Plan Nord - Le flou s'installe
D'ici 2020, 20 % de la superficie du territoire du Plan Nord sera définie comme «zone protégée». Pour la fraction de 30 % supplémentaire que l'on promet aussi de protéger, cela dépendra du résultat des projets pilotes conçus pour savoir comment il est possible de concilier développement et protection de l'environnement. Tout cela est d'un flou!
Certains groupes de protection de la nature ont été agréablement surpris d'entendre le premier ministre Jean Charest et son ministre du Développement durable, Pierre Arcand, annoncer dimanche que 20 % du territoire du Plan Nord serait classé «aire protégée» au lieu des 12 % prévus initialement. Ce faisant, le Québec atteindrait la cible internationale établie à Nagoya visant à protéger 17 % de l'ensemble du territoire.
Mais est-ce un bien pour un mal? Après tout, en augmentant ainsi la cible dans le Nord, vaste région peu habitée, ne vient-on pas d'abaisser la barre des efforts nécessaires pour le Sud, où seulement 8 % du territoire est protégé?
En forêt boréale, le gouvernement réitère son engagement d'accorder ce statut d'«aire protégée» à 12 % de territoire continu. Là encore, ne faudrait-il pas être beaucoup plus précis dans la localisation des zones à protéger compte tenu de la fragilité de la bande le plus au nord où les arbres mettent 150 ans pour atteindre une taille raisonnable, demande Nature Québec?
Selon Greenpeace, il aurait fallu décréter «aire protégée» la moitié de tout le territoire nordique au lieu de seulement 20 %. Difficile de dire si la revendication est excessive, faute d'études en ce sens. Ce que l'on sait par contre, c'est que les orientations gouvernementales ne présentent pas non plus de critères objectifs, sinon celui de l'intérêt manifesté par les sociétés minières pour les zones qui les intéressent.
Pour encadrer les activités sur le territoire et coordonner les projets pilotes de cohabitation qui verront le jour à l'extérieur des aires protégées, le ministère entreprendra dès l'an prochain une «démarche de planification écologique». L'intention est louable, mais on se demande ce qu'elle recoupe et s'il ne s'agit pas surtout de justifier la présence des promoteurs dans des zones qui auraient dû faire l'objet d'une protection stricte.
Contrairement à l'impression que ce gouvernement veut propager, le Plan Nord est d'abord l'affaire des géants de l'industrie, à qui l'on promet de venir en aide pour faciliter l'accès aux ressources, et ce, où qu'elles se trouvent sur le territoire. Avant l'invention de ce concept par le bureau du premier ministre, les sociétés étaient laissées à elles-mêmes pour construire les infrastructures en retour de déductions fiscales et de crédits d'impôt. Avec le Plan Nord, Québec s'engage au nom des contribuables à financer directement une partie de ces infrastructures routières, énergétiques et urbaines sous prétexte qu'elles serviront aussi au tourisme et aux habitants du coin.
En faisant connaître des orientations qui restent vagues en matière d'environnement, le gouvernement Charest tente de rassurer les Québécois. Dans les faits, le facteur déterminant pour le développement du Nord sera la décision des sociétés minières d'investir ou non là où elles découvriront du minerai. Et cette décision dépend beaucoup moins de l'existence d'un plan gouvernemental que du prix des ressources sur les marchés.
Certains groupes de protection de la nature ont été agréablement surpris d'entendre le premier ministre Jean Charest et son ministre du Développement durable, Pierre Arcand, annoncer dimanche que 20 % du territoire du Plan Nord serait classé «aire protégée» au lieu des 12 % prévus initialement. Ce faisant, le Québec atteindrait la cible internationale établie à Nagoya visant à protéger 17 % de l'ensemble du territoire.
Mais est-ce un bien pour un mal? Après tout, en augmentant ainsi la cible dans le Nord, vaste région peu habitée, ne vient-on pas d'abaisser la barre des efforts nécessaires pour le Sud, où seulement 8 % du territoire est protégé?
En forêt boréale, le gouvernement réitère son engagement d'accorder ce statut d'«aire protégée» à 12 % de territoire continu. Là encore, ne faudrait-il pas être beaucoup plus précis dans la localisation des zones à protéger compte tenu de la fragilité de la bande le plus au nord où les arbres mettent 150 ans pour atteindre une taille raisonnable, demande Nature Québec?
Selon Greenpeace, il aurait fallu décréter «aire protégée» la moitié de tout le territoire nordique au lieu de seulement 20 %. Difficile de dire si la revendication est excessive, faute d'études en ce sens. Ce que l'on sait par contre, c'est que les orientations gouvernementales ne présentent pas non plus de critères objectifs, sinon celui de l'intérêt manifesté par les sociétés minières pour les zones qui les intéressent.
Pour encadrer les activités sur le territoire et coordonner les projets pilotes de cohabitation qui verront le jour à l'extérieur des aires protégées, le ministère entreprendra dès l'an prochain une «démarche de planification écologique». L'intention est louable, mais on se demande ce qu'elle recoupe et s'il ne s'agit pas surtout de justifier la présence des promoteurs dans des zones qui auraient dû faire l'objet d'une protection stricte.
Contrairement à l'impression que ce gouvernement veut propager, le Plan Nord est d'abord l'affaire des géants de l'industrie, à qui l'on promet de venir en aide pour faciliter l'accès aux ressources, et ce, où qu'elles se trouvent sur le territoire. Avant l'invention de ce concept par le bureau du premier ministre, les sociétés étaient laissées à elles-mêmes pour construire les infrastructures en retour de déductions fiscales et de crédits d'impôt. Avec le Plan Nord, Québec s'engage au nom des contribuables à financer directement une partie de ces infrastructures routières, énergétiques et urbaines sous prétexte qu'elles serviront aussi au tourisme et aux habitants du coin.
En faisant connaître des orientations qui restent vagues en matière d'environnement, le gouvernement Charest tente de rassurer les Québécois. Dans les faits, le facteur déterminant pour le développement du Nord sera la décision des sociétés minières d'investir ou non là où elles découvriront du minerai. Et cette décision dépend beaucoup moins de l'existence d'un plan gouvernemental que du prix des ressources sur les marchés.
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