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Libre opinion - Canada Bay

Guy Thauvette, Montréal  15 février 2012  Québec
J'étais en Australie pour un tournage. J'avais plusieurs jours de congé et je voulais en profiter pour visiter un des lieux où, au XIXe siècle, l'Australie étant la colonie pénitentiaire de l'Empire britannique, ses navires déchargeaient leurs cargaisons de prisonniers.

Près de Sydney, Canada Bay m'intéressait plus particulièrement. Le vaisseau Buffalo avait déchargé en 1837, parmi ses 144 prisonniers, après cinq mois de navigation, les patriotes du Haut et du Bas-Canada, 58 exilés qui avaient échappé à la potence érigée dans la cour du Pied-du-Courant, à Montréal. J'ai trouvé à Canada Bay une plaque commémorative sur laquelle était gravé un texte sur les «sacrifices consentis» par les patriotes exilés lors des troubles de 1837, texte que j'ai noté à ce moment-là «... les mesures adoptées par suite des rébellions dans les deux Canada ont marqué des étapes importantes de l'évolution du gouvernement responsable et de la démocratie parlementaire au Canada et en Australie...»

Combien serons-nous à la fête des patriotes, ce 15 février, de Québec à Sault-Sainte-Marie, à célébrer cette victoire arrachée dans le sang par nos ancêtres, les notaires, médecins, avocats, étudiants, cultivateurs et fils de cultivateurs qui ont formé le Parti politique des patriotes pour réclamer leurs droits, qui se sont heurtés à la corruption, à l'oppression d'un régime colonialiste et enfin à la plus impressionnante armée du monde, payant de leur vie une lutte par trop inégale? Combien y aura-t-il de femmes dans les rues, pour se rappeler ces épouses de patriotes, ces jeunes veuves qui fuyaient sur les routes avec leurs nombreux enfants, traquées, violées par les milices loyalistes (armées dit-on par les Molson, McGill et autres...) qui brûlaient et pillaient les biens des «terroristes»?

Mais la Cour pénale internationale n'existait pas au XIXe siècle et l'Empire britannique était tout-puissant! Alors que partout au monde les libérateurs des Nations, les Mandela, les Washington, les Havel, sont célébrés, au Canada la Journée nationale des patriotes est passée sous silence. Cette lutte qui, 30 ans plus tard en 1867 a produit une première Constitution (dont le Québec ne fait toujours pas partie...), représente une défaite douloureuse pour les «perdants» qui en ignorent l'importance historique... et une victoire honteuse pour les «gagnants» qui font mine de ne pas être concernés! Je n'ai pas l'intention d'ajouter au discours cynique et désabusé actuel, mais je m'en voudrais de ne pas mentionner que le texte que j'ai lu en 1988, au bord de la mer en Australie, sur cette plaque commémorative qui célébrait l'engagement et la lutte des patriotes de 1837, était signé par le très honorable Pierre Elliott Trudeau et daté de 1970, année où le même homme, appuyé par les administrations Drapeau et Bourassa, promulguait la Loi sur les mesures de guerre sous de fausses représentations, permettant à l'armée canadienne d'envahir le Québec, d'arrêter et d'emprisonner 450 personnes innocentes de tous horizons sociaux, décapitant ainsi les mouvements communautaires et d'opposition. Le même personnage qu'Ottawa a célébré en gratifiant de son nom notre aéroport international!

***

Guy Thauvette, Montréal
 
 
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  • Dominique Beaulieu - Inscrit
    15 février 2012 01 h 12
    À VÉRIFIER
    "30 ans plus tard en 1867 a produit une première Constitution (dont le Québec ne fait toujours pas partie...)"
    Le Québec n'a pas signé celle de 1982 mais a signé celle de 1867.
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  • Yves Claudé - Inscrit
    15 février 2012 05 h 53
    Sous le verni démocratique …
    Face à l’élan libertaire national du mouvement des Patriotes, la férocité des conquérants/dominants est sans limites. Nous avons un devoir de mémoire à ce sujet, et le texte de Monsieur Guy Thauvette nous le rappelle fort justement en évoquant la vie de chair meurtrie et de courage de ceux et celles qui avaient décidé de vivre debout. L’auteur souligne aussi le fait que sous le verni démocratique, cette férocité répressive est toujours latente.

    Que l’on me permette ici d’évoquer d’autres vies de courage et d’exil. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, à Paris c’est un autre mouvement social, celui de la Commune, qui inventant une authentique démocratie ouvrière, va être écrasé militairement par une bourgeoisie sanguinaire : des milliers d’exécutions sommaires lors de la “Semaine sanglante” et de nombreux exilés, dont Louise Michel, héroïne du mouvement ouvrier et libertaire.

    Comme le mouvement des Patriotes, celui de la Commune de Paris continue d’inspirer les élans de Liberté et de Justice qui sont au coeur de notre Humanité, et parmi ceux-ci, n’oublions par le mouvement des “Indignés” dont la répression générale ne pourra empêcher la résurgence !

    Yves Claudé
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  • Pierre Vaillancourt - Abonné
    15 février 2012 07 h 26
    Le 15 février 1839
    C'est le 15 février 1839 qu'avait eu lieu la pendaison de cinq patriotes sur l'échafaud, à la Prison Au-Pied-du-Courant, à Montréal.

    Depuis 2002, la fête des Patriotes a lieu le lundi qui précède le 25 mai de chaque année, et c'est un jour férié et chômé partout au Québec.
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  • François Dugal - Abonné
    15 février 2012 07 h 53
    Je me souviens
    Qu'elle est l'histoire du Québec que l'on enseigne dans nos écoles? Je me souviens (pas toujours).
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  • Loraine King - Inscrite
    15 février 2012 10 h 14
    Fêter comme il se doit
    J'ignore combien vous serez à cette fête mais j'espère que vous n'avez pas oublié d'inviter les descendants des familles des exilés du Haut-Canada à cette commémoration des évènements marquants de notre histoire. Nous gagnerions tous à nous souvenir de ce chapitre de l'histoire du Canada.
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  • Robert Laroche - Abonné
    15 février 2012 10 h 16
    Merci pour ce rappel
    15 février ... Fête des patriotes. Une mémoire qui vacille en regard de ceux et celles qui se sont battus, qui se battent ... pour ce que nous sommes en tant que nation, en tant que peuple . Ce « Je me souviens » a pour fonction d'augmenter la conscience de nos conditionnements limitant pour émerger dans plus de liberté au delà de l'emprise des maîtres qui recrutent, tout azimut, des esclaves.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    15 février 2012 10 h 58
    Fait occulté
    Les politiciens canadiens, avec la complicié de bien des historiens semble-t-il (puisqu'ils ne protestent pas fort), ont toujours occulté le fait que les Patriotes de 1837, incluant des anglophones, revendiquaient des droits démocratiques et l'autonomie canadienne, contre l'absolutisme britannique. On se serait attendu à ce que les politiciens qui se disent de tendance progressiste, comme les libéraux et le NDP, honoreraient les Patriotes comme des précurseurs ayant réussi à faire évoluer les choses, au point où, des décennies plus tard il faut dire, leurs revendications ont été satisfaites. Or tous ces politiciens "progressistes" traitent plutôt les Patriotes comme des "terroristes séparatistes" et seuls les vrais séparatistes les honorent aujourd'hui. Il y a qu'a voir la gène ces Trudeau, Broadbent, Ryan, Layton, Charest et autres quand on évoque les Patriotes.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    15 février 2012 11 h 05
    Souvenir de collège
    Notre prof d'histoire du Canada disait : les Patriotes avaient raison, leur erreur a été de ne pas s'être rendu compte qu'ils ne pouvaient pas gagner. S'ils avaient gagné, leur staut historique serait passé de celui de "criminels" à celui de "héros nationaux".
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  • G. Raymond - Inscrit
    15 février 2012 11 h 12
    @ Dominique Beaulieu
    "Le Québec n'a pas signé celle de 1982 mais a signé celle de 1867."

    C'est une erreur.

    1- Les trois provinces fondatrices du Canada en 1867 sont la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et le Canada-Uni. Le Québec et l'Ontario apparaissent avec la Confédération de 1867. Ils ne peuvent pas avoir signé la constitution de 1867.

    2- Les opposants à la Confédération de 1867 (Antoine-Aimé Dorion et les Rouges) avaient exigé un référendum sur la question, et George-Étienne Cartier avait refusé cette exigence. Ce n'est que par une très faible majorité à la Chambre des communes, que les députés du Canada-Est ont accepté la Confédération. Plusieurs historiens voient l'origine du déficit démocratique du régime constitutionnel de 1867.
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  • Georges Paquet - Abonné
    15 février 2012 16 h 54
    "...notre aéroport international."
    Intéressant que Guy Thauvette se fourvoie sur plusieurs aspects de son discours
    1- L'aéroport Pieree-Elliott-Trudeau n'est "notre aéroport" que si on est fédéraliste et qu'on sait que si le Québec devenait éventuellement indépendant, cet aéroport fera partie d'éventuelles négociations dans le cadre de l'association envisagée.
    2- Que le Québec signe ou ne signe pas la Constitution de 1982 n'empêche pas qu'il en fasse partie. Madame Marois l'a bien reconnu quand elle a négocié la modification constitutionnelles qui permettait au Québec de modifier le statu des Commission scolaires fondées sur la religion.
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  • Monsieur Brodeur - Inscrit
    15 février 2012 16 h 59
    L'histoire...
    Le révisionnisme Canadien-anglais, est ce qui nous tue le plus. Il nous tue de l'intérieur. Comme une lobotomie.

    Par ailleurs, ne pas oublier que le siège du gouvernement de l'époque des patriotes était à montréal, mais les loyalistes l'ont détruit (avec tout la précieuse bibliothèque de la nouvelle-france..!! Ce qui fait qu'on a un gros trou de mémoire..!) parce qu'ils n'étaient pas content que nous soyons majoritaire, nous les francophones. Et nous avions voter des compensations pour les familles détruites durant le conflit.

    Ils ont usé de la force pour créer ce pays. Tuer, piller, voler, violer, emprisoner.. Pour nous enlever notre patrie. Et ils persistent encore à vouloir nous écraser. Nous étouffer. Nous assimiler.

    Pour cela, moi et les autres patriotes de ma génération continuons le combat pour la vérité, la dignité, l'honneur et le respect de tout ceux qui ont vu leur vies brisées par l'armée Britanique et les loyalistes, et tout les injustices qui s'en suivent qui nous touchent aujourd'hui bien plus qu'on le pense.

    De voir Harper mettre le portrait de la rêne partout comme ça, ça fait juste confirmer qu'ils continueront de nous soumettre jusqu'à notre disparition totale. C'est ça leur plan, et rien d'autre que ça.

    Difficile de ne pas les haïr. Difficile de garder son calme en ce moment.

    Le sentez-vous, ce vent de liberté qui nous appelle?

    Stéphane Brodeur, montréal. Humilié constamment depuis plusieurs générations, et s'il le fallait, prêt à me faire pendre moi aussi pour défendre ma nation.
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  • Monsieur Brodeur - Inscrit
    15 février 2012 17 h 46
    À George Paquet..
    En suivant votre logique,

    1-nous somme propriétaire de plus de 25% de toute les infrastructure du canada. Ça fait un peu plus que l'aéroport et le vieux port de montréal, à mon avis. Mais je suis pas un comptable, ça pourrait être plus que ça, si on considère le temps. Seulement en 1950, nous représentions plus de 30% du canada. Et avant cela, c'était plus que ça, et nous avons payé avec nos taxes et notre sueur pour construire le ROC.

    2-C'est du n'importe quoi. On fait ce qu'on peut pour survivre avec une autre nation qui nous domine. Ils nous ont demandé notre avis par référendum vous pensez? La question «Voulez-vous être dominé par les britaniques» ne nous as jamais été officielement posé, sinon qu'avec un fusil sur la tempe.

    3-Si nous devenons indépendant, les frontières du québec s'agrandiront, contrairement à ce que tout le monde croit. Nous iront faire une requête à la cour internationale, pour qu'on nous redonne notre part du canada, qui n'a fait que rétrécir au gré des gouvernement loyaliste. Et cette fois-ci, Londres ne pourra pas faire sa loi, comme elle l'a fait en nous volant le labrador.

    4-Vous nous sous-estimez toujours.

    Stéphane Brodeur, montréal.
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  • Laurent Desbois - Inscrit
    17 février 2012 09 h 36
    Retour sur la Crise d'octobre: un ouvrage essentiel
    Retour sur la Crise d'octobre: un ouvrage essentiel

    Josée Legault
    20 septembre 2010

    http://voir.ca/josee-legault/2010/09/20/retour-sur

    Bouthillier, Guy
    Cloutier, Édouard

    Trudeau et ses mesures de guerre
    Vus du Canada anglais
    http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/Livre.asp?i

    Il y a un peu plus de quarante ans, le 16 octobre 1970, au milieu de la nuit, le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau imposait les mesures de guerre à la suite de l'enlèvement par le Front de libération du Québec (FLQ) de deux personnalités politiques. Par ce coup de force, la constitution et toutes les libertés civiles furent suspendues. Douze mille cinq cents soldats furent déployés au Québec, dont 7500 rien qu'à Montréal. Près de 500 personnes furent arrêtées sans mandat, sans accusation et sans avoir le droit de recourir à une assistance juridique. Plus de 10000 maisons furent fouillées sans autorisation.
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