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Économie et partis souverainistes - Des points de convergence

Renaud Lapierre - Ex-sous-ministre adjoint au ministère des Ressources naturelles  14 février 2012  Québec
Devant l'imminence d'une campagne électorale, nulle personne ne contestera que l'un des enjeux majeurs sera l'économie. Cela, pour de nombreuses raisons.

Tout d'abord, parce que, de sondage en sondage, ce point demeure la préoccupation première des Québécois; ensuite, parce que cette thématique s'imposera, autant pour M. Jean Charest — dont la pièce maîtresse de survie se révèle être le Plan Nord — que pour M. François Legault — par son passé d'homme d'affaires et par le thème fort de son plan d'action: «Une économie de propriétaire», où, entre autres choses, il propose un fonds des ressources naturelles (disposant d'un budget de cinq milliards de dollars) et annonce un plan de croissance économique des régions.

Fort de ce constat, nous estimons que l'alliance des partis souverainistes relative à un sujet aussi vital participerait grandement à combler la perception d'une majorité de Québécois selon laquelle, en matière économique ils ne sont pas les joueurs à qui l'on fait, en premier, confiance. Et ce, malgré l'apport historique majeur du Parti québécois au développement économique du Québec à chacun de ses passages au pouvoir.

Cette seule dimension économique capitale, et sur la base purement mathématique de la joute électorale par circonscription, devrait amener les partis souverainistes à rechercher une plateforme économique commune. De plus, la concrétisation d'engagements électoraux partagés demeure la seule issue pour compenser le déséquilibre évident dans un éventuel partage des circonscriptions entre les partis souverainistes, si des alliances sont praticables.

Après une confrontation des programmes du Parti québécois et de Québec solidaire, et de la proposition de plateforme de l'Option nationale, il est possible — surtout si l'on évite les écueils d'une comparaison du modèle économique recherché et que l'on met l'accent sur les objectifs ou mesures concrètes qui en ressortent — de définir des orientations économiques communes.

Exploitation des ressources naturelles

En ce qui a trait à l'exploitation des ressources naturelles, les partis souverainistes déplorent, à l'unisson et avec force, la façon dont le gouvernement Charest gère ces biens collectifs et ont en commun certaines mesures cruciales. Ils entendent faire en sorte que l'État, par la voie d'une société d'État, assure un rôle clé (majoritaire, si nécessaire) dans l'exploitation des ressources du Québec de manière à maximiser les retombées économiques pour la collectivité. Ils définiraient une politique d'ensemble pour leur développement, prenant en compte la volonté des populations locales, le partage des revenus avec les régions en vue de leur revitalisation, la transformation locale et, bien sûr, l'application rigoureuse des principes du développement durable.

Indépendance énergétique

Dans le domaine énergétique, aussi, les consensus sont envisageables. Ainsi, tous adhèrent à mettre en place une politique énergétique rigoureuse apte à nous amener le plus rapidement possible vers une dépendance minimale aux produits pétroliers; ils donneront la priorité à la mise en place de politiques dynamiques en matière d'économie énergétique et d'utilisation des énergies renouvelables; ils visent à assurer le développement de l'énergie éolienne directement par le contrôle de l'État — le PQ ajoutant comme propriétaire potentiel des coopératives ou communautés locales; ils mettraient fin à la filière nucléaire et utiliseraient les fonds dégagés pour des investissements dans les énergies alternatives.

Transport

Les trois partis ont des orientations conciliables en matière de transport. Ils proposent des investissements massifs dans les transports collectifs; ils prendraient le biais du développement des transports électriques autant individuels que collectifs en mettant en place des politiques pour optimaliser les retombées économiques au Québec.

Banque du Québec

Le Parti québécois, Québec solidaire et l'Option nationale souscrivent tous à l'importance de créer une nouvelle institution publique d'envergure pour accélérer le développement économique, soit la création d'une Banque de développement économique du Québec. Quelle que soit son appellation définitive ou la façon dont elle serait constituée, elle viserait à accompagner tous les types d'acteurs économiques.

Pas de grandes concessions

Bien que les termes employés dans les programmes des trois partis souverainistes puissent être différents, il y a, dans les précédents thèmes liés aux défis économiques majeurs du Québec, matière pour développer des engagements électoraux économiques communs, sans qu'aucun des partis ait à faire de grandes concessions. Aussi, malgré les différends des trois partis quant au modèle de société qu'ils aspirent à construire ou à la stratégie appropriée pour réussir l'indépendance, cette contribution aurait l'avantage de démontrer aux Québécois que les souverainistes sont les meilleurs défenseurs de leurs intérêts économiques et qu'ils partagent leurs préoccupations légitimes.

***

Renaud Lapierre - Ex-sous-ministre adjoint au ministère des Ressources naturelles
 
 
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  • Yves Claudé - Inscrit
    14 février 2012 04 h 50
    La voie de la Raison et du Bien Commun !
    Les propositions avancées par Monsieur Renaud Lapierre rejoignent celles de Monsieur Jean-François Lisée, ainsi que celles de bien d’autres citoyens déterminés à ne pas subir une autre élection ou réélection d’un parti (PLQ ou CAQ) qui représente les intérêts du 1% qui nous domine, pour reprendre la symbolique des “indignés” …

    Il s’agit, en d’autres termes, en suivant la voie de la Raison et du Bien commun, de préserver la société des entreprises prédatrices et destructrices d’un capitalisme de plus en plus dévoyé sous sa forme mutante de capitalisme financier, et d’autre part de maintenir et développer un minimum décent de justice sociale.

    Il s’agit aussi de ne pas se laisser piéger par un système électoral qui a été conçu et mise en place “sur mesure” pour favoriser la prise du pouvoir étatique par les intérêts dominants, intérêts néobritanniques de la nation conquérante, et intérêts économiques conjugués. Les citoyens doivent refuser à tout prix la logique sectaire de certains grands ou petits notables politiques qui se proposent joyeusement de nous amener encore une fois “à l’abattoir” électoral, et ce dans une kafkaïenne ambiance de “lendemains qui chantent” … !

    Yves Claudé – membre du PQ (Rosemont)
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  • Réal Rodrigue - Abonné
    14 février 2012 11 h 04
    Un peu d'eau dans son vin
    Les points de convergence sont effectivement suffisamment nombreux pour espérer un rapprochement des forces nationalistes, lesquelles visent d'abord à défendre les intérêts de la collectivité contre les entreprises prédatrices dont parle M.Claudé. Il suffirait que chacun des partis concernés mettre un peu d'eau dans son vin, pour porter au pouvoir des représentants soucieux du bien commun.

    Nous sommes sans doute plusieurs à souhaiter que l'appel de M.Lapierre soit entendu.

    Réal R.
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