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Droits de scolarité - Avant-goût électoral

Marie-Andrée Chouinard   16 février 2012  Québec
La mobilisation étudiante qui prend forme au Québec autour d'une radicale hausse des droits n'a rien d'un caprice d'enfants-rois. L'appel à la grève générale illimitée n'est pas la reprise d'un classique pour abonnés au farniente. Il s'agit du seul moyen disponible pour ébranler un gouvernement acharné, intraitable et indifférent aux questions d'inégalités sociales.

Sur le thème du gel des droits de scolarité, le Québec a déjà connu une bonne poignée de grèves générales illimitées. Chaque fois ou presque, les gouvernements — libéral et péquiste — ont soit reculé, soit stoppé une course projetée, preuve irréfutable que lorsqu'elle est bien menée, la fronde des étudiants peut ébranler quelques certitudes, et ce, même chez les plus entêtés.

Une élection au Québec pourrait-elle pimenter l'enthousiasme des troupes? Influencerait-elle les stratégies des principaux partis pour adoucir quelques plateformes? Le PLQ et la CAQ prônent la hausse des droits; le PQ croit à un temps d'arrêt, sorte de retour au gel. QS rêve même de la gratuité.

La cueillette des votes de grève n'est pas terminée, mais si la jeunesse tient un discours enflammé assorti de taux de présence faiblards aux réunions et d'une participation molle aux activités de mobilisation, les espoirs sont bien minces d'annuler cette hausse de 1625 $ en cinq ans. Non seulement est-elle entérinée par ce gouvernement qui en a fait un credo au point de ne plus écouter les opposants, mais en plus, elle recueille l'adhésion populaire.

Depuis l'évocation de la hausse radicale, basée sur la nécessité de reprendre en cinq ans un rattrapage de quelques décennies, les étudiants ont été cohérents dans leur opposition: ils s'inquiètent des effets sur l'accessibilité chez la frange moins nantie des candidats aux études supérieures. N'en déplaise aux élites bien pensantes, sans doute peu abonnées aux soupes populaires, ce discours a des racines.

Tout récemment, les dirigeants du réseau de l'Université du Québec ont manifesté des préoccupations bien réelles et documentées quant aux conséquences de la hausse sur une clientèle dont les parents n'ont pas fréquenté l'université, ou encore les cohortes d'étudiants à temps partiel, déchirés déjà entre le travail et les études.

En France, les présidents d'université s'inquiètent de l'inégalité dans l'accès à l'enseignement supérieur en même temps qu'ils causent droits d'entrée — ça se peut! La même inégalité, précisément, qui a mené les étudiants du Canada à manifester au début du mois, pestant contre des taux spectaculaires d'endettement. Cela aussi qui a motivé le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, à annoncer en décembre un programme de réduction de 30 % des droits de scolarité.

Sur notre propre scène locale, certains faits d'armes ne doivent pas être oubliés: le gouvernement Charest promet un généreux programme de prêts et bourses, mais nous n'en avons pas encore vu la couleur. Cet engagement reste précédé d'un horrible faux pas, commis en 2004, avec la transformation de 103 millions de bourses en prêts, une décision qui ciblait les plus vulnérables. Huit ans plus tard, en quoi ce groupe retient-il davantage l'attention du gouvernement?

La bourde de 2004 avait soulevé une redoutable et efficace vague étudiante, avec une grève générale percutante. Cet épisode peut-il être répété? Les 18-24 ans, qui n'ont offert que 41 % de participation aux élections de 2008, doivent maintenant joindre le geste à la parole.

 
 
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  • Dominique Beaulieu - Inscrit
    16 février 2012 02 h 05
    L'AÉLIÉS vote 3 journées de suspension des cours
    L'Association des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures viennent d'approuver la suspension des cours les 23 février, 1er et 22 mars, pour aller manifester. On ne parle pas de jeunes rebelles, ont parle d'étudiants à la maîtrise et au doctorat.

    La pétition pour une assemblée générale spéciale sur le vote de grève illimitée est complétée.

    Moi, j'en ai assez de dettes d'études et je paye déjà assez cher. Si Charest cherche de l'argent, qu'il commence par couper au ti namis de l'industrie de la corruption et qu'il finance les institutions anglaises au prorata de la minorité anglophone historique, soit au plus 3% de la population.
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  • Dominique Beaulieu - Inscrit
    16 février 2012 02 h 12
    Même en augmentant les prêts-bourses
    Quand papa et maman gagnent trop cher et qu'ils ne veulent pas payer ou que la formule de calcul ne tient pas compte du nombre d'enfants aux études, il reste deux possibilités : travailler et nuire à ses études ou bien poursuivre ses parents.

    L'instruction doit être gratuite comme dans plusieurs pays européens ou Cuba qui forme les meilleurs médecins au monde.
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  • François Ricard - Abonné
    16 février 2012 06 h 42
    Plutôt que de tourner autour du pot...
    L'accès à l'université, à cause des sommes faramineuses que nous y investissons, devrait être accordé à ceux qui ont le talent et les aptitudes nécessaires pour réussir, pauvres et riches.
    De plus, à chaque étape, l'étudiant devrait être en mesure de démontrer qu'il maîtrise bien le sujet.
    Nous avons trop d'étudiants qui, pendant des années, traînent sur les bancs de l'université uniquement parce qu'eux ou leurs parents ont les argents nécessaires à pareil farniente estudiantin.
    Le public, qui fournit le gros des argents aux universités, devraient imposer à celle-ci un double système comptable: un pour l'enseignement et la recherche pure et un autre pour la recherche appliquée qui profite surtout aux entreprises. Cette recherche appliquée accapare presque la moitié du budget mais ne représente que 1% des revenus.
    Il faut aussi revoir le financement public. Bon an mal an, 35% des argents publics vont pour les universités anglophones. Pourtant la population anglophone, comprenant les transferts allophones, ne représente que 20% de la population. Et c'est comme cela depuis toujours.
    A-t-on vraiment besoin de trois universités anglophones? D'où viennent les étudiants anglophones? Une bonne partie d'ailleurs: de l'Ontario, de Colombie-Britannique, d'autres provinces, d'autres pays.
    Nous subventionnons des étudiants étrangers et nous n'avons pas assez d'argent pour les nôtres. Cherchez l'erreur.
    Chaque année, il y a des dizaines et des dizaines de médecins diplômés de McGill qui ne restent pas au Québec. Bien sûr, ils ne font que retourner chez eux. C'est normal. Nous ferions de même.
    Et ce n'est pas une hausse des frais de scolarité pour les nôtres qui va y changer quelque chose.
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  • John Mokawi - Inscrit
    16 février 2012 09 h 50
    Quid des parents?
    Je sais que c'est naïf, mais j'aimerais bien voir les parents du Québec défendre le gel et la gratuité scolaire. C'est de leurs enfants dont on parle. Les étudiants actuels, pour la plupart, ne verront pas toute la hausse.
    S'il ne le font pas, j'espère qu'ils cotisent dans un fond d'étude.
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  • NDNM - Inscrit
    16 février 2012 10 h 11
    gratuité totale, un choix de société
    Il est désespérant de voir toujours la même prose et les mêmes arguments éculés sortir de ces forums en particulier en ce qui concerne les frais de scolarité. Comme dans beaucoup de pays le pratique l’éducation peut être entièrement gratuite à tout les niveaux, ce n’est pas une dépense mais un investissement dans l’avenir de nos enfants et de notre société. Cessons de nous comparer à nos voisins du sud ou de l’ouest pour enfin prendre nos décisions après une réflexion sur la société que nous voulons . Quand on entend le ministre des finances nous dire que chacun doit faire sa part, il y a de quoi bondir. C’est oublier que ces même personnes (ministres, avocats, médecins, pharmaciens, grands financier....) qui prônent la fin de la gratuité des études ont eux mêmes profité largement du système dans leur jeunesse. Le remboursement de la dette que les étudiants ont contractés vis à vis de la société se fera par le paiement d‘un impôt juste sur le revenu ou sur la capitalisation; c’est là que la réforme doit être faite. Et les entreprises qui profitent largement de la formation haut de gamme donnée par les entreprises doivent également contribuer par des moyens plus coercitifs que ce qu’on voit actuellement surtout que les multinationales ne se gênent pas pour pomper les subventions puis pour fermer les usines ou les centres de recherche laissant une main d’oeuvre qualifié sur le chômage ou obliger de s’expatrier.
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  • Fernand Lavigne - Inscrit
    16 février 2012 10 h 36
    Inégalités sociales dites vous?
    Non et non. Cette grève est injustifiable.
    D’accord pour que l’État soutienne au besoin les étudiants par des prêts et bouses adéquats. D’accord aussi avec l’idée que les études supérieures sont un bon investissement. Soit. Par conte, si ces grévistes n’ont pas assez de courage pour investir en eux-mêmes, pourquoi alors le ferais-je? Pourquoi le ferais-je au détriment d’autres services essentiels à l’égard de ceux et celles qui n’ont pas le privilège et la capacité de s’instruire?
    En tant que bénévole au service de jeunes en difficulté j’invite ces grévistes à démontrer un minimum de sens à l’équité dans l’égalité social justement.

    Fernand Lavigne
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  • Stephane Thellen - Abonné
    16 février 2012 10 h 42
    Un enjeu collectif
    D'accord avec M. Mokawi. L'accessibilité aux études n'est pas qu'un enjeu lié aux étudiants, ceux aujourd'hui sur les bancs de l'école. C'est un en jeu collectif. Quand Bachand nous dit qu'avec la tarrification des services, il veut mettre en chantier une révolution culturelle, ne nous méprenons pas, il s'agit d'une révolution conservatrice, qui vise à ramener le Québec à l'époque pré-moderne, d'Avant la démocratisation de l'éducation, avant le "Qui s'instruit s'enrichit" de Lesage.
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  • France Marcotte - Abonnée
    16 février 2012 12 h 41
    Pas seuls
    La lutte des étudiants pour le gel des droits de scolarité remettant en cause les inégalités sociales serait peut-être plus efficace et durable s'ils ne la menaient pas en vase clos.

    Pourquoi ne les voit-on jamais joindre leurs revendications aux autres luttes aux inégalités sociales; lutte contre la pauvreté, l'accès au logement, au travail...même la lutte pour une exploitation des richesses naturelles plus sensée n'est pas étrangère à leurs revendications.

    Mais non, je suppose qu'on préfère les voir bien corseté dans leur silo.
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  • France Marcotte - Abonnée
    16 février 2012 12 h 51
    Et, question de mon fils dont la session sera compromise
    La grève est-elle vraiment la façon la plus brillante et la plus efficace de faire entendre ses revendications?
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  • Une pensee differente - Inscrit
    16 février 2012 13 h 55
    Des idées...
    Avant d’entrer dans le sujet j’aimerai clarifier certain points abordés avant.
    Une personne aimerait avoir des études gratuites comme à Cuba. Est-ce qu’elle aimerait vivre à Cuba dans un système communiste?
    Je pense qu'elle aimerait le beurre et l'argent du beurre!
    Une autre personne se questionne sur le fait si le Québécois ne subventionne l’étudiant étranger. La réponse et simple : non. Les droits de scolarité sont différents pour les étudiants québécois et pour les étrangers (de province ou de pays).
    Je un contact très étroit avec une université francophone en particulier car j'y enseigne.
    Quand je vois des étudiants avec de iphones, Blackberries et/ou d’autres gadgets de la même nature, avec des forfaits parmi les plus chers je me demande si la priorité de l’étudiant est à la bonne place.
    Vous allez, probablement me répondre que je suis démagogue, ou autre. Je ne suis que pratique! Réduisez le forfait de 50$ et plus à de forfait de 15$ par mois et voila, 35$ par mois, pour 420$ par année! Je reconnais que ceci est seulement une partie de plus ou moins 1500$ par année dans cinq ans. Est-ce qu’il y a d’autres endroits ou chercher de l’argent? OUI!!!!
    Le pire est que j'ai posé la question à mes étudiants et ils ne sont pas d'accord avec ce mouvement. Ils ne se retrouvent pas ...

    Ceci veut dire aussi un fardeau fiscal moins important pour les parents de ceux qui ne vont pas à l’université. Pourquoi est-ce que un complet inconnu payera-t-il pour que vous fassiez vos études de médecine ou ingénierie, par exemple, et vous payera encore une fois en tant que médecin ou ingénieur quelque année plus tard? Ce n’est pas juste! Est-ce la justice sociale dont vous parler? Je ne pense pas!

    Soit tu paye pour tes études et tu demande ton salaire après, soit la société paye tes études et tu travails gratuitement par la suite quelques année pour rembourser tes études mais tu va là où la société a besoin
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  • Une pensee differente - Inscrit
    16 février 2012 14 h 00
    Des idées...
    Pour ceux qui cotisent déjà, à des REEE, autant Ottawa que le Québec y ajoute. Je sais qu'Ottawa mets 20% jusqu'à un certain plafond et pour le Québec je ne sait plus, mais ils sont de la partie.

    Donce voila comme les gouvernements subventionnent encore! Mais ils subventionnent ceux qui font eux même l'effort! Ainsi il n'y aura plus des étudiants dans leur dixième année d'université!
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  • Dominique Beaulieu - Inscrit
    16 février 2012 14 h 29
    Parce que ...
    "Pourquoi ne les voit-on jamais joindre leurs revendications aux autres luttes aux inégalités sociales"

    Parce que nous sommes trop occupés à étudier, même si nous les appuyons. Amenez une pétition, je vais la signer. Mais pour le reste, nous sommes occupés à bâtir notre avenir. Nous n'avoms pas des dizaines d'heures à investir en dehors de nos études.

    Une session normale est 15 crédits. 1 crédit = 45 heures, soit 3 heures par semaines.

    15 crédits = 45 heures par semaines.

    Et ça, c'est à la condition qu'un ou plusieurs professeurs n'abusent pas, ce qui est souvent le cas en génie, avec les projets et les laboratoires.

    Si en plus on est auxiliaire, ça monte à 50 ou 55 heures par semaines. Si on est impliqué, ça monte à 60.

    Pour être en santé, il faut bien consacrer 5 heures par semaine au gymnase.

    Et il y a l'épicerie, le lavage, la cuisine, se laver, la lessive.

    Faites le calcul, il ne reste pas grand temps pour dormir, encore moins pour les autres causes, aussi légitimes soient-elles.
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  • Dominique Beaulieu - Inscrit
    16 février 2012 14 h 41
    REEE
    Encore faut-il avoir les moyens pour cotiser. Si t'es cassé, ok, tu as la subvention du Fédéral de 400 ou 500$ au début plus 100$ par ans. Mais en bout de ligne, ça te fait 6000$ selon les prévisions réalistes. Tu ne vas pas loin avec ça.
    Donc, ça prend les prêts-bourses, qui te créent une dette.
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  • Charles Carrier-Plante - Abonné
    16 février 2012 18 h 08
    À madame Marcotte
    Vous demandez :
    '' La grève est-elle vraiment la façon la plus brillante et la plus efficace de faire entendre ses revendications? ''

    Oui, la grève est le seul moyen de pression efficace dont nous disposons pour faire entendre nos revendications. Nous étions 30 000 dans la rue le 10 novembre, et malgré tout le gouvernement a continué à camper sur ses positions et à nous considérer avec dédain.

    Si nous en sommes réduits au moyen extrême d'une grève générale illimitée, ce n'est pas par caprice, mais par nécessité.
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  • Charles F. Labrecque - Abonné
    16 février 2012 19 h 27
    Anti-social
    J'ai rarement vue un action aussi anti-social exigé par des étudiants. Comment des adultes pourvus d'un intelligence supérieur puissent exiger que les études soient payées en parti par des ouvriers n'ayant pas eu la chance d'accéder aux études supérieurs à l'aide de leurs impôts gagnés à petits salaires. Ce qui est encore plus ingrat ces mêmes étudiants une fois sortis de l'université ils viendront exploiter honteusement ces mêmes travailleurs en leurs refilant des honoraires très élevés pour les services que ces ouvriers auront de besoins. Honte à ces exploiteurs en herbe.
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  • Lise Moga - Inscrite
    16 février 2012 19 h 49
    C'est presque gratuit au secondaire, pourtant on décroche.
    "Non seulement est-elle entérinée par ce gouvernement qui en a fait un credo au point de ne plus écouter les opposants, mais en plus, elle recueille l'adhésion populaire."

    Le gouvernement écoute peut-être plus que vous ne le pensez les gens qui déjà se font siphoner pour payer le 85% de la balance qui leur est refilé pour cet item. Normalement, il faut 3 ans pour obtenir un bac, combien éternisent la chose. Les prêts et bourses ont été bonifiées pour les moins nanties, alors!

    J'ai aidé mes enfants à défrayer le coût de leurs études. Elles avaient l'obligation de réussir et l'échec était à leur compte. On s'est tous serré la ceinture pour y parvenir; les bébelles, elles s'en procureraient quand elles gagneraient. Je ramassais les coupons rabais de 50¢, 75¢ ou $1.00 pour diminuer le coût de l'épicerie... c'était loin du récit qu'évoquait une étudiante à Jn.-Luc Mongrain lorsqu'elle exposait son budget: pauvre petite, il ne lui restait que $40,00/semaine pour la sortie aux bars. Nous sommes passées au-travers et maintenant, j'ai besoin de passer le flambeau de la "maternitude" à d'autres, Ils ont des parents, ces étudiants! Et déjà, d'autres trépignent à ma porte, avec leurs besoins non moins virulents, "pour tenter de SE redistribuer équitablement" le fruit de mon travail déjà le plus amputé de toute l'Amérique du Nord.
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  • Bernard Gadoua - Inscrit
    16 février 2012 19 h 56
    Le fond de l'affaire: la mobilité sociale
    Le débat autour des frais de scolarité est en fait un débat sur les inégalités sociales et la mobilité sociale. Le Devoir avait très bien relaté le fait que la contribution accrue des étudiants n'auraient que très peu d'effets sur les finances de l'État. Donc, s'il ne s'agit pas de calculs comptables de quoi s'agit-il? En fait, le Parti libéral et la CAQ projettent de réduire l'accès des classes populaires à la classe moyenne supérieure, convaincus qu'ils sont que la classe moyenne se sent fragilisée par la menace d'une relégation économique de ses rejetons. Ainsi, ils font le pari que les individus appartenant à la classe moyenne, qui votent bien davantage aux élections que que ceux issus des classes populaires (il n'y a qu'à voir les taux de participation dans les comtés les plus pauvres de la province pour s'en convaincre), leur permettront de faire des gains électoraux.
    Le premier argument, celui des finances de l'État et du refus des hausses d'impôts «pour la classe moyenne» a été démonté par des études factuelles qui démontrent le caractère marginal de la hausse des droits sur les finances de l'État, ce qui n'empêchera pas les deux partis en question de nous le répéter, car les classes moyennes d'aujourd'hui sont déjà tellement endettées qu'elles considèrent que tout transfert de richesses vers les plus pauvres ne se fait qu'à ses dépens et constitue un tribut trop élevé pour ses finances personnelles; le second, celui de la tarification de l'utilisateur-payeur (ou ce qu'on nomme dans les administrations universitaires «l'approche-client») est en fait un choix politique qui vise à restreindre les individus talentueux des classes populaires d'avoir un accès financièrement raisonnable à l'ascension sociale. Car l'endettement, qui est son corollaire, atteint déjà des niveaux critiques qui font que «l'égalité des chances» ne se fait que par un handicap de départ sur le marché du travail...

    @BGadoua
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  • Jean-Philippe Zamojski - Abonné
    16 février 2012 20 h 37
    Problème de la classe moyenne
    Les étudiants réellement touchés par les problèmes en éducation sont ceux provenant de la classe moyenne. Les plus pauvres sont pris en charge avec le programme de prêts et bourses. et les plus riches, on l'espère, sont pris en charge par les parents. La classe moyenne, celle a qui l'on refuse les bourses sous prétexte que les parents assurent la responsabilité de l'éducation de leurs enfants et que, ces mêmes parents, ne sont pas en mesure d'assurer: frais de scolarité, logement, etc. (noter que l'étudiant peut travailler autours de 15 heures/semaine sans problèmes), sont pris à travailler beaucoup plus et à entrer dans un cercle vicieux qu'est celui-ci: n'est pas admissible aux prêts et bourses pour l'excellence = travailler plus= moins de temps pour l'étude= notes moins élevées= n'est pas admissible aux prêts et bourses pour excellence. Le problème de l'éducation n'est pas simple à régler certes, mais ce n'est pas en augmentant les frais de scolarité qu'il va se régler.

    signé: étudiant universitaire de la classe moyenne s'en sortant bien malgré tout! J'aimerais que plusieurs aient cette chance...
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  • Éric Pauzé - Abonné
    17 février 2012 01 h 23
    Nous travaillons pour la société
    Dans la situation dans laquelle je suis, je trouve insultants plusieurs des arguments de certaines personnes critiquant la grève. Je suis étudiant en enseignement et lorsque j'entends les arguments du gouvernement et gens qui disent que l'éducation est un bon investissement financier, je n'ai d'autre choix que de constater que je n'entre pas dans cette catégorie, et ce sera encore moins le cas après la hausse. Le jeune s'inscrivant en éducation sait qu'il ne gagnera que la moitié de ce que valent les services qu'il rendra à la société, mais il le fait par passion.
    Lorsque je lis des commentaires de gens qui trouvent que les étudiants en demandent trop à la société, je réponds que moi, mes collègues et nombre d'universitaires sommes à l'école justement dans le but de contribuer à la société et qu'il serait dommage de se priver de la contribution de ces jeunes pleins de potentiel.
    Lorsque je lis d'autres commentaires ci-haut comme quoi les étudiants ne sont que des exploiteurs de la société, que si nous ne voulons pas de cette hausse c'est pour exploiter encore plus cette société à laquelle nous allors refiler nos honoraires trop élevés une fois gradués, je vous répond que justement, ces futurs gradués qui chargeront des sommes gigantesques ne sont pas ceux qui font la grève, étant conscient de cette réalité qui est la leur, bien souvent.
    Les étudiants qui sont dans la rue veulent leur chance. Nous avons notre place dans la société POUR la société, et nous voulons simplement y accéder.
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