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Des idées en l'ère - L'inconvénient d'être «périphérique»

Antoine Robitaille   11 février 2012  Québec
«Périphérique»: quand on utilise ce mot, les Français voient des autoroutes qui ceinturent une ville. À mes yeux, le terme décrit bien une partie de notre état d'esprit, notre psyché. «Le Québec est périphérique à plusieurs égards (au sein de la francophonie, du Canada, des Amériques)», faisait remarquer le professeur et traducteur Louis Jolicœur dans un texte récent. Nous ne sommes pas un centre. Ni New York, ni Paris, ni Toronto. Dubaï et Shanghai sont très loin. Mais Dieu que les grenouilles que nous sommes rêvent souvent de se faire grosses comme ces bœufs.

Quand j'ai vu Régis Labeaume, cette semaine, participer avec fierté à l'annonce de la venue de Madonna à Québec — laquelle se produira dans un parc public, les plaines d'Abraham —, ce mot m'est venu à l'esprit: «périphérique». Une des principales obsessions du périphérique, c'est de se mettre sur la «map». La fameuse «map». Devenir, ne serait-ce que l'espace d'un court instant, un «centre». Cet état d'esprit a ses avantages: on «rêve grand»; on cherche à se dépasser; on est forcément ouvert sur le monde; l'orgueil national est naturellement modéré.

L'esprit périphérique comporte plusieurs risques cependant. Le principal est de passer à côté de soi. Si, dans ses versions pathologiques, le nationalisme nous ferme sur le monde, le syndrome du périphérique, lui, referme le monde sur nous. «L'ouverture sur le monde» est devenue une valeur cardinale du système scolaire, me faisait remarquer le politologue Marc Chevrier dans une entrevue. Cette «attraction immodérée de l'extérieur», soulignait-il, peut déboucher sur une envie de «sortir à tout prix de soi... c'est l'altérité dévoreuse de soi».

***

Quand on est atteint du syndrome du périphérique, il faut invoquer l'Autre, le centre, le plus possible. Dans les années 1990, la Faculté d'administration de l'Université Laval avait lancé un slogan typiquement «périphérique»: elle promettait d'être «le Harvard du Nord». Depuis l'arrivée de Régis Labeaume à la mairie de Québec, les symptômes de la maladie se font de plus en plus fréquents. En 2009, une station de radio avait diffusé une vidéo promotionnelle sur le Web pour Régis Labeaume, qui déjà trônait avec 87 % d'appuis dans les sondages. Très bien fait, plein d'humour et d'hyperboles, le «lipdub» filmé et parfaitement synchronisé dévoilait cependant un état d'esprit particulier: il martelait sur un air des Black Eyed Peas que Régis allait mettre Québec «su'a map», envoyer le «Rouge et or au Super Bowl»; apporter la «tour Eiffel, le Grand Canyon» sur la Grande Allée. Et Broadway s'installerait «sur la rue Cartier».

Lorsqu'il veut célébrer son histoire, le périphérique ne trouve plus suffisant de parler de soi, de son passé, de son avenir. Il faut qu'il invite. Et ça doit être de la «grosse visite»: Paul McCartney pour le 400e de Québec; Rod Stewart pour le 375e de Lévis. Et claquons sans remords des fonds publics! Ceux qui s'étonneront, qui mettront en question le lien entre un rocker millionnaire déclinant et l'histoire de villes fondées à l'époque de la Nouvelle-France? On les somme de se taire, les soupçonne de racisme et leur reproche de refuser la «mouvance contemporaine». (Ce syntagme, que j'ai vu à plusieurs endroits récemment, peut-on me le définir?)

***

À force de regarder ailleurs, le périphérique finit par exceller dans l'art de l'imitation. Nous sommes tous un peu, à certains moments, des André-Philippe Gagnon qui tentent de reproduire parfaitement We Are the World. Et pour aspirer au poste de premier ministre, François Legault devrait parler anglais «sans accent», ne l'oubliez pas. Effacer toute trace du Québécois lorsqu'il s'exprime dans la langue de la «mouvance contemporaine».

Je vous entends répondre: mais périphérique, c'est «colonisé». Peut-être. Mais pas tout à fait. Les colonisations ont sans doute laissé le germe de la haine de soi dans l'esprit québécois. Du complexe d'infériorité. Le rapport de domination dénoncé dans le temps par les Fanon, Memni, Falardeau, etc., est, toutefois, passablement disparu chez nous. Mais une «haine de soi» affleure de nouveau en nous, comme dans le temps. Jadis, le colonisé avait son colonisateur. Dans son extrémité pathologique contemporaine, le périphérique s'auto-colonise. Des essayistes commencent heureusement à pointer ce symptôme: Jean-François Lisée et, prochainement, Mathieu Bock-Côté (qui publiera Fin de cycle chez Boréal le 20 février).

Périphériques, nous le sommes, c'est un fait géographique, linguistique, continental, civilisationnel. Nous le serons d'autant plus que les forces démographiques et économiques déplacent tranquillement le pôle, le centre, plus loin de nous que jamais: vers l'ouest du continent américain et vers le Pacifique. (Vous avez vu comme moi les dernières données du recensement. Et Stephen Harper, né en Ontario, mûri en Alberta, en opération séduction en Chine). Résister au «périphérisme» sera de plus en plus difficile, diront certains. Mais l'histoire n'est jamais écrite d'avance. On cite souvent cette belle phrase du poète allemand Hölderlin: «Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve.» Il y a quelque chose de québécois là-dedans, vous ne trouvez pas?
 
 
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  • michel lebel - Inscrit
    11 février 2012 06 h 46
    Savoir s'accepter!
    La question me semble plutôt périphérique! La solution: savoir s'acepter soi-même et garder un sens certain de l'humour. Le Canada, Québec inclus ou exclus, ne sera jamais un "centre" d'ordre mondial. Comme l'Australie... ou la Lithuanie... et une plus que centaine d'autres pays. Et puis après! La question est sans importance. Tant que Régis peut régner sur son grand village! "Tant qu'y a de la biére dans le frigidaire "... The show must go on!
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  • France Marcotte - Abonnée
    11 février 2012 07 h 33
    Vous voulez créer le phénomène?
    Je crois que vous avez sérieusement l'esprit formaté à l'électronique (un périphérique étant aussi un bidule gravitant autour de la machine), mais moi qui ne l'ai pas, je ne vois pas les choses ainsi et de façon hiérarchique (un centre et sa bordure).

    Mais dans mon esprit, le Québec est indubitablement d'une autre couleur que ce qui se trouve à ses côtés. Il est fait d'une autre matière, d'une autre substance. Il n'est pas d'une couleur uniforme cependant. Montréal a un aspect particulier.

    Québec cherche à être une Cité-État, il se peut que ses références soient différentes mais il y a des villes masculines et d'autres féminines et je crois que Québec est masculine, Montréal féminine.
    Alors oui, il se peut que Québec soit en périphérie du Québec...
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  • DILO - Abonné
    11 février 2012 09 h 01
    L'inconvénient d'être périphérique
    Cher Antoine,

    Très bel article sur la notion. À noter que le Québec a aussi des régions périphériques! Mais Québec n'en est pas une, n'en déplaise au maire.
    Il serait tellement plus efficace de continuer à construire la marque "Québec" dans le monde, notamment par les arts et des activités de pointe (l'aéronautique, les arts, le jeu video, le cirque).

    Mais, pour Harper, la marque "Canada" doit être pétrolière et polluante!

    Gérald Grandmont
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  • jfrancois01 - Inscrit
    11 février 2012 10 h 02
    Très juste...
    "Jadis, le colonisé avait son colonisateur. Dans son extrémité pathologique contemporaine, le périphérique s'auto-colonise."

    Il s'agit de parcourir les commentaires des lecteurs dans ces pages pour s'en convaincre. Quand le colonisateur a disparu depuis longtemps, ou pire, il a oublié, c'est bien là que "l'auto-colonisation" commence.

    Comme les républicains américains qui se sont maintenant inventés un Président Obama "démon", loin de l'actuelle réalité, contre lequel ils allaient se battre en 2012, les "périphériques" d'ici continuent d'entretenir le mythe du "colonisateur", ce "démon" qui n'existe plus, contre lequel il faudrait se battre. Et comme les républicains américains, nos auto-colonisateurs se sont approprié le discours de la haine, du mépris et de la peur.
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  • Jean Lapointe - Abonné
    11 février 2012 10 h 03
    Serions-nous en train de nous laisser assimiler?

    Le Québec est périphérique à plusieurs égards comme vous dites.

    Mais ce qui est en train de se passer je pense c'est qu'il y aurait plein de Québécois qui se laisseraient assimiler inexorablement par nos voisins du sud.

    Je connais des gens qui ne jurent que par tout ce qui est américain.

    Mais il existe aussi des Québécois qui ne se laissent pas faire et qui résistent.

    Et je fais partie de ces derniers.

    Serons-nous assez nombreux pour arrêter l' autre tendance ? Je l'espère.

    Mais nous avons bien du travail à faire pour y arriver, si jamais nous y arrivons.

    Il m'arrive de me demander si nous n'avons pas déjà perdu le combat.

    Nous nous agitons peut-être pour rien finalement.

    Je ne verrai pas l'issue du combat étant donné mon âge mais je n'ai pas l'intention de l' abandonner pour autant.

    Il faut penser aux générations à venir.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    11 février 2012 11 h 45
    Pas nouveau
    Les cultures des petits pays d'Europe, par exemple, ont toujours été "périphériques" et leurs intellectuels, savants et artistes ne rêvaient que d'être reconnus à Paris, Vienne ou Londres. Même la grande Russie a gardé une mentalité périphérique jusque vers la fin du 19ième siècle. Aujourd'hui, certains des ces périphériques, les Scandinaves, les Néerlandais, les Suisses, font l'envie de leurs voisins et montrent la voie au monde.
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  • Lise Barrette - Abonné
    11 février 2012 13 h 04
    Quelque chose comme un petit peuple?
    Ayant arpenté le continent entier, le Canadien est devenu Canadien français par l'effet de la conquête britannique, puis Québécois rêvant d'auto-détermination, retranché dans la vallée du Saint-Laurent. Son espace s'est rétréci à mesure que son espace intérieur se gonflait comme la grenouille face au beef anglais. Il est périphérique par définition, de plus en plus minoritaire dans la fédération, noyé dans le multiculturalisme canadien, ou dans son propre "interculturellement correct".

    Où est-il? Dans un ici sans frontières bien définies, nous rappelle un éminent géographe, un espace d'ailleurs susceptible d'être partitionné, on nous en a prévenu.

    Pendu à sa langue, le Québécois faisande en attendant de plonger définitivement dans la marmite continentale. Montréal est en train de lui échapper, ça semble être une question de temps. Pendant ce temps, il se remémore ses origines en ignorant tout de son destin, tenté tantôt de rentrer dans le rang, tantôt de s'affirmer timidement dans l'Urne, qui pourrait bien se révéler funéraire.

    L'Université Laval promettait de devenir "le Harvard du Nord"? En 1967, on était plus ambitieux encore. Le projet de création du Complexe scientifique de Sainte-Foy prévoyait la création de 12000 à 15000 nouveaux emplois. Sous l'impulsion de cette véritable machine à innovation, le Québec pourrait devenir "la Californie du bloc nord-est américain", écrivait le Dr Claude Lapointe, ancien chercheur à la NASA. Seule la première phase fut réalisée, un complexe somme toute assez périphérique, à l'échelle de notre condition.

    André Lemelin
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  • Frédéric Chiasson - Abonné
    11 février 2012 13 h 23
    Remède au «périphérisme» : accepter sa subjectivité et sa différence
    Mouhaha! Génial, trop juste ! Effectivement, quand je vois Québec s'époumoner que la ville reçoit Madonna, je m'inquiète à savoir qu'est-ce que Québec peut bien offrir par elle-même sans «veudette ineteunachoneule». Parce que pour ces «périphériques», on dirait que le Vieux-Québec, les Plaines d'Abraham sans «veudette», Robert Lepage, la nouvelle salle du Palais Montcalm, etc. ça ne vaut rien, parce que pour eux, ce n'est pas «ineteunachoneule» !

    C'est carrément anti-productif. Vais-je descendre à Québec pour aller voir Madonna. Bien sûr que non, je vais aller à Québec pour faire des choses que je ne peux voir et faire qu'à Québec !

    En tant que compositeur, j'ai compris très vite qu'être «périphérique», ce n'est pas payant. Vaut mieux - et de beaucoup - être «centriste», montrer sa vision du monde selon son propre point de vue et en accepter la subjectivité et la différence. En art comme en autre chose, c'est comme cela qu'on se démarque, se distingue, devient quelque chose de rare et d'unique... et que l'on devient populaire, voire international !

    Il serait peut-être temps que les dirigeants de Québec s'en aperçoivent...
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  • Clément Laberge - Abonné
    11 février 2012 14 h 54
    D'antoine Robitaille à Nicolas Copernic

    Réflexion spontanée sur le texte d'Antoine Robitaille, sur mon blogue personnel:

    http://remolino.qc.ca/2012/02/11/dantoine-robitail
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  • Nasboum - Abonné
    11 février 2012 15 h 18
    Hmmmm...
    Je ne me sens pas périphérique à Montréal! En fait, je trouve que la ville vit bien sa différence. Québec, c'est autre chose. Il y a un petit complexe à surmonter mais quand ils passeront à travers les derniers hasbeens artistiques, il faudra bien qu'ils reviennent à leur train train quotidien. 3,5 millions, c'est quand même cher pour une hasbeen.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    11 février 2012 16 h 55
    Analogie incomplète
    Pour parler du périphérique parisien, il aurait fallu traiter, pour verser dans l'analogie, de l'esprit "hexagonal", comme nous dirions "obsidional". Après tout le périphérique suit le tracé des derniers ramparts de Paris, comme les forteresses de Vauban entouraient le pré carré de Louis XIV, ou la ligne Maginot refoulait l'Allemagne derrière ses frontières, avant d'être facilement contournée par l'imagination et la technique.
    Bock-Côté et Lisée que vous citez avec admiration participent de cette grande famille toujours engagée dans une guerre de siège: sauver nos vertus nationales en faisant appel à la vigilance et à la loyauté. Vieux discours d'assiégés: nous sommes les meilleurs, on est capables, notre histoire est sans pareille...Il nous faut s'attaquer sans cesse aux défaitistes, ces "relativistes" qui pourraient mettre en doute la justesse de la "cause" (« La dénationalisation tranquille »  de Mathieu Bock-Côté (2007). Alors surtout, pas de brèches dans la forteresse, ne laissons pas Madonna ou MacCartney s'y glisser. On exige de tous une adhésion irrévocable à « l’idée d’un désir d’achèvement du peuple québécois », alors que celui-ci a pourtant été disqualifié ou singulièrement mis à mal tour à tour par les Réformistes du XIXe siècle, par des historiens révisionnistes comme Jocelyn Létourneau et par deux référendums. Mais bien sûr, les réponses sont toute trouvées : les Réformistes étaient des opportunistes du pouvoir, ces historiens révisionnistess sont des fédéralistes et les citoyens sont trop peu éclairés (Lisée s'y attaque) ou ont été trompés par l’argent et le vote ethnique. Vaste complot, grosses trahisons. Continuons de faire le guet, même si le traffic sur le périphérique est devenu incontrôlable et la nouvelle génération a sauté le fossé pour festoyer avec l'ennemi.
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  • Roland Berger - Abonné
    11 février 2012 19 h 52
    Le dominant en plus gros
    « À force de regarder ailleurs, le périphérique finit par exceller dans l'art de l'imitation. » Et bien plus. Le périphérique en remet, et devient ridicule dans son exagération du type dominant. Regardez Charest s'abreuver de l'image du Desmarais qui joue au gros. D'une tristesse...
    Roland Berger
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    11 février 2012 21 h 48
    Malheureusement
    Je crois constater ce fait par moi-même, ayant séjourné maintes fois et longtemps à Québec. Il y a une concentration élevée de ces périphériques à Québec. D'ailleurs cette insupportable quête de la résurrection de leur équipe de hockey, dont je tais le nom sciemment ici, procède de la même affection mentale.

    Il est normal de se comparer, à des maîtres par exemple, pour s'améliorer, progresser vers un but. Mais lorsque l'on se trahit soi-même, rejetant sa propre identité et son devoir d'authenticité, comme n'ayant un sens qu'à travers la copie de l'autre, et lui substitue son idéal.

    Les touristes et visiteurs ne veulent pas voir le Paris du nord, ils veulent voir Québec, telle qu'en elle on trouve la beauté.

    Vous l'avez deviné Antoine, le périphérisme est dans la tête et notre Régis national en est atteint sévèrement.

    Il n'y a pas de différence qualitative dans la vie intime, sociale, artistique, dans la possibilité de s'accomplir et dans la plénitude de cet accomplissement entre le fait de le vivre dans une concentration de grégarisme ou dans la «périphérie».

    Quand on veut vendre plus de sa salade, on va bien entendu tenter de le faire dans une concentration géographique.

    Mais au fait Antoine, ne savez-vous donc pas que le «World Wide Web» et ses merveilleux réseaux virtuels sociaux, nous remet sérieusement la périphérie en question ? Ne trouvez-vous pas ?
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  • Jean Pierre Bouchard - Inscrit
    11 février 2012 22 h 14
    Désarroi
    Faire de la province du Québec un pays c'est réduire le complexe du périphérique de 60% ce qui est considérable c'est une façon de sortir du complexe du provincial, la province chanté par Brel n'étant que le lieu du périphérique, de l'évanouissement de soi. Comme si la province lieu à l'origine des territoires conquis soumis à la Rome antique ne pouvait que représenter la soumission et un état tertiaire sans importance. L'état du colonisé comme celui du périphérique atteint profondément le Québécois réduit souvent à l'état de francophones par la société d'État fédérale de Radio Canada qui sème son leurre du Canada coast to coast. Le problème identitaire québécois subsiste réduit souvent à sa stricte identité de francophone indéterminé en ces heures de dépression politique. Les Français ne sont pas francophones, les Allemands germanophones.

    S'accepter comme le souhaitent les lecteurs fédéralistes du Devoir c'est se cacher les yeux face à un mal de vivre identitaire. Pierre Perreault le réalisateur de Pour la suite du monde a dit que le régionalisme atteignait les peuples sans État significatif. Québec la capitale a sombré dans ce régionalisme qui la sépare mentalement du Québec au nom de sa -spécificité- proclamé qui aboutit au bout du compte malgré tout à un complexe d'infériorité puisque il faudrait que le monde reconnaisse la capitale provinciale qui est celle d'une province justement! Alors la LNH de retour pour le périphérique de la capitale, une grande roue si possible comme à Londres, Madonna aux Plaines pas les Aieux trop locaux.

    Bonjour l'aliénation! toujours en 2012 au Québec et à Québec notre capitale.
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  • Francois Dorion - Abonné
    12 février 2012 07 h 55
    Le rêve d'une star
    Québec est bien en périphérie; Mais de quoi? Disons-le franchement: Hollywood.
    Ce rêve hante les québécois depuis Alice Roby et la culpabilité de ceux qui ont mis fin à sa carrière. Et il y a aussi ces petits québécois qui rêvent de devenir des moguls et de faire danser plein de petites filles et de petits garçons devant une caméra, les dirigeant comme des maîtres dirigent des singes savants­.
    Mais il y en a aussi à Montréal, Québec n'est pas seule, simplement un peu plus ridicule à cause de son passé historique.

    François Dorion Québec
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  • jfrancois01 - Inscrit
    12 février 2012 10 h 04
    Tristesse
    @ Frédéric Chiasson : Je suis parfaitement d'accord quand vous dites:
    "Vaut mieux - et de beaucoup - être «centriste», montrer sa vision du monde selon son propre point de vue et en accepter la subjectivité et la différence. En art comme en autre chose, c'est comme cela qu'on se démarque, se distingue, devient quelque chose de rare et d'unique... "
    Car c'est bien de cela qu'il s'agit.
    Mais malheureusement, plusieurs, au lieu de "faire", préfèrent se plaindre, et perpétuer la triste histoire du colonisé. Les défaitistes (voir plusieurs commentaires ici) préfèrent poursuivre le narratif de l'opprimé. C'est plus confortable. Les métaphores de "combat". Le discours binaire, "si vous n'êtes pas avec moi, vous êtes donc contre moi".

    C'est toujours entièrement la faute aux autres. La majorité des commentaires ici ne font que mettre ce fait en évidence. C'est bien ça qui est triste.

    Il y en a d'autres, plusieurs, qui "font". Ils s'assument et se distinguent. Ils rayonnent ici et à l'international, pas pour "faire comme"... mais seulement "pour faire". Au lieu de chiâler.
    Dans le milieu des arts, évidemment, dans le milieu des affaires, ils sont là et réussissent. Mais comme ils ne sont pas les apôtres de "la cause" (ils sont trop occupés "à faire") comme ils n'embrassent pas le narratif de la victime, du colonisé, eh bien on les écarte. On les évacue.

    Car l'auto-colonisé a la peur bleue du succès.
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  • Louka Paradis - Inscrit
    12 février 2012 11 h 13
    Finalement...
    Finalement, je crois que Clothaire Rapaille avait vu juste, trop juste; c'est pourquoi on s'est empressé de le dénigrer à Québec et dans les médias du Québec : Holà ! allait-il réveiller la fierté si patiemment déprogrammée ? «Complexés et névrosés», les Québécois de la capitale : est-ce bien ce qu'il avait diagnostiqué ? Ça ressemble à l'esprit périphérique...
    Bravo M. Robitaille pour cet article aussi intéressant que bien écrit. Enfin ! du Robitaille à sa juste mesure et non plus de petits ragots politicailleux. Merci et bonne semaine !
    Louka Paradis, de Gatineau
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  • Roland Berger - Abonné
    12 février 2012 11 h 43
    En plein coeur
    « Jadis, le colonisé avait son colonisateur. Dans son extrémité pathologique contemporaine, le périphérique s'auto-colonise », écrit Antoine Robitaille. Au coeur de la disparition de la culture québécoise, en plein coeur de ceux et celles qui s'en attriste. L'enseignement intensif de l'anglais en sixième année du primaire. Bravo !
    Roland Berger
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  • Roland Berger - Abonné
    12 février 2012 11 h 50
    Effet politique du « périphérisme »
    Mis à part René Lévesque, les chefs du Parti québécois ont mis toute leur énergie à tenter de frayer avec les grandes nations au lieu de créer une association mondiale des peuples périphériques. Se péter les bretelles à Paris ou à New York était le « boutte » du « boutte » !
    Roland Berger
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  • Louka Paradis - Inscrit
    12 février 2012 14 h 32
    Nuançons
    M. Berger, entre frayer avec les grandes nations pour développer son réseau diplomatique et tenter d'imiter ce qui vient d'ailleurs pour se constituer une identité plaquée, ou s'effacer pour laisser toute la place aux autres --ils sont tellements bons, comparés à nous :(((, il y a une nette différence.
    Dans les années 90, j'ai côtoyé à Ottawa (la capitale non officiellement bilingue et hypocritement unilingue anglophone), le président de l'Association canadienne-française d'Ottawa-Carleton, représentant à ce moment environ 105 000, 00 francophones ; et bien, à mon gran étonnement, ce président se fit un point d'honneur de commander ses mets dans un anglais «sans accent SVP», à la cafétéria du collège francophone qu'IL dirigeait : imaginez si l'employé qui le servait l'avait entendu parler un anglais imparfait, ou pire ! s'il avait dû recevoir la commande en français, la langue des dominés... Shocking ! Quand je vois les dirigeants du FEQ se sous-tapiser pour attirer des vedettes anglo-saxonnes, et mépriser ouvertement les artistes de la chanson française, je me dis que Québec est plus qu'assiégée, elle a déjà entamé son assimilation tranquille...
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  • Solange Bolduc Solange Bolduc - Abonné
    12 février 2012 14 h 38
    Michel Tremblay un artiste périphérique ?
    Samedi j'alu, M. Robitaille votre article, et aujourd'hui dimanche j'ai eu envie de relire Les Belles-soeurs de Tremblay. Loin d'être périphérique, ce grand artiste. Ceci ne veut pas dire qu'il n'est pas ouvert sur le monde, bien au contraire! J'ai aussi écouté sur RDI l'émission le concernant....Quel être particulier, profondément québécois avec toute la sensibilité que cela impose, et universel en même temps! Et C

    M. Labeaume , je n'ai même pas envie de commenter sur lui tellement je le trouve médiocre....
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  • jeanduc - Abonné
    12 février 2012 16 h 45
    I want to pogne!
    Les Finlandais, Danois et autres scandinaves apprennent l'anglais tout en ayant une fierté de ce qu'ils sont. L'anglais est pour eux un nécessaire outil de communication avec le reste du monde. Les Québécois, trop souvent, considèrent l'anglais comme moyen de réussite; deviennent quelqu'un par la langue de l'autre. Au fait, c'est surtout à Montréal que le périphérisme linguistique s'entend le plus! N'est-ce pas RBO qui chantait: "I want to pogne, I don't speak my tong"! L'industrilisation du tourisme fait en sorte que même la Finlande n'échappe pas au périphérisme. Dans un article sur le WEB on peur lire: "Selon Stubb (cargé de promouvoir le tourisme en Finlande) , les étrangers ont une idée vieillotte, démodée de la Finlande, un territoire qui se trouve quelque part proche des républiques socialistes soviétiques. Afin de remédier à ce problème, il a lancé l’initiative sympathique “Branding Finland” sur son site internet qui consiste à recevoir des suggestions de slogans provenant du monde entier, afin de mieux saisir la perception qu’ont les étrangers de la Finlande. (...) Est-ce que seul un slogan est susceptible de nous faire changer l’image qu’on a d’un pays ? (...) qu’est-ce qui fait qu’elle n’a jamais pu vanter ses qualités efficacement et devenir un des lieux de prédilection des touristes? .... " La conception "industrielle" du tourisme force les entités (villes, régions, pays) à courtiser davantage suivant ce qui est recherché par le touriste moyen plutôt que par la mise en valeur des singularités. Ainsi, voit-on pousser à travers toute l'Amérique des boutiques de Noël ouvertes à l'année longue à senteur uniforme de "Pot Pourrie".
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  • Poirier Sylvie - Inscrite
    12 février 2012 16 h 55
    Terme didactique. Qui est situé à la périphérie.
    Terme de botanique. Périsperme périphérique, celui qui, au lieu d'être entouré par l'embryon, l'environne et le cache. Le Litré

    En fait, sommes-nous les Québécois des personnes qui n'ont pas passé par les extrémités, des êtres non individués, incapable de se centrer et briller. Si c'est le cas, alors Labeaume environne et cache sa ville. Est-ce exact ?
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  • Solange Bolduc Solange Bolduc - Abonné
    12 février 2012 16 h 58
    @France Marcotte
    "Québec cherche à être une Cité-État, il se peut que ses références soient différentes mais il y a des villes masculines et d'autres féminines et je crois que Québec est masculine, Montréal féminine.
    Alors oui, il se peut que Québec soit en périphérie du Québec..."

    J'aimerais bien savoir ce que vous entendez par ville féminine et ville masculine, quelles en sont les caractéristiques. Ma lantène à bien beson d'être éclairée à ce sujet, et à bien d'autres d'ailleurs!
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