Rentrée à Québec - Le non-parti
Ce sera une drôle de rentrée parlementaire aujourd'hui à Québec. D'abord parce qu'elle est déjà commencée, mais hors Parlement, en tous ces endroits où le premier ministre Jean Charest s'est déplacé ces derniers jours pour causer de tout, et surtout du Plan Nord. Drôle de rentrée aussi parce que chaque camp s'est ressaisi et annonce une nouvelle vigueur. Drôle de rentrée surtout parce qu'il y aura la Coalition avenir Québec, qui risque fort de ne pas même exister à l'Assemblée nationale!
La Coalition avenir Québec se voit comme un parti d'opposition à reconnaître, et c'est ce qu'elle attendra aujourd'hui du président de l'Assemblée nationale. Mais la CAQ, c'est d'abord un homme, François Legault, qui a attendu de dominer dans l'opinion publique avant de s'acheter une entrée au Parlement, en avalant l'ADQ et son budget parlementaire.
Il espère maintenant que tout le monde prendra acte de cette manoeuvre. C'était là un pari, et François Legault l'a pris en toute connaissance de cause. Sauf qu'il en a perdu l'autre volet. Pour exister à l'Assemblée, il lui fallait 12 élus. Mais en dépit de tout ce qu'on nous a fait miroiter depuis des mois sur la force d'attraction de la CAQ, il n'a pas suscité assez de défections chez les péquistes (et aucune chez les libéraux) pour, outre les députés adéquistes maintenant fusionnés chez lui, réunir les 12 élus qui lui auraient automatiquement permis d'assurer le statut parlementaire de la CAQ.
Et M. Legault et ses troupes auront beau se réclamer de leur popularité, c'est le test des urnes qui compte pour exister (les règlements prévoient que 20 % des voix donnent droit au statut de parti d'opposition), pas celui des sondages.
Dans le contexte, espérer que libéraux et péquistes s'entendraient pour lui dérouler le tapis rouge et lui reconnaîtraient ce fameux statut, la seule option qui restait possible, était une pure vue de l'esprit. Ainsi va la politique. Personne n'a de cadeau à se faire.
C'est pourquoi cette drôle de rentrée va d'abord s'ouvrir sur les questions de forme, où les règles et les pratiques parlementaires imposeront au président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, de ne pas reconnaître le nouveau parti. Il faudra ensuite passer par toutes les dénonciations que cette décision prévisible va engendrer. Des récriminations pour la forme, mais le ton sera donné.
Car le paradoxe de l'absence de reconnaissance de la CAQ comme opposition, c'est que libéraux et péquistes ne pourront pas non plus la considérer comme portion négligeable. La CAQ est une nouvelle construction dont la solidité sera testée par ses adversaires, et dont on verra alors si elle est faite de paille, de bois ou de briques. Pour le moment, ses assises ne sont pas profondes, les piliers de son programme sont très ciblés, des points sont négligés (au premier chef, le positionnement par rapport à Ottawa), et l'on n'est vraiment pas très sûrs que les élus et leur chef parleront d'une même voix. Les ajustements de discours ont été fréquents ces derniers jours...
La rentrée parlementaire annonce donc une période des questions nouveau genre, moins monolithique que lorsqu'il fallait quémander une enquête sur l'industrie de la construction, mais tout aussi remuante parce que les flèches à l'adversaire seront incessantes, soulèveront les contradictions des nouveaux amis d'en face et occulteront les problèmes de fond, les enjeux qui touchent le Québec.
Vivement des élections.
La Coalition avenir Québec se voit comme un parti d'opposition à reconnaître, et c'est ce qu'elle attendra aujourd'hui du président de l'Assemblée nationale. Mais la CAQ, c'est d'abord un homme, François Legault, qui a attendu de dominer dans l'opinion publique avant de s'acheter une entrée au Parlement, en avalant l'ADQ et son budget parlementaire.
Il espère maintenant que tout le monde prendra acte de cette manoeuvre. C'était là un pari, et François Legault l'a pris en toute connaissance de cause. Sauf qu'il en a perdu l'autre volet. Pour exister à l'Assemblée, il lui fallait 12 élus. Mais en dépit de tout ce qu'on nous a fait miroiter depuis des mois sur la force d'attraction de la CAQ, il n'a pas suscité assez de défections chez les péquistes (et aucune chez les libéraux) pour, outre les députés adéquistes maintenant fusionnés chez lui, réunir les 12 élus qui lui auraient automatiquement permis d'assurer le statut parlementaire de la CAQ.
Et M. Legault et ses troupes auront beau se réclamer de leur popularité, c'est le test des urnes qui compte pour exister (les règlements prévoient que 20 % des voix donnent droit au statut de parti d'opposition), pas celui des sondages.
Dans le contexte, espérer que libéraux et péquistes s'entendraient pour lui dérouler le tapis rouge et lui reconnaîtraient ce fameux statut, la seule option qui restait possible, était une pure vue de l'esprit. Ainsi va la politique. Personne n'a de cadeau à se faire.
C'est pourquoi cette drôle de rentrée va d'abord s'ouvrir sur les questions de forme, où les règles et les pratiques parlementaires imposeront au président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, de ne pas reconnaître le nouveau parti. Il faudra ensuite passer par toutes les dénonciations que cette décision prévisible va engendrer. Des récriminations pour la forme, mais le ton sera donné.
Car le paradoxe de l'absence de reconnaissance de la CAQ comme opposition, c'est que libéraux et péquistes ne pourront pas non plus la considérer comme portion négligeable. La CAQ est une nouvelle construction dont la solidité sera testée par ses adversaires, et dont on verra alors si elle est faite de paille, de bois ou de briques. Pour le moment, ses assises ne sont pas profondes, les piliers de son programme sont très ciblés, des points sont négligés (au premier chef, le positionnement par rapport à Ottawa), et l'on n'est vraiment pas très sûrs que les élus et leur chef parleront d'une même voix. Les ajustements de discours ont été fréquents ces derniers jours...
La rentrée parlementaire annonce donc une période des questions nouveau genre, moins monolithique que lorsqu'il fallait quémander une enquête sur l'industrie de la construction, mais tout aussi remuante parce que les flèches à l'adversaire seront incessantes, soulèveront les contradictions des nouveaux amis d'en face et occulteront les problèmes de fond, les enjeux qui touchent le Québec.
Vivement des élections.
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