Lettres - D'inutiles pirouettes «diplomatiques»
Tranquillement s'installe dans notre tissu médiatique le mirage voulant que le gouvernement actuel soit l'initiateur d'un Plan Nord qui va assurer la bonne fortune économique du Québec.
Ça fait pourtant une bonne décennie qu'il est prévu, planétairement parlant, qu'une demande fantastique surgirait dans les pays émergents pour une certaine variété de ressources minières. Le génie du gouvernement Charest n'aura pas été de promouvoir les ressources naturelles du Québec, mais de s'ajuster à une demande éventuelle et à en tirer un bénéfice électoral. Autrement dit, la demande mondiale pour les ressources naturelles du Québec se serait produite indépendamment de l'émergence ou non du concept de Plan Nord. Le génie de l'équipe Charest aura plutôt été de récupérer une tendance économique planétaire que d'avoir provoqué cette tendance: faire croire au bon peuple que c'est à ce gouvernement qu'il doit les milliards d'investissements anticipés alors que ce gouvernement n'a fait somme toute qu'accrocher son train à cette tendance profonde, sans initiative significative de sa part.
Le bunker s'est évertué à souligner les démarches «diplomatiques» du premier ministre auprès des milieux d'affaires européens et asiatiques, alors que ce même premier ministre s'est montré absolument nul dans ses démarches «diplomatiques» qui auraient permis, par exemple, de s'entendre avec Terre-Neuve-et-Labrador sur l'exportation via le Québec de l'électricité de Churchill Falls; incapable aussi de mener à bien l'acquisition par Hydro-Québec des installations électriques du Nouveau-Brunswick; impuissant finalement à inclure les chantiers maritimes de Lévis dans le plan fédéral multimilliardaire de renouveler l'appareillage maritime du Canada, laissant filer vers la Nouvelle-Écosse des contrats pour lesquels cette province est mal préparée. La vraie «diplomatie» dans le monde réel, ça commence par l'apprivoisement des voisins les plus immédiats; c'est moins spectaculaire que d'aller faire tourner des ballons sur son nez à Londres, à New York ou en Asie, mais c'est plus fondamental.
D'autant plus fondamental que les investissements étrangers dans les ressources naturelles du Québec viendront de toute manière, pirouettes «diplomatiques» ou non.
***
Réal Pelletier - Longueuil, le 14 février 2012
Ça fait pourtant une bonne décennie qu'il est prévu, planétairement parlant, qu'une demande fantastique surgirait dans les pays émergents pour une certaine variété de ressources minières. Le génie du gouvernement Charest n'aura pas été de promouvoir les ressources naturelles du Québec, mais de s'ajuster à une demande éventuelle et à en tirer un bénéfice électoral. Autrement dit, la demande mondiale pour les ressources naturelles du Québec se serait produite indépendamment de l'émergence ou non du concept de Plan Nord. Le génie de l'équipe Charest aura plutôt été de récupérer une tendance économique planétaire que d'avoir provoqué cette tendance: faire croire au bon peuple que c'est à ce gouvernement qu'il doit les milliards d'investissements anticipés alors que ce gouvernement n'a fait somme toute qu'accrocher son train à cette tendance profonde, sans initiative significative de sa part.
Le bunker s'est évertué à souligner les démarches «diplomatiques» du premier ministre auprès des milieux d'affaires européens et asiatiques, alors que ce même premier ministre s'est montré absolument nul dans ses démarches «diplomatiques» qui auraient permis, par exemple, de s'entendre avec Terre-Neuve-et-Labrador sur l'exportation via le Québec de l'électricité de Churchill Falls; incapable aussi de mener à bien l'acquisition par Hydro-Québec des installations électriques du Nouveau-Brunswick; impuissant finalement à inclure les chantiers maritimes de Lévis dans le plan fédéral multimilliardaire de renouveler l'appareillage maritime du Canada, laissant filer vers la Nouvelle-Écosse des contrats pour lesquels cette province est mal préparée. La vraie «diplomatie» dans le monde réel, ça commence par l'apprivoisement des voisins les plus immédiats; c'est moins spectaculaire que d'aller faire tourner des ballons sur son nez à Londres, à New York ou en Asie, mais c'est plus fondamental.
D'autant plus fondamental que les investissements étrangers dans les ressources naturelles du Québec viendront de toute manière, pirouettes «diplomatiques» ou non.
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Réal Pelletier - Longueuil, le 14 février 2012
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