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Libre opinion - Les choses vont bien pour le PQ

Simon Couillard - Professeur de philosophie au cégep de Drummondville  25 janvier 2012  Québec
Il n'est pas toujours facile de suivre les militants péquistes, de les suivre dans leur empressement et leurs émotions. C'est sans doute qu'ils entretiennent au quotidien une ambition peu banale. Mieux vaut ça que le cynisme ordinaire, parfois.

Pour ma part, je n'ai pas compris le rejet viscéral du concept de «gouvernance souverainiste»: à défaut de pouvoir faire l'indépendance à court terme, aussi bien mener le combat autrement et viser des gains potentiels. On préfère, pour toutes sortes de raisons, l'idée d'un Canada définitivement invivable. Quoi qu'il en soit, cette stratégie me semblait être une heureuse rupture, en principe, avec le Parti québécois des «conditions gagnantes».

Or, il apparaît que la donne change très rapidement depuis un temps: la Coalition avenir Québec est en selle, le leadership de Pauline Marois est maintenant solide, il ne reste plus de mou autour du noyau d'électeurs francophones du Parti libéral du Québec, une lutte à trois se profile au cours d'éventuelles élections qui ne sauraient tarder... mais l'humeur a quelque chose d'instable. La tactique électorale n'a jamais demandé autant de flexibilité au Québec!

En cette matière, les péquistes ont un avantage durable dans le sens où ils conçoivent une vérité qui conditionne immanquablement le réel: le statut constitutionnel du Québec est une question fondamentale. Précisément, il est au fondement de toute politique cohérente. La fatigue, malheureusement pour les fatigués, n'y peut rien.

La question nationale a toujours été, de Papineau à aujourd'hui, en passant par Mercier, Duplessis, Lesage, Johnson, Lévesque, Bourassa, etc., la bête à chevaucher. De nos jours, c'est l'ours dans le salon caquiste. Pourquoi les péquistes, parmi tous, laisseraient-ils l'animal dormir?

Si on interprète correctement les chiffres, il pourrait être éminemment rentable pour les souverainistes de sonner la charge. La raison est assez simple: la division des électeurs sur cette question, pour une fois, leur profiterait abondamment. Il importerait de forcer le jeu, ce qui est en soi, et particulièrement dans le contexte qui est le nôtre, un défi à l'art politique.

Il y a un autre avantage significatif pour les péquistes dans ce jeu: M. Legault a déjà montré ses cartes. Sa défense prévisible est connue: on ne veut pas en parler. Il ne peut plus en parler. À s'affirmer conséquemment nationaliste, il risquerait l'implosion de son parti.

Du côté du Parti québécois, la victoire ne saurait provenir du simple débat direct et bilatéral. Ce qui devient intéressant pour lui, c'est de voir M. Charest entrer dans le jeu et pousser le chef de la CAQ à se définir davantage: soit ce dernier privilégie l'unité du parti en multipliant les professions de foi fédéralistes, soit il privilégie son électorat francophone en s'engageant dans une définition plus précise des intérêts, forcément constitutionnels, du Québec, créant ainsi la confusion au sein du parti. S'il ne parle pas, on peut prévoir qu'on parlera à sa place.

Le pari qu'on pourrait faire sans trop de risques, advenant que le PQ emprunte cette voie frontale, c'est que M. Legault se conformera davantage au moule canadien. Ainsi, on peut prévoir une division du vote chez les fédéralistes: modeste dans les circonscriptions anglophones, fort risquée dans les circonscriptions francophones. Pour ces dernières, le Parti libéral est suffisamment loin derrière pour que l'effritement éventuel de la CAQ, même s'il bénéficiait davantage aux libéraux dans le cas peu probable où M. Legault se fasse champion de la cause québécoise, profite largement au Parti québécois. Il n'est pas non plus hasardeux de penser que le vote marginal pour QS diminue à son compte et qu'une proportion incertaine des abstentionnistes reprenne le chemin des urnes.

Peu importe ce qu'il adviendra, le projet réformiste et la main tendue de François Legault auront permis de déconstruire un temps la politique au Québec. Néanmoins, on devra constater, encore, qu'on ne peut faire disparaître la question nationale aussi magiquement dans nos têtes que dans la réalité.

***

Simon Couillard - Professeur de philosophie au cégep de Drummondville
 
 
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  • François Ricard - Abonné
    25 janvier 2012 06 h 25
    J'approuve
    Le PQ, comme l'a dit M. Landry hier et M. Parizeau depuis toujours, doit mettre le cap sur l'indépendance et se débarrasser une fois pour toutes de l'étapisme.
    Pour bien réussir cette manoeuvre, il devra remplacer Mme Marois et sa gouvernance souverainiste qui sont tous les deux rejetés par l'électorat par un leader plus jeune qui, convaincu de la nécessité de la nouvelle orientation, incarnera ce changement nécessaire.
    Sinon, il y a bien des chances que le PQ subisse une belle raclée lors de la prochaine élection.
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    25 janvier 2012 07 h 08
    La gouvernance souverainiste
    Il y a des limites ou la gouvernance souverainiste peut aller. Mme Marois et le PQ ne peuvent pas quand même poser des actes ou faire voter des lois anticonstitutionnels. Elle ne pourrait lever une armée Québécoise, ouvrir des ambassades, etc. Le PQ, et dans une moindre mesure, le Parti Libéral, ont rapatrié au cours des quelque dernières 70 années, à peu près tous les pouvoirs que la Contitution octroie aux Provinces. Et si le Québec comble tous ses champs d'activités, on peut se demander de quoi il peut se plaindre. Donc, la gouvernance souverainiste ne peut se faire que dans un Québec séparé. Il me semble que c'est facile à comprendre, monsieur le professeur.
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  • bourgeoisgentilhomme - Inscrit
    25 janvier 2012 07 h 12
    D'autres nostalgiques
    Les québéçois de Papineau à aujourd'hui semble dire oui à de plus grands pouvoirs constitutionnels mais restent déterminés à rester dans le Canada. Je pense que Marois va conserver son idée de gouvernance souverainiste et enverra paître les Landry et Parizeau. Si ces deux là voulaient faire l'indépendance et qu'ils savaient si bien s'y prendre, ils seraient restés là.
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    25 janvier 2012 07 h 59
    Vs etes de Drummondville?
    Connaissez-vs le député péquiste de Drummond? C'est le plus grand pauliniste au Québec. Il aurait pu écrire votre texte tellement vous parlez comme lui
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  • Jean Lapointe - Abonné
    25 janvier 2012 08 h 23
    Vive la «gouvernance souverainiste»

    Mettre le cap sur l'indépendance ça peut vouloir dire plusieurs choses.

    Pour certaines personnes, ça veut dire, semble-t-il, mettre fin à l' «étapisme» , réduire l'idée à un changement constitutionnel et y aller directement.

    A mon avis une telle attitude risquerait d'être suicidaire. A vouloir aller trop vite on risquerait de tout gâcher.

    Pour d'autres, dont je suis, c'est ne pas perdre de vue le but ultime mais adopter différentes stratégies susceptibles d'amener de plus en plus de Québécois à la vouloir l'indépendace. C'est ce que se veut je pense la «gouvernance souverainiste».

    A mon avis ce n'est pas l' indépendance pour l'indépendance qu'il s'agit de vouloir. Il faut plutôt faire en sorte que le plus de Québécois possible la désirent parce qu'ils auront compris que ce serait à leur avantage que d'y accéder.

    L'indépendance ça doit être l'affaire du plus grand nombre possible de Québécois plutôt que l'affaire que de quelques uns. Ce ne peut être qu'un simple problème technique.

    Actuellement il y a encore trop de gens qui ne voient pas le problème et qui, par conséquent, ne comprennent pas pourquoi ils voteraient pour la souveraineté. Certains pourraient être contre mais encore faudrait-il qu'ils reconnaissent qu'il y a problème.

    La souveraineté ne peut leur apparaître comme une solution s' ils ne voient pas le problème auquel elle se veut une réponse.

    Il s'agit donc de créer des mises en situation (comme à l'école )susceptibles de provoquer des remises en question et des prises de conscience dans la population.

    Après tout c'est pour tout le monde que l'indépendance devrait être souhaitable, pas seulement pour quelques uns.

    Il faut bien savoir à quoi ça devrait servir l'indépendance.

    Contrairement à ce que disait Jean Chrétien, ce ne peut être qu'un caprice.

    Encore faut-il le démontrer et essayer être convainquant.
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  • Vive le Québec libre - Inscrit
    25 janvier 2012 08 h 34
    Attention ! Pensons Patrie! et pensons au PQ !
    Attention ! Pensons Patrie! et pensons au PQ. A ce jour nous n'avons plus d'alternative, donc mettons les pensées négative au placard, et avançons enfin pour sauver les meubles avec Pauline. En tout cas je me défends de faire disparaître le PQ juste parce que notre Chef ne plait pas.
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  • François Ricard - Abonné
    25 janvier 2012 08 h 57
    @ bourgeoisgentilhomme
    Et l'électorat enverra paître Mme Marois et sa gouvernance souverainiste.
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  • France Marcotte - Abonnée
    25 janvier 2012 09 h 35
    Logique et pas logique
    En remettant constamment en cause le leadership de madame Marois, en réalité ce que fait son entourage, c'est de douter et de nous faire douter de son intention de vouloir la souveraineté du Québec.

    Sinon, c'est sur la manière d'y parvenir qu'on n'est pas d'accord?

    Mais comment choisit-on un chef dans un parti si ce n'est pas beaucoup pour sa sagesse hors du commun?

    On nous dit que madame Marois qui a été élue en toute connaissance de cause sur ses intentions avec 93% d'appuis ne voudrait pas au fond de la souveraineté du Québec?

    Si c'est sur la manière qu'on est pas d'accord, on nous dit qu'on a élu un chef sans faire confiance à ses capacités.

    Ou bien on est d'accord sur sa manière et convaincus de ses convictions mais on la renie sous toutes sortes de prétextes si les sondages, menés on ne sait comment, lui sont défavorables.

    Comme soutien au chef que l'on a choisi, on a déjà vu mieux.
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  • Louka Paradis - Inscrit
    25 janvier 2012 09 h 45
    Une chose et son contraire
    Je dis que j'approuve, mais dans mon texte, je dis exactement le contraire... Comment est-ce qu'on appelle ce procédé, M. Ricard ???
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    25 janvier 2012 10 h 05
    C'est quoi, rejeter l'étapisme?
    Si c'est déclarer l'indépendance dès que le Partit québécois serait élu, c'est ridicule et suicidaire. Tous les pays qui se sont récemment déclarés indépendants ont passé par référendum.
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  • Henri Marineau - Inscrit
    25 janvier 2012 10 h 11
    Bonnet blanc...blanc bonnet!
    Vous dites:

    "Pour ma part, je n'ai pas compris le rejet viscéral du concept de «gouvernance souverainiste»: à défaut de pouvoir faire l'indépendance à court terme, aussi bien mener le combat autrement et viser des gains potentiels. On préfère, pour toutes sortes de raisons, l'idée d'un Canada définitivement invivable. Quoi qu'il en soit, cette stratégie me semblait être une heureuse rupture, en principe, avec le Parti québécois des «conditions gagnantes»."

    La gouvernance souverainiste n'est pas une "heureuse rupture avec le Parti québécois des conditions gagnantes", elle n'en est qu'une copie conforme reformulée! Que nous attendions les conditions gagnantes ou que nous quémandions ces mêmes conditions auprès du fédéral, le résultat a toujours été négatif depuis des décennies!
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  • François Ricard - Abonné
    25 janvier 2012 11 h 45
    Les conditions gagnantes
    Cela fait plus de quarante années que nous attendons les conditions gagnantes. Un autre épisode de quarante ans et nous n'aurons plus besoin de conditions gagnantes, Nous aurons tout perdu.
    Les conditions gagnantes, il ne faut pas les attendre mais les créer. Comme prôné par M. Aussant et l'ON; par Messieurs Landry et Parizeau.

    M. Bouchard aurait eu l'occasion idéale de commencer à créer des conditions gagnantes. Comme Bourassa avant lui. Les deux ont plié devant les oligarques.

    Alors la gouvernance souverainiste pour nous conduire à des conditions gagnantes, c'est de la foutaise. La population veut autre chose. Les résultats du 2 mai avec la déconfiture du Bloc aurait dû sonner le réveil du PQ et de sa chef Mme Marois. Pas du tout. On a simplement continué comme avant, comme si rien ne s'était passé.

    Comme M. Landry le disait hier, comme M. Parizeau l'a toujours dit: Cap sur l'indépendance!

    Quelques jours avant sa mort, René Lévesque confiait à quelques membres de on entourage:" Finalement, c'est Parizeau qui avait raison."
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    25 janvier 2012 16 h 51
    Je suis d'accord
    Il faut créer les conditions gagnants. Mais pas en imposant des règles par avance, du genre référendum d'initiative populaire, dans un premier mandat ou des disputes internes.
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