Patients dirigés vers le privé: Bolduc en saisit le Collège des médecins
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a demandé ce matin au Collège des médecins d’examiner le cas de ces chirurgiens qui dirigent leurs patients vers la clinique privée.
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a demandé ce matin au Collège des médecins d’examiner le cas de ces chirurgiens qui dirigent leurs patients vers la clinique privée, les faisant ainsi payer pour une intervention chirurgicale, en leur disant que s’ils demeurent dans le système public, l’attente sera beaucoup plus longue avant d’être opérés.
C’est le quotidien La Presse, dans son édition d'aujourd'hui, qui a de nouveau soulevé cet effet pervers des listes d’attente en chirurgie, particulièrement en chirurgie orthopédique.
Interrogé à ce sujet alors qu’il faisait une annonce en matière de cancérologie, à Laval, le ministre Bolduc s’est montré préoccupé par cette pratique, mais a insisté sur le fait qu’elle ne touchait qu’un certain nombre de chirurgiens.
«Il y a 2200 chirurgiens au Québec. Ce qu’on peut noter en regardant les listes d’attente, c’est qu’il y a 100 ou 150 chirurgiens qui ont l’air d’avoir des listes d’attente extrêmement longues. À Montréal, il y a un constat: il y a des [chirurgiens] qui offrent d’être opérés dans le privé plutôt que de les opérer dans le public», a affirmé le ministre Bolduc.
Il a précisé que cette pratique a surtout cours à Montréal et à Laval. Du même souffle, il a tenu à se faire rassurant quant à l’accès aux soins de santé. «Ce sont 93 % des patients qui sont opérés dans un délai de six mois, 80 % à l’intérieur de trois mois», a-t-il soutenu.
La pratique des longues listes d’attente et de la référence au privé pour être opéré plus rapidement le préoccupe toutefois suffisamment pour qu’il en ait saisi le Collège des médecins, chargé de protéger le public.
«J’ai parlé avec le docteur Charles Bernard du Collège des médecins ce matin. Je lui demande d’évaluer les pratiques au niveau de la gestion des listes d’attente. Et je vais lui demander de faire des recommandations pour s’assurer qu’on ait une équité pour les patients et qu’on respecte le droit des patients et, surtout, que le patient puisse avoir accès à la chirurgie non pas en fonction de sa capacité de payer, mais bel et bien en fonction de son état clinique», a affirmé le ministre Bolduc.
Le ministre soutient que le président du Collège des médecins a «très bien accueilli» sa demande.
«Insultant», dit Barrette
On ne peut en dire autant du docteur Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes, qui a plutôt mal reçu les affirmations du ministre Bolduc. «C’est pas mal insultant de lire ça», a commenté le médecin syndicaliste lors d’une entrevue à Radio-Canada. Il ajoute qu’à sa connaissance, «ce n’est pas un système qui existe comme tel» au Québec.
«Si le ministre a des noms, qu’il les dise, on va le dénoncer avec lui. S’il en a des noms et que ce n’est pas vrai, malheureusement pour lui, il va se faire poursuivre», a prévenu M. Barrette sur les ondes du Réseau de l’information.
Le ministre Bolduc, lui, a invité la Fédération des médecins spécialistes à collaborer à cette vérification du Collège des médecins. «Je pense qu’on recherche tous le même objectif: respect des droits des patients et, également, une équité par rapport à l’accessibilité», a-t-il résumé.
De son côté, le président de l’Association d’orthopédie du Québec, le docteur Louis Bellemare, a confirmé l’existence de cette pratique, mais en rappelant que personne n’était contraint de se faire soigner dans le privé. Il affirme que des orthopédistes réfèrent ainsi leurs patients au privé lorsque ceux-ci en ont les moyens ou lorsque leurs frais médicaux sont assurés par un tiers. Il fait valoir que ces gens qui se font opérer dans le privé libèrent une place dans le système public.
Il attribue la pratique à divers problèmes, principalement le manque d’accès aux salles d’opération, ce qui fait que les listes d’attente s’allongent et que des gens, las d’attendre, préfèrent payer et se faire opérer dans une clinique privée.
Il déplore aussi le fait que trop de lits de soins de courte durée, dans les hôpitaux, soient monopolisés par des patients qui attendent des places dans des centres de soins de longue durée. Des interventions plus complexes en orthopédie, qui nécessiteraient une hospitalisation, sont ainsi reportées faute de place dans un lit de soins de courte durée à l’hôpital, affirme le docteur Bellemare.
C’est le quotidien La Presse, dans son édition d'aujourd'hui, qui a de nouveau soulevé cet effet pervers des listes d’attente en chirurgie, particulièrement en chirurgie orthopédique.
Interrogé à ce sujet alors qu’il faisait une annonce en matière de cancérologie, à Laval, le ministre Bolduc s’est montré préoccupé par cette pratique, mais a insisté sur le fait qu’elle ne touchait qu’un certain nombre de chirurgiens.
«Il y a 2200 chirurgiens au Québec. Ce qu’on peut noter en regardant les listes d’attente, c’est qu’il y a 100 ou 150 chirurgiens qui ont l’air d’avoir des listes d’attente extrêmement longues. À Montréal, il y a un constat: il y a des [chirurgiens] qui offrent d’être opérés dans le privé plutôt que de les opérer dans le public», a affirmé le ministre Bolduc.
Il a précisé que cette pratique a surtout cours à Montréal et à Laval. Du même souffle, il a tenu à se faire rassurant quant à l’accès aux soins de santé. «Ce sont 93 % des patients qui sont opérés dans un délai de six mois, 80 % à l’intérieur de trois mois», a-t-il soutenu.
La pratique des longues listes d’attente et de la référence au privé pour être opéré plus rapidement le préoccupe toutefois suffisamment pour qu’il en ait saisi le Collège des médecins, chargé de protéger le public.
«J’ai parlé avec le docteur Charles Bernard du Collège des médecins ce matin. Je lui demande d’évaluer les pratiques au niveau de la gestion des listes d’attente. Et je vais lui demander de faire des recommandations pour s’assurer qu’on ait une équité pour les patients et qu’on respecte le droit des patients et, surtout, que le patient puisse avoir accès à la chirurgie non pas en fonction de sa capacité de payer, mais bel et bien en fonction de son état clinique», a affirmé le ministre Bolduc.
Le ministre soutient que le président du Collège des médecins a «très bien accueilli» sa demande.
«Insultant», dit Barrette
On ne peut en dire autant du docteur Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes, qui a plutôt mal reçu les affirmations du ministre Bolduc. «C’est pas mal insultant de lire ça», a commenté le médecin syndicaliste lors d’une entrevue à Radio-Canada. Il ajoute qu’à sa connaissance, «ce n’est pas un système qui existe comme tel» au Québec.
«Si le ministre a des noms, qu’il les dise, on va le dénoncer avec lui. S’il en a des noms et que ce n’est pas vrai, malheureusement pour lui, il va se faire poursuivre», a prévenu M. Barrette sur les ondes du Réseau de l’information.
Le ministre Bolduc, lui, a invité la Fédération des médecins spécialistes à collaborer à cette vérification du Collège des médecins. «Je pense qu’on recherche tous le même objectif: respect des droits des patients et, également, une équité par rapport à l’accessibilité», a-t-il résumé.
De son côté, le président de l’Association d’orthopédie du Québec, le docteur Louis Bellemare, a confirmé l’existence de cette pratique, mais en rappelant que personne n’était contraint de se faire soigner dans le privé. Il affirme que des orthopédistes réfèrent ainsi leurs patients au privé lorsque ceux-ci en ont les moyens ou lorsque leurs frais médicaux sont assurés par un tiers. Il fait valoir que ces gens qui se font opérer dans le privé libèrent une place dans le système public.
Il attribue la pratique à divers problèmes, principalement le manque d’accès aux salles d’opération, ce qui fait que les listes d’attente s’allongent et que des gens, las d’attendre, préfèrent payer et se faire opérer dans une clinique privée.
Il déplore aussi le fait que trop de lits de soins de courte durée, dans les hôpitaux, soient monopolisés par des patients qui attendent des places dans des centres de soins de longue durée. Des interventions plus complexes en orthopédie, qui nécessiteraient une hospitalisation, sont ainsi reportées faute de place dans un lit de soins de courte durée à l’hôpital, affirme le docteur Bellemare.
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