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Patients dirigés vers le privé: Bolduc en saisit le Collège des médecins

La Presse canadienne   20 février 2012 16h44  Québec
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a demandé ce matin au Collège des médecins d’examiner le cas de ces chirurgiens qui dirigent leurs patients vers la clinique privée.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a demandé ce matin au Collège des médecins d’examiner le cas de ces chirurgiens qui dirigent leurs patients vers la clinique privée.
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a demandé ce matin au Collège des médecins d’examiner le cas de ces chirurgiens qui dirigent leurs patients vers la clinique privée, les faisant ainsi payer pour une intervention chirurgicale, en leur disant que s’ils demeurent dans le système public, l’attente sera beaucoup plus longue avant d’être opérés.

C’est le quotidien La Presse, dans son édition d'aujourd'hui, qui a de nouveau soulevé cet effet pervers des listes d’attente en chirurgie, particulièrement en chirurgie orthopédique.

Interrogé à ce sujet alors qu’il faisait une annonce en matière de cancérologie, à Laval, le ministre Bolduc s’est montré préoccupé par cette pratique, mais a insisté sur le fait qu’elle ne touchait qu’un certain nombre de chirurgiens.

«Il y a 2200 chirurgiens au Québec. Ce qu’on peut noter en regardant les listes d’attente, c’est qu’il y a 100 ou 150 chirurgiens qui ont l’air d’avoir des listes d’attente extrêmement longues. À Montréal, il y a un constat: il y a des [chirurgiens] qui offrent d’être opérés dans le privé plutôt que de les opérer dans le public», a affirmé le ministre Bolduc.

Il a précisé que cette pratique a surtout cours à Montréal et à Laval. Du même souffle, il a tenu à se faire rassurant quant à l’accès aux soins de santé. «Ce sont 93 % des patients qui sont opérés dans un délai de six mois, 80 % à l’intérieur de trois mois», a-t-il soutenu.

La pratique des longues listes d’attente et de la référence au privé pour être opéré plus rapidement le préoccupe toutefois suffisamment pour qu’il en ait saisi le Collège des médecins, chargé de protéger le public.

«J’ai parlé avec le docteur Charles Bernard du Collège des médecins ce matin. Je lui demande d’évaluer les pratiques au niveau de la gestion des listes d’attente. Et je vais lui demander de faire des recommandations pour s’assurer qu’on ait une équité pour les patients et qu’on respecte le droit des patients et, surtout, que le patient puisse avoir accès à la chirurgie non pas en fonction de sa capacité de payer, mais bel et bien en fonction de son état clinique», a affirmé le ministre Bolduc.

Le ministre soutient que le président du Collège des médecins a «très bien accueilli» sa demande.

«Insultant», dit Barrette

On ne peut en dire autant du docteur Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes, qui a plutôt mal reçu les affirmations du ministre Bolduc. «C’est pas mal insultant de lire ça», a commenté le médecin syndicaliste lors d’une entrevue à Radio-Canada. Il ajoute qu’à sa connaissance, «ce n’est pas un système qui existe comme tel» au Québec.

«Si le ministre a des noms, qu’il les dise, on va le dénoncer avec lui. S’il en a des noms et que ce n’est pas vrai, malheureusement pour lui, il va se faire poursuivre», a prévenu M. Barrette sur les ondes du Réseau de l’information.

Le ministre Bolduc, lui, a invité la Fédération des médecins spécialistes à collaborer à cette vérification du Collège des médecins. «Je pense qu’on recherche tous le même objectif: respect des droits des patients et, également, une équité par rapport à l’accessibilité», a-t-il résumé.

De son côté, le président de l’Association d’orthopédie du Québec, le docteur Louis Bellemare, a confirmé l’existence de cette pratique, mais en rappelant que personne n’était contraint de se faire soigner dans le privé. Il affirme que des orthopédistes réfèrent ainsi leurs patients au privé lorsque ceux-ci en ont les moyens ou lorsque leurs frais médicaux sont assurés par un tiers. Il fait valoir que ces gens qui se font opérer dans le privé libèrent une place dans le système public.

Il attribue la pratique à divers problèmes, principalement le manque d’accès aux salles d’opération, ce qui fait que les listes d’attente s’allongent et que des gens, las d’attendre, préfèrent payer et se faire opérer dans une clinique privée.

Il déplore aussi le fait que trop de lits de soins de courte durée, dans les hôpitaux, soient monopolisés par des patients qui attendent des places dans des centres de soins de longue durée. Des interventions plus complexes en orthopédie, qui nécessiteraient une hospitalisation, sont ainsi reportées faute de place dans un lit de soins de courte durée à l’hôpital, affirme le docteur Bellemare.
 
 
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  • Claude Kamps - Inscrit
    20 février 2012 14 h 55
    J'ai vécu la chose, mais j'ai résisté en serrant les dents au racolage...
    Il m'a été proposé dans le bureau du médecin dans l’hôpital public que pour enlever une sonde gênante je pouvais pour 200.00$ en espèce, passer à sa clinique privée tout prêt de l’hôpital où on me l'enlèverait dans 2 jours ou attendre le coup de fil de l’hôpital public dans 7 jours ou plus.

    J'ai refusé l'offre vu que je suis pensionné j'ai pas le luxe de pouvoir dépenser ce montant, mais en moi même je me disais « encore Charest qui nous fourre avec 200.00 par an pour avoir du gratuit... payant, mais pas pour moi...»

    En fait l’hôpital m'a appelé 4 jours après et c'est un de ses collègues qui à fait le travail, il devait sans doute être occupé à garnir son portefeuille en privé...

    Je ne peux pas supporter ce genre de racolage qui pollue le système de santé, la plus grande faute étant le manque de personnel engagé pour que les salles d'opérations soient en action 24h sur 24h, 7/7 comme les services de radiographie.

    Pour moi un médecin est au public ou au privé et le public a le devoir de lui donner le plus possible suivant SES capacités de temps d'opération.

    En ce moment Bolduc et sa muse Charest nous berne en disant que c'est la faute des médecins si il y a pas assez de temps d'opération disponible pour la clientèle qui vas en augmentant et ça dure bien avant le PQ aussi...
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  •  
  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    20 février 2012 15 h 13
    L'argent, presque la seule valeur commune à bien du monde dans notre société.
    Ne s'en tenir qu'à cette valeur, ça peut faire que ce sont des individus qui vivent dans la société souvent au détriment de la communauté qui devrait en être normalement le fondement.
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    20 février 2012 16 h 04
    On arrête de jouer aux fous...
    Avec la tête du monde. Bolduc et Barrette, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Tous les deux aspirent à ce que le privé prenne de plus en plus de place dans le domaine de la santé. Excepté que Bolduc nous sert un double langage : pas vu, pas pris, mais si des citoyens se plaignent, alors là donnons le change et faisons comme notre grand patron, Charest, qui pris la main dans le sac, s'empresse, la main sur le coeur, de dire que non ci, que non ça...
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  • Patrick Bougrelle - Inscrit
    20 février 2012 17 h 53
    La santé n'a pas de prix mais elle a un coût...
    Il est inacceptable d'interdire le privé dans la santé: Soit le privé n'apporte rien, et il est inutile de l'interdire; soit au contraire il fait mieux que le public, et il est immoral de l'interdire à ceux qui peuvent et veulent se le payer.

    Le logement est nécessaire pour vivre: Va-t-on en faire un service public gratuit et y interdire la concurrence ? Et la nourriture ? Et l'éducation ? Et les vêtements ? Et les véhicules motorisés ? Et l'accès à l'Internet ?

    Dans tous les secteurs d'activité, la concurrence fait progresser la qualité et baisser les coûts, puis les prix, et foisonner les offres presque diverses et variées que les besoins.
    Il est fou de se priver de ce moteur de progrès dans des secteurs aussi cruciaux que la santé et l'éducation.
    Fou et suicidaire.
    Un secteur privé dynamique rapporterait des taxes et apporterait des progrès impossibles dans un système centralisé et bureaucratique. Celui de la santé absorbe 50% des dépenses de l'État, en croissance de 5% par an: La sortie de ce dogmatisme est inéluctable à cause de ses contradictions.
    Le Canada doit revenir de ses erreurs, quitter son nombrilisme et son obession antiaméricaine.
    Du reste il peut s'inspirer de l'Europe continentale.
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  • Poirier Sylvie - Inscrite
    20 février 2012 18 h 22
    J'arrive justement de l'hôpital
    J'ai rencontré à 2 heures cet après-midi une sommité dans son domaine qui à la fin de cette rencontre m'envoie au privé. Elle m'a demandé si j'avais des assurances. Je lui ai dit oui. Elle m'a dit que là où m'elle m'envoie, je vais avoir de bons traitements. Je suis restée surprise sur le moment. Je n'ai pas dit un mot venant de la meilleure dans son domaine. J'ai pris le papier et je suis partie. Et là, en arrivant, j'ai été saisie par cette article du Devoir : «Les patients dirigés vers le privé». C'est la première fois que cela m'arrive. J'imagine que plusieurs médecins le font afin d'aider les patients car c'est très angoissant d'attendre après notre système.

    Le 4 décembre 2011 l'article suivant a paru à Radio-Canada
    Le nombre de chirurgies sous-traitées au centre privé Rockland MD bondit
    Une expérience lancée par le gouvernement pour tester les bénéfices de l'utilisation du secteur privé en santé a pris de l'ampleur à la vitesse grand V, à Montréal.
    http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2011/1
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  •  
  • Ti-coq - Inscrit
    20 février 2012 20 h 15
    Ben voyons dont ?
    Le peuple est au courant depuis longtemps MAIS surprise, l'élite médicale ignore ces faits ! Les spécialistes dans les grands centres urbains sont devenues des 'hommes d'affaires"..... Continuez à prétendre l'ignorance, la liste de noms va naître. Le peuple hésite car il ne désire pas vendre le spécialiste qui l'a soigné et guérit. Ne poussez pas votre chance plus loin car il y a une limite à respecter.

    Parlez-vous et essayez de trouver une solution à ce problème plutôt! Lâchez la "business" et redevez humain... Le peuple va vous vénérez ...... Merci de nous comprendre.....
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  •  
  • Patrik Gaudet - Inscrit
    20 février 2012 22 h 02
    Le gras tin de notre société...
    Ils s'engraissent à vue d'oeil nos politiciens!
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  •  
  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    20 février 2012 22 h 26
    Les politiciens parleraient-ils de cela si des élections n'étaient pas si proche?
    J'ai lu aussi quelque part que la Corporations des spécialistes est insultée des propos du Ministre Bolduc. Ce monsieur Président de cette corporation des médecins spécialistes a l'insulte bien facile. On devine ce qu'il prône comme valeurs corporatistes.
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  •  
  • Annabella Durocher - Inscrit
    21 février 2012 06 h 57
    Système mis en place par le Ministre Bolduc
    Ce système a été mis en place par le Ministre Bolduc pour désengorger le public et sauver de l'argent à l'État.

    Nouvelle mode de coupure chez ce Gouvernement, diriger les services vers le privé.
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  •  
  • Pierre Germain - Inscrit
    21 février 2012 12 h 39
    Fantasmes immatures et mégalomaniques
    Qu'on ne s'y trompe pas: Gaétan Barrette est là pour défendre les intérêts financiers des médecins spécialistes et leurs conditions de travail, rien d'autre. La Fédération des médecins spécialistes est un syndicat, comme n’importe quel autre.

    Le modus operandi de l’ineffable Gaétan Barrette, c’est de faire porter la faute à quelqu’un d’autre. Toujours, il utilise la séduction et la manipulation pour attribuer la faute au gouvernement, aux directions des hôpitaux, à une mauvaise organisation, au gré de ses fantasmes immatures et mégalomaniaques.

    Ce qu’il ne nous dit pas, par contre, c’est qu’il lutte ardemment pour limiter le nombre de médecins formés, de sorte à créer une pénurie artificielle à leur avantage. Alors que le nombre de médecins est, en proportion, de 40 % à 100 % plus élevé dans les autres pays industrialisé (hormis les USA), Gaétan Barrette entretien la supercherie de la rareté pour démontrer que le système ne fonctionne pas et que donc, il faudra bien se résigner à faire appel au privé. Mais faire appel au privé ne fera pas magiquement apparaître plus de médecins. Non! Cela fera plutôt disparaître logiquement les heures travaillées de certains médecins qui, facturant indécemment au privé, pourront travailler moins pour un revenu tout de même plus élevé. Et ceux qui ne pourront pas payer? Eh bien comme aux États-Unis, qu’ils se débrouillent!

    S’il n’y avait que quatre écoles d’ingénieurs au Québec, je vous garantis que les ingénieurs gagneraient tous de deux à trois fois plus cher, et ce serait dur de mettre la main sur un d'entre eux! La loi de l'offre et de la demande à sa plus simple expression.
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  •  
  • Discret - Inscrit
    22 février 2012 08 h 53
    Prévisible, mais contrôlable
    La santé à deux viteses, nous y sommes, et nous y resterons. Tous les guvernements québécois depuis 30 ans, pas seulement celui de Charest, ont préparé le terrain pour ça en coupant aveuglément dans les budgets de la santé, et en refusant de mettre de l'ordre dans le gaspillage honteux qui y prévaut encofre. C'est sans doute encore pire sous Charest, mais il n'est pas le premier. Désormais, ly aura les soins plus rapides (pas nécessairement meilleurs) pour les riches, et les soins plus lents, sinon interminables, pour les pauvres.

    Ce qui serait, et est peut-être déjà, immoral, c'est que ce système ralentisse encore davantage les attentes au système public parce que les médecins spécialistes passent de plus en plus de temps au privé. Ça, c'est à dénoncer.

    Le comble de l'immoralit serait que les médecins spécialistes dirigent leurs patients vers leurs propres soins privés. Ça, c'est à dénoncer encore plus fort. Qu'ils suggèrent à leurs patients la système privé dans certains cas, mais qu'ils se gardent ben de recommander qui que ce soit, et surtout pas eux-mêmes.
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