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Construction - Dialogue de sourds

Jean-Robert Sansfaçon   3 février 2012  Québec
La FTQ-Construction met sa menace à exécution et refuse de participer au comité de transition patronal-syndical qui doit précéder l'entrée en vigueur du nouveau mécanisme de placement prévu pour décembre prochain. Tant pis, rétorque la ministre du Travail, Lise Thériault, les membres pourront changer d'allégeance si la FTQ les représente mal. Une partie de bras de fer aussi inutile qu'improductive.

La loi 33 adoptée en décembre dernier met fin au placement des travailleurs sur les chantiers construction par leurs syndicats de métiers respectifs. Désormais, tous les ouvriers disponibles dans une région devront s'inscrire auprès de la Commission de la construction du Québec (CCQ), qui les dirigera vers les emplois disponibles.

Les syndicats pourront toujours «référer» leurs membres à la CCQ, mais pour ce faire, ils devront détenir un permis de la CCQ et l'intervention se résumera à faire valoir l'expérience et les compétences de chacun. Plus question de négocier directement avec les entrepreneurs, encore moins d'imposer les membres de leur choix.

Pour préparer cette transition, les syndicats sont invités à participer à un comité présidé par le sous-ministre de Travail et formé d'un nombre égal de représentants patronaux et syndicaux. Or, depuis la présentation du projet de loi, l'automne dernier, les deux regroupements de syndicats de métiers qui représentent à eux seuls 70 % des travailleurs de l'industrie, la FTQ-Construction et le Conseil provincial (International), rejettent catégoriquement cette approche, de même qu'ils rejettent la représentation égalitaire des syndicats minoritaires à la CCQ.

De son côté, la ministre Lise Thériault, qui profite d'un fort appui populaire depuis sa performance en commission parlementaire, est tout aussi catégorique: la loi s'appliquera telle quelle, point à la ligne.

Mais voilà: sans la collaboration des syndicats de métiers qui ont assuré le placement depuis des décennies, il est difficile d'imaginer que tout se passera bien. Contrairement à une usine, la construction est une industrie très décentralisée dont les besoins en main-d'oeuvre spécialisée varient d'un chantier à l'autre et d'un jour à l'autre. De même pour les ouvriers, dont la disponibilité varie d'un jour à l'autre.

Pour répondre efficacement aux demandes souvent pointues des entrepreneurs, il faudra une armée de fonctionnaires accessibles en tout temps au bout du fil, chacun étant au fait des compétences particulières et de la disponibilité des gens de métier de la région. Le contraire en somme de la culture bureaucratique qu'on trouve dans toutes les grandes organisations, qu'elles soient publiques ou privées.

Avec la nouvelle loi, on attend beaucoup de la CCQ, sans doute trop. Il faudra des mois, voire des années avant d'atteindre une vitesse de croisière satisfaisante. Entre-temps, l'industrie de la construction est menacée d'instabilité.

Inutile de rappeler les motifs qui ont conduit le gouvernement à apporter des changements. D'ailleurs, personne d'autre que les deux syndicats les plus touchés ne demande à Mme Thériault de revenir en arrière. Mais entre le statu quo et la bureaucratisation, il existe certainement des formules plus souples et surtout non partisanes qui profiteraient de la collaboration des syndicats de métiers au placement de leurs membres. Encore faut-il, bien sûr, qu'on en discute, et que du côté syndical, on abandonne l'idée d'utiliser le placement professionnel comme principal argument de vente auprès des membres.
 
 
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  • Guy Fauteux - Abonné
    3 février 2012 05 h 03
    Un jour les Quebecois devront se rendre a l'evidence
    Avec la CCQ on as cree un monstre.
    Il faudrais l'abattre avant qu'il nous ruine.
    Quand on est rendu a forcer un proprietaire d'entreprise a se payer du syndicat pour travailler sur un chantier il y as probleme.
    Quand il devient illegal pour un employeur de deplacer un de ses travailleurs d'une region a l'autre du Quebec il y as probleme.
    Par contre il est legal d'embaucher un travailleur de l'ontario et le faire travailler partout au Quebec chercher l'erreur.
    Gerer l'offre et la demande d'emploie ailleur au Canada est tellement plus simple.Pour cette tache Une banque de donnee pan Canadienne fonctionne a merveille soit Job Bank du gouvernement Canadien,
    Un entrepreneur de la construction Canadien.
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  • Rock Beaudet - Abonné
    3 février 2012 06 h 06
    Base de donnée québécoise
    Il suffit de monter une base de données avec les données de Joe: compétences, disponiblité, ancienneté, région, autres infos. Le constructeur voit que Joe peut travailler pour son projet débutant dans 10 jours et qu'il a ce qu'il faut et qu'il est rendu à lui. Et vlan pour les gros bras qui deviennent inutiles!!!
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  • Charles F. Labrecque - Abonné
    3 février 2012 08 h 49
    Vous en mettez trop
    Après avoir passé 25 ans de ma vie sur la construction à Montréal et ailleurs en province je trouve que vous poussez un peu lorsque vous dites que les besoins changent d'un journée à l'autre sur chaque chantier. Non peut-être autrefois cella était le cas mais aujourd'hui la majorité des chantiers sont mieux gérés et la planification permet de connaître d,avance les besoins en main-d'oeuvre. Par contre je vous dirais que le fait de subir les contraintes parfois malsaines imposées par les syndicats et les exigences réclamées par les délégués syndicaux valent ces changements. Cependant je vous donne raison toute en souhaitant que ce service soit mieux géré que notre système de santé, parce que se sera la catastrophe dans l'industrie. Il faudra ne pas oublier, de garder un œil attentif sur les actions que pourraient faire les syndicats dans le seul but de bousiller le système avec l'espoir de revenir roy et maître, comme dans le passé qui a trop perduré.
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  • Roland Berger - Abonné
    3 février 2012 12 h 40
    Le résultat final ?

    Je n'ose me joindre à ceux et celles qui voient dans la Ministre une femme forte qui ose mettre les syndicats à l'ordre « social ». Mais si la FTQ a raison quant à l'absence de pouvoir de la CCQ, l'organisme gouvernemental chargé du placement des ouvriers de la construction, le résultat final sera de laisser les entrepreneurs faire à leur tête. Et comme Madame la Ministre fait partie du gouvernement de Jean Charest, un tel résultat n'aurait rien de surprenant. Il semble même dès plus probable.
    Roland Berger
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  • Marcel Lavoie - Inscrit
    3 février 2012 16 h 21
    Où est Jean Cournoyer
    C'est lui qui a instauré le permis de travai pour la construction et de là origine l'escalade de tous les probèmes de la construction.

    Un permission pour travailler, faut le faire: avoir la permissioon ( par permis ) de gagner sa vie

    Elle est bonne en ...................
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  • Daniel Guay - Abonné
    3 février 2012 18 h 34
    @Marcel Lavoie
    Tout-à-fait d'accord, mais vous oubliez de préciser que ce sont les ... syndicats qui émettent ces '' permis'' (cartes)
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