payant des impôts additionnels.»
Donc, il faut se dire les vraies choses. Vous êtes prêt à violer la valeur fondamentale de l'ADQ en échange d'une participation au pouvoir. C'est de l'opportunisme pur et simple.
Vous croyez dur comme fer que l'ADQ n'a pas d'avenir dans le paysage politique québécois et qu'elle doit joindre les rangs de la CAQ afin de survivre. Vous êtes prêt à sacrifier les idées et les valeurs de votre parti. Cela me dépasse. Mario Dumont n'a jamais voulu renier ses principes en échange d'un poste de ministre. En effet, l'ancien chef adéquiste avait refusé de se joindre au PQ de Lucien Bouchard en 1996. Un poste de ministre lui était pourtant assuré.
Après 17 ans d'existence, l'Action démocratique du Québec va disparaître du spectre politique québécois. Pendant quinze ans, Mario Dumont a traîné ce parti sur ses épaules avec courage et conviction. Monsieur Allaire, vous avez décidé (avec l'establishment du parti) que l'ADQ devait cesser d'exister, sans avoir réellement consulté les membres lors d'un congrès en bonne et due forme. C'est vraiment un geste antidémocratique. Vous avez donné l'ADQ sur un plateau d'argent à un péquiste de gauche efficace. Les antifusionnistes doivent voter massivement contre cette mascarade. Dans le cas d'une victoire du camp du OUI, la droite québécoise va sombrer dans l'obscurité politique. Je crois que c'est votre désir le plus profond, M. Allaire.
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Simon Leduc, bachelier en science politique à l'Université de Montréal et ancien membre de l'ADQ
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