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Rentrée à Québec - Le non-parti

Josée Boileau   14 février 2012  Québec
Ce sera une drôle de rentrée parlementaire aujourd'hui à Québec. D'abord parce qu'elle est déjà commencée, mais hors Parlement, en tous ces endroits où le premier ministre Jean Charest s'est déplacé ces derniers jours pour causer de tout, et surtout du Plan Nord. Drôle de rentrée aussi parce que chaque camp s'est ressaisi et annonce une nouvelle vigueur. Drôle de rentrée surtout parce qu'il y aura la Coalition avenir Québec, qui risque fort de ne pas même exister à l'Assemblée nationale!

La Coalition avenir Québec se voit comme un parti d'opposition à reconnaître, et c'est ce qu'elle attendra aujourd'hui du président de l'Assemblée nationale. Mais la CAQ, c'est d'abord un homme, François Legault, qui a attendu de dominer dans l'opinion publique avant de s'acheter une entrée au Parlement, en avalant l'ADQ et son budget parlementaire.

Il espère maintenant que tout le monde prendra acte de cette manoeuvre. C'était là un pari, et François Legault l'a pris en toute connaissance de cause. Sauf qu'il en a perdu l'autre volet. Pour exister à l'Assemblée, il lui fallait 12 élus. Mais en dépit de tout ce qu'on nous a fait miroiter depuis des mois sur la force d'attraction de la CAQ, il n'a pas suscité assez de défections chez les péquistes (et aucune chez les libéraux) pour, outre les députés adéquistes maintenant fusionnés chez lui, réunir les 12 élus qui lui auraient automatiquement permis d'assurer le statut parlementaire de la CAQ.

Et M. Legault et ses troupes auront beau se réclamer de leur popularité, c'est le test des urnes qui compte pour exister (les règlements prévoient que 20 % des voix donnent droit au statut de parti d'opposition), pas celui des sondages.

Dans le contexte, espérer que libéraux et péquistes s'entendraient pour lui dérouler le tapis rouge et lui reconnaîtraient ce fameux statut, la seule option qui restait possible, était une pure vue de l'esprit. Ainsi va la politique. Personne n'a de cadeau à se faire.

C'est pourquoi cette drôle de rentrée va d'abord s'ouvrir sur les questions de forme, où les règles et les pratiques parlementaires imposeront au président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, de ne pas reconnaître le nouveau parti. Il faudra ensuite passer par toutes les dénonciations que cette décision prévisible va engendrer. Des récriminations pour la forme, mais le ton sera donné.

Car le paradoxe de l'absence de reconnaissance de la CAQ comme opposition, c'est que libéraux et péquistes ne pourront pas non plus la considérer comme portion négligeable. La CAQ est une nouvelle construction dont la solidité sera testée par ses adversaires, et dont on verra alors si elle est faite de paille, de bois ou de briques. Pour le moment, ses assises ne sont pas profondes, les piliers de son programme sont très ciblés, des points sont négligés (au premier chef, le positionnement par rapport à Ottawa), et l'on n'est vraiment pas très sûrs que les élus et leur chef parleront d'une même voix. Les ajustements de discours ont été fréquents ces derniers jours...

La rentrée parlementaire annonce donc une période des questions nouveau genre, moins monolithique que lorsqu'il fallait quémander une enquête sur l'industrie de la construction, mais tout aussi remuante parce que les flèches à l'adversaire seront incessantes, soulèveront les contradictions des nouveaux amis d'en face et occulteront les problèmes de fond, les enjeux qui touchent le Québec.

Vivement des élections.
 
 
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  • Socrate - Inscrit
    14 février 2012 04 h 38
    La Présence de l'Absence
    L'agir est justement le devenir de l'esprit comme conscience. Ce qu'elle est en soi, elle l'apprend donc de sa propre réalité effective. Ainsi, l'individu ne peut savoir ce qu'il est (Socrate) avant de s'être porté à travers son opération à sa réalité effective... (Sartre)

    C'est en effet de l'opération faite qu'il apprend à connaître l'essence originaire qui doit nécessairement être son but (la jouissance du pouvoir); mais pour opérer, il doit posséder auparavant le but. Mais c'est justement pour cela qu'il doit commencer immédiatement et passer directement à l'acte, quelles que soient les circonstances, et sans penser davantage au début, au moyen et à la fin. (Le grand bond en avant?)

    Nous voilà donc devenus modernes! Aussant, Aussant en emporte le vent... Petite idéologie pour les temps d'hiver qui considère l'individualité candide comme unique réalité de l'universel, mais lequel au juste? L'ON-nanisme, peut-être?

    Voir Hegel et la Phénoménologie de l'Esprit pour tous les détails s.v.p...
    http://jeanzin.fr/public/pdf/hegel.pdf
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  • Christian A. Comeau - Inscrit
    14 février 2012 07 h 00
    Précision
    La règle n'est pas d'avoir 12 députés, mais 12 députés après les dernières élections.
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  • f.georges - Inscrit
    14 février 2012 07 h 53
    (les flèches à L'adversaire seront incessantes,
    soulèveront les contradictions,des nouveaux amis,d'en face et occulteront les problèmes de fond,les "vrais"enjeux du Québec)Cette diversion dure, depuis dix longues années,et laisse, champ-libre à toutes les magouilles,les enquêtes bidons,la corruption -étatisée de survivre, de prospérer,de se propager.Une vraie honte!
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  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    14 février 2012 07 h 53
    La maternelle
    Comparer la CAQ à la maison des trois petits cochons, «de paille, de bois ou de briques», convient parfaitement à la réouverture de notre Garderie Nationale. Refuser de «reconnaître» un parti qui n'a pas de députés, c'est l'enfance de lard.

    Desrosiers
    Val David
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    14 février 2012 08 h 18
    Troublant discours
    Vous dites:
    La représentation parlementaire de la CAQ n'est pas légitime
    Vivement des élections

    Au plan démocratique, il me semble qu'il serait juste de laisser le nouveau parti définir plus avant un "programme incomplet" comme vous l'affirmez. Donc, du temps. Et en attendant, on fait quoi? On s'arrange pour ne pas l'entendre dans la marche quotidienne de l'Assemblée législative, ou s'exprimer dans les débats de l'heure?

    La démocratie, c'est bon quand çà nous arrange? "PLQ, PQ, même combat!"
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  • Franfeluche - Abonné
    14 février 2012 09 h 34
    La démocratie ?
    Comment réagiriez-vous si le député pour qui vous avez voté, décidait en cours de mandat, de changer de parti au lieu de siéger comme indépendant ou de démissionner ? Est-ce que vous jugeriez ce geste comme étant démocratique ?
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  • Solange Bolduc Solange Bolduc - Abonné
    14 février 2012 10 h 30
    La peur de l'autre , une hyperesthésie ! (1)
    "Car le paradoxe de l'absence de reconnaissance de la CAQ comme opposition, c'est que libéraux et péquistes ne pourront pas non plus la considérer comme portion négligeable. La CAQ est une nouvelle construction dont la solidité sera testée par ses adversaires, et dont on verra alors si elle est faite de paille, de bois ou de briques"

    En effet, nous allons bien nous amuser ! Car tenter de se prémunir contre la présence non négligeable de François Legault, cela risque de faire mal à quelqu'un, quelque part!

    Qui seront les perdants ? Difficile de le prévoir à l'heure actuelle, même si je crois que Legault n'a pas encore joué ses dernières cartes. En mal de pouvoir-être, se croyant très fort , autrement il n'aurait pas risquer tout ce "brouhaha", il jouera le tout pour le tout. Et même s'il n'est pas à l'Assemblée nationale, les journalistes ne pourront ignorer sa présence à l'extérieur.

    Compte tenu de ce fait, j'aurais aimé qu'on prenne le risque de le voir se pendre lui-même , ou gagner la joute politique, en l'invitant, par le biais de ses députés élus, à débattre de son programme. Comme l'exception confirme la règle, on joue avec le feu en lui refusant cet accès plus direct, ce qui aurait échauffé des peurs viscérales. Mais celles -ci ne disparaîtront pas ....
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  • Solange Bolduc Solange Bolduc - Abonné
    14 février 2012 10 h 30
    La peur de l'autre, une hyperesthésie !(2)
    Comme on ne sait d'avance ce qui adviendra de cette lutte à trois, principalement, cette peur de l'autre risque d'en rattraper quelques-uns au virage, ce qui est normal en politique. Il n'y aura qu'un seul gagnant. Ne sousestimons pas l'intelligence de l'adversaire! La lutte que croit pouvoir mener sans problème Charest avec son "beau" Plan Nord (Il ya tellement de chômeurs au Québec!) contre Marois ou Legault n'est pas pour autant gagnée d'avance!

    Et la Cheffe péquiste a tout intérêt à se garder en forme car elle aura des combats percutants à mener contre nos deux renards Charest et Legault. Sa sensibilité sera exacerbée plus d'une fois! C'est là qu'elle aura à prouver si elle est vraiment faite de béton.

    Et il ne faut pas négliger le fait que Charest a une telle propension à se péter les bretelles (Je pense à l'image que Chapleau en fait dans "Et dieu créa Laflaque...tellement juste!"), et que Legault avec son débit trop long mais qui n'en demeure pas moins un homme convainquant pour une population insécure, et qui demande du changement sans trop savoir ce que comporte celui-ci...Donc, lequel des chefs réussira enfin une population en mal de sécurité? C'est bien là le défi, je crois , qu'auront à relever les politiciens, sans négliger la présente de QS !

    Avec la confiance surfaite des chefs à l'Assemblée nationale , nous nous retrouvons devant des sensibilités exagérément réfractaires à une démocratie parlementaire, malgré les règles. Quand on ne craint pas outre mesure un adversaire, on s'arrange pour se mettre en état de combat, officiellement, en modifiant les règles, en s'ouvrant à une nouvelle façon de voir la démocratie.
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  • Roland Berger - Abonné
    14 février 2012 16 h 43
    Avantage pour le PQ
    Le PQ ne pourra que paraître raisonnablement démocratique entre une CAQ dont les membres se contrediront et un PLQ à l'obéissance au chef inébranlable. Mais comme dirait quelqu'un : On verra.
    Roland Berger
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  • Solange Bolduc Solange Bolduc - Abonné
    14 février 2012 18 h 49
    @Roland berger
    Le paraître du PQ ne peut se confondre avec le "On verra": paraître raisonnablement démocratique n'est pas synonyme du "on verra" en temps et lieu ce que l'on fera, pour paraphraser Legault. Et je continue de penser que l'avantage du PQ ne se démontre pas aussi facilement que vous le dites, ou souhaitiez que ce le soit.

    Vous avez droit à vos illusions moi , malheureusement je les ai perdues....Il me reste l'art ou la création...
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