Plan Nord - Charest est pris de vitesse par l'industrie
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Jean Charest a profité de la tribune que lui offrait Les Affaires pour dire qu’il était surpris du nombre d’annonces d’investissements dans le nord du Québec.
À retenir
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Le premier ministre du Québec juge suffisante l'enveloppe de 500 millions de dollars prévue sur cinq ans pour prendre des participations dans des projets miniers sur le territoire du Plan Nord, et ce, même si les annonces d'investissements miniers au nord du 49e parallèle ont déjà dépassé les attentes du gouvernement. Les minières y ont déjà planifié pour plus de 20 milliards de dollars de projets d'exploration et d'exploitation. Et de nombreuses autres annonces sont à prévoir.
«On l'avoue candidement: ça va plus vite que ce que nous avions anticipé, a lancé hier Jean Charest, devant un parterre de 1200 personnes réunies à l'invitation du journal Les Affaires, à Montréal. Pourquoi? Parce qu'il y a des choses que nous ne contrôlons pas. Il y a des compagnies qui ont décidé d'aller plus vite pour aller chercher des parts de marchés et qui ont décidé d'appuyer sur l'accélérateur pour développer leurs projets.»
Mais le gouvernement du Québec ne prévoit pas pour autant suivre le mouvement et s'en tient à la tranche de 500 millions de dollars déjà annoncée en mai 2011. Le premier ministre l'a d'ailleurs dit sans détour, au cours d'un point de presse donné après son allocution. «Cinq cents millions, c'est déjà un bon départ», a-t-il laissé tomber avant de passer aux questions en anglais. Cette enveloppe doit être investie sur cinq ans. Elle a été confiée à Investissement Québec, qui l'utilisera pour prendre des «participations» dans des «projets stratégiques».
Selon Jean Charest, ces investissements atteignent les objectifs des libéraux. «C'est une bonne occasion pour les Québécois d'avoir une fenêtre sur l'industrie sans devenir opérateurs miniers. On ne veut pas devenir opérateurs miniers.» Selon lui, le gouvernement investit dans un projet «non pas pour en être le propriétaire ou avoir une part de contrôle, mais pour avoir une fenêtre sur certains projets».
Le Parti québécois et plusieurs économistes ont proposé que l'État prenne des parts plus significatives dans le développement du Nord. Après tout, ces ressources sont non renouvelables et il est important d'en tirer le maximum de bénéfices. L'ancien premier ministre Jacques Parizeau a par exemple invité le gouvernement à assujettir toute aide publique à un mécanisme de réciprocité qui obligerait les entreprises à céder à Québec une participation équivalente de leur actionnariat.
Pendant ce temps, les entreprises minières — dont certaines multinationales basées en Chine ou en Inde — s'intéressent plus que jamais au Nord québécois et à son «potentiel illimité», selon les mots de M. Charest. Uniquement depuis mai dernier, les projets de développement annoncés par le secteur privé totalisent 6 milliards de dollars. Au total, les investissements sur le territoire du Plan Nord dépassent déjà les 20 milliards de dollars, et les annonces de projets sont constantes. Québec prédit même que la croissance de la demande mondiale se maintiendra au cours des 25 prochaines années, ce qui se traduira par une multitude d'investissements importants. Sans oublier que, selon M. Charest, pas moins de «80 % du territoire» reste à explorer et celui-ci «regorge de ressources naturelles».
Le chef libéral a d'ailleurs admis que cette effervescence soutenue exerçait une «pression» certaine sur des communautés confrontées à un développement accéléré. Fermont, par exemple, vit une grave crise du logement, et des travaux de construction sont lancés sans autorisation. Les services de garde et de santé sont débordés. Une situation qui se répète ailleurs. Les municipalités de la Côte-Nord réclament quant à elles 200 millions de dollars dans les plus brefs délais pour faire face à toute une série de problèmes engendrés par le boom minier.
«Ça nous interpelle, a dit Jean Charest. Raison de plus pour faire passer la loi sur la Société du Plan Nord pour que nous puissions nous organiser comme il faut pour gérer ces changements dans les communautés.» En matière d'approvisionnement énergétique, il a également évoqué la possibilité de développer le réseau de gazoducs sur la Côte-Nord.
Par ailleurs, les libéraux s'en tiennent à leur refus de discuter de la question des redevances ou de la transformation du minerai au Québec dans le cadre de la réforme de la Loi sur les mines. Jean Charest a même accusé hier le Parti québécois de «mêler les sujets» en voulant inclure ses éléments dans le projet de loi actuellement à l'étude.
Pas question non plus de revenir sur la disposition qui pourrait permettre aux municipalités, à certaines conditions, d'exclure le développement minier de secteurs urbanisés ou dédiés à la villégiature. «La loi va permettre à chaque milieu d'adapter son cadre réglementaire à celui qu'il souhaite en termes de développement», a dit M. Charest. «La bonne nouvelle pour les minières, c'est que là où il y a des mines, la population est généralement assez favorable à leur développement», a-t-il ajouté. Mais le lobby minier a plusieurs fois dénoncé cette nouvelle disposition législative.
Fait à noter, en dehors des zones urbanisées ou consacrées à la villégiature, le free mining doit continuer de s'appliquer, selon les dispositions du projet de loi 14. Cela veut dire que la Loi sur les mines a préséance sur plusieurs législations en vigueur au Québec.
«On l'avoue candidement: ça va plus vite que ce que nous avions anticipé, a lancé hier Jean Charest, devant un parterre de 1200 personnes réunies à l'invitation du journal Les Affaires, à Montréal. Pourquoi? Parce qu'il y a des choses que nous ne contrôlons pas. Il y a des compagnies qui ont décidé d'aller plus vite pour aller chercher des parts de marchés et qui ont décidé d'appuyer sur l'accélérateur pour développer leurs projets.»
Mais le gouvernement du Québec ne prévoit pas pour autant suivre le mouvement et s'en tient à la tranche de 500 millions de dollars déjà annoncée en mai 2011. Le premier ministre l'a d'ailleurs dit sans détour, au cours d'un point de presse donné après son allocution. «Cinq cents millions, c'est déjà un bon départ», a-t-il laissé tomber avant de passer aux questions en anglais. Cette enveloppe doit être investie sur cinq ans. Elle a été confiée à Investissement Québec, qui l'utilisera pour prendre des «participations» dans des «projets stratégiques».
Selon Jean Charest, ces investissements atteignent les objectifs des libéraux. «C'est une bonne occasion pour les Québécois d'avoir une fenêtre sur l'industrie sans devenir opérateurs miniers. On ne veut pas devenir opérateurs miniers.» Selon lui, le gouvernement investit dans un projet «non pas pour en être le propriétaire ou avoir une part de contrôle, mais pour avoir une fenêtre sur certains projets».
Le Parti québécois et plusieurs économistes ont proposé que l'État prenne des parts plus significatives dans le développement du Nord. Après tout, ces ressources sont non renouvelables et il est important d'en tirer le maximum de bénéfices. L'ancien premier ministre Jacques Parizeau a par exemple invité le gouvernement à assujettir toute aide publique à un mécanisme de réciprocité qui obligerait les entreprises à céder à Québec une participation équivalente de leur actionnariat.
Pendant ce temps, les entreprises minières — dont certaines multinationales basées en Chine ou en Inde — s'intéressent plus que jamais au Nord québécois et à son «potentiel illimité», selon les mots de M. Charest. Uniquement depuis mai dernier, les projets de développement annoncés par le secteur privé totalisent 6 milliards de dollars. Au total, les investissements sur le territoire du Plan Nord dépassent déjà les 20 milliards de dollars, et les annonces de projets sont constantes. Québec prédit même que la croissance de la demande mondiale se maintiendra au cours des 25 prochaines années, ce qui se traduira par une multitude d'investissements importants. Sans oublier que, selon M. Charest, pas moins de «80 % du territoire» reste à explorer et celui-ci «regorge de ressources naturelles».
Le chef libéral a d'ailleurs admis que cette effervescence soutenue exerçait une «pression» certaine sur des communautés confrontées à un développement accéléré. Fermont, par exemple, vit une grave crise du logement, et des travaux de construction sont lancés sans autorisation. Les services de garde et de santé sont débordés. Une situation qui se répète ailleurs. Les municipalités de la Côte-Nord réclament quant à elles 200 millions de dollars dans les plus brefs délais pour faire face à toute une série de problèmes engendrés par le boom minier.
«Ça nous interpelle, a dit Jean Charest. Raison de plus pour faire passer la loi sur la Société du Plan Nord pour que nous puissions nous organiser comme il faut pour gérer ces changements dans les communautés.» En matière d'approvisionnement énergétique, il a également évoqué la possibilité de développer le réseau de gazoducs sur la Côte-Nord.
Par ailleurs, les libéraux s'en tiennent à leur refus de discuter de la question des redevances ou de la transformation du minerai au Québec dans le cadre de la réforme de la Loi sur les mines. Jean Charest a même accusé hier le Parti québécois de «mêler les sujets» en voulant inclure ses éléments dans le projet de loi actuellement à l'étude.
Pas question non plus de revenir sur la disposition qui pourrait permettre aux municipalités, à certaines conditions, d'exclure le développement minier de secteurs urbanisés ou dédiés à la villégiature. «La loi va permettre à chaque milieu d'adapter son cadre réglementaire à celui qu'il souhaite en termes de développement», a dit M. Charest. «La bonne nouvelle pour les minières, c'est que là où il y a des mines, la population est généralement assez favorable à leur développement», a-t-il ajouté. Mais le lobby minier a plusieurs fois dénoncé cette nouvelle disposition législative.
Fait à noter, en dehors des zones urbanisées ou consacrées à la villégiature, le free mining doit continuer de s'appliquer, selon les dispositions du projet de loi 14. Cela veut dire que la Loi sur les mines a préséance sur plusieurs législations en vigueur au Québec.
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