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Lancement de Québec ouvert - Pour un Plan Nord du numérique au Québec

Jonathan Brun, Jean-Noé Landry, Sébastien Pierre, Michael Lenczner et Dave G. Pelletier, membres fondateurs de Québec ouvert  22 février 2012  Québec
Certaines données peuvent être utiles et donner lieu à un foisonnement d’applications vouées à répondre à un nombre infini de besoins des citoyens.<br />
Photo : Agence Reuters Robert Galbraith
Certaines données peuvent être utiles et donner lieu à un foisonnement d’applications vouées à répondre à un nombre infini de besoins des citoyens.
L'univers numérique n'a jamais été aussi prêt à vivifier la gouvernance. L'utilisation efficiente du Web ne signale pas seulement un rapprochement sans précédent entre l'État et les citoyens. Elle représente un changement de culture qu'espéraient les principaux acteurs de l'économie numérique. La démocratisation des technologies et l'appropriation des plateformes de communication sociales ont entraîné sur le Web un nombre exponentiel de citoyens.

La dynamique transformative en cours a très peu de parallèles dans notre histoire. Ses répercussions sont d'une envergure comparable à celles de la Révolution tranquille au Québec. À l'instar de la génération qui nous précède, qui s'était mobilisée pour renouveler des institutions jugées dépassées, les citoyens d'aujourd'hui réclament un nouveau rôle à titre d'acteurs investis et outillés comme jamais auparavant. Face à cette nouvelle volonté citoyenne, les institutions gouvernementales se doivent de répondre activement, au lieu de refuser l'évidence et de faire barrage à un changement irréversible.

La première étape de l'utilisation accrue du Web nous paraît être la plus accessible pour l'État québécois: l'ouverture des données civiques. Ces données non nominatives colligées par les différents organismes gouvernementaux sont une richesse collective pouvant être réutilisée infiniment pour stimuler l'innovation et l'engagement de la part des citoyens.

Amélioration du quotidien

L'accessibilité à cette matière première dépend d'un leadership visionnaire. Nous espérons que le rapport très attendu du député Henri-François Gautrin pourra guider la démarche qui doit être entreprise. En effet, si ce rapport souligne la nécessité de rendre accessibles les données gouvernementales, il pourrait se présenter comme un véritable «Plan Nord du numérique». L'ouverture des données doit se situer au premier rang des démarches pour actualiser une telle vision, car c'est au gouvernement qu'il appartient de mettre en place les paramètres de la vie citoyenne du XXIe siècle. Le Québec a un avantage compétitif à gagner.

Le Québécois a de plus en plus recours à des sites Web pour améliorer son quotidien pour, par exemple, repérer les chantiers de constructions routiers (ZoneCone.ca), connaître l'historique des inspections sanitaires d'un restaurant (Resto-Net.ca) ou suivre l'activité de ses élus (MaMairie.ca). Pour lui, comme partenaire de ce «Plan Nord numérique», il s'agit de mieux tirer profit des informations des services publics déjà colligées. C'est sur ce plan que la communauté de développeurs, des citoyens-programmeurs, peut aider à accroître la valeur de nos données civiques de manière à servir l'intérêt public.

Mais le principal impact d'une telle ouverture suppose de la part du gouvernement du Québec qu'il assume pleinement son rôle de soutien à l'innovation. Qu'elles servent le milieu de la recherche ou l'économie numérique, les données librement accessibles dans des formats ouverts constituent un terreau fertile pour approfondir des études, des analyses ou développer de nouveaux produits et services. Ne pas s'investir dans ce changement de paradigme serait faire preuve d'une grande insouciance et porterait sans nul doute à conséquence.

Les données ouvertes

On entend par données ouvertes, ou open data, des informations rendues accessibles aux citoyens, libre de droits, sur un portail unique et dans un format ouvert. Les données ne doivent pas être déplacées ou supprimées, mais plutôt régulièrement mises à jour ou enrichies. Le gouvernement du Québec peut apprendre de l'expérience d'institutions publiques soeurs, comme en Colombie-Britannique, qui bénéficient maintenant des nombreuses retombées de l'ouverture de leurs données.

La Ville de Montréal rend ses données accessibles sur http://donnees.ville.montreal.qc.ca. Elles sont libres de droit, n'imposant que très peu ou pas de restrictions à leur utilisation. Ainsi, elles peuvent être réellement utiles et donner lieu à un foisonnement d'applications vouées à répondre à un nombre infini de besoins et peut-être éviter de nombreuses tracasseries aux citoyens. Ces données montréalaises alimentent des services tels que PatinerMontreal.ca qui permet aux citoyens de localiser les meilleures patinoires et de s'activer dans leurs communautés.

Pour l'ouverture des données au Québec

À l'échelon provincial, les données ouvertes offrent de nombreuses possibilités d'innovation sociale. On peut imaginer des solutions utilisant des données ouvertes pour diminuer le décrochage scolaire, désengorger le système de santé ou encore améliorer la circulation routière. L'accès aux données permet de mieux comprendre un problème et de trouver une solution plus efficace, mieux adaptée aux besoins des usagers et nettement moins coûteuse. Si l'État crée les paramètres et l'infrastructure qui permet l'ouverture, les citoyens doivent faire leur part et démontrer l'utilité et l'intérêt des données, à travers un engagement persistant et durable.

Convaincus que cette première étape vers une gouvernance participative et transparente replace le citoyen au centre de l'État, nous lançons l'initiative populaire Québec ouvert (QuebecOuvert.org), dont la mission sera de promouvoir l'ouverture des données dans tous les organismes publics québécois.

Si l'État québécois n'est pas propriétaire des données civiques, il en est toutefois responsable, et à ce titre, il doit créer les conditions propices à ce changement culturel important. L'approche est visionnaire, certes, mais elle illustre clairement ce que doit être une gouvernance qui embrasse le changement numérique, jouant ainsi pleinement son rôle de gouvernement contemporain, agent d'innovation sociale et économique.

Nous consacrerons les prochains mois à planifier des conférences, des rencontres et des hackathons pour mettre en évidence le rôle important que peuvent jouer les données civiques des différents organismes publics québécois. Nous sommes convaincus que nos institutions gouvernementales n'ont jamais été aussi outillées pour permettre à chaque citoyen de jouer son rôle d'acteur de première ligne de notre démocratie. Utiliser ce que le numérique a de mieux à offrir s'impose comme le grand projet de notre génération et celui d'un Québec tourné vers le XXIe siècle.

***

Jonathan Brun, Jean-Noé Landry, Sébastien Pierre, Michael Lenczner et Dave G. Pelletier, membres fondateurs de Québec ouvert
 
 
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  • Denis Paquette - Abonné
    22 février 2012 08 h 15
    Nous en avons marre du m'as-tu vu des politiciens sans fonds ni contenus
    Il est évident qu’un monde d’ »open data » va changer le rôle des politiciens,, Y a-t-il quelques chose de plus humiliant et frustrant de voire un politicien, qui carbure au m’as-tu vu, sans fonds ni contenus, nous avons seulement a assister à l’émission de « tout le monde en parle » pour nous en convaincre
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    22 février 2012 08 h 42
    Nordicité avancée
    Maintenant que des espèces sonnantes et trébuchantes apparaissent dans le Plan Nord, chacun veut le sien.
    J'en propose pour:
    - la santé;
    -le numérique;
    -le pharmaceutique;
    -la construction navale;
    -le sport professionnel (déjà lancé à Québec);
    -la machine outil;
    -le transport électique;
    -faites vos choix.
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  • Jean de Cuir - Abonné
    22 février 2012 09 h 43
    Ouverture!
    Une société démocratique suppose des citoyens et citoyennes éduqués et autant que faire se peut en possession des moyens pour exercer un jugement. Or, le rôle du député est en fait d’ être un lieu-tenant, un tenant-lieu de ceux et celles qu’ il représente. Se pavaner n’est pas suffisant. Être un médiateur, une nécessité. Se renseigner et renseigner, c’est demeurer viable! Entre gens responsables, l’ouverture est une voie pour la souveraineté et la liberté, c’est se prendre en main et faire la société. Une société ouverte c’ est une société libre. À méditer!
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  • Charles F. Labrecque - Abonné
    22 février 2012 09 h 54
    Quelle belle idée
    Votre idée de créer le plan nord du numérique est un formidable projet de développement du Québec aussi important celui actuellement en marche. Cependant si vous désirez fournir un information disponible pour tout les québécois il aurait avantage a fournir en parallèle un outil pour faciliter l'accès tel un système semblable au 411 ou au pages jaunes. Sachant que beaucoup de québécois ne sont pas de grands spécialistes en informatique et ont souvent de la difficultés a retrouver ce qu'ils aimeraient connaître. Je sais qu'il existe déjà des outils de recherches cependant plusieurs ne savent pas formuler correctement leurs questions nécessaire à l'obtention de la bonne adresse recherchée.
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  • Etienne Goyer - Inscrit
    22 février 2012 09 h 56
    Paradoxale
    Il est assez paradoxale de voir des produits Apple illustrer une lettre d'opinion sur les données ouvertes, considérant qu'Apple est une des entreprises les plus actives dans la mise en place de verrous numériques (DRM) et dont les logiciels sont largement privatifs (non-ouvert, non-libre).

    Je sais bien que ce n'est pas les auteurs de cette lettre qui ont choisi l'image qui l'accompagne, je ne les blâme pas. Je veux simplement mettre les choses en perspective: Apple n'est pas une entreprise faisant la promotion de l'ouverture numérique, au contraire.
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  • France Marcotte - Abonnée
    22 février 2012 12 h 38
    Pas trop vite
    Les données...c'est surtout les élus de la démocratie représentative que j'aimerais voir les utiliser. Le feront-ils aussi?

    Mais l'enthousiasme de ces jeunes citoyens fait du bien à voir.
    Et après tout, il se peut bien que les plus grands changements ne proviennent pas de là où on a l'habitude de les attendre.

    "Vivifier la gouvernance" par la démocratie numérique, ça fait un peu sec côté rapports humains pour ceux qui aspirent simplement à rencontrer un jour leur député en chair et en os pour lui parler, pas vrai?

    Et une sorte de mot d'ordre est contenu dans cet appel à la numérisation, celui de prendre goût à cette forme d'échange et de pouvoir sous peine de rater un bateau qui passe trop vite pour certains, je pense aux 40% d'analphabètes fonctionnels au Québec et à tous ceux qui rechignent à seulement user de leur droit de vote.
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  • Frédéric Béland - Abonné
    24 février 2012 10 h 09
    Image qui aurait pu être mieux choisie...
    L'ironie de coiffer votre excellent article prônant l'ouverture des données, d'une image du bidule le moins ouvert au monde, le iPhone, a bien agrémenté ma matinée. J'espère que c'était voulu.
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