lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 01h13
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Plan Nord - Le flou s'installe

Jean-Robert Sansfaçon   7 février 2012  Québec
D'ici 2020, 20 % de la superficie du territoire du Plan Nord sera définie comme «zone protégée». Pour la fraction de 30 % supplémentaire que l'on promet aussi de protéger, cela dépendra du résultat des projets pilotes conçus pour savoir comment il est possible de concilier développement et protection de l'environnement. Tout cela est d'un flou!

Certains groupes de protection de la nature ont été agréablement surpris d'entendre le premier ministre Jean Charest et son ministre du Développement durable, Pierre Arcand, annoncer dimanche que 20 % du territoire du Plan Nord serait classé «aire protégée» au lieu des 12 % prévus initialement. Ce faisant, le Québec atteindrait la cible internationale établie à Nagoya visant à protéger 17 % de l'ensemble du territoire.

Mais est-ce un bien pour un mal? Après tout, en augmentant ainsi la cible dans le Nord, vaste région peu habitée, ne vient-on pas d'abaisser la barre des efforts nécessaires pour le Sud, où seulement 8 % du territoire est protégé?

En forêt boréale, le gouvernement réitère son engagement d'accorder ce statut d'«aire protégée» à 12 % de territoire continu. Là encore, ne faudrait-il pas être beaucoup plus précis dans la localisation des zones à protéger compte tenu de la fragilité de la bande le plus au nord où les arbres mettent 150 ans pour atteindre une taille raisonnable, demande Nature Québec?

Selon Greenpeace, il aurait fallu décréter «aire protégée» la moitié de tout le territoire nordique au lieu de seulement 20 %. Difficile de dire si la revendication est excessive, faute d'études en ce sens. Ce que l'on sait par contre, c'est que les orientations gouvernementales ne présentent pas non plus de critères objectifs, sinon celui de l'intérêt manifesté par les sociétés minières pour les zones qui les intéressent.

Pour encadrer les activités sur le territoire et coordonner les projets pilotes de cohabitation qui verront le jour à l'extérieur des aires protégées, le ministère entreprendra dès l'an prochain une «démarche de planification écologique». L'intention est louable, mais on se demande ce qu'elle recoupe et s'il ne s'agit pas surtout de justifier la présence des promoteurs dans des zones qui auraient dû faire l'objet d'une protection stricte.

Contrairement à l'impression que ce gouvernement veut propager, le Plan Nord est d'abord l'affaire des géants de l'industrie, à qui l'on promet de venir en aide pour faciliter l'accès aux ressources, et ce, où qu'elles se trouvent sur le territoire. Avant l'invention de ce concept par le bureau du premier ministre, les sociétés étaient laissées à elles-mêmes pour construire les infrastructures en retour de déductions fiscales et de crédits d'impôt. Avec le Plan Nord, Québec s'engage au nom des contribuables à financer directement une partie de ces infrastructures routières, énergétiques et urbaines sous prétexte qu'elles serviront aussi au tourisme et aux habitants du coin.

En faisant connaître des orientations qui restent vagues en matière d'environnement, le gouvernement Charest tente de rassurer les Québécois. Dans les faits, le facteur déterminant pour le développement du Nord sera la décision des sociétés minières d'investir ou non là où elles découvriront du minerai. Et cette décision dépend beaucoup moins de l'existence d'un plan gouvernemental que du prix des ressources sur les marchés.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Georges Paquet - Abonné
    7 février 2012 07 h 41
    Et pui après...
    Que reste-t-il après que l'on ait écrit celà: "...le facteur déterminant pour le développement du Nord sera la décision des sociétés minières d'investir ou non là où elles découvriront du minerai. Et cette décision dépend beaucoup moins de l'existence d'un plan gouvernemental que du prix des ressources sur les marchés.".
    Comme pour tous les plans et pour toutes les lois, le Plan Nord comme la loi sur la Protection du territoire agricole, la réussite du projet dépend du prix des matières concernées, sur les marchés intérieurs et extérieurs. La protection du territoire agricole ne donne rien de plus aux agriculteurs qui ne réussisent pas à vendre leur production. Cette protection peut même en venir à diminuer la valeur de la terre d'un agriculteur, qui ne pourrait pas la vendre pour d'autres fins que l'agriculture.
    Vaut-il mieux ne pas avoir de Plan?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Andre Vallee - Abonné
    7 février 2012 09 h 45
    CE qu'il restera?
    Ce qu'il restera à nos descendants, ce qui est certain, c'est un grand dépotoir. Pour le reste, le plan Nard rime avec Renard.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    7 février 2012 11 h 31
    Quel 20%?
    Quel 20 p. cent? Celui dont les minières ne voudront pas?

    Desrosiers
    Val David
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • camelot - Inscrit
    7 février 2012 12 h 27
    Ce qu'il restera
    Ressemblera aux aires d'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta. En pire, probablement.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • François Beaulé - Abonné
    7 février 2012 12 h 39
    Analyse très éclairante de M. Jean-Robert
    On aimerais en savoir plus sur la prospection dans le Grand Nord. Comment le gouvernement peut-il déterminer si la prise en charge du développement d'infrastructures routières (et ferroviaires?) sera pleinement rentable pour le Québec?

    Je ne comprends pas non plus pourquoi le gouvernement évalue le niveau des redevances en se comparant avec le reste du Canada plutôt qu'avec des pays où ces redevances et droits sont beaucoup plus élevés, comme la Norvège par exemple.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
5 réactions
11 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012